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Semaine télé du 3 au 9 mars 2018
Salut les câblés !
publié le samedi 3 mars 2018
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©Lee Fridlander (1962)

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 3 mars 2018

 

20.40 : La Vie domestique d’Isabelle Czajka (2013), OCS Max
Déjà sur la même chaîne le 30 septembre 2017, mais un samedi soir, on ne doit pas être trop exigeant. Quatre épouses au foyer dans leurs pavillons de cadre, ce n’est pas Indiana Jones. Mais la réalisatrice a la bonne distance pour filmer son troupeau - et quel beau troupeau : Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Hélèna Noguerra et Natacha Régnier -, comme elle l’avait déjà dans ses films précédents.

20.40 : Le Dernier Tournant de Pierre Chenal (1939), OCS Géants
C’est peut-être la version du Facteur sonne toujours deux fois que l’on préfère. Chenal, excellent cinéaste trop peu considéré, malgré les efforts de Tavernier, a su recréer l’atmosphère du roman mieux que les Américains (Garnett et Rafelson) eux-mêmes. Et surtout Corinne Luchaire est une Cora remarquable, beaucoup plus juste que Lana Turner et Jessica Lange.

20.45 : La Famille Savage de Tamara Jenkins (2007), Club
On n’a pas vu ce film ni rien d’autre de la réalisatrice. Si on le signale, c’est par pure confiance envers les acteurs, Laura Linney, toujours convaincante, le regretté Philip Seymour Hoffman et Philip Bosco, vieux routier de l’écran et des séries et qui semble s’être arrêté après ce film-ci et la série Damages.

20.45 : Stormy Weather d’Andrew L. Stone (1943), Classic
Inédit sur le câble, sauf erreur. On échappe au titre français, Symphonie magique, parfaitement crétin puisqu’il n’y est aucunement question de symphonie ni de magie, évidemment. Simplement une enfilade de sketchs musicaux, interprétés exclusivement par des chanteurs et des jazzmen noirs, et c’était une première : jusqu’alors, le jazz apparaissait sous forme d’intermède - parfois superbe, comme la séquence swing de Hellzapoppin’ - souvent très court. Ici, Bill Robinson (le fameux "Bojangles") et Lena Horne animent un semblant de fiction ; le reste, ce sont Cab Calloway, Fats Waller et les Nicholas Brothers, fabuleux danseurs acrobatiques dont le numéro est époustouflant.

21.00 : Little Feet d’Alexandre Rockwell (2013), Sundance TV
Pas vu, car inédit en France. Mais le réalisateur avait signé en 1992 In the Soup, avec Jennifer Beals, Steve Buscemi et Seymour Cassel, qui nous avait suffisamment emballés pour que Jeune Cinéma offre la couverture du n° 217 à ce dernier. Alors…

22.00 : L’Agent de Luigi Zampa (1960), Classic
Un seul film de Zampa programmé depuis 2014 (Bistouri, la mafia blanche, mars 2017), le compte n’y est pas. Sans qu’il ait la réputation de ses collègues contemporains, Vivre en paix (1947) ou Les Années difficiles (1948) sont des films qui mériteraient d’être réédités, comme l’hommage de la Cinémathèque de 2016 l’a montré. Au moins, Il vigile, inédit en salles jusqu’à présent, est accessible. Alberto Sordi est dans ses pantoufles en agent de la circulation pète-sec.

01.10 : Le Port de la drogue de Samuel Fuller (1953), TCM
Horaire tardif, mais le film est souvent passé. Note du 19 mars 2017 : "On peut goûter le film de Fuller, sans doute un de ses meilleurs, qui n’a rien à voir avec le trafic de drogue, malgré le titre, mais tout à voir avec les espions communistes qui infestaient assurément l’Amérique (alors en pleine guerre froide). Widmark est aussi bon que dans Les Forbans de la nuit et Thelma Ritter a trouvé là le rôle de sa vie."

 

Dimanche 4 mars 2018

 

20.40 : Pour qui sonne le glas de Sam Wood (1943), Paramount Channel
Le film bénéficie d’une réputation qui dépasse de loin ses qualités propres. Des acteurs (Gary Cooper, Ingrid Bergman) bien meilleurs ailleurs, un roman signé Hemingway (on aimerait être certain qu’il est encore lisible), la guerre d’Espagne passée à la moulinette hollywoodienne. Il faut dire que Sam Wood était un cinéaste de prestige dont tous les films ont vieilli.

20.40 : Certaines femmes de Kelly Reichardt (2016), OCS City
Passionnant comme tous les films de la cinéaste. Pour en savoir plus, on peut se reporter à l’article de Bernard Nave, Jeune Cinéma n° 380.

20.40 : Du haut de la terrasse de Mark Robson (1960), OCS Géants
Après Peyton Place les semaines précédentes, From the Terrace, d’après le roman de John O’Hara, tranche de vie bien épaisse sur l’American way pour parvenir au sommet. Paul Newman, l’arriviste, et Joanne Woodward, la riche héritière, se complètent magnifiquement.

20.45 : Marche à l’ombre de Michel Blanc (1984), Club
Curieusement absent des programmes depuis quatre ans - problème de disponibilité de copie ? Premier film en cavalier seul signé par l’ancien membre du Splendid. Après avoir mis au point son numéro de comparse, angoissé victimaire et dragueur maladroit, Blanc l’exploite avec aisance et le couple formé avec Gérard Lanvin fonctionne sans heurts. Il n’a recommencé l’expérience de la réalisation que trois fois ensuite, mais toujours avec une belle ambition.

20.45 : L’Alpagueur de Philippe Labro (1976), Classic
Peut-être le plus supportable des films de Labro, parce que Belmondo était encore à son meilleur, avant de se figer dans le sur-mesure. Et Bruno Cremer est un concurrent de poids.

20.55 : Les Trois Jours du condor de Sydney Pollack (1975), Arte
Un peu usé, mais si on l’a vu moins de quatre fois, on est encore pris par la paranoïa générale, le charme de Redford, la beauté de Faye Dunaway, etc.

21.00 : Ce que mes yeux ont vu : le mystère Watteau de Laurent de Bartillat (2007), Polar
Quel dommage que ce film ne passe que sur cette chaîne trop modeste. Note du 9 novembre 2016 : "Un film rare, dont la sortie fut confidentielle. Évidemment, le sujet n’est pas glamour : Sylvie Testud, chercheuse en histoire de l’art, découvre une femme, de dos, dans la plupart des toiles de Watteau ; qui est-elle ? Pas glamour, mais passionnant si l’on s’y prête, comme tous les films traitant des mystères de la peinture. Jean-Pierre Marielle en spécialiste de Watteau, pourquoi pas (il fut bien peintre dans Les Galettes de Pont-Aven) ?

22.25 : Déesses indiennes en colère de Pan Nalin (2015), OCS City
Pas vu - le film est sorti le 26 juillet 2016, a fait quelques petits tours (33000 spectateurs) et s’en est allé. Bonne occasion de rattraper ce qu’on présente comme un film "résolument féministe, gorgé d’énergie et d’audace". On ne demande qu’à voir.

23.10 : Les couples mythiques du cinéma, Newman, Woodward d’Aurélie Lévy (2014), OCS Géants
Ce n’est pas uniquement parce qu’ils sont restés mariés durant cinquante ans qu’on les aime, mais parce qu’ils furent une paire d’acteurs joliment synchrones lorsqu’ils jouaient ensemble, et tout aussi étonnants lorsqu’ils jouaient séparément.

