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Semaine télé du 24 au 30 novembre 2018
Salut les câblés !
publié le samedi 24 novembre 2018
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Voyage dans le temps - et en Enfer ?-DR

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 24 novembre 2018

 

20.40 : Soirée Maigret, OCS Géants
On commence par Maigret voit rouge de Gilles Grangier (1963), qui est un Grangier de bonne tenue (mais moins remarquable que ses films des années 50 avec Gabin) ; on continue avec Maigret tend un piège de Jean Delannoy (1957) à 22.05), qui est un bon Delannoy (mais oui). Dans l’un et l’autre, on rédécouvre le Paris d’autrefois, avec ses 2 CV, ses DS, ses Peugeot, et la noirceur de ses façades. Toute une époque.

20.55 : Seraphim Fall de David Von Acken (2006), Frisson
Un double inédit : sur le câble et dans les salles. Pourquoi ? On le saura ce soir. Le nom du réalisateur ne nous dit rien, mais Liam Neeson et Pierce Brosnan un peu plus. Avec un tel générique, on s’explique mal cet oubli des distributeurs.

20.55 : Stranger Than Paradise de Jim Jarmusch (1984), Club
Un inédit de plus, quelle soirée… Après Permanent Vacation, resté presque confidentiel, le premier film de JJ à ouvrir la danse des récompenses : Caméra d’or à Cannes, Léopard d’or à Locarno. L’argument n’était pourtant pas "grand public", montrant la dérive, entre New York et la Floride, via Cleveland, de trois losers taiseux, petits-enfants de Kerouac. L’auteur parvient à décrire l’ennui sans ennuyer. Avec le saxophoniste John Lurie, héros des trois premiers films de JJ.

20.55 : Main basse sur la ville de Francesco Rosi (1963), Classic
Pas passé depuis le 8 octobre 2016. Et l’actualité du film (voir Marseille) ne s’est pas démentie. Rod Steiger, pour une fois bien maîtrisé par son metteur en scène, est étonnant.

22.30 : Francesco Rosi, un homme contre de Dominique Maillet (2002), Classic
Doc pas vu, mais qui vient compléter le film projeté auparavant par la chaîne. Rien de ce qui concerne Rosi ne peut nous laisser indifférent.

23.25 : Un homme pour l’éternité de Fred Zinnemann (1966), Classic
Encore un inédit - que se passe-t-il ? Projeter un film au sujet aussi compact - la lutte entre Thomas More et le roi Henry VIII, à propos du remariage du second, sur un scénario de Robert Bolt - à une heure aussi tardive est une proposition bizarre. Que du beau monde sur l’écran : Paul Scofield, Robert Shaw, Orson Welles, Susannah York, John Hurt, Vanessa Redgrave. Six Oscars, mérités.

00.05 : Jean Delannoy de Gilles Nadeau (2003), OCS Géants
Doc inconnu. Mais Delannoy a été un cinéaste méprisé - il a fêté ses 100 ans sans aucune célébration de l’institution ni de la profession - auquel on reconnaissait à peine ses réussites (Le Garçon sauvage, Les Amitiés particulières, entre autres) en n’insistant que sur ses faiblesses (Obsession, La Princesse de Clèves). Souhaitons que ce film fasse le point.

 

Dimanche 25 novembre 2018

 

20.40 : Soirée déjà-vu sur le bouquet OCS : Memento de Christopher Nolan (2000), City), passé le 23 juin 2018 et Fenêtre sur cour de Alfred Hitchcock (1954) passé le 22 juin 2018.

20.40 : Wanted : choisis ton destin de Timur Bekmambetov (2008), OCS Max
Le film n’a guère d’intérêt. On le note car il s’agit d’une première : il passe le même jour sur deux bouquets différents ! OCS d’abord, Paramount Channel ensuite (22.15).

20.45 : Preuve que les programmateurs ne se fatiguent pas trop pour improviser : TCM ressort ce soir les films passés le 26 mars 2017, avec le même intitulé "Soirée spéciale Philip Noyce" et les mêmes titres dans le même ordre : Jeux de guerre (1992) et Danger immédiat (1994, 22.40). Vivent les DVD !

20.55 : Ce ne peut être la fête tous les soirs sur Ciné+. Après les inédits d’hier, on retombe dans le trop-vu ou l’inutile.

20.55 : La Meurtrière diabolique de William Castle (1964), Classic
Après quinze années de filmage tous terrains (polar, western, aventures), Castle découvre le film horrifique et s’en donne à cœur joie durant toute la décennie 60, avec de vraies réussites : La Nuit de tous les mystères (1959), Old Dark House (1963) et ce Strait-Jacket (scénario de Robert Bloch), tout à fait plaisant, grâce à une Joan Crawford bien effrayante.

22.25 : Chut… chut… chère Charlotte de Robert Aldrich (1964), Classic
Simplement signalé pour compléter la soirée grand-guignol sur la chaîne, car le duo Bette Davis-Olivia De Havilland est souvent passé (la dernière fois le 20 septembre 2018).

22.30 : La Liste de mes envies de Didier Le Pêcheur (2014), Émotion
Note du 3 septembre 2016 : " Un "petit" film très français (on se marie à Arras, on va en voyage de noces à Étretat), mais qui capte de façon très juste un milieu populaire (une mercière, un employé de Hagen-Dasz, des esthéticiennes) perturbé par un gain au loto. Le Pêcheur est un bon réalisateur de série télévisée, ce qui explique son aisance à recréer ce petit monde."

00.20 : Thé et sympathie de Vincente Minnelli (1956), France 3
L’adaptation de la pièce de Robert Anderson vaut par son évocation de l’homosexualité - à mots couverts, nous sommes en 1956 ! - et l’interprétation tout en finesse de John Kerr, étudiant rejeté par ses condisciples, et Deborah Kerr, épouse de prof de gym, donc frustrée dans ses besoins intellectuels. On a le souvenir d’un film théâtral, forcément, mais fort bien dirigé par Minnelli.

 

Lundi 26 novembre 2018

 

20.35 : B.B. King : On the Road de Jon Brower (2018), Sundance TV
De nouveau un doc inconnu. Mais tous les amateurs de blues électrique seront devant l’écran : avec plus d’énergie qu’Aznavour, BB a fait des concerts jusqu’à 87 ans…

20.40 : Un ticket pour deux de John Hughes (1987), Paramount Channel
La chaîne ne propose pas souvent des comédies réussies en prime time, il faut en profiter. Le film ressemble un peu à L’Emmerdeur de Molinaro, en plus drôle, Steve Martin et John Candy ayant plus de vertus comiques que Ventura et Brel.

20.55 : R.A.S. d’Yves Boisset (1973), Classic
Premier volet d’une soirée Boisset qui en comprendra quatre. On commence par le deuxième film, juste après Avoir 20 ans dans les Aurès de Vautier, qui osa aborder le guerre d’Algérie frontalement, dix ans après sa fin. On y découvre quelques visages qui deviendront familiers, ceux de Spiesser, Weber, Balmer ou Villeret. Le film déclencha des remous, évidemment.

22.10 : Les Autres d’Alejandro Amenabar (2001), Frisson
L’auteur se fait rare - un seul film, Régression (2015), depuis Agora (2009). On peut patienter en revoyant ce superbe thriller avec Nicole Kidman (dernier passage, 16 décembre 2016).

22.25 : La Vie en plus de John Hughes (1988), Paramount Channel
Deux titres du même cinéaste à la suite alors que la soirée ne lui est pas consacrée ? Il n’y a pas lieu de s’en plaindre, car Hughes est un auteur (scénario et production) qui n’a pas la réputation qu’il mérite. Ici, Kevin Bacon, et Elizabeth McGovern, quatre ans après Il était une fois en Amérique, et vingt-cinq ans avant Downton Abbey.

22.40 : Paroles de cinéastes, Yves Boisset de Guy Seligmann (2013), Classic
Pas vu. Mais l’itinéraire du réalisateur, avant qu’il ne passe à la télévision, est si représentatif des soubresauts de la société du temps que son examen est assurément intéressant.

