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Semaine télé du 2 au 8 mars 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 2 mars 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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Merci à Black Lines, qui embellit nos villes.

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 2 mars 2019

 

20.50 : Bellamy de Claude Chabrol (2009), Premier
Ultime film de CC (il ne tourna ensuite que quelques téléfilms courts), inédit sur le câble et on se demande bien pourquoi. Le cinéaste n’avait plus rien à prouver et filmait pour le plaisir, à la bonne franquette. Depardieu est en roue libre, n’essayant pas, enfin, de faire du Depardieu, Cornillac et Gamblin semblent contents d’être là, au soleil de Nîmes, et Marie Bunel tient un de ses meilleurs rôles. Au scénario, Odile Barski, familière de l’univers de Chabrol depuis trente ans (huit films depuis Violette Nozière).

20.50 : Veronica Guerin de Joel Schumacher (2003), Émotion
Schumacher n’a pas signé que des films purement efficaces - et parfois limite, cf. Le Droit de tuer (1996) - ou sans grand objet. La preuve, cette reconstitution de la lutte (véritable) d’une journaliste irlandaise contre la mafia de la drogue et des autorités réunies, combat mal terminé, évidemment. Au générique, des acteurs immenses : Cate Blanchett et Ciaran Hinds, et, un cran en-dessous, Colin Farrell.

20.50 : Chasse tragique de Giuseppe De Santis (1947), Classic
Le réalisateur n’est pas très gâté : un seul film sur le câble depuis cinq ans, Riz amer, son grand succès de 1949, le monde entier accroché aux cuisses dénudées de Silvana Mangano dans sa rizière. De Santis ne s’est pas intéressé qu’aux mondines de la plaine du Pô, mais aux conditions sociales et à la lutte des classes dans l’Italie post-fasciste, comme dans Pâques sanglantes (1950) ou Onze heures sonnaient (1952). Et dans le film de ce soir (meilleur film italien à Venise 1947), avec sa récupération d’une coopérative agricole par Lili Marlene, ancienne collabo devenue chef de bande. On y retrouve Vivi Gioi, star fugace bien oubliée, et la grande Carla Del Poggio, déjà Madame Lattuada. Côté masculin, Massimo Girotti et Andrea Cecchi, ce qui n’est pas mal non plus.

22.05 : Second Coming de Debbie Tucker Green (2014), Sundance TV
L’inconnu du soir : premier et seul film pour l’instant d’une écrivaine de théâtre anglaise. Jamais sorti en France, mais l’accueil critique et public qu’il a connu au pays donne envie d’en savoir plus, d’autant que le rôle principal est tenu par Idriss Elba, aussi remarquable au ciné qu’à la télé.

22.10 : Retour de flamme, Classic
Le programme s’intitule "Enfin seul". On n’a pas le détail, mais on peut faire confiance à Serge Bromberg pour nous proposer des films inconnus.

 

Dimanche 3 mars 2019

 

20.40 : Tout là-haut de Serge Hazanavicius (2017), OCS Max
Inédit. Premier film du frère de Michel H., jusqu’ici acteur prolifique. Plutôt réservé aux fanatiques des sports de glisse, puisque l’objectif du héros est de descendre l’Everest en snowboard. Pourquoi pas ? Si l’enjeu sportif ne nous passionne pas, le paysage rattrape tout. Kev Adams est, paraît-il, une idole.

20.50 : L’Engrenage fatal d’Anthony Mann (1947), Classic
C’était l’époque où Mann faisait ses gammes - 17 films entre 1942 et 1949, dont aucun western, genre qui l’a ensuite rendu célèbre auprès des amateurs. Railroaded !, c’est du cinéma dégraissé (72 mn), tendu, sans vedette (la tête d’affiche masculine est John Ireland, très bon second rôle, la féminine, Sheila Ryan, qu’on serait bien en peine d’identifier), produit par PRC, une des compagnies les plus fauchées d’Hollywood. Mais ça fonctionne sans problèmes. Scénario d’après Gertrude Walker, dont on relira avec profit À contre-voie, un des grands titres de la première Série Noire (elle en fut longtemps la seule signature féminine).

22.10 : Max Factor, le héros des stars de Clara & Julia Kuperberg (2019), OCS Géants
Doc inconnu, mais les deux sœurs ont réalisé déjà plusieurs films tout à fait intéressants sur le cinéma américain de patrimoine (sur Donen, sur Welles et sur les femmes à Hollywood). S’intéresser au plus célèbre des maquilleurs et coiffeurs des studios est une excellente idée.