00.30 : Gribouille de Marc Allégret (1937), France 3
Premier film en vedette pour Michèle Morgan (elle n’avait jusque-là fait que de la figuration). Marc Allégret avait le flair pour découvrir les comédiens d’avenir (Simone Simon dans Lac-aux-dames, toute la bande de Entrée des artistes, Bardot plus tard) et le chic pour les diriger. Le scénario de Marcel Achard en rajoute dans le mélo familial, mais outre Raimu et Morgan, le défilé d’acteurs de second plan, Gilbert Gil, Carette, Andrex, Pauline Carton, est un régal.

00.50 : J’ai vécu l’enfer de Corée de Samuel Fuller (1951), TCM
On revient en arrière dans la filmo de Fuller, avec son premier film de guerre après ses deux westerns inauguraux. Osons dire que le souvenir qu’on en a ne diffère guère de celui de Baïonnette au canon, immédiatement postérieur. De toutes façons, les vrais amateurs sont des complétistes.

 

Lundi 5 mars 2018

 

20.40 : Un thé au Sahara de Bernardo Bertolucci (1989), OCS Géants
Le seul film du soir sur OCS, toutes les autres chaînes ne passant que des séries. On aurait aimé applaudir le film lors de sa sortie : Paul Bowles était un auteur qu’on redécouvrait alors, Bertolucci un cinéaste qu’on suivait avec admiration depuis ses débuts, il y avait John Malkovich et, surtout, Debra Winger. Que s’est-il passé ? La chaleur, le sable, un thématique dont, en définitive, on n’avait que peu à faire ? Il faut vérifier si, trente ans plus tard, l’ennui demeure.

20.45 : Emily Dickinson. A Quiet Passion de Terence Davies (2016), Club
Enfin sur le câble, le dernier chef-d’œuvre de Davies. Prière de se reporter au n° 380 de JC pour tout savoir du film, la somme et le reste.

20.50 : Série Noire d’Alain Corneau (1979), Arte
Soirée Patrick Dewaere sur la chaîne. Ça commence très fort avec le plus beau film de l’acteur et du réalisateur, superbe adaptation de Jim Thompson (Des cliques et des cloaques) par Georges Perec, fin amateur de "rompol", comme lui-même désignait le genre. Un voyage au bout du désespoir, qui incline à penser que Dewaere aurait pu être un Bardamu idéal.

22.40 : La Meilleur Façon de marcher de Claude Miller (1975), Arte
Le premier film de Miller, et longtemps son meilleur. Un scénario impeccable, signé Miller et Luc Béraud, sur le sadomasochisme. Dewaere était déjà au top, et Patrick Bouchitey, pourtant presque débutant, au niveau.

22.55 : Le Dernier Empereur de Bernardo Bertolucci (1987), OCS Géants
Le sommet de la carrière de BB, sans la volonté démonstrative de 1900. Il a su allier le politique et le décoratif, l’action et la mise à distance, comme il tentera de nouveau et échouera avec Little Buddha. Et n’y parviendra plus ensuite (cf. son pathétique Dreamers).

00.45 : Le Démon des eaux troubles de Samuel Fuller (1954), TCM
Pour une fois, le titre français est chargé de plus de mystère que l’original, Hell and High Water. Le film est rare, on ne se souvient pas de l’avoir vu depuis des décennies (mais peut-être n’a-t-on pas bien cherché). Fuller, paraît-il, n’était pas satisfait d’avoir dû employer Bella Darvi, imposée par son amant Zanuck. On le comprend. Heureusement il y a Widmark, toujours aussi réjouissant, et Victor Francen.

 

Mardi 6 mars 2018

 

20.40 : Braquage à l’italienne de F. Gary Gray (2003), Paramount Channel
Indispensable pour les amoureux de Venise, même si les héros n’y restent pas longtemps, une fois leur coup accompli. C’est du cinéma de consommation immédiate, avec grand plaisir, grâce à Charlize Theron.

