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Semaine télé du 16 au 22 juin 2018
Salut les câblés !
publié le samedi 16 juin 2018
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©Amos Sewell-1963

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 16 juin 2018

 

20.35 : Set Fire to the Stars d’Andy Goddard (2014), Sundance Channel
Troisième passage en quatre ans de ce curieux film, signé par un réalisateur de séries TV (mais Downton Abbey, tout de même) et qui conte, assez joliment, un épisode de la vie de Dylan Thomas, interprété par Celyn Jones (le Maître), Elijah Wood et Kelly Reilly.

20.45 : Jean-Philippe de Laurent Tuel (2006), Émotion
De nouveau une soirée hommage à notre cher disparu, parallèlement à la réédition en salles de trois films avec Johnny. Hallyday n’a jamais été meilleur que lorsqu’il n’avait que peu à faire, comme ici, dans son presque propre rôle. Et le scénario est astucieux. En revanche, on peut éviter de revoir le pensum de Lelouch, Salaud, on t’aime (2014) à 22.15, ainsi (et surtout) que Love Me de Laetitia Masson (2000) à 00.15.

20.45 : Anything Else de Woody Allen (2003), Club
Un Allen inédit (en tout cas, depuis bien longtemps) ; à sa place, dans une filmo en dents de scie, entre Hollywood Ending (bof) et Melinda et Melinda (rebof). Donc satisfaisant et agréable, en attendant Match Point (2005), un chef-d’œuvre.

20.45 : La Maison du diable de Robert Wise (1963), Classic
Wise s’est souvenu sur le tard qu’il avait commencé par le fantastique (en 1944, avec La Malédiction des hommes-chats, "suite" de La Féline). The Haunting (en VO) est un des films de terreur les plus réussis que l’on connaisse, car réalisé avec peu d’effets spéciaux - et le poltergeist n’en est que plus impressionnant.

22.55 : Scanners de David Cronenberg (1980), TCM
Le Cronenberg du samedi soir - à cette allure, on n’est pas près d’arriver à Maps to the Stars… Le cinéaste poursuivait sa veine personnelle, l’obsession de la difformité des corps et de leur modification - la tête qui explose est un plan inoubliable. Si le rythme est respecté, bientôt Vidéodrome.

23.40 : Crazy Heart de Scott Cooper (2009), OCS City
Pas vu, mais les quelques films plus récents de Cooper que l’on connaît incitent à jeter un œil sur celui-ci. Jeff Bridges en chanteur country, ça devrait lui convenir.

 

Dimanche 17 juin 2018

 

Aïe, pas de séance "Cinéma de minuit" sur France 3 ! Serait-ce la fin, si souvent menaçante, ou simplement l’arrivée des programmes de saison ?
À part ça, c’est dimanche et l’impression que les programmateurs ont pris leurs quartiers d’été semble se préciser. Un seul inédit sur le bouquet Ciné+.

20.40 : Sixième sens de M. Night Shyamalan 1999), OCS Max
Si le film de Mann (Le Sixième…) est souvent passé, ce n’est pas le cas de celui-ci, qui n’a rien à voir. Succès planétaire qui a fait de chaque titre suivant de son auteur, même remarquable (Le Village), une déception. Haley Joel Osment, 10 ans (et déjà treize film en magasin) y est étonnant - il n’a jamais cessé de tourner depuis, mais il demeure, malgré A.I. de Spielberg, le héros d’un seul film.

20.40 : Le Secret de la banquise de Don Sharp (1979), OCS Géants
La chaîne a le souci de sortir de ses archives des films oubliés ou peu connus. Ainsi, celui-ci, qui nous avait échappé à l’époque, malgré son signataire (un des bons de la Hammer) et ses interprètes, Donald Sutherland et Vanessa Redgrave.

20.45 : L’enquête est close de Jacques Tourneur (1951), Classic
Tout petit film (70 mn) qui démontre le talent de l’auteur pour passer d’un genre à l’autre sans perdre un led de son éclat. Après Stars in My Crown (1950), americana magnifique, toute de subtilité et de douceur, et avant La Flibustière des Antilles (1951), Tourneur signe ce polar en N&B, qui voit Ray Milland traverser l’Angleterre de l’après-guerre pour découvrir comment son frère a été tué. Le pays réussissait au cinéaste, on le verra avec Rendez-vous avec la peur (1957).

20.50 : Amadeus de Milos Forman (1984), Arte
Soirée sérieusement culturelle sur la chaîne, avec cette fameuse bio de Mozart en 155 mn, qu’on revoit toujours avec intérêt, suivie par Cosi fan tutte, capté en 2016 à Aix-en-Provence, dans une mise en scène de Christophe Honoré.

22.15 : The Doors d’Oliver Stone (1991), OCS City
Dernier passage en novembre 2017, mais il y a toujours la musique.

22.30 : Le Flic aux talons hauts de Jang Jin (2014), Club
Le polar coréen est un réservoir de découvertes : ici, une situation inédite, un policier à l’efficacité légendaire fait sa dernière enquête avant d’entamer sa transformation sexuelle. C’est le seul titre de Jang Jin qui nous soit parvenu, parmi la douzaine réalisée en vingt ans.

00.35 : When You’re Strange de Tom Di Cillo (2009), OCS City
Si l’on a revu le film de Stone, on doit enchaîner avec ce documentaire sur Jim Morrison et son groupe. Un peu tardif, mais quand on aime, on ne compte pas ses heures de sommeil.

 

Lundi 18 juin 2018

 

20.35 : Richard Linklater : Dream Is Destiny de Louis Black & Karen Bernstein (2016), Sundance TV
Doc inconnu, mais Linklater est un auteur plus qu’intéressant.

Rien à sauver dans le premier créneau du bouquet OCS, tout étant déjà passé il y a peu (Je ne suis pas un salaud, Le Casse, We Want Sex Equality) Et même chose pour la fin de soirée, sans aucune découverte (Week-end royal, Donnie Brasco, Mon oncle Benjamin). La tasse.

20.45 : La Colline des hommes perdus de Sidney Lumet (1965), TCM
Pas passé depuis le 27 septembre 2015. Comme le reste de la programmation, tous bouquets confondus, baigne dans les redites de films vus il y a quelques mois et semaines, on peut sans problèmes s’embarquer pour la Libye et suivre les éprouvantes aventures disciplinaires de Sean Connery dans son camp de redressement.

20.45 : R.A.S. sur le bouquet Ciné+, sauf si l’on supporte Fanny Ardant. Auquel cas, on pourra regarder Lola Pater de Nadir Mokneche (2017) sur Club, sans obligation.
Seconde partie de soirée sur Ciné+ aussi languissante que la première. On passe. Vivent les DVD.

 

Mardi 19 juin 2018

 

20.40 : Quelques messieurs trop tranquilles de Georges Lautner (1973), OCS Géants
L’intérêt du film tient aujourd’hui à la vision des hippies qu’il proposait, tout à fait d’époque (Miou-Miou, dans son premier vrai rôle, était bien mignonne). Pour le reste, on peut préférer (re)lire la Série Noire d’A.D.G., La Nuit des grands chiens malades, qui a inspiré le film.

20.40 : Dragnet de Tom Mankiewicz (1987), Paramount Channel
Eu égard à la faiblesse des choix offerts ailleurs ce soir, on peut se rabattre sur cette version ciné de la fameuse série télévisée du même titre, une des premières du genre (1951-1959). Dan Aykroyd (à la place de Jack Webb) et Tom Hanks (à celle de Ben Alexander) font le boulot.

20.45 : Les Tribulations d’une caissière de Pierre Rambaldi (2011), Émotion
Premier et unique film (pour l’instant) d’un producteur. L’argument, d’une originalité relative (ladite caissière raconte ses journées sur son blog) est en partie rachetée par Déborah François, actrice fort intéressante, qui sait parfois dissimuler sous un visage angélique des abîmes de noirceur.

20.45 : Pour une poignée de dollars de Sergio Leone (1964), Classic
Sergio Leone, mais le film était alors signé Bob Robertson, pseudo US oblige pour un western, même italien. On a appris ensuite qu’il s’agissait d’un hommage à son père, Roberto Roberti, lui-même réalisateur. Curieusement, ce film, d’une importance historique évidente (c’est lui qui initia la vague et révéla Eastwood) esi inédit sur le câble.

22.15 : Chérie, j’ai agrandi le bébé de Randal Kleiser (1992), Famiz
Le succès inattendu de Chéri, j’ai rétréci les gosses (1989), a déterminé Disney à produire des suites, forcément différentes, avec le même couple Rick Moranis-Marcia Strassman. Succès assuré si on le voit en famille, avec des enfants. Les truquages de l’original de la série, sur le modèle L’Homme qui rétrécit (1957) étaient, dans notre souvenir, plus réussis que le gosse haut de 40 mètres.

22.50 : Moka de Frédéric Mermoud (2016), Club
Très bon thriller sur le mode vengeance - on ne dira rien de l’histoire -, dans lequel Nathalie Baye est excellente et Emmanuelle Devos pas mal non plus. D’après Tatiana de Rosnay, pourquoi pas ?

 

Mercredi 20 juin 2018

 

20.40 : L’Appât de Bertrand Tavernier (1995), OCS Choc
L’Appât est souvent passé, mais c’était celui d’Anthony Mann. Celui de Tavernier est inédit. Le film, malgré son Ours d’or à Berlin, déclencha une polémique à sa sortie, alors qu’il ne faisait que reprendre un fait divers meurtrier récent. Les trois jeunes interprètes - Marie Gillain, Olivier Sitruk et Bruno Putzulu - étaient (presque) des débutants.

20.40 : Un pistolet pour Ringo de Duccio Tessari (1965), OCS Géants
Dans ces années-là, on préférait Tessari à Leone, à cause de son sens de l’humour, de l’invention de ses mises en scène pleines de trouvailles visuelles et du dynamisme de son héros, Giuliano Gemma, l’antithèse du bloc de granit Eastwood. Ce film nous a longtemps été plus agréable à revoir que Per un pugno… Ça vaut la peine de vérifier aujourd’hui.

20.45 : The Beatles - Eight Days a Week - The Touring Years de Ron Howard (2016), Émotion
Passé il y a juste trois mois sur une chaîne voisine. Comme le programme sur le bouquet est nul, il n’y a pas de mal à se faire plaisir derechef. Howard limite son propos aux seules années de concert (1962-1966), mais c’est largement suffisant.

20.45 : Playtime de Jacques Tati (1967), Classic
Le film est considéré comme le chef-d’œuvre de l’auteur. C’est en tout cas celui qui lui a coûté le plus de mal et d’argent et se conclut comme une catastrophe financière, qu’il dût rembourser toute sa vie. Le plus impressionnant de Playtime, c’est sa légende et les ouvrages qu’il a générés, sur l’épopée du tournage, passionnante.

22.10 : Comme un lion de Samuel Collardey (2012), OCS City
Le Mondial de foot a pour conséquence une programmation orientée ballon rond. Après Les Petits Princes de Vianney Lebasque (2013) à 20.40 sur cette même chaîne et dont on peut se passer, le film de Collardey (dont on peut voir en salles son récent Une année polaire) décrit bien le mécanisme "repérage (ici au Sénégal)-recrutement-entraînement-abandon" qui régit le marché.
C’est tout, sauf à revoir Caché de Michael Haneke (2005) sur OCS Choc, pour ceux qui ne l’ont pas vu le 3 janvier 2018.

 

Jeudi 21 juin 2018

 

20.40 : À cœur joie de Serge Bourguignon (1967), OCS Géants
Soirée repêchage pour ce film, le troisième de son auteur (et le dernier), après la catastrophe de La Récompense, son western de 1965. Malgré les ingrédients du scénario, mannequin, photographe de mode, swinging London and so on, et la distribution, Brigitte Bardot, Laurent Terzieff, Jean Rochefort, ce fut un échec sanglant, contraignant Bourguignon au silence. On ne se souvient pas d’avoir vu le film ressortir de ses boîtes. À voir pour vérifier si c’était aussi mauvais que dans notre mémoire.

20.45 : Tristana de Luis Buñuel (1970), Classic
Sauf erreur, pas de trace d’un passage depuis plus de quatre ans. C’est donc le film du soir, d’autant que la programmation du reste du bouquet est d’une rare tristesse (le seul film visible, Médecin de campagne de Thomas Lilti (2016) sur Club étant passé en février 2018). Encore un chef-d’œuvre de don Luis, d’après un roman presque centenaire de Benito Perez Galdos : Catherine Deneuve en nièce victime de l’oncle Fernando Rey, puis son épouse unijambiste et vengeresse, c’est quelque chose.

21.00 : Career Girls de Mike Leigh (1996), Sundance TV
Note du 8 septembre 2017 : "Merci à la chaîne redfordienne de sortir de l’oubli ce film peu connu de l’auteur, tourné entre Secret and Lies et Topsy-Turvy. Simple histoire de deux amies qui se retrouvent (Deux filles d’aujourd’hui précise le titre français), mais l’élégance de Leigh est là (élégance jamais aussi bien marquée que dans ses téléfilms pour la BBC, à découvrir en coffrets DVD)."

21.40 : Les Merveilles d’Alice Rohrwacher (2014), OCS City
Le film, hué à Cannes par la presse ("le plus mauvais film de la sélection", comme Les Filles du Soleil cette année), obtint, ô scandale, le Grand prix du jury - ce qui convainquit certains critiques de revenir ensuite sur leur premier accueil, une veste étant faite pour être retournée. L’œuvre est étrange, à mi-chemin entre réalisme paysan et onirisme adolescent, et très attachante - à l’image de Lazzaro felice, dernier film d’Alice R., présenté à Cannes le mois dernier.

C’est tout, sauf à revoir Virgin Suicides, French Connestion, Bad Lieutenant et Soyez sympas, rembobinez…

 

Vendredi 22 juin 2018

 

20.40 : Danger, planète inconnue de Robert Parrish (1969), Paramount Channel
Le titre original est plus séduisant : Journey to the Far Side of the Sun. Comme la plupart des films de Parrish, il est fort agréable, empli d’idées de réalisation sympathiques. Vu aujourd’hui, la SF de l’époque peut sembler un peu primitive, ce qui ajoute à son charme. Ingrédient supplémentaire : il s’agit d’un des rares films de Roy Thinnes, l’immortel David Vincent, le héros des 43 épisodes de la série Les Envahisseurs (1967-1968).

20.40 : Même le bouquet OCS nous abandonne ce soir : Wall Street : l’argent de dort jamais, 30 jours de nuit, Fenêtre sur cour, La Taverne de la Jamaïque, Black Rain, aucune découverte.

20.45 : Jackie Brown de Quentin Tarantino (1997), Frisson
Certes passé en octobre 2017, mais qu’y faire ? Tout le reste proposé par Ciné+, New York Melody, Ice Storm, L’Exorciste, Camping 3 (!!), Anything Else, Chaussure à son pied, étant usé par de récents passages.

22.55 : Le Chanteur de jazz d’Alan Crosland (1927), TCM
Qu’arrive-t-il à TCM de passer un muet dans un créneau réservé aux films parlants ? Oui, c’est le premier film répertorié "parlant", mais on sait que la parole s’y résume à la phrase finale d’Al Jolson annonçant la chanson qu’il va interpréter - "Wait a minute, you ain’t heard nothing yet !" - et aux quelques autres chansons intégrées. Intertitres, bande sonore et quelques mots, The Jazz Singer ressemble à beaucoup de films des années 1928-1929, mais c’est le premier.

Semaine morose - il est à craindre, l’été étant là, que les suivantes ne le soient également…



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