22.35 : Le soleil se lève aussi d’Henry King (1957), TCM
Le film est passé il y a six mois et ne vaut pas d’être revu. C’était juste pour annoncer qu’une des sections du prochain festival bolognais Il Cinema Ritrovato, en juin 2019, sera consacrée à King, cinéaste irrégulier vers la fin, mais plein de trouvailles dans les décennies 30 et 40.

00.50 : Et puis ça va de Fred Newmeyer (1922), TCM
Que se passe-t-il ? La chaîne nous offre une gâterie : trois titres interprétés par Harold Lloyd à la suite, et pas des plus connus. Dans l’ordre, à 0h50 donc, Doctor Jack, suivi, à 01.55, par Pour l’amour du ciel de Sam Taylor (1926) puis, à 03.00, par Une riche famille toujours de Sam Taylor (1924). Les trois figuraient dans un coffret édité au siècle dernier mais qui doit être épuisé. En tout cas, ils méritent d’être enregistrés par tous ceux qui en ont les moyens pratiques.

 

Lundi 4 mars 2019

 

20.40 : True Colors d’Herbert Ross (1991), Paramount Channel
Un scénario un peu prévisible : deux étudiants amis vont suivre des voies parallèles sur la route de la réussite politique (Le Jeu du pouvoir est le titre français, peu usité). Si c’est sans génie, c’est du solide, comme toujours chez Ross, bon directeur d’acteurs - ici, James Spader et John Cusack, alors dans leur splendeur encore presque juvénile, et Widmark en sénateur, père d’Imogen Stubbs, à qui on prédisait une carrière plus brillante.

20.40 : Charmants garçons d’Henri Decoin (1957), OCS Géants
Second titre de Decoin avec Zizi Jeanmaire, la même année que Folies-Bergère. Et plus agréable à revoir, car Zizi est mieux entourée : le seul Eddie Constantine est remplacé par Daniel Gélin, Henri Vidal, François Périer, Gert Fröbe, Jacques Dacqmine (et même Jean-Pierre Marielle dans un tout petit rôle). Une des premières musiques de Michel Legrand.

20.50 : Foxtrot de Samuel Maoz (2017), Club
On peut s’étonner que Maoz, récompensé par un Lion d’or vénitien en 2010, ait mis sept ans avant de pouvoir tourner un autre film. Lebanon était construit sur une idée opérationnelle (c’est le cas de l’écrire) : plonger ses quatre soldats israéliens dans un tank et ne jamais les sortir de cette boîte ; atmosphère raréfiée, la guerre vue seulement à travers les fentes d’un char. Foxtrot - encore un film sur la guerre - est tout autre, mais aussi costaud : le conflit larvé, vécu à partir du point de vision du fantassin, embringué dans l’absurdité des faits. Construction bien plus savante que le précédent, avec un finale surprenant. De nouveau un Lion à Venise, mais d’argent.

00.50 : La Bataille des sexes de Charles Crichton (1959), TCM
Ce n’est pas un remake du film homonyme de Griffith, mais une adaptation d’une nouvelle de l’humoriste américain James Thurber. Crichton a beaucoup tourné - quarante ans entre À cor et à cri (1947) et Un poisson nommé Wanda (1998) -, mais parfois avec bonheur. Ici, Peter Sellers et Robert Morley, fabricants de tweed à l’ancienne, résistent aux méthodes de l’analyste américaine qui vient les contrôler.

 

Mardi 5 mars 2019

 

20.40 : Un prince à New York de John Landis (1988), Paramount Channel
C’est le même argument d’origine que A United Kingdom d’Amma Assante (2016) : un futur monarque noir vient à la Ville chercher une épouse. Le propos est ensuite différent. Pas revu depuis la sortie - en ce temps, Eddie Murphy nous amusait. Le peut-il encore ?

20.40 : La Vengeresse de Bill Plympton & Jim Lujan (2016), OCS City
L’animation n’est pas forcément pour les enfants des écoles, la preuve : bike, sex, rock and corruption. Hommage à Tarantino, qui, lui-même dans Kill Bill, rendait hommage à Plympton (le nom du mari d’Uma Thurman).

20.50 : Brighton Rock de Rowan Joffé (2010), Club
Pas vu. Mais le roman de Graham Greene est très bien et la première version, signée John Boulting (1948), était remarquable, avec Richard Attenborough en petit gangster minable (interprété ici par Sam Riley) et une extraordinaire actrice peu connue, Hermione Baddeley - remplacée par Helen Mirren. On est curieux de confronter le souvenir et cette version neuve.

22.35 : Moi et toi de Bernardo Bertolucci (2012), Club
Pas passé depuis le 22 mars 2016, il y a prescription. En hommage à BB, dont c’est le dernier film, petite histoire familiale sans ambition avouée, qui touche assurément bien plus que les grandes machines qui l’ont précédé.

