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Œil du tigre (l’) (2018)
de Raphaël Pfeiffer
publié le mercredi 19 décembre 2018

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n° 391, décembre 2018

Sortie le mercredi 19 décembre 2018

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Voici le premier long métrage documentaire d’un jeune réalisateur, déjà auteur de Lettre (2015), diffusé au Palais de Tokyo et dans plusieurs festivals de courts.
L’Œil du tigre raconte une histoire vraie, celle de Laurence Dubois, qui vit au cœur de la Mayenne avec son mari agriculteur et ses deux fils. Son rêve : devenir championne de Viet-vo-dao, un art martial vietnamien. Mais ce n’est pas une mince affaire, quand on n’a jamais fait de sport, qu’on aime faire la fête, qu’on fume et qu’on a perdu la vue il y a plus de quinze ans.

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Tel est le pari de cette femme attachante, pittoresque et forte, qui n’a pas la langue dans sa poche et dont on va suivre le parcours gagnant avec des yeux émerveillés. Raphaël Pfeiffer parvient à nous intéresser à cette histoire à la fois extraordinaire et banale, sans pathos ni misérabilisme. La vie telle qu’elle est : son film est un hommage aux plus grands avec lesquels il rivalise sans les copier.

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Mais comment une idée pareille peut-elle germer dans l’esprit d’un jeune cinéaste, certes doué, mais qui jusqu’à présent s’était plutôt taillé une petite réputation dans les milieux musicaux et branchés ? "Un ami m’a présenté Laurence Dubois. J’ai vite compris qu’elle était un personnage riche et intéressant. Le sport était un peu secondaire, il y avait chez elle quelque chose de fascinant. Cela touchait à des thèmes qui dépassaient le quotidien d’une personne en situation de handicap. Il fallait creuser, il fallait rester, filmer."

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C’est ce quelque chose de différent qu’il est allé chercher, et qu’il a trouvé en Laurence, pour nous la livrer sans voyeurisme, avec ses défauts et ses qualités, son détachement des choses matérielles, son apparente froideur auprès de ses enfants, qui cache en fait beaucoup de tendresse. Elle possède une force et une bonté qui forcent l’admiration et on a presque l’impression que les gens ont plus besoin d’elle qu’elle d’eux. On le voit lorsqu’elle est dans sa famille, mais aussi dans son autre famille d’arts martiaux, avec son coach Omar, qui l’aide, la rudoie mais la conduit à la confiance en soi et à la victoire.

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Le réalisateur élargit peu à peu son sujet. Il ne s’agit plus pour lui de montrer le courage d’une femme aveugle pour s’imposer dans un sport qui traîne la réputation d’être machiste, en tout cas masculin. Il réalise, nolens volens, un film sur l’amour, sur la manière de le montrer et non de le dire.
Servi par les belles images de Ariane Prunet et du réalisateur, L’Œil du tigre fait partie de ces documentaires qui apportent un plus à notre histoire et à notre vie. Il sera bien sûr distribué en audiodescription pour les spectateurs mal ou non-voyants.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n° 391, décembre 2018

L’Œil du tigre. Réal, sc, ph : Raphaël Pfeiffer ; ph : Ariane Prunet. Int : Laurence Dubois (France, 2018, 78 mn). Documentaire.



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