20.40 : Alexandre le bienheureux d’Yves Robert (1967), OCS Géants
Pas programmé depuis le 30 novembre 2015. Un des films les plus hédonistes que l’on connaisse, portant la paresse au niveau d’un art de vivre. Noiret dans son lit, sous son plafond couvert de victuailles délivrées par un système complexe de chaînes et de poulies, fabrique un personnage inoubliable. Et Marlène Jobert, ses taches de rousseur et sa voix d’enfant.

20.45 : Tron de Steven Lisberger (1982), Famiz
En voyant le film en son temps, on avait été bluffé : informatique (à laquelle on ne connaissait rien) et imagerie de synthèse, enchevêtrement des mondes, réel et virtuel, etc. Plein les yeux, sans comprendre grand-chose, et l’impression de changer d’époque. Trente-six ans après, que peut-il rester de l’étonnement premier ? Réponse imminente.

20.45 : Ocean’s Eleven de Steven Soderbergh (2001), TCM
On s’inquiétait : plus de trois semaines que la chaîne n’avait pas programmé un épidode de la saga Ocean. Ouf !

22.45 : Gorge cœur ventre de Maud Alpi (2016), Club
Drôle de film, vrai-faux documentaire, manifestement fait, même s’il ne brandit pas de drapeau, pour dégoûter le spectateur de continuer à manger de la viande. Si on a l’estomac bien accroché, on peut suivre le héros et ses bestiaux jusqu’à l’abattoir. Le film a obtenu le prix Louis-Delluc de la première œuvre en 2016. Choix hardi.

01.10 : La Maison de bambou de Samuel Fuller (1955), TCM
De plus en plus tardive l’intégrale Fuller (mais le film repassera le 15 mars 2018 à 00.40). Entièrement tourné au Japon (c’était une première), le film est écrit par Harry Kleiner à partir de son scénario de La Dernière Rafale (William Keighley, 1948), histoire classique de policier infiltré dans un gang. Le milieu de Tokyo donne au film une ambiance neuve. Robert Stack, toujours aussi peu expressif, ne fait pas le poids à côté de Robert Ryan, mais on retrouve avec plaisir Sessue Hayakawa.

 

Mercredi 7 mars 2018

 

20.45 : Frost-Nixon : l’heure de vérité de Ron Howard (2008), Club
Les quatre entretiens entre le président et le journaliste avaient donné lieu à une pièce de théâtre, interprêté par les deux acteurs du film, Michael Sheen et Frank Langella, chacun parfaitement à l’aise dans la peau de son rôle. On connaît l’issue - les aveux de Nixon -, ce n’est donc pas le finale qui intéresse, mais la façon d’y parvenir. Hors du registre habituel de Howard, mais très réussi.

20.45 : Macbeth d’Orson Welles (1948), Classic
Obsédé par Shakespeare depuis ses débuts au théâtre, Welles n’a pu l’adapter que deux fois, ici et avec Othello, tourné par bribes à travers l’Europe, qu’il eut bien du mal à achever. Ce n’est pas du Shakespeare orthodoxe tel que traité par l’Old Vic ou Laurence Olivier, c’est trempé à la sauce Welles, éblouissant, évidemment.

22.20 : La Saison des femmes de Leena Yadav (2015), OCS City
Après les déesses indiennes de dimanche soir sur la même chaîne, des femmes indiennes plus populaires. City fait manifestement des efforts dans sa programmation, à l’écoute des remue-ménages actuels. Un village au cœur du sous-continent, quatre femmes qui luttent pour combattre le patriarcat régnant. C’est La Vie domestique, en plus sérieux.

22.40 : Macbeth de Justin Kurzel (2015), Club
Bonne idée de présenter les deux versions décalées : on peut enchaîner Welles et Michael Fassbender, Jeanette Nolan et Marion Cotillard. Le film de Kurzel, venant après au moins une quarantaine d’autres, n’est pas ridicule, jouant la fidélité, tourné sur place et respectueux des canons élizabéthains. Et Marion se lave les mains avec une belle énergie.

