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Capharnaüm (2018)
de Nadine Labaki
publié le mercredi 17 octobre 2018

par Nicole Gabriel
Jeune Cinéma n° 388-389, été 2018

Sélection oficielle en compétition du Festival de Cannes 2018

Sortie le mercredi 17 octobre 2018

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Nadine Labaki s’est taillé un beau succès public lors de la projection de son long, assez long métrage, Capharnaüm, situé dans un bidonville à l’échelle d’une cité orientale tout entière dont le nom n’est jamais prononcé - certains ont reconnu Beyrouth.
C’est là que vit, entassée dans un deux pièces, une famille très nombreuse.
Le film se focalise sur un jeune garçon d’une douzaine d’années, Zain, et sur sa sœur, prépubère, mais sur le point de ne plus l’être et donc susceptible d’être mariée - en l’occurrence, à l’épicier du coin, propriétaire du taudis, dont est dépendante tout la maisonnée.

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Un flashback très dispensable nous apprend que l’enfant a poignardé l’épicier, la chronique de la misère virant au film de procès.

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Zain quitte sa famille et erre à travers les rues où il fait tout pour survivre. Il sympathise avec une Éthiopienne qui travaille comme domestique, plongeuse et dame-pipi, et, sans papiers, se voit contrainte de cacher son bébé dans les toilettes ou dans un caddie. Elle accueille Zain dans son taudis et ne tarde pas à lui confier la garde du nourrisson.

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Le Kid de Chaplin est mis en abyme : le bébé devenant le kid du kid. La relation paternelle, plus que fraternelle, qui s’instaure entre les deux êtres constitue la partie la plus réussie du film, ceci grâce au jeu sobre du préadolescent parfaitement dirigé et au montage des scènes du bébé dont Labaki a conservé les plus expressives.

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La ville est décrite comme dans un documentaire, qu’il s’agisse des quartiers les plus sordides où la drogue se vend sous diverses présentations, à la dose ou à la gorgée, diluée dans une bouteille d’eau, ou dans le souk, où se traitent des affaires plus juteuses, trafic de papiers et d’enfants inclus.

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La cité est le capharnaüm annoncé par le titre : une ville-bazar. Malgré quelques maladresses (abus de la caméra à l’épaule, choix des angulaires créant inutilement du flou, invraisemblance du dénouement), Capharnaüm est attachant. Ce qu’il nous dit de l’enfance du quart monde est rarement vu à l’écran.

Nicole Gabriel
Jeune Cinéma n° 388-389, été 2018

Capharnaüm. Réal, sc : Nadine Labaki ; sc : Jihad Hojelly, Michelle Kesrouani, Georges Khabbaz, Khaled Mouzanar ; ph : Christopher Aoun ; mont : Konstantin Bock & Laure Gardette ; mu : Khaled Mouzanar. Int : Zain Alrafeea, Yordanos Shifera, Nadine Labaki (Liban, 2018, 120 mn).



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