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Notre Dame de Paris, le côté obscur
Pour le plaisir des amateurs en ligne 48
publié le samedi 27 avril 2019

Notre-Dame de Paris tout feu tout flamme
Contribution à l’incendie du 15 avril 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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Dans les bibliothèques de nos ancêtres, il y a des trésors.

Qui connaît Eudes de Sully (1166-1208) ?
Il fut évêque de Paris de 1197 à sa mort. Quand il fut nommé, la construction de Notre Dame de Paris avait déjà commencé.
Le chœur et son déambulatoire étaient achevés (1163-1182), les trois dernières travées de la nef, les bas-côtés et les tribunes aussi (1182-1190), l’édification des assises de la façade et des deux premières travées de la nef était en cours depuis sept ans.
Le bon évêque n’en vit pas la fin (en 1225), et on était encore loin de la finition : il a fallu encore attendre 25 ans avant de voir la galerie haute et les deux tours sur la façade, l’agrandissements des fenêtres hautes et l’aménagement des chapelles latérales de la nef.

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C’était juste comme ça, un point d’information.
Ce qui se fait sans le temps ne mérite ni égards ni patience. Il faut le répéter sans cesse aux jeunes coq impatients, adeptes du vite fait mal fait, qui pensent le déluge après eux.

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Mais revenons-en à Eudes de Sully.
Il est surtout connu pour avoir fondé l’abbaye de Port-Royal des Champs et promu la polyphonie dans la musique sacrée - ce qui était une opération à haut risque, la musique, quelle qu’elle soit, nul ne sait jamais où exactement elle peut entraîner.

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Il a aussi essayé d’éradiquer les jeux d’échecs, peut-être inventés par les Arabes. En vain. Mais c’est une autre affaire.

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Ce qu’on sait moins, c’est qu’il avait plus de moralité que ses prédécesseurs.
Voilà l’affaire.

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On célébrait, dans l’église de Notre Dame, des fêtes appelées Fêtes des fous, Fête des sous-diacres ou Diacres-Soûls...

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Eudes de Sully fut le premier évêque qui en parut scandalisé.
Ces espèces de saturnales, continuées par les chrétiens depuis les temps du paganisme, avaient donc été tolérées par tous les évêques, ses prédécesseurs. Ou peut-être sous Eudes de Sully, leur licence fut-elle portée à un excès insoutenable ?

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Il s’y commettait, dit-il, d’innombrables abominations, des crimes énormes.
Ce n’était pas seulement des laïques qui y figuraient, mais, ce qui est horrible à dire, ces scènes scandaleuses, ces turpitudes se commettaient par des ecclésiastiques, dans l’église même, au pied des autels, pendant qu’on célébrait des messes et qu’on chantait les louanges de Dieu.

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Après avoir ordonné, en 1198, l’extinction de la fête des Fous, cet évêque, tenta, l’année suivante, d’abolir celle des sous-diacres, célébrée le jour de Saint-Étienne.

Les fêtes des sous-diacres et des fous, suspendues pendant quelques temps, reprirent leurs anciennes allures et ne furent entièrement abolies qu’au 15e siècle.

En tout cas, c’est ce qu’affirmait J.-A. Dulaure en 1839 (1).

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Il vaut quand même rester prudent.
Satan et sa théorie d’incubes et de succubes sont partout, ils peuvent se nicher derrière chaque pilier, et s’épanouir dans chaque époque. Le Diable a de nombreux avocats, et il demeure difficile de lui faire des procès (2).

Jeune Cinéma

1. Histoire de Paris physique, civile et morale de Paris, par J.-A. Dulaure, de la Société des antiquaires de France, 6e édition, augmentée de notes nouvelles et d’un Appendice, contenant des détails descriptifs et historiques sur tous les monuments récemment élevés dans la capitale, par J.-L. Belin, avocat, tome deuxième, Paris, Furne et Cie, Libraires-éditeurs, rue Saint-André des Arts, 55, 1839.

2. Ils sont nombreux, les petits enfants qui ont grandi et en savent quelque chose.



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