home > Films > Ayka (2018)
Ayka (2018)
de Sergy Dvortsevoy
publié le mercredi 16 janvier 2019

par Lucien Logette
Jeune Cinéma n° 388-389, été 2018

Sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 2018
Prix d’interprétation féminine pour Samal Esljamova

Sortie le mercredi 16 janvier 2019

JPEG - 208.4 ko

 


Nous avions gardé près dix ans, un bon souvenir de Tulpan, le précédent (et d’ailleurs unique) titre de Sergy Dvortsevoy.
Garderons-nous en 2028 un même souvenir de celui-ci ?
Il ne s’agit pas d’une question de finition, mais d’ambition dans le propos.

JPEG - 151.5 ko

 

D’abord un élément positif. On découvre ce que peut être la vie misérable à Moscou d’une jeune immigrée kirghize et de sa communauté - les Kirghizes furent longtemps considérés comme appartenant à un peuple frère, mais sont désormais soumis à des contraintes de papiers en règle -, avec son mode d’emploi : comment s’enfuir de la maternité en abandonnant son enfant, comment travailler au noir pour un escroc (kirghize aussi, pourtant), comment être prête à n’importe quel boulot pour rembourser sa dette, comment vivre dans un grenier avec une centaine d’autres clandestins, etc.

JPEG - 165.5 ko

 

Avec les voyages en métro bondé et les rues enneigées pour la couleur locale. Tout ceci est fort intéressant - mais si l’action se passait à Pierrefitte chez des Roumains, serait-on aussi curieux ?

Ensuite, un élément moins positif : le filmage "en urgence", avec de redoutables "travellings Rosetta" (la fuite de l’hôpital en plan séquence de 3 ou 4 mn, la recherche d’une ruelle dans un quartier inconnu) et le comportementalisme intégral qui ne nous épargne rien : l’héroïne va vomir, elle va dans les toilettes étancher le sang qui coule de son sexe, etc.

JPEG - 160.7 ko

 

L’impression de réel est forte lorsque l’action est collective (la descente des flics dans l’immeuble des marchands de sommeil avec le marchandage, l’activité du cabinet de vétérinaire), trop répétitive lorsque la caméra ne suit que l’héroïne.

Et le regard du cinéaste est parfois un peu lourd. Ainsi le long plan où Ayka contemple les chiots teckels tétant leur mère et où l’on devine que, rongée par le remords, elle va retourner chercher son nourrisson - ce qui ne manquera pas.

Mais le film existe, indubitablement.

Lucien Logette
Jeune Cinéma n° 388-389, été 2018


Ayka. Réal, sc, mont : Sergy Dvortsevoy ; sc : Gennadiy Ostrovskiy ; ph : Jolanta Dylewska ; mont : Peter Markovic. Int : Samal Esljamova, Aleksandr Zlatopolskiy (Russie-Pologne-Chine- Kazakhstan) 2018, 100 mn).



Revue Jeune Cinéma - Contacts