00.25 : Sous le regard des étoiles de Carol Reed (1939), TCM
Un inédit à cette heure, c’est du sabotage ! Après Greene, A.J. Cronin : on nage dans les eaux des romanciers anglais de l’entre-deux-guerres. Mais c’est un plaisir. D’abord parce que Cronin ne mérite pas le mépris - et les adaptations de ses romans (La Citadelle, Les Clés du royaume, etc.) sont presque toutes remarquables, ce qui prouve la solidité de ses intrigues. La récréation du pays minier effectuée par Reed vaut celle de Ford dans Qu’elle était verte ma vallée. Et Michael Redgrave et Margaret Lockwood nous font croire à leur existence.

 

Mercredi 6 mars 2019

 

20.40 : La Belle et la meute de Kaouther Ben Hania (2017), OCS City
Remarquable film (le second) d’une réalisatrice tunisienne. Ce n’est pas le viol de la jeune héroïne qui est le plus éprouvant (quoique), mais les humiliations policière et bureaucratique qui suivent, et qui font percevoir crûment la réalité. Le film - en neuf plans-séquences - fut un des événements d’Un Certain Regard à Cannes 2017.

20.40 : Les Révoltés de l’île du Diable de Marius Holst (2011), OCS Choc
Presque inédit, car passé une seule fois, le 18 avril 2015. Et inédit dans les salles. Une maison de redressement (en Norvège en 1915, mais elle pourrait être d’un autre lieu et d’un autre temps) avec tout son cortège de brimades et de tortures. La révolte qui survient réjouit le cœur.

20.50 : The Lost City of Z de James Gray (2016), Premier
Gray, cinéaste de la ville et de ses sous-sols, choisit le film d’aventures exotiques - l’Amazonie au début du siècle dernier. Trahison du film d’auteur, compromission avec le système ? Pourquoi pas une adaptation d’un héros Marvel ? En définitive, l’histoire (réelle) de Percy Fawcett et de son exploration de la jungle bolivienne à la recherche d’une cité légendaire retrouve tout un pan du cinéma américain. Gray aurait demandé conseil à Coppola pour son tournage dans des conditions dignes de Apocalypse Now - la filiation est directe. Curieusement, un film qui aurait dû casser la baraque (Charlie Hunnam, Robert Pattinson et Sienna Miller) a rassemblé moins de 400 000 spectateurs en France. À rattraper ce soir, d’autant qu’on peut enchaîner avec le film suivant sur Premier, à 23.05 : Les Fils de l’homme d’Alfonso Cuaron (qui date de 2005 et n’a pas une ride).

20.50 : Lucrèce Borgia d’Abel Gance (1935), Classic
Monument d’époque, totalement inédit sur Classic. Le film fit impression, si l’on en croit les gazettes du temps, à cause de son érotisme débridé. On y entrevoit un sein d’Edwige Feuillère, ce qui n’était effectivement pas très fréquent dans le cinéma français des années 30 - surtout celui d’une grande vedette et pas d’une danseuse de boîte de nuit. Gance et la passion érotique, c’est un oxymore ; ce qui intéressait le Maître, c’était l’Art dans son acception grandiose et emphatique : Napoléon, Beethoven, la fin du monde ; les nécessités alimentaires l’ont contraint à filmer Octave Feuillet, Jérôme Perreau et Lucrèce Borgia. Ce qui n’interdit pas les éclairs de beauté épars, au milieu d’une soupe parfois épaisse.

20.50 : Duel au soleil de King Vidor (1946), TCM
Apparemment, le film n’est pas passé depuis le 31 décembre 2014. Même s’il est inoubliable, c’est toujours un plaisir de s’y retremper. Film d’auteur ? D’auteurs, plutôt, puisque, si Vidor l’a signé, on compte quatre autres réalisateurs non crédités et non des moindres, Dieterle, Sternberg, W.C. Menzies et Sidney Franklin. Et Selznick, producteur interventionniste.

 

Jeudi 7 mars 2019

 

20.40 : L’Or des pistoleros de William A. Graham (1967), Paramount Channel
Très bon western, passé il y peu (30 juillet 2018), mais en VF sur Action. On peut ainsi comparer.

20.50 : Le Beau Serge de Claude Chabrol (1958), Classic
Surprise : le film fondateur de la Nouvelle Vague n’a jamais été programmé. Qu’en reste-t-il, soixante et un an après ? La patine historique permet-elle d’oublier les maladresses, les provocations dont Chabrol n’était pas avare (il les multipliera dans Les Cousins, l’année suivante) et sa construction un peu boiteuse ? En tout cas, il reste la découverte d’acteurs encore neufs (même si Blain et Brialy avaient déjà un passé, c’est ici qu’ils explosèrent vraiment). Quant à Bernadette Lafont, elle est la reine de la soirée qui suit.