00.15 : Les maraudeurs attaquent de Samuel Fuller (1962), TCM
Retour de Fuller à la geste guerrière, avec une sincérité et un manque de recul qui avait gêné à la sortie une bonne partie de la critique, Cahiers du cinéma excepté, qui y avaient vu un chef-d’œuvre et une exaltation bienvenue de la violence. À l’autre extrêmité, le terme de "fasciste" avait été utilisé. À revoir, hors controverse.

 

Jeudi 8 mars 2018

 

20.40 : Je suis un aventurier d’Anthony Mann (1955), Paramount Channel
Beau western de Mann, plus rare que les autres de sa glorieuse série, L’Homme de la plaine ou L’Homme de l’Ouest, et moins renommé, peut-être parce qu’il échappe aux chemins tracés (James Stewart et ses bêtes se retrouvent au Canada avec des chercheurs d’or) - et peut-être parce que Corinne Calvet est moins intéressante que Shelley Winters (Winchester ’73) ou Janet Leigh (L’Appât).

20.40 : Pulsions de Brian De Palma (1980), OCS Géants
Passé en mai 2017, mais comment résister à Angie Dickinson ?

20.45 : Circulez, y a rien à voir ! de Patrice Leconte (1982), Famiz
Après Les Bronzés 1 et 2, Leconte a tourné ses trois films suivants avec Michel Blanc, trois comédies fort réussies (Viens chez moi, j’habite chez une copine, Ma femme s’appelle reviens et celui-ci) qui ont permis à l’acteur de fixer son personnage (que Leconte lui fera d’ailleurs abandonner pour Monsieur Hire). Bon exemple de comique fin, bien écrit, qui n’a rien perdu au fil des ans.

20.45 : Le Secret magnifique de Douglas Sirk (1954), Classic
Sirk = mélo. Certes. Mais pas que. Celui-ci (aussi magnifique que son titre l’annonce) vient après un western (Taza, fils de Cochise) et avant un biopic d’Attila (Le Signe du païen) et un film d’aventures irlandaises (Capitaine Mystère). Sirk tournait ce qu’on lui proposait de tourner. Ici, c’est le remake d’un mélo déjà flamboyant de John M. Stahl (1935), avec Irene Dunne, qu’on peut préférer à Jane Wyman - même si celle-ci est synchrone avec l’univers sirkien, comme on le reverra dans Tout ce que le ciel permet, l’année suivante. C’est beau comme du Frank R. Slaughter, les amateurs apprécieront.

20.45 : Loin du paradis de Todd Haynes (2002), TCM
Il va falloir choisir entre Sirk et son admirateur. Haynes adapte (même si le générique fait semblant de l’ignorer) All That Heaven Allows, tourné en 1955, en ajoutant au schéma mélodramatique des éléments impossibles à montrer dans les années 50, l’homosexualité et l’amour entre une Blanche et un Noir. Le tout transfiguré par un des plus grands réalisateurs actuels (malgré l’errance de son récent Musée des merveilles). Julianne Moore aurait été une parfaite héroïne de Sirk.

22.30 : Hollywood : pas de sexe s’il vous plaît de Clara & Julia Kuperberg (2017), OCS Géants
Doc pas vu, mais on sait que les deux sœurs explorent avec acuité le patrimoine hollywoodien. Ce soir, le code Hays et ses méfaits.

22.35 : Safe de Todd Haynes (1995), TCM
Première rencontre de Haynes et Julianne Moore (la soirée lui est consacrée), qui possède une des plus belles filmographies du cinéma américain - Altman, Ivory, P.T. Anderson, les Coen, Van Sant, R. Scott, etc. Ce n’est que son dixième film, et elle est déjà elle-même, totalement. Idem pour Haynes, alors à sa deuxième réalisation.

