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Semaine télé du 15 au 21 septembre 2018
Salut les câblés !
publié le samedi 15 septembre 2018
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Tell Lie Vision

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 15 septembre 2018

 

20.40 : Red Eye, sous haute pression de Wes Craven (2005), Paramount Channel
Le film passe une fois chaque année depuis 2015, mais ce huis clos aérien se laisse revoir sans déplaisir, grâce à l’interprétation glaçante de Cillian Murphy, toujours excellent, et de Rachel McAdams, joliment terrorisée de bout en bout.

20.40 : L’Affaire Mori de Pasquale Squitieri (1977), OCS Géants
Squitieri n’était pas Petri, ni même Damiani, mais ses films recélaient un avantage : époux de Claudia Cardinale, il l’utilisait dans tous ses titres. Et ici encore, avec Giuliano Gemma (pour une fois du côté de l’ordre, puisqu’il est préfet), dans cette histoire de Mafia, canal historique (l’action se passe vers 1925).

20.45 : Place Vendôme de Nicole Garcia (1998), Premier
Curieusement inédit sur le câble. Curieusement, car Nicole Garcia, si elle n’est pas très appréciée de quelques beaux esprits de la critique, est une réalisatrice populaire, dont la plupart des titres ont été programmés. Rattrapage, donc ; à part ça, ce n’est pas celui que l’on préfère (moins que Mal de pierre ou Selon Charlie), peut-être parce que Catherine Deneuve, à l’époque, ne nous émouvait déjà plus beaucoup. Mais le film est impeccable.

20.45 : J’ai même rencontré des Tziganes heureux d’Aleksander Petrovic (1967), Classic
Un inédit de plus, quelle soirée ! Le film connut un succès inattendu (un cinéaste sans renom, un sujet folklorique), grâce à une critique conquise - on croit se souvenir que Michel Cournot avait joué un rôle actif. L’exotisme, la couleur, l’entrain endiablé, etc. Bien peu de spectateurs avaient vu son précédent Tri, pourtant bien plus intéressant. L’auteur n’a jamais retrouvé un accueil de ce style, malgré l’audace de son adaptation de Boulgakov, Le Maître et Marguerite.

22.05 : Les Guichets du Louvre de Michel Mitrani (1974), Classic
Derechef un inédit, les affaires reprennent. Mitrani n’a pas fait beaucoup d’incursion sur le grand écran, mais toutes sont notables (en particulier sa version de Un balcon en forêt de Gracq). C’est sans doute le premier film qui se passe pendant la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942, d’après le roman de Roger Boussinot. Et c’est très juste, sans le pathos qui a régné ensuite sur certaines autres évocations.

23.05 : La Communauté de Thomas Vinterberg (2016), OCS City
Note du 8 avril 2018 (il n’y a pas longtemps, mais la seconde partie de soirée est sinistrée) : "Retour sur la propre enfance du réalisateur, produit des années 70. L’utopie en actes et c’est pas triste… Avec une bande d’acteurs danois qu’on aime beaucoup, Ulrich Thomsen, Tryne Dyrholm et Fares Fares (il est suédois, mais ça ne fait rien)."

 

Dimanche 16 septembre 2018

 

20.40 : Les Dents de la mer de Steven Spielberg (1975), OCS Géants
Surprise : un Spielberg jamais passé ! Et pas n’importe lequel, celui qui a contraint à ne plus oser se baigner des milliers de spectateurs paniqués. Effectivement, après 43 ans, on frémit moins à l’apparition des ailerons fatals, mais pour ses (presque) débuts, le jeune réalisateur avait de l’avenir.

20.45 : L’afflux d’inédits hier offrait une perspective illusoire : ce soir, tous les titres choisis par Ciné+ sont des redites, sauf sur Classic.

20.45 : La Brigade du suicide d’Anthony Mann (1947), Classic
Programmation spéciale Mann ce soir, avec deux classiques de sa période pré-westerns. D’abord ce T-Men (en VO), précis et froid, dans la lignée des néopolars contemporains, Dassin et Hathaway. T pour Treasure : Dennis O’Keefe et Alfred Ryder en agents fédéraux contre des faux-monnayeurs. Un régal.

