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Semaine télé du 16 au 22 mars 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 16 mars 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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In memoriam Fukushima 11 mars 2011

Humeurs de Lucien Logette avec remarque de Marc Saffar


 

Samedi 16 mars 2019

 

20.40 : On connaît la chanson d’Alain Resnais (1997), OCS Max
Pas inédit, mais programmé une seule fois en cinq ans, et pas depuis le 15 avril 2016. De toutes façons, si elle n’est pas aussi inépuisable que Muriel (1963), cette comédie sinistre (uniquement traversée de personnages en perdition) et constamment rigolarde peut être revue une dizaine de fois sans avoir livré tous ses secrets - comme la plupart des films de l’auteur. Et pour une fois, les spectateurs ont suivi.

20.50 : Éros Thérapie de Danièle Dubroux (2004), Club
L’œuvre de l’ex-critique des Cahiers du Cinéma est courte : six titres en vingt ans, et rien depuis 2004. Elle a toujours bénéficié d’un accueil sympathique de la part de la profession - elle avait été adoubée par Serge Daney, donc… -, un peu moins de la part du public. Il faut reconnaître que ses films obéissaient à une inspiration mesurée, bien défendue par ses acteurs amis : Amalric, Ch. Mastroianni, M. Poupaud, Léaud, K. Viard dans Le Journal d’un séducteur (1996) ou Berléand, Poupaud, I. Carré, D. Frot dans celui-ci, mais destinée au petit nombre. Il n’empêche que ces "films du milieu" méritent d’être vus, ne serait-ce que pour vérifier leur vieillissement ou non.

22.25 : Seuls de Francis Reusser (1981), Classic
L’œuvre est encore plus courte que celle de Danièle Dubroux : onze films en 52 ans et bien peu distribués ici - il faut dire que la Suisse est bien loin. C’est Le Grand Soir (1976) qui nous l’avait fait remarquer, un des premiers vrais rôles de Niels Arestrup, en recherche d’intégration chez les gauchistes d’après les belles années (Léopard d’or à Locarno). Arestrup de nouveau dans Seuls, et bien entouré par Christine Boisson, Bulle Ogier et Michel Lonsdale (il n’avait pas encore anglicisé son prénom). Le film fut sélectionné par la Quinzaine à Cannes 1981, mais sa sortie fut confidentielle. Totalement inédit sur le câble, évidemment, comme tous les films de Reusser. On reverrait avec plaisir son Derborence (1985) d’après Ramuz.

01.55 : Bienvenue à bord de Jean-Louis Leconte (1989), Famiz
Décidément, c’est le jour des cinéastes à filmographie écourtée : quatre longs entre 1977 et 2003 (dont le dernier, Portrait caché, n’est pas sorti). C’est dommage également pour JLL, Une pierre dans la bouche (1983), sur un scénario de Gérard Brach étant un bon polar avec Harvey Keitel. Bienvenue cultive l’incongruité, grâce à Pierre Richard, auto-stoppeur inquiétant obligeant Martin Lamotte à se poser des questions sur son être profond. À enregistrer.

 

Dimanche 17 mars 2019

 

20.40 : The Spectacular Now de James Ponsoldt (2013), OCS City
Quoiqu’en dise son titre, le film n’a rien de spectaculaire, au contraire : histoire d’ados en demi-teinte, primée à Sundance, avec des acteurs presque débutants (Miles Teller, Shalleine Woodley), parmi lesquels Jennifer Jason Leigh fait figure de patriarche. Le réalisateur a changé de statut depuis, cf. son récent The Circle (2017), avec Tom Hanks et Emma Watson.

20.50 : Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (1984), Club
Même en cherchant bien, on n’a repéré aucune trace d’un passage du film depuis 2014. Question de droits ou de version non restaurée ? La seule œuvre "moderne" de Leone, qui échappe au film de genre, péplum ou western. Et son chef-d’œuvre, sans affèterie ni tape-à-l’œil. On peut s’embarquer 4 heures en bonne compagnie, De Niro, James Woods, Elizabeth McGovern (et les autres, Joe Pesci, Treat Williams, Tuesday Weld), sans avoir une seconde envie de descendre en marche.

