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Semaine télé du 21 au 27 juillet 2018
Salut les câblés !
publié le vendredi 20 juillet 2018
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Tommie Smith et John Carlos, aux JO de Mexico en 1968, avec Peter Norman solidaire

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 21 juillet 2018

 

20.40 : Week-ends d’Anne Villacèque (2014), OCS Max
La comédie française du soir. L’originalité de l’argument n’est pas assurée - deux couples vont chaque fin de semaine dans leurs maisons à la campagne, la suite ne surprendra pas -, mais la cinéaste réussit ses partitions en mineur (Petite chérie, Riviera) et l’assemblage de Karine Viard et Jacques Gamblin, de Noémie Lvovsky et Ulrich Tükür fonctionne. Certes, ce n’est pas Lubitsch, mais on sait que le secret est perdu.

20.40 : Le Casse de Henri Verneuil (1971), OCS Géants
En son temps, le film ne nous avait guère passionnés et Belmondo commençait à se spécialiser dans la galipette cascadeuse. Mais sait-on jamais : la redécouverte de quelques films de Verneuil peu appréciés à leur sortie et dont la solidité nous étonne aujourd’hui conduit à nous méfier. Revisite nécessaire (et il y a Nicole Calfan à ses presque tout débuts).

20.45 : Plus fort que le diable de John Huston (1953), Classic
Note du 22 septembre 2017 : "L’occasion est belle de découvrir une facette peu souvent visible chez Huston, le plaisir de l’incongruité ; le scénario de Truman Capote trimballe une bande d’aventuriers et d’escrocs (et non des moindres : Bogart, Lollobrigida, Peter Lorre, Jennifer Jones) sur les routes d’Afrique, dans un grand souci d’invraisemblance et de rigolade."

C’est le seul titre de quelque intérêt offert par le bouquet Ciné+. Ça sent l’été.

22.30 : Femme fatale de Brian De Palma (2001), Émotion
Apparemment inédit sur le câble, sauf erreur. Ce n’est pas le plus beau film du réalisateur, mais il y a toujours à glaner chez De Palma. Et on aime bien Antonio Banderas.

00.15 : La Vallée du soleil de George Marshall (1942), TCM
Puisque TCM, magnificente, n’a pas cessé sa rétrospective Lucille Ball à la moitié du mois pour recycler les titres passés entre le 1er et le 15, profitons-en. D’autant qu’il s’agit d’un vrai film rare, qui nous a toujours échappé. On n’attend pas grand-chose de la part de Marshall, qui a œuvré dans tous les genres et s’en est toujours bien tiré sans jamais rien signer d’inoubliable (mais quelqu’un qui a fait tourner W.C. Fields, Jerry Lewis, Marlene Dietrich et Kay Francis ne peut pas être foncièrement mauvais). Ici, Lucille dans un western dont on sait rien sinon qu’il a été écrit par le grand Horace McCoy.

 

Dimanche 22 juillet 2018

 

20.40 : Compliance de Craig Zobel (2012), OCS City
Bon thriller, jouant sur un malaise soigneusement tressé. On ne connaît rien d’autre du réalisateur et les acteurs ne sont pas des stars, ce qui accentue l’efficacité. Et de toutes façons, c’est le seul film notable de ce créneau sur OCS.

20.45 : Le grand vide sur Ciné+, qui ne propose à cette heure aucun film qui n’ait pas été programmé ces derniers mois. Même s’il n’est pas désagréable de revoir Les flics ne dorment pas la nuit (Classic), Blood Father (Premier) ou Au revoir les enfants (Club), on peut légitimement avoir envie de titres un peu plus surprenants.

20.45 : Les Incorruptibles de Brian De Palma (1987), TCM
Signalé pour mémoire et parce qu’il s’agit d’une soirée tout entière consacrée au cinéaste. On peut donc enchaîner avec Furie (1978) à 22.45 et Blow Out (1981) à 00.45.

22.10 : A War de Tobias Lindholm (2015), Premier
Film de guerre, comme en s’en doute, sur l’engagement de l’armée danoise en Afghanistan. Pas vu, mais sinon, la même configuration se pose qu’en début de soirée : Truth, le prix de la vérité (Émotion), Oliver Twist (Famiz), Dans les forêts de Sibérie (Club), Le Boucher (Classic), rien de neuf.

22.10 : Keeper de Guillaume Senez (2015), OCS City
Un premier film remarquable, qui a récolté une vingtaine de prix dans la cinquantaine de festivals où il a été sélectionné. La force des jeunes acteurs fait passer ce que le message a d’un peu réac - ils ont 15 ans, ils s’aiment et garderont l’enfant fruit de leur amour - et on peut noter leurs noms : Kacey Mottet Klein et Galatéa Bellugi. Depuis, Nos familles, second film de Senez, a ravi la Semaine de la critique cannoise en 2018.

 

Lundi 23 juillet 2018

 

20.40 : Italian Race de Matteo Rovere (2016), OCS Max
Pas vu, car inédit dans les salles. Même si l’histoire ne nous passionne pas a priori, (la course automobile en question n’est pas la F1, mais le Grand Tourisme), la présence de Stefano Accorsi est une raison suffisante pour regarder.

20.45 : Où est la maison de mon ami ? d’Abbas Kiarostami (1987), Club
Un film fait avec des riens, comme la plupart des premiers films de l’auteur : ici, un gamin cherche à rapporter à un élève de sa classe le cahier gardé par erreur et qu’il devra rendre le lendemain. 80 minutes de la quotidienneté d’un village iranien, parfaitement restituée. Léopard de bronze à Locarno 1989.

20.45 : Commando sur Rhodes de Lewis Milestone (1954), Classic
Le film est-il sorti à l’époque ? Sans doute, mais il n’a pas laissé de grandes traces, malgré Dirk Bogarde, Denham Elliott et Gérard Oury (mais oui). Les meilleurs films de Milestone, depuis À l’Ouest, rien de nouveau (1930), ont été ses films guerriers : L’Étoile du Nord (1943), Commando de la mort (1945), Okinawa (1951). Celui-ci sera-t-il à classer dans le Top Ten ? À vérifier.

22.05 : Paris Téhéran, sur la route d’Abbas Kiarostami de Sussan Shams (2013), Club
Docu inconnu, mais qui vient certainement compléter le film passé juste avant.

22.25 : Toril de Laurent Teyssier (2016), OCS Choc
Une bonne première œuvre, à la fois western camarguais, drame familial et film de petits dealers. Des jeunes, Vincent Rottiers, Karim Leklou, Sabrina Ouazzani, des vieux, Bernard Blancan, Gérard Meylan, un ton neuf et qui méritait mieux que les 14 000 spectateurs recueillis lors de sa sortie estivale.

22.55 : The Tailor of Panama de John Boorman (2001), OCS Max
Pas passé depuis le 30 avril 2015. Une histoire d’espionnage plus proche de Notre agent à La Havane de Carol Reed (1959) que de Mission : Impossible, mais c’est bien reposant.

00.15 : La Poupée brisée d’Irving Reis (1942), TCM
De nouveau un Lucille Ball inédit sur le câble, c’est la fête. Henry Fonda est un jeune homme timide amoureux sans espoir de LB, chanteuse de boîte de nuit ; il va la soigner et s’occuper d’elle anonymement lorsqu’elle aura été balancée dans l’escalier par Barton McLane et demeurera handicapée. Un joli mélo, dans lequel Fonda est parfait.

 

Mardi 24 juillet 2018

 

20.40 : Mon garçon de Christian Carion (2017), OCS Choc
Seul titre inédit du bouquet OCS. Le film repose sur une idée baroque : faire jouer à un acteur un rôle non écrit, alors que ses partenaires savent ce qu’ils doivent faire ; donc l’acteur va réagir sans interpréter, comme s’il était dans la vraie vie. Plaisant sur le papier. Sur l’écran, voir Guillaume Canet tenter de poursuivre les ravisseurs de son fils en improvisant au fur et à mesure, et en jouant toujours à côté, est vite pénible. Mieux vaut revoir Sylvie et le fantôme de Claude Autant-Lara (1945) sur OCS Géants.

20.45 : Que des redites. Dalton Trumbo de Jay Roach (2015), Quand on a 17 ans de André Téchiné (2016), Melancholia de Lars von Trier (2011), Le train sifflera trois fois de Fred Zinnemann (1952) : tous ont été vus récemment sur le même bouquet. Quant à revoir l’inédit Les Morfalous de Henri Verneuil (1984) sur Famiz), il faudrait un sacré courage.

22.05 : Roman de gare de Claude Lelouch (2007), OCS Choc
Est-ce parce qu’il l’a signé Hervé Picard ? En tout cas, c’est le meilleur film de Lelouch depuis le début du siècle. Certes, ça n’en fait pas un chef-d’œuvre pour autant, mais il y a là une simplicité, un effort vers l’humilité tout à fait étonnants chez lui. S’il avait borné ses ambitions à ne tourner ainsi que des "romans de gare", sa filmographie serait assurément moins encombrée de puddings à messages indigestes.