22.40 : La Femme flic d’Yves Boisset (1979), Classic
Passé il y a peu, mais le film qui suit, dernier panneau de la soirée, Cran d’arrêt (1970, 01.25) est plus rare.

 

Mardi 27 novembre 2018

 

20.35 : Highway de Deepak Raunlyar (2014), Sundance TV
L’inconnu du soir : un film népalais dont on ne sait rien. Pour les affamés de découvertes, peut-être une bonne surprise.

20.40 : Bopha ! de Morgan Freeman (1993), Paramount Channel
Premier (et pour l’instant unique) film de l’acteur noir, qui, pour traiter du racisme, a choisi l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. Bon polar, avec Danny Glover et Malcolm McDowell, et une bande musicale remarquable.

20.40 : Vulcano de William Dieterle (1949), OCS Géants
Le film est certes passé il y a peu, mais la programmation sur tous les bouquets étant sinistre… Note du 20 mars 2018 : "Il est de bon ton de rejeter le film de Dieterle au profit de celui de Rossellini, tourné au même moment (ou presque), le premier étant un tâcheron et le second un Auteur, avec majuscule. Il n’est pas interdit de préférer pourtant, dans leur île respective, Anna Magnani sur Vulcano à Ingrid Bergman sur Stromboli."

20.55 : Soirée Henry Hathaway, Classic
Excellente idée que d’offrir trois cases horaires à un des cinéastes US les plus solides et qui n’a jamais démérité en quarante ans de carrière. Mais les trois films proposés sont de vieilles connaissances : La Fureur des hommes (1958, passé le 10 avril 2018), À 23 pas du mystère (1956, 22.30, passé le 21 janvier 2018) et Crépuscule (1941, 00.10, passé le 30 avril 2018).

22.55 : Compte tes blessures de Morgan Simon (2016), Club
Un premier film, pas vu lors de sa sortie furtive, pour des raisons simples : une histoire de chanteur post-hardcore (?) tatoué interprété par Kevin Azaïs, non merci, trop de paramètres rebutants. Mais comme il n’y a rien d’autre à regarder à cette heure-là, on peut tenter le voyage.

 

Mercredi 28 novembre 2018

 

Seconde soirée de programmation essoufflée - Un sac de billes, Saints and Soldiers, Coco, Lola Pater, La Mémoire dans la peau, Mariages !, Je vais bien ne t’en fais pas, Les Fils de l’homme (dixième passage en deux semaines), Sex-shop, Mommy, Il a déjà tes yeux, Un pistolet pour Ringo, La Poursuite infernale - tous vus et revus récemment.

20.35 : Bran Nue Dae de Rachel Perkins (2009), Sundance TV
Même conseil que pour le film népalais d’hier. Un musical australien, qu’est-ce ? On ne demande qu’à voir. En tout cas, une découverte.

20.45 : La Colline des potences de Delmer Daves (1959), TCM
Un Daves inédit, la chaîne nous gâte. Ce n’est pas le western de DD que l’on préfère, car face à Gary Cooper, qui commence à traîner un peu la patte mais demeure impeccable, on a Maria Schell, dans sa grande période sourire illuminé par les larmes ou inversement. Le handicap est majeur.

20.55 : Les Drakkars de Jack Cardiff (1963), Classic
Inédit sur le câble. On a confié à Cardiff, qui avait été chef-opérateur du chef-d’œuvre de Fleischer, Les Vikings, le soin de faire sinon mieux, au moins aussi bien. Mission à demi réussie. Richard Widmark et Sidney Poitier (il fallait oser !) ne font pas oublier Douglas et Curtis. Mais on en prend plein les yeux tout de même.

22.55 : Bound de Lilly & Lana Wachowski (1996), OCS City
À l’époque, le film était signé par Andy & Larry W. - Times are changed.
Belle rencontre entre Jennifer Tilly et Gina Gershon. Ont-ils (elles) fait mieux depuis ? Plus ambitieux, sans doute, mais plus tonique ?

00.00 : La Fin des tortionnaires du camp d’amour n° 2 d’Edoardo Mulargia (1980), Club
On ne se lassera pas de le recommander, jusqu’à ce qu’il y ait au moins un spectateur qui se décide à le regarder.

