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Une année polaire (2017)
de Samuel Collardey
publié le mercredi 30 mai 2018

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 30 mai 2018

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L’inspiration viendrait-elle du grand Nord, maintenant que l’on sait que le réchauffement climatique est irréversible, et ce malgré la présence d’une ambassadrice des deux pôles ? Après Le Voyage au Groenland de Sébastien Betbeder qui installait des bobos dans le grand froid, c’est au tour de Samuel Collardey de nous offrir un bien joli documentaire.

Après L’Apprenti en 2008, Comme un lion en 2013 et Tempête en 2016, voici donc Une année polaire. Avec sa formation de chef opérateur, le réalisateur nous offre de belles images sur une neige immaculée et aussi, grâce au dégel printanier, sur une nature qui s’éveille et qui aurait donné son nom au pays vert, le Groenland.

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Le film raconte l’histoire de Anders, un géant pacifique danois dont les parents aimeraient qu’il reprenne la ferme ancestrale, mais qui, pour sa part, rêve plutôt de grands espaces et d’enseignement. Il pose sa candidature pour un poste de professeur de primaire et choisit volontairement un trou paumé au milieu du peuple Inuit, dans le hameau perdu de Tiniteqilaaq dont il arrive difficilement à prononcer le nom correctement. Son rôle sera de ne parler que le danois pour éviter que les autochtones continuent à utiliser le groenlandais et, s’il parvient à dire peu à peu quelques mots dans cette langue, il se doit, selon les directives de l’institution, de ne pas trop communiquer.

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C’est pourtant très difficile de rester toujours en retrait, d’autant que l’accueil des Inuits, notamment des enfants, est pour le moins glacial, sans jeu de mot. Peu à peu, tout cela va se réchauffer et c’est la réussite principale de ce film que de montrer comment les gens peuvent un jour communiquer dans la solidarité et le sourire, sans pour autant sombrer dans une fausse naïveté.

L’autre héros du film est le petit garçon, Asser, sorte de descendant des 400 Coups, que l’enseignant parvient peu à peu à apprivoiser et à canaliser. C’est justement ce travail que le film montre, avec, comme point culminant, le feu d’artifice final auquel Anders participe avec tous les autres villageois.

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Une année polaire est un film ambitieux, qui donne envie de mieux connaître d’autres mondes, même si, au bout du compte, dans leurs différences apparentes, toutes les sociétés se ressemblent et demandent de l’amour et de l’empathie pour fonctionner.

Le réalisateur explique bien le miroir que nous tend son film : "Je traque quelque chose d’assez universel dans les rapports humains. Et film après film, je traite toujours de la même chose : la famille, la transmission, la paternité."

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Une année polaire. Réal, sc, ph : Samuel Collardey ; sc : Catherine Paillé ; mont : Julien Lacheray ; mu : Erwann Chandon. Int : Anders Hvidegaard, Asser Boassen, Thomasine Jonathansen (France, 2017, 94 mn).



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