20.50 : Le Crime de monsieur Lange de Jean Renoir (1035), Classic
Même étonnement que pour le film de Leone : le chef-d’œuvre de Renoir absent du câble si longtemps ? On peut enfin s’en repaître (autre passage le lendemain à 13.30). Seule collaboration de Jacques Prévert avec Renoir - et c’est dommage pour celui-ci -, le film est emblématique de l’époque, au même titre que La Belle Équipe : la crise, le petit peuple, le lancement d’une coopérative, les nuisibles (Jules Berry, génial) qu’on abat avec un grand "han", l’amour qui triomphe. Et tous les membre du groupe Octobre sur l’écran. Un miracle, que Renoir renouvellera avec Partie de campagne - il n’en fera plus beaucoup d’autres après 1938.

23.10 : High Rise de Ben Wheatley (2015), OCS Choc
Pas vu, mais deux points inclinent à le signaler. D’abord son réalisateur, dont Touristes (2012) était un régal d’humour noir ravageur. Ensuite, le livre adapté : le fameux I.G.H. de J.G. Ballard, qui date un peu mais sur lequel toutes les tentatives d’adaptation avaient échoué. À découvrir.

02.45 : Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur de James Hill (1965), TCM
Petite perle trop peu connue. Le rapprochement entre les deux mythes est une jolie idée (empruntée à une nouvelle écrite par le fils de Conan Doyle), John Neville est un excellent Sherlock. On connaît mal le reste de la filmo de Hill, excepté un curieux Le Capitaine Nemo et la ville sous-marine (1969), avec Robert Ryan dans le rôle-titre.

 

Lundi 18 mars 2019

 

20.40 : Le Rire de ma mère de Colombe Savignac & Pascal Ralite (2017), OCS Max
Premier film, sur un sujet difficile : la mort d’une mère vue par son enfant. Les réalisateurs s’en sortent bien, grâce au gamin (Igor Van Dessel) et aux comédiens - si Suzanne Clément en fait toujours un peu trop, comme si elle était encore chez Dolan, Pascal Demolon est un père remarquable. Un petit regret : que Sabrina Seyvecou soit un peu sacrifiée.

20.40 : Yentl de Barbra Streisand (1983), OCS Géants
Scénariste, interprète et réalisatrice, Barbra Streisand s’est taillé un véhicule à ses mesures. La nouvelle de Singer n’avait sans doute pas besoin de 132 mn pour être traitée - mais où aurait-on mis la dizaine de chansons ? Si l’on admet que BS refasse le coup de Mary Pickford, jouant le petit lord Fauntleroy à 29 ans, et, avec sa quarantaine triomphante, se déguise en garçon de vingt ans de moins, ça passe. Car elle est ce qu’elle est, mais côté présence à l’image, elle assure. Le film est ressorti récemment en salles, toujours le meilleur endroit pour ça.

20.50 : Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin (2017), Club
Le dernier Desplechin, en attendant le prochain qui ne tardera pas. Pas son meilleur, sans doute, car on a un peu l’impression qu’il repasse les plats et peine à sortir de son univers codifié, avec Amalric comme reflet, miroir, alter ego, et tout ce qu’on voudra. Par bonheur, les femmes qui traversent le paysage du héros (un cinéaste qui prépare un film, où l’auteur va-t-il chercher tout ça ?) emportent le morceau, Charlotte Gainsbourg sans jouer, Marion Cotillard en surjouant (la chorégraphie qu’elle improvise sur It Ain’t Me Babe de Dylan est un beau moment). Le film a été accueilli avec les frémissements habituels par la critique subjuguée, un peu moins par le public.

04.25 : Cinéma de notre temps : Por la libertad, Carlos Reygadas de Laurence Garret (2017), Club
Le dernier titre du cinéaste mexicain, Nuestro Tiempo, sorti il y a peu, a été fort mal reçu par la presse, ce qui est une nouveauté. Jusqu’à présent, chaque nouveau film était considéré avec ferveur, comme venant d’un visionnaire. Mais les modes passent. Celui-ci n’est pourtant pas pire que les autres : appartenant à un système clos, il est du même ordre que les quatre précédents. On espère que ce doc, inconnu, fait un juste point sur un cinéaste moins bouleversant qu’on ne l’a fait croire, mais qui n’est pas négligeable.

Remarque de Marc Saffar :
"Je ne veux pas faire mon lourd mais je reste fidèle au Cinéma de Minuit de Patrick Brion. Une raison de ne pas voir La Reine vierge de George Sidney ?"