 

Jeudi 29 novembre 2018

 

Décidément, les soirées se suivent et se ressemblent, au point que le problème se pose : au bout de deux cents semaines de recension, n’avons-nous pas épuisé les ressources du câble ?
À partir du moment où sur les 24 films proposés, entre 20h et 24h, par les bouquets Ciné+, OCS, Paramount et Sundance, il n’y a pas un seul titre inédit et que la moitié en est à un second passage en quelques jours, on ne sait plus quoi choisir.
Malgré leurs beautés, ni Paterson de Jarmusch) ni Le Procès de Welles), ni Frantz de Ozon) ne sont inépuisables.

23.45 : Moderato cantabile de Peter Brook (1960), Classic
Il faut donc attendre presque minuit pour dénicher un inédit - et pas vraiment du genre à tenir éveillé jusqu’à 01.15, heure du passage d’un documentaire sur Duras et le cinéma. Il n’empêche que, malgré son action quasi immobile, le film de Brook est un festival d’intelligence et de tension, Belmondo et Jeanne Moreau étant parfaits.
C’est tout ? Hélas oui.

 

Vendredi 30 novembre 2018

 

20.40 : Silent Running de Douglas Trumbull (1972), Paramount Channel
À voir et revoir (le film passe régulièrement) pour vérifier que tous les films dont l’action se déroule dans l’espace interstellaire ne sont pas aussi ennuyeux que High Life. Ici, Bruce Dern, seul sur son navire, n’a jamais été aussi bon (il ne l’a pas souvent été depuis).

20.40 : Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk (1955), OCS Géants
On pensait que tous les mélos sirkiens de la décennie avait été programmés. Erreur, celui-ci manquait à l’appel et c’est pourtant un des plus exemplaires de l’univers du cinéaste. Même Todd Haynes, dans son remake, Loin du paradis, n’a pas atteint cette force - et pourtant, Jane Wyman n’avait pas le talent de Julianne Moore. Rock Hudson en jardinier, pourquoi pas ?

20.55 : Looper de Rian Johnson (2012), Frisson
Film de science-fiction pas vu. Mais le sujet, qui traite du paradoxe temporel, est troublant : un tueur à gages, lancé dans le futur, peut-il s’éliminer lui-même ? Réponse proposée ce soir.

20.55 : Mean Streets de Martin Scorsese (1973), Club
Tous ceux qui avaient admiré Bertha Boxcar, le premier film distribué de Scorsese en 1973, n’avaient pas été surpris en découvrant le suivant. Keitel et De Niro dans le même bateau, on comprend que le succès, au moins en Art et Essai, ait été important. C’était l’époque, bien lointaine, où MS nous surprenait à chaque film.

20.55 : Touche pas la femme blanche de Marco Ferreri (1973), Classic
Bon exemple de la folie de Ferreri. On lui offre le trou des Halles, il y tourne un western. La moitié du cinéma français était réunie au fond de ce gigantesque cratère. Le film est de guingois (il fut presque improvisé, car il fallait faire vite), mais reste un témoignage de toute beauté sur ce qui fut un bref moment de l’histoire de la capitale.

22.40 : Taxi Driver de Martin Scorsese (1975), Club
On le signale, juste comme ça.

00.30 : Alice n’est plus ici de Martin Scorsese (1974), Club
Le film d’avant la Palme d’or et certainement un des plus attachants réalisés par Scorsese. C’est en voyant l’interprétation d’Ellen Burstyn que Resnais a décidé de faire de celle-ci la partenaire de Dirk Bogarde et John Gielgud dans Providence.

02.40 : Innocence de Lucile Hadzihalilovic (2004), OCS City
Pour ceux qui disposent d’un enregistreur, vu l’heure de passage. Ils ne seront pas déçus : il s’agit d’un film extrêmement trouble et dérangeant, d’une cruauté feutrée assez rare. La réalisatrice attendra onze ans avant de pouvoir tourner Évolution (2015), qui atteint les mêmes sommets.



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