22.10 : C’est tout pour moi de Nawell Madani & Ludovic Colbeau-Justin (2017), OCS Max
Premier film d’une comédienne de stand-up, révélée par le Jamel Debbouze Comedy Club. Un peu mal bâti, mais plein de fraîcheur, car l’actrice est une nature. Et étonnamment (si l’on pense au nombre de spectateurs du film de James Gray), ces deux noms inconnus (même si François Berléand est là) ont trouvé près de 700 000 amateurs. Phénomène à vérifier.

22.25 : Bernadette Lafont - Et Dieu créa la femme libre d’Esther Hoffenberg (2016), Classic
Pas vu, mais il est difficile de rater un film sur un pareil sujet. 65 minutes, c’est peut-être un peu court pour retracer un tel itinéraire (190 films entre 1957 et 2013), il faudra s’en contenter.

23.30 : Les Mistons de François Truffaut (1957), Classic
Le court métrage originel de FT. On pourrait dire qu’il n’a jamais fait mieux, mais ce serait trop facile - il a fait mieux ensuite, mais pas souvent. Le film respire, mais si on le compare à Rentrée des classes de Rozier (1955), sa respiration est tout de même un peu courte. Lafont, déjà telle qu’en elle-même.

23.30 : Les Bonnes Femmes de Claude Chabrol (1960), Classic
Pas une nouveauté, mais une bonne façon de terminer la soirée Lafont. Et c’est le premier grand Chabrol.

 

Vendredi 8 mars 2019

 

20.40 : Violette de Martin Provost (2013), OCS Max
Après la biographie de Séraphine Louis, celle de Violette Leduc. C’était plus difficile : les contemporains de la peintre sont inconnus, ceux de l’écrivaine sont célèbres. Et obligatoirement, se pose la question de la ressemblance avec les modèles. Mais le réalisateur a fait de bons choix : Sandrine Kiberlain évoque Simone de Beauvoir sans faillir, Jacques Bonnaffé campe un Jean Genet fort juste et Olivier Py un Maurice Sachs aussi trouble que l’original. Quant à Emmanuelle Devos, elle s’est parfaitement glissée dans la peau de la protagoniste. Le film a-t-il permis à une romancière trop oubliée de gagner quelques lecteurs ? On l’espère.

20.50 : Miss Sloane de John Madden (2016), Premier
Madden n’est pas vraiment considéré comme un auteur et c’est tant mieux. Ça évite à ses films d’être attendus et l’on est surpris souvent - Capitaine Corelli (2001) excepté, ses autres titres sont fort agréables, comme ses deux Indian Palace (2011 et 2014). Ici, les fanatiques de Jessica Chastain sont à la fête, et le propos (une lobbyiste qui trahit son camp pro-NRA) n’est pas indifférent.

20.50 : Une belle rencontre de Lone Scherfig (2016), Émotion
De nouveau un inédit complet, puisque le film attend toujours une sortie en salles. Le synopsis est pourtant alléchant : durant la Seconde Guerre, Gemma Arterton, scénariste, rejoint une équipe pour réaliser un film qui redonne du pep à la population britannique, ravagée par les bombardements. On verra comme s’en est sortie Lone Scherfig (on se souvient de son Italian for Beginners, 2000).

20.50 : Le Secret de Veronika Voss de Reiner Werner Fassbinder (1982), Club
On ne peut pas dire que l’auteur envahisse les chaînes du câble : un seul film programmé en cinq ans - Le Mariage de Maria Braun (1978). Pourquoi celui-ci, plutôt que les plus renommés Larmes amères de Petra von Kant (1972), Lili Marleen (1981) ou Lola, une femme allemande (1981) ? Mais on ne va pas chipoter. Il reste 42 titres (y compris les téléfilms) à passer, soyons patients.

20.50 : Capitaine Paradis d’Anthony Kimmins (1953), Classic
Classic nous fait plonger dans l’inconnu, avec un film dont on ne trouve pas trace d’exploitation depuis la sortie. Faute de connaître le réalisateur (un seul titre vu sur les vingt de sa filmo), ayons recours au 30 ans de cinéma britannique de Roland Lacourbe & Raymond Lefèvre, toujours utile pour la période : "comédie humoristique sur le thème traditionnel du mari, de sa femme et de son autre femme". Il paraît que l’on voit Alec Guinness, capitaine de ferry entre Gibraltar et le Maroc, danser le mambo avec Yvonne De Carlo ; on ne demande qu’à voir.


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