00.20 : Shock Corridor de Samuel Fuller (1963), TCM
Rude fin de soirée, entre la communaute "new age" de Safe et l’asile psychiatrique de ce film. Scénario et production signées Fuller, tournage en dix jours. Un film secouant, et pas seulement par ses séances d’électro-chocs. On y a découvert Constance Towers (déjà utilisée par John Ford, mais de façon très fade) qu’on retrouvera dans The Naked Kiss, encore plus étonnante.

 

Vendredi 9 mars 2018

 

20.40 : Dans la cour de Pierre Salvadori (2014), OCS Max
Note du 7 avril 2016 : "Le réalisateur ne nous a pas souvent déçus (un peu tout de même avec Après vous) et son idée de réunir, au cœur d’un immeuble étrangement habité, Catherine Deneuve et Gustave Kervern, c’est-à-dire des acteurs on ne peut plus dissemblables, s’avère bien fonctionner.

20.45 : Hôtel des Amériques d’André Téchiné (1981), Club
On est loin d’être fanatique aujourd’hui des films de l’auteur. Mais à l’époque, on était encore dans la foulée de Souvenirs d’en France et de Barocco (malgré la catastrophe des Sœurs Brontë). D’où l’agrément trouvé alors à la rencontre de Catherine Deneuve et Patrick Dewaere dans leur hôtel biarrot. Il y avait du sentiment, de la vibration, toutes choses que l’on n’a retrouvées que par intermittences ensuite.

20.45 : Un linceul n’a pas de poches de Jean-Pierre Mocky (1974), Classic
On le note parce que Mocky est rare sur les chaînes, mais c’est un bon exemple des erreurs de l’auteur lorsqu’il veut plaquer une intrigue américaine dans un environnement français. Autant le roman de Horace McCoy est remarquable dans son évocation de la presse US, autant sa transposition par Mocky est incrédible - hors la crédibilité est impérative dans cette histoire de journaliste-don-quichotte. Le plus intéressant : noter tous les acteurs qui passent dans le cadre. Tout le cinéma français parallèle du moment est là.

21.00 : Dressé pour tuer de Samuel Fuller (1982), Paramount Channel
La chaîne profite de la rétrospective de TCM pour reprogrammer le film, déjà passé le 22 janvier 2018.

21.00 : I Am the Blues de Daniel Cross (2015), Sundance TV
Doc pas vu, mais la série produite par Scorsese n’a pas épuisé le sujet du blues - ici, celui de Louisiane.

22.15 : Les Voleurs d’André Téchiné (1996), Club
Second volet du programme Téchiné du soir, pourquoi ne pas le regarder jusqu’au bout, même si l’intérêt est moindre ? Il y a toujours Catherine Deneuve (même si on croit moins à son personnage), Daniel Auteuil (ce qui n’est pas mal) et Laurence Côte, qu’on regrette de ne pas voir plus souvent.

22.50 : The Wipers Times d’Andy De Emmony (2013), Sundance TV
Les bienheureuses surprises de la chaîne. Un réalisateur inconnu, qui apparemment n’a travaillé que pour la TV anglaise, un sujet tout autant inconnu - un journal de tranchées imprimé par un bataillon écossais, en 1916, à Ypres (Wipers in English), après la découverte d’une presse dans une usine bombardée. C’est remarquable de justesse, égalant en émotion ce qui s’est tourné de plus puissant sur la guerre préférée de Brassens. D’une drôlerie glacée, "with the longue in the cheek". Et pour les amateurs anciens des Monty Python, Michael Palin, le vrai, en général intelligent (mais oui !).

00.35 : Police spéciale de Samuel Fuller (1964), TCM
Voici donc The Naked Kiss évoqué hier. Le crâne dénudé de Constance Towers est peu oubliable (la revue Midi Minuit fantastique l’avait reproduit joliment). Petit film tourné avec peu de moyens - mais c’est là que Fuller donne son meilleur. Curieux : nous sommes déjà en 1964, où sont passés les films des années 50, Jugement des flèches, China Gate, Verboten, etc… ? La semaine prochaine ?



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