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Boxing Gym (2010)
Frederick Wiseman
publié le mercredi 22 avril 2015

par Heike Hurst
Jeune Cinéma n° 331-332, été 2010

Sélection officielle de la Quinzaine des réalisateurs 2010

Sortie le mercredi 9 mars 2011

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Cet homme au charisme certain a la réputation de faire des documentaires très longs, très lents, très profonds, très nourrissants sur tous les grands problèmes de notre monde passablement dérangé.
Ses films - des monuments - portent sur la folie, la mort et les soins palliatifs, l’école et les systèmes sociaux en Amérique, l’aide sociale, l’armée, etc., mais il a aussi beaucoup filmé en Europe le travail des ensembles (danse, ballets et théâtre). Il a enfin fait des mises en scène de pièces atypiques, par exemple La Dernière Lettre (1).

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Toute son œuvre est un travail patient pour comprendre la violence dans nos sociétés.
Boxing Gym ne fait pas exception. Il en étudie, d’une façon parfaite, les causes et les remèdes possibles. Comme à ses débuts, c’est un film assez court, 91 minutes, mais il est aussi fort, profond, humain et riche que tous ses autres films.

La boxe, vue par Wiseman, c’est intrigant.
En fait, il s’agit d’un hommage à un homme, Richard Lord, ancien boxeur qui a fondé, il y a seize ans, une structure ouverte où des personnes de tout âge et de toutes provenances sociales peuvent s’entraîner, se parler et se rencontrer.

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Ainsi, ils vont surmonter, lentement mais sûrement, leurs angoisses en acquérant une assurance dont ils ont toujours rêvée. Ce qu’on retient du film, c’est la bonté et la patience infinies de cet homme, sa façon d’accueillir et d’être disponible à chaque instant.

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Restent en mémoire quelques séquences : un père s’entraîne, mais retourne souvent voir son bébé dans une poussette et boxe tendrement ses petits pieds ou un très jeune garçon, qui transpirait de timidité la première fois, gagne peu à peu de l’assurance grâce à la compréhension de cet homme jamais fatigué de secourir les psychismes en déroute.

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Ça se passe à Austin, Texas.
Ça va estomper nos souvenirs de tueurs de Easy Rider et quelques autres.

Heike Hurst
Jeune Cinéma n° 331-332, été 2010

1. La Dernière Lettre (2002), extrait de Vie et Destin de Vassili Grossman (1962), avec Catherine Samie, est un monologue théâtral, seule œuvre de "fiction" de Frederick Wiseman.


Boxing Gym. Réal, son, mont : Frederick Wiseman ; ph : John Davey. Avec Richard Lord (USA, 2010, 91 min.)



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