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Christophe Tardieu
À propos d’une nomination au CNC
publié le samedi 6 septembre 2014

par Daniel Sauvaget
Jeune Cinéma en ligne directe (Samedi 6 septembre 2014)


Le nouveau directeur général du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a été nommé à partir du 1er septembre 2014, pour assister la présidente Frédérique Bredin.

Il se nomme Christophe Tardieu.

Il est inspecteur des finances, ça tombe bien, le budget de la culture est en baisse pour la première fois depuis plus de trente ans.

Son nom nous dit quelque chose. Consultons le CV de ce monsieur, sur Wikipedia, faute de pouvoir nous offrir le Who’s Who :

"Christophe Tardieu, né le 20 novembre 1964 à Versailles, est un haut fonctionnaire français. Il est actuellement directeur adjoint de l’Opéra national de Paris. Il est membre du conseil d’administration de la Cinémathèque française. Christophe Tardieu est officier des Arts et des Lettres".

[Commentaire : Jusque-là, plutôt sympa]

En 2007, il rejoint le cabinet de Christine Albanel, qui vient d’être nommée ministre de la Culture et de la Communication en tant que directeur-adjoint, aux côtés de Jean-François Hébert. Il est plus particulièrement chargé des dossiers audiovisuels et portera notamment la loi sur l’audiovisuel de 2008, la réforme des obligations de production, les États généraux de la presse, la réforme de l’Agence France-Presse ou la loi Hadopi. 

[Commentaire : Des missions aux résultats très contestés, ou sans véritable résultat]

En 2009, à la suite de "l’affaire TF1", il fut suspendu un mois, en gardant son traitement d’inspecteur des finances, en raison du courrier électronique qu’il a transmis à Jean-Michel Counillon (directeur du lobbying de TF1). Un courriel au centre de la polémique, dans lequel il écrit : "Bonjour, Jean-Michel, vous avez des salariés qui, manifestement, aiment tirer contre leur camp. Cordialement". Christine Albanel commentera : "J’ai déclaré publiquement que je regrettais cet envoi qui, d’ailleurs, a été fait sans aucune demande de sanction mais pour information. J’ai pris des sanctions à l’encontre du collaborateur en question". Un CV quelque peu terni, a dit un commentateur ; par une "boulette", a écrit Les Échos, le quotidien de l’économie…

L’affaire TF1 ? Laquelle ?

Reconstituons les faits grâce à l’immense archive du web.

De sa boîte personnelle, Jérôme Bourreau-Guggenheim avait transmis ses observations (critiques) sur la loi dite Hadopi à la députée de sa circonscription, Françoise de Panafieu, laquelle les envoie, sans préserver l’anonymat de l’expéditeur, au cabinet de la ministre. Tout simplement.

Et le cabinet avait transmis à TF1. Tout simplement.

Et M. Bourreau est immédiatement licencié par TF1. Tout simplement.

Confusion entre propos privés et prise de position publique, entre le service de l’État et la connivence avec les grands groupes. Tout y est.

Trois ans plus tard, M. Bourreau gagnera son procès pour licenciement abusif.
C’est TF1 qui est condamné.
M. Tardieu, lui, a été puni, privé de bureau pendant un mois, apparemment.

C’est tout.

La vie des hauts fonctionnaires est décidément pleine de tracas.

Daniel Sauvaget
Jeune Cinéma en ligne directe (Samedi 6 septembre 2014)

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