NDLR : Aucune raison. Juste une excuse : Nobody’s Perfect.
Jeune Cinéma est aficionado du Cinéma de Minuit de Patrick Brion, tout autant que de Jean Simmons, et George Sidney est un de ses réalisateurs de chevet :

00.25 : La Reine vierge (Young Bess) de George Sidney (1953) France 5

 

Mardi 19 mars 2019

 

20.40 : Évasion sur commande de Jack Smight (1968), OCS Géants
Après Harper (Détective privé, 1966), intelligente adaptation d’un polar de Ross Macdonald, on avait cru à l’arrivée d’un nouvel auteur, ce que ses films suivants n’ont pas confirmé. Sans pour autant qu’ils soient méprisables : Kaléidoscope (1966), avec Warren Beatty, Le Refroidisseur de dames (1968), avec Rod Steiger et ce Secret War of Harry Frigg, avec Paul Newman, alors à son sommet, tiennent la route. Mais sans dépasser les normes.

20.50 : Le Secret de Green Knowe de Julian Fellowes (2009), Émotion
Pas vu. En 2009, le nom de Fellowes ne nous évoquait rien : on avait oublié le scénariste de Gosford Park, chef-d’œuvre d’Altman, et on n’avait pas encore découvert la série Downton Abbey, dont il fut le maître d’œuvre cinq ans durant. On aurait pourtant dû se méfier : Maggie Smith et Timothy Spall, vieux routiers impeccables, lisent les scénarios qu’on leur propose et ne tournent pas n’importe quoi.

23.00 : L’Ennemi de la classe de Rok Bicek (2013), Club
C’est la soirée des inconnus : film slovène, récompensé dans plusieurs festivals de bonne réputation (Mannheim, Venise, Bratislava). Sorti en mars 2015, il n’a été vu que par un peu plus de 11 000 spectateurs. Pourquoi pas nous ? Mystère que l’on éclaircira ce soir.

 

Mercredi 20 mars 2019

 

20.50 : Sage-femme de Martin Provost (2017), Premier
L’auteur n’a raté aucun des portraits de femmes célèbres qu’il a tournés, Séraphine la peintre ou Violette Leduc l’écrivaine. Cette fois-ci, une sans-gloire, sage-femme qui voit ressurgir son ex-belle-mère, enfin l’ex-maîtresse de son père. La partition est un peu prévisible, mais les interprètes - Catherine Frot, la Deneuve, Mylène Demongeot, Pauline Étienne et Olivier Gourmet - la jouent en beauté.

20.50 : Félicité d’Alain Gomis (2017), Club
Un film de Gomis sur le câble, c’est rare. Plusieurs fois primé au Fespaco de Ouagadougou (Étalon d’or en 2013 pour Aujourd’hui, même chose pour ce film-ci en 2017, cf. les comptes rendus du regretté Pierre Beneyton dans Jeune Cinéma), il a obtenu pour Félicité un Grand prix du jury à Berlin. Tous les acteurs sont sénégalais, donc inconnus sous nos latitudes : Véronique Beya Mputu, Gaetan Claudia, Papi Mpaka.

20.50 : Une femme est une femme de Jean-Luc Godard (1961), Classic
On avait alors été séduit par la fraîcheur du film, même si son humour n’atteignait pas un niveau extrême - mais, après À bout de souffle et Le Petit Soldat, on respirait un peu. Anna K. était si mignonne, et Brialy si sympathique. Chaque nouvelle vision a fait s’évaporer un peu le charme, mais c’est un document d’époque.

22.10 : Jean-Claude Brialy, le goût des autres de Henry-Jean Servat (2013), Classic
Pas vu. Mais Servat est un bon connaisseur des acteurs, toutes périodes confondues. En outre, la durée, 85 mn, inhabituelle pour un doc, laisse penser qu’il a pris le temps de développer le portrait du comédien aux 187 films.

22.15 : I Am Not Madame Bovary de Feng Xiao-gang (2016), OCS City
Pas vu, ni aucun autre film du réalisateur. Mais le titre est attirant, d’autant qu’il s’intitule en chinois Je ne suis pas Pan Jinlian, et que le rapport avec Flaubert n’est pas évident.

02.35 : Hell Is Sold Out de Michael Anderson (1951), TCM
Tardif, hélas. Passer un film inconnu - pas trace de sortie en France au début des années 50 ni depuis - au cœur de la nuit, ce n’est pas aimable de la part des programmateurs de TCM. Michael A. n’est pas un cinéaste du niveau de Lindsay A., mais il est bien représentatif de l’état moyen du cinéma anglais du temps. Il culminera avec Le Tour du monde en 80 jours, en 1956, mais, en 1976, son Âge de cristal (Logan’s Run) était assez réussi. Ce soir, Richard Attenborough, Mai Zetterling, Herbert Lom et notre chère Hermione Baddeley. D’après Maurice Dekobra, il faudra faire avec.