22.15 : Marché de brutes d’Anthnoy Mann (1948), Classic
Le film qui suit T-Men dans la carrière de Mann. Toujours Dennis O’Keefe, face à Raymond Burr, pas encore assassin hitchcockien ni homme de fer. Totalement dégraissé (75 mn), parfaitement ficelé, Raw Deal fait regretter que la découverte de l’Ouest ait empêché Mann de continuer à œuvrer ainsi dans le polar.

22.40 : Les Dents de la mer 2 de Jeannot Szwarcz (1978), OCS Géants
Comme d’habitude, le succès appelant des suites, on eut droit à des sequels de plus en plus éprouvantes - la saga s’est arrêtée au n° 4. Ici, le réalisateur n’étant pas tout à fait manchot (rappelons-nous Les Insectes de feu), ça passe encore.

00.20 : Napoléon de Sacha Guitry (1954), France 3
Suite (et fin heureusement) de l’épopée guitréenne. Souhaitons que Brion nous propose un choix plus gouleyant dimanche prochain.

 

Lundi 17 septembre 2018

 

20.40 : Les Banlieusards de Joe Dante (1988), Paramount Channel
On s’étonnait devant ce Dante inconnu. Après vérification, le film n’est sorti qu’en VHS et on peut s’interroger : c’était entre L’Aventure intérieure et Gremlins, Dante avait conquis son statut d’auteur et le film est interprété par Tom Hanks, Bruce Dern et Carrie Fisher ! Mystère de la distribution. À découvrir absolument.

20.40 : L’Ordre et la Morale de Mathieu Kassovitz (2011), OCS Choc
À la veille d’un scrutin important en Nouvelle-Calédonie, c’est une bonne idée de ressortir un des rares films tournés sur le massacre d’Ouvéa - bravo et merci à Chirac et Bernard Pons ! Kassovitz prend parti, et c’est bien. Mais le public français de 2011 n’avait pas envie qu’on l’embête avec des histoires oubliées d’indigènes lointains et le film prit la tasse, ce qui est injuste car il s’agissait du titre le plus satisfaisant de son auteur. Qui depuis a cessé de réaliser et brille comme acteur.

20.40 : L’Honneur perdu de Katharina Blum de Volker Schloendörff & Margarethe von Trotta (1975), OCS Géants
Grande soirée engagée sur le bouquet OCS. Après le scandale d’Ouvéa, le scandale de la presse allemande de caniveau, scandale imaginaire mais crédible, à partir du roman d’Heinrich Böll. Ou comment Angela Winkler, accusée d’aide au terrorisme (nous sommes dans les années de plomb), sera détruite par l’acharnement de quotidiens pourris.

20.45 : Chouf de Karim Dridi (2016), Club
Dernier film en date de Dridi. Pas follement original dans la trame - les quartiers Nord de Marseille, le deal, la famille, la vendetta, l’impression de déjà-vu est nette -, mais filmé au ras du terrain, avec des acteurs non-professionnels crédibles.

21.00 : Les Châteaux de sable d’Olivier Jahan (2015), TV5
L’auteur n’a pas de chance, car on le confond souvent avec Olivier Dahan (La Môme). C’est fort dommage, car les quelques titres que l’on connaît sont nettement plus intéressants que ceux de son presque homonyme. Et bien moins nombreux : deux longs seulement, après un court remarquable, Au bord de l’autoroute (1997), qui nous fit découvrir Emma de Caunes. Faites comme si je n’étais pas là (2000) fut un des meilleurs rôles de Jérémie Renier. Il a choisi son frère, Yannick Renier, et Emma de C. pour son second long, tourné en Bretagne Nord : une maison héritée, une affaire de famille, tout cela bien cousu.

22.30 : Bye-bye de Karim Dridi (1995), Club
Le deuxième film de Dridi. Marseille (on ne parlait pas encore il y a 23 ans, des quartiers Nord), la drogue, la famille, la vendetta. L’impression de déjà-vu était moins forte qu’aujourd’hui et on découvrait la violence urbaine (c’était l’année de La Haine). Les acteurs - Sami Bouajila, Nozha Kouadra - étaient alors à peine débutants.

