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Ulysse et Mona (2018)
de Sébastien Betbeder
publié le mercredi 30 janvier 2019

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n° 391, décembre 2018

Sélection officielle du Festival de Toronto 2018

Sortie le mercredi 30 janvier 2019

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Dans un manoir en ruine, Ulysse (Éric Cantona) s’est retiré ; il a quitté sa femme et son fils, ne voit plus son frère depuis longtemps, il a arrêté de peindre, pensant qu’il n’intéresse plus personne.

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Mona (Manal Issa), jeune étudiante aux Beaux-Arts et admiratrice de son œuvre, lui propose d’être son assistante. Leurs amis et connaissances s’éloignent alors que s’établit entre eux une relation fusionnelle, presque filiale.

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Ulysse et Mona est le sixième long métrage de Sébastien Betbeder.
Il y évoque, comme souvent, une histoire de sentiments, d’affections, d’amours et de désamours. Il règne dans son cinéma un climat mélancolique, comme une joie intense à retrouver les individus aimés.

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On reconnaît un film de Betbeder d’abord au format presque carré de l’image, le 4/3 emprunté au cinéma muet, pour pratiquer sa passion, l’art du portrait, une des clés de sa manière, ensuite à sa façon d’introduire ses personnages comme s’ils venaient de se rencontrer et de poursuivre une conversation commencée dans un passé lointain ; puis, et c’est son fil rouge, à sa passion pour l’art et le travail artistique.
Sans oublier la présence de la mort qui rôde, toujours proche, déjà survenue ou sur le point d’advenir, la mort toujours annoncée, comme ici, la mauvaise nouvelle du cancer d’Ulysse.

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Le réalisateur a un style, personnel et vivant qu’il contourne et enrichit, avec opiniâtreté, le même désir de pousser plus loin encore son écriture, tâchant de créer de nouveaux espaces de figuration et de pensée, toujours au plus près de la sensibilité du regard affectueux.

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Le rythme du film permet une contemplation soutenue des visages des acteurs, dont le jeu magnifique fait de silence de Éric Cantona, suivi plus loin du sidérant face-à-face des deux frères dans la nuit du rêve. Cette scène quasi biblique est un chef-d’œuvre. Le visage d’Arthur, filmé en plan fixe lors de son discours inspiré sur les extras terrestres, le monologue d’Ulysse sur la perte de son chien ou les gestes équivoques de Mona envers Ulysse, autant de scènes fortes emplies de compassion, d’inspiration et de beauté.
Un conte cinématographique où la dimension presque irréelle du récit accroît paradoxalement la véracité des personnages dans leur condition simplement humaine.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n° 391, décembre 2018


Ulysse et Mona. Réal, sc : Sébastien Betbeder ; ph : Romain Le Bonniec ; mont : Céline Canard ; mu : Minizza. Int : Éric Cantona, Manal Issa, Quentin Dilmaire, Micha Lescot, Marie Vialle (France, 2018, 82 mn).



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