 

Jeudi 21 mars 2019

 

20.40 : Knock de Guy Lefranc (1950), OCS Géants
Troisième adaptation de l’increvable pièce de Jules Romains, après celles de 1925 (avec Fernand Fabre), de 1933 (avec Jouvet) et avant celle de 2017 (avec Omar Sy). Jouvet reprend le rôle qu’il avait créé en 1923. Lefranc étant un exécutant fidèle, c’est l’acteur qui a tout en charge. Pas question d’une refonte moderne, la pièce est reproduite comme on peut s’y attendre. Comme on n’a jamais pu voir la version de 1933, c’est toujours un régal de voir Jouvet en faire des tonnes.

20.50 : Les Stances à Sophie de Moshe Mizrahi (1971), Classic
Le roman de Christiane Rochefort (1963) avait secoué les lecteurs, comme Le Repos du guerrier et Les Petits Enfants du siècle auparavant (1958 et 1961). L’attachée de presse (virée en 1968) du Festival de Cannes n’avait pas sa langue ni son mauvais esprit dans sa poche - elle fut parmi les fondatrices du premier MLF - et ses livres offraient un plaisir réjouissant. Bien mieux que Vadim dans son adaptation du Repos du guerrier, Mizrahi a su trouver le ton juste pour représenter ses héroïnes ; il faut reconnaître qu’avec Bernadette Lafont et Bulle Ogier, il avait bien choisi.

22.15 : Les Fantasmes de Malvina de Jean Rollin (1974), Club
Jusqu’à présent, la chaîne Action avait l’exclusivité des films de Rollin - uniquement les films fantastiques, qui passaient en boucle entre minuit et 5 heures du matin. Ah, toutes ces nuits à voir réapparaître les deux orphelines vampires ou fermenter les raisins de la mort, avec ces acteurs/trices jamais vu(e)s ailleurs (sauf Brigitte Lahaie, bien sûr). Ce soir, c’est grâce à un de ses films érotiques soft (il en a tournés des dizaines autrement chauds) qu’il a les honneurs d’une chaîne noble.

 

Vendredi 22 mars 2019

 

20.40 : La Malédiction de la panthère rose de Blake Edwards (1978), OCS Géants
Quinze ans après la première apparition du fameux diamant (et de la panthère animée du générique), Edwards signe le sixième épisode (le cinquième tourné par lui, car Bud Yorkin a réalisé L’Infaillible Inspecteur Clouseau, en 1968, Alan Arkin remplaçant Peter Sellers). Il en assumera trois autres, même après la mort de Sellers, tirant fortement sur la corde. Inévitablement, les meilleurs sont les deux premiers, et peut-être même le second, Quand l’inspecteur s’emmêle (1964). Mais c’est ce soir la dernière incarnation de Clouseau par son créateur, on ne va pas barguigner.

20.50 : Cessez le feu d’Emmanuel Courcol (2016), Émotion
S’attaquer, pour un premier film, à la guerre de 14, et surtout à ses conséquences physiques et traumatiques, c’est gonflé (mais Gabriel Le Bomin avait fait de même avec Les Fragments d’Antonin en 2006). La reconstitution des combats, le travail de réparation des corps et des esprits, sont fort bien montrés - et les comédiens, Romain Duris, Céline Sallette, Marie-Julie Parmentier, Grégory Gadebois, excellents. Comme pour la plupart des (bons) films sur la Grande Guerre, les spectateurs ne se sont pas pressés d’aller y voir de près (un peu plus de 100 000 entrées).

20.50 : La Petite Lili de Claude Miller (2003), Club
Le film fut diversement accueilli à Cannes, où il était en compétition. L’impression de déjà-vu prévalait. À juste titre, puisqu’il s’agissait d’une adaptation (assez modernisée toutefois) de La Mouette de Tchékhov. La petite Lili, c’est Ludivine Sagnier, et le reste des acteurs de ce huis clos breton (on est sur l’île aux Moines) est relevé : Nicole Garcia, Bernard Giraudeau, Jean-Pierre Marielle, Robinson Stévenin, Michel Piccoli.

20.50 : Les Zozos de Pascal Thomas (1973), Classic
Presque inédit, puisque pas passé depuis le 21 février 2015. Les belles années 60, l’adolescence inquiète, les filles comme un mystère. Carrément une autre planète.


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