00.10 : Khamsa de Karim Dridi (2008), Club
Troisième film de Dridi pour cette soirée spéciale. C’est celui qui connut le plus faible succès - une trentaine de milliers de spectateurs, contre près de trois cents mille pour Chouf. Marseille Nord, mais cette fois-ci un camp de gitans, un ado délinquant et tout ce qui s’ensuit. Sur la durée, la filmographie du cinéaste a pris du sens, en forme de chronique, toujours mise à jour, de la déréliction.

 

Mardi 18 septembre 2018

 

20.40 : Deep Impact de Mimi Leder (1998), Paramount Channel
Ce n’est pas que le film de Leder soit particulièrement inventif, mais il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous l’œil à cette heure - sauf la suite de la série The Handmaid’s Tale (OCS Max) et Desierto de Jonas Cuaron (2015) sur OCS Choc, passé il y a peu). Alors…

20.45 : La Danseuse de Stéphanie Di Giusto (2016), Émotion
Excellent premier film sélectionné à Cannes (Un Certain regard), qui reconstitue un morceau de la biographie de Loïe Fuller, la fameuse danseuse serpentine du début de l’autre siècle. Drôle d’idée pour un sujet, et pourtant, c’est une réussite. D’abord par le soin apporté à la matière, costumes et décors. Ensuite par une interprétation étonnante, Soko pour la Loïe, Lily-Rose Depp pour Isadora Duncan. On attend un second film qui confirmera le talent de la cinéaste.

20.45 : Pour mémoire, car tous passés depuis janvier 2018, mais qui valent la peine : Au revoir, les enfants de Louis Malle (1987) sur Famiz, Ice Storm de Ang Lee (1997) sur Club, Deux hommes dans l’Ouest de Blake Edwards (1971) sur Classic.

22.35 : Latifa, le cœur au combat de Cyril Brody & Olivier Peyon (2017), Club
Documentaire sur la tournée faite par la mère d’une des victimes de Mohammed Merah (2012, c’est bien loin, déjà). Elle va d’une école à l’autre à travers le pays pour dire la bonne parole de la tolérance et du respect. Le personnage est touchant par son obstination et sa foi dans la possibilité de vaincre la violence par la raison. On aimerait y croire comme ellle.

22.55 : Vidéodrome de David Cronenberg (1982), Paramount Channel
On l’attendait en juin 2018, lorsque TCM passait un film de Cronenberg chaque samedi. Et puis rien… Bon rattrapage sur une autre chaîne. Le film est un des plus impitoyables de son auteur, et certains plans sont inoubliables.

 

Mercredi 19 septembre 2018

 

20.35 : À l’âge d’Ellen de Pia Marais (2010), Sundance TV
Film inconnu, sorti ici il y a six ans de façon confidentielle, d’une réalisatrice qui nous l’est tout autant. C’est la présence de Jeanne Balibar dans le rôle principal qui éveille l’attention. Une découverte posible ?

20.40 : L’Odyssée de Jérôme Salle (2016), OCS Max
On ne sait trop que penser du réalisateur, qui alterne bons et moins bons polars (Zulu parmi les premiers, Largo Winch parmi les seconds), mais que l’on croyait spécialisé dans le genre. Passer d’un buddy-movie en Afrique du Sud à la chanson de gestes du bon commandant Cousteau est étonnant, comme si Gaspar Noé biographait sœur Emmanuelle. Mais il y a Lambert Wilson, toujours à l’aise dans toutes les situations.

20.40 : Louis, enfant-roi de Roger Planchon (1992), OCS City
Planchon n’a pas été très prolifique au cinéma - trois titres, tous en costumes. Aucun parfait, mais tous notables. C’est sans doute dans celui-ci, plus que l’adaptation de Molière (Dandin) ou la biographie de Toulouse-Lautrec, que l’on retrouve le mieux les qualités du Planchon de théâtre. Notons les débuts de Jocelyn Quivrin, 13 ans, dans le rôle du duc d’Anjou.

