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Semaine télé du 11 au 17 mai 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 11 mai 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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©Nives Widauer, Monitorlove (1989-2007) II.

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 11 mai 2019

 

20.50 : Par effraction d’Anthony Minghella (2006), Émotion
Minghella est surtout célèbre pour ses grands films, Le Patient anglais (1996) et autre Talentueux Mr. Ripley (1999). Mais c’est dans ses films plus intimes qu’on le préfère : le très surprenant Madly, Truly, Deeply (1990) et ce Breaking and Entering, dans lequel le cambriolage n’est qu’un prétexte. Jude Law et Juliette Binoche, c’est bien, on aurait aimé tout juste un peu plus de Robin Penn Wright.

20.50 : La Ragazza de Luigi Comencini (1964), Classic
Un film rare de la fin de la première période de Comencini, d’après La ragazza di Bube, le roman de Carlo Cassola. Claudia Cardinale est magnifique, mais le film souffre un peu de son générique cosmopolite, George Chakiris n’ayant jamais égalé sa performance de West Side Story et Marc Michel, toujours un peu serré aux entournures et voué aux rôles de substitut - comme dans Les Parapluies de C., c’est l’époux de remplacement.

22.10 : Meurtre mystérieux à Manhattan de Woody Allen (1993), OCS Géants
Bonne idée de remonter quelques années en arrière dans la filmo du réalisateur, blacklisté (son dernier film est demeuré dans les tiroirs depuis plus d’un an et il n’a rien tourné en 2018, pour la première fois depuis des lustres) à cause de rumeurs toujours pas prouvées. Il enchaînait alors grand film sur grand film (Alice, Ombres et brouillard, Coups de feu sur Broadway) et ce MMM est dans la liste.

23.25 : L’Affaire Mori de Pasquale Squitieri (1977), Classic
Le cinéaste a pu utiliser son épouse, Claudia Cardinale, dans une dizaine de films, dont elle est souvent la principale raison de les regarder. Ils tournent presque tous autour des rapports du crime organisé, Mafia ou Camorra, avec les autorités. De celui-ci, on se souvient surtout de Giuliano Gemma en préfet anti-mafieux dans la Sicile des années 20. On est curieux de vérifier comment le film a (ou non) bien vieilli.

 

Dimanche 12 mai 2019

 

20.35 : The English Teacher de Craig Zisk (2013), Sundance TV
Inconnu car jamais sortie en salles ici et seul film réalisé par un stakhanoviste de la télévision (192 épisodes de séries depuis 1993). Mais Julianne Moore ne s’est que rarement embarquée dans des projets qui n’en valaient pas la peine. À découvrir.

20.40 : Né un 4 juillet d’Oliver Stone (1989), OCS Géants
Seule chaîne du bouquet OCS a proposer un inédit. Ce n’est pas que Tom Cruise nous enthousiasme beaucoup, même en blessé du Viêt-nam découvrant que son patriotisme sanglant était une erreur. Le témoignage arrivait un peu tard, quatorze ans après la fin du conflit. Mais l’Oscar pour la réalisation n’était pas usurpé, comme souvent chez Stone où le spectacle prime.

20.50 : Soirée grise sur le bouquet Ciné+, dont les seuls films inédits sont Sous le même toit de Dominique Farrugia (2017) sur Émotion et Le Chat et la souris de Claude Lelouch (1975) sur Classic. Comment résoudre un choix aussi calamiteux ? Revoir Carrie au bal du diable de Brian De Palma (1976) sur Club, pas passé depuis le 12 mai 2017.

 

Lundi 13 mai 2019

 

20.50 : Le Caire Confidentiel de Tarik Saleh (2017), Club
Le succès inattendu de l’été 2017 : plus de 400 000 spectateurs pour ce polar égyptien (production germano-suédