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Fiancée du pirate (la) (1969)
de Nelly Kaplan
publié le mercredi 2 mai 2018

par Robert Grélier
Jeune Cinéma n° 308-309, printemps 2007

Sélection de la Mostra de Venise 1969

Sorties les mercredis 3 décembre 1969 et 2 mai 2018

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À la fin des années soixante, Nelly Kaplan est arrivée dans le paysage cinématographique français comme un météore.

La boule de feu de La Fiancée du pirate a brusquement fait irruption dans une France rurale traumatisée par les reportages d’Europe n° 1 de Mai 1968. La liberté sexuelle et l’anarchie prônées par les groupuscules étudiants se déchaînent à la lisière d’une forêt sous la forme d’une jeune femme, sorcière, qui, à la place de se laisser détruire, brûle les inquisiteurs profiteurs.

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Merveilleuse apparition de Bernadette Lafont, qui a trouvé ici un de ses meilleurs rôles, comme elle s’en souvient, près de quarante ans après.
Le scénario, refusé par vingt-quatre producteurs, porte en lui tous les ingrédients du combat contre l’obscurantisme et l’hypocrisie. Quel culot il a fallu à Claude Makovski et Nelly Kaplan pour mener à bien ce brûlot qui subit, comme c’était courant à l’époque, les foudres de la censure.

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L’un des censeurs, représentant le ministère de l’Information, n’a-t-il pas suggéré à la réalisatrice de terminer son film sur une scène où son héroïne serait tuée, plutôt que de la laisser partir libre sur "les chemins de la liberté" ?

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Après 68, la puissance de l’Église catholique n’avait pas abdiqué ses prétentions à moraliser le cinéma. Comme nous le rappelle Nelly Kaplan, ce qu’un grand nombre de spectateurs ont retenu, c’est que "l’on pouvait se révolter sans pourtant se laisser humilier."

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Aujourd’hui encore, la leçon est à l’ordre du jour et La Fiancée du pirate n’a pas fini de nous donner des clés pour comprendre le monde. En 1969, une femme avait osé dire ce qu’elle pensait d’une société dirigée unqiuement par des hommes. C’était bien ici et non ailleurs que l’imagination avait pris le pouvoir.

Robert Grélier
Jeune Cinéma n° 308-309, printemps 2007

* Coffret Nelly Kaplan, Les films de ma vie.

La Fiancée du pirate. Réal : Nelly Kaplan ; sc : Nelly Kaplan & Claude Makovski ; ph : Jean Badal ; mont : Noëlle Boisson ; mu : Georges Moustaki. Int : Bernadette Lafont, Georges Géret, Michel Constantin, Julien Guiomar, Jean Parédès, Pascal Mazzotti, Henry Czarniak, Marcel Pérès, Micha Bayrad (France, 1969, 108 mn).



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