20.45 : Taipei Story d’Edward Yang (1985), Club
Qu’il ait fallu 32 ans (il est sorti en 2017) pour que le film (prix Fipresci à Locarno 1985, tout de même) nous parvienne est un grand mystère. Ce n’était que le deuxième du cinéaste, mais tout ce qui fera l’éblouissement des suivants, A Brighter Summer Day ou Yi Yi est déjà présent. Il paraît que la traduction du titre original donne "Prune verte et cheval de bambou", bien plus intéressant que le titre "français". Acteur principal : Hou Hsiao-hsien, ce qui est une raison supplémentaire pour regarder le film.

00.40 : Les Espions de Fritz Lang (1928), Classic
Bonne programmation pour les insomniaques, avec ce dernier film muet de Lang, à peu près incompréhensible (après plusieurs visions, on ne sait toujours pas qui est qui) mais remarquable par sa beauté formelle et son rythme.

03.05 : Asphalte de Joe May (1929), Classic
Qu’arrive-t-il à la chaîne pour passer de tels films à de telles heures ? Respecter le quota de films muets ? Pour ceux qui ne l’ont pas vu le 14 avril 2018.

 

Jeudi 20 septembre 2018

 

20.40 : Soirés séries sur OCS, avec des titres qu’on ne connaît pas (Nu, Strike Back). Une débute ce soir, Here and Now - avec Holly Hunter et Tim Robbins (OCS City)…

20.45 : Marius de Daniel Auteuil (2013), Émotion
Il fallait oser passer derrière Pagnol - d’ailleurs ce n’est pas le Maître qui a tourné la version canonique, mais Alexander Korda. Enfin, il fallait oser tout de même passer derrière Raimu et Fresnay. Non que la version de 1930 soit un chef-d’œuvre ; c’est du bon théâtre filmé, comme le désirait Pagnol. Mais sa mythologie est telle… On n’a guère d’avis sur le film (pas plus que sur le premier, usé à force d’être cité), sinon que Raphaël Personnaz est un jeune intéressant et que Victoire Bélézy fait oublier aisément Orane Demazis.

20.45 : Tout le monde n’a pas eu la chance… d’avoir des parents communistes de Jean-Jacques Zilbermann (1993), Famiz
Note du 7 septembre 2015 : "La recréation d’un milieu populaire des années 50, entre gaullisme et communisme, est très juste. On sent qu’il y a du vécu là-dessous. Ah, Josiane Balasko et les chœurs de l’Armée rouge…"

22.15 : Fanny de Daniel Auteuil (2013), Émotion
Il fallait oser passer derrière Marc Allégret (cf. + haut).

22.15 : Terminator 2 : le jugement dernier de James Cameron (1991), Frisson
Certes passé il y a peu (16 janvier 2018), mais c’est ça ou rien, tous les bouquets s’étant entendus pour ne programmer que de la daube (Brice 3, Une journée chez ma mère, Joséphine bonne à tout faire) ou du ressassé (Chut… chut… chère Charlotte, Le Bal des vampires, Patton). On peut aussi aller dans un vrai cinéma.

 

Vendredi 21 septembre 2018

 

20.40 : Sils Maria d’Olivier Assayas (2014), OCS Max
De nouveau ? Eh oui, la troisième fois en deux ans. C’est le meilleur film de son auteur, toutes époques confondues, mais à force…

20.45 : Les Lunettes d’or de Giuliano Montaldo (1987), Club
Enfin un inédit. Montaldo n’est pas un réalisateur très connu ici, malgré Sacco et Vanzetti - tout le monde a vu le film à l’époque sans se soucier du nom de son signataire. Adaptation d’une nouvelle de Giorgio Bassani, qui montre comment un médecin respectable est poussé au suicide par un environnement social qui juge déplacé son attirance pour un bel étudiant. Philippe Noiret est parfait, et le reste de la distribution (Stefania Sandrelli, Valeria Golino, Rupert Everett, Roberto Hertlitzka) est au même niveau.

22.10 : Soirée Chaplin, Classic
Est-ce un bon calcul de repasser ainsi des titres jusqu’à écœurement ? Chaplin est génial, mais on ne peut revoir Le Dictateur une fois par mois, ni Limelight, ni Le Cirque. Un peu de fraîcheur ne ferait pas de mal.

C’est tout ?
Oui, sauf à revoir Les Dents de la mer 1 et 2, comme dimanche dernier, Abyss (quatrième fois en trois ans) ou C’est arrivé près de chez vous (idem). On craque.



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