22.45 : Cf. commentaire de 20.45 pour Podium de Yann Moïx (2003), Vertical Limit de Martin Campbell (2000), Éternité de Tran Anh Hung (2016), Le Convoi des braves de John Ford (1950). Quant à revoir Madame Irma de Bourdon & Fajnberg (2006) sur Famiz), pas question.

22.55 : Kiss & Cry de Chloé Mahieu & Lila Pinell (2017), Club
C’est l’inconnu du soir, portrait d’une ado patineuse artistique de haut niveau, entre docu et fiction. Avec une patineuse-actrice d’occasion, Sarah Bramms, qu’on espère revoir dans un autre film. 11000 entrées en septembre dernier : à rattraper, comme Toril hier.

00.05 : Seven Days’ Leave de Tim Whelan (1942), TCM
Heureusement qu’il reste l’hommage à Lucille Ball pour découvrir des films. Whelan est un cinéaste intéressant, car il a tout fait, films de guerre, westerns, comédies musicales (il a même réussi à animer Michèle Morgan dans Amour et swing (1943). Le fait que le partenaire de Lucille soit Victor Mature serait plutôt un handicap, mais le scénario est signé William Bowers, un des plus talentueux dialoguistes des années 40, argument suffisant pour veiller.

 

Mercredi 25 juillet 2018

 

20.35 : Histoires de Shangai de Jia Zhangke (2010), Sundance TV
Le documentaire de Jia était passé à Cannes (Un Certain Regard) sous le titre I Wish I Knew - il est d’ailleurs sorti ainsi en janvier 2011, le titre français ayant été ajouté ensuite. Remarquable assemblage de souvenirs sur la ville par des habitants qui l’ont vu évoluer au fil des ans. Depuis, Jia n’a tourné que des fictions - on verra bientôt l’admirable Les Éternels.

20.40 : De rouille et d’os de Jacques Audiard (2012), OCS City
Le seul titre notable du bouquet OCS. Déjà passé le 14 septembre 2017, mais que faire ? C’est ça ou L’Affaire Farewell de Christian Carion (2009) sur Choc, ou Overdrive de Antonio Negret (2017) sur Max, ou Le Retour de Ringo de Duccio Tessari (1965) sur Géants, moins réussi que le précédent, Un pistolet pour Ringo). De toutes façons, il s’agirt du plus beau film d’Audiard.

20.45 : Stalker d’Andréi Tarkovski (1979), Classic
Certes passé le 13 janvier 2018, mais tous les autres films proposés à le même heure ont été programmés encore plus récemment (Jane Got a Gun, Welcome) et sont loin d’équivaloir celui-ci. Rappel du 13 janvier 2018 : " Sublime, certes, mais la quantité de désespoir atteinte par cette traversée de la zone grise qui permet l’entrée au paradis (métaphysique) demande une bonne préparation. Vous qui entrez ici…"

20.45 : Le Courrier de l’or de Budd Boetticher (1959), TCM
On pensait que tous les Boetticher avec Randolph Scott avaient fait l’objet d’un passage depuis quatre ans. Apparemment, pas Westbound, cinquième et avant-dernier de la série. Virginia Mayo n’est pas le moindre attrait de ce western tout à fait plaisant.

23.20 : Solaris d’Andréi Tarkovski (1972), Classic
Eh oui, exactement le même programme que le 13 janvier 2018 : deux Tarkovski dans le même ordre.

00.35 : La Vie facile de Jacques Tourneur (1949), TCM
Lucille Ball n’a pas tourné que sous la direction de cinéastes transparents, la preuve. Entre deux chefs-d’œuvre, Berlin Express (1948) et Stars in My Crown (1950), Tourneur a signé ce film de sport (Victor Mature est un footballeur en fin de carrière), dont le grand intérêt, plus que Lucille B., est d’avoir au générique Lizabeth Scott, dont on ne se lasse pas.

 

Jeudi 26 juillet 2018

 

20.40 : Soirée séries US sur OCS, que des bonnes (Holly Weed, Atlanta, Les Soprano), encore faut-il les avoir suivies… Et Liliom de Fritz Lang (1933) sur Géants), mais déjà passé récemment (26 mars 2018).

20.45 : Nocturama de Bertrand Bonello (2016), Premier
Très précise description des déplacements d’un petit groupe d’individus qui décident de commettre des attentats dans Paris - et les accomplissent, jusqu’à une fin en forme de massacre dans un grand magasin. On ne sait pas trop ce que Bonello a voulu prouver ou démontrer, en restant dans le flou - on ne sait rien des raisons de leurs actions, on voit simplement le spectacle de la violence. Au moins les nihilistes russes du 19e s. exposaient-ils leur théorie. Le film est sorti quelques mois après le Bataclan, d’où son accueil plutôt réservé.

20.45 : Sonate d’automne d’Ingmar Bergman (1978), Classic
Eh oui, Bergman. On y revient toujours. Le centenaire de l’auteur permet de revoir ou rerevoir ou rererevoir ses films. À quelques rares exceptions près, tous tiennent la distance superbement, des très anciens (tous les N&B des années 40) aux plus récents. Et ce soir, dans la même foulée, on a droit à deux Bergman puisque c’est Ingrid la protagoniste (leur seule rencontre, et le dernier film pour elle), face à Liv Ullmann.

22.55 : Pourquoi tu pleures ? de Katia Lewkowicz (2011), OCS City
Plus intéressant que Tiens-toi droite, le film suivant (2014) de la cinéaste. Le plus curieux, c’est la vision noire des personnages : Benjamin Biolay est un velléitaire horripilant, qui, à 35 ans, va épouser Valérie Donzelli, et en même temps, toute la famille et la communauté juive. Tous ses copains sont caricaturaux, toutes les femmes sont hystériques ou fofolles. Il y a un essai d’unanisme à la Altman, qui fonctionne parfois. Une bonne note pour Emmanuelle Devos.

00.20 : Pension d’artistes de Gregory La Cava (1937), TCM
Dans la filmo de Lucille Ball, nous en étions à 1942. Retour en arrière, mais on ne s’en plaindra pas, puisqu’il s’agit d’un des meilleurs films de La Cava. Lucille n’y est qu’une parmi d’autres, et quelles autres : Katharine Hepburn, Ginger Rogers, Gail Patrick, Constance Collier (et même Ann Miller dans un petit rôle).

 

Vendredi 27 juillet 2018

 

20.35 : Park de Sofia Exarhou (2016), Sundance TV
Inconnu, comme tout le cinéma grec récent, celui de pendant la crise - qui semble d’ailleurs être le sujet du film. À découvrir. Notons le nouvel horaire du film du soir de la chaîne, jusque-là fixé à 21.00 et qui a décidé de griller tous les autres bouquets.

20.40 : Gueule d’amour de Jean Grémillon (1937), OCS Géants
On ne trouve pas de signe d’un passage sur le câble, ce qui est fort étonnant. L’aurait-on négligé ? Pourtant Gabin + Mireille Balin + René Lefèvre + Grémillon, pas de quoi passer inaperçu. Quoiqu’il en soit, vision conseillée - d’abord parce que c’est un grand film, ensuite parce qu’il n’y a vraiment rien d’autre sur OCS (sauf pour les amateurs de La Grande Aventure de Maya l’abeille sur OCS Max).

Là, on jette l’éponge : sur le bouquet Ciné+, sur les douze films proposés en début et en seconde partie de soirée, tous sont passés depuis le début de l’année, le plus ancien étant Les Autres de Alejandro Amenabar (2001) à 22.45 sur Premier) programmé le 16 décembre 2016. Ce qui ne signifie pas qu’ils ne valent pas la peine d’être revus (Training Day, Billy Elliott, Le Juge et l’assassin, Ils étaient neuf célibataires), mais on peut avoir envie de nourriture plus neuve.

22.05 : Simetierre de Mary Lambert (1989), OCS Choc
Note du 8 septembre 2017 : "Stephen King a lui-même scénarisé son roman. Le film est une jolie surprise. Mary Lambert est sans doute la seule réalisatrice américaine spécialisée dans le film d’épouvante (elle a tourné une suite, moins réussie)."

00.40 : Go Chase Yourself d’Eddie Cline (1938), TCM
De nouveau un film inconnu. Pas son réalisateur, vieux routier qui a tourné avec des comiques de haut rang, Keaton et Fields, et de moindre portée, Wheeler et Woolsey, Olsen et Johnson. Mais toujours avec efficacité. On ne sait rien de ce film-ci, sinon que ses acteurs, Joe Penner, Richard Lane, n’ont pas laissé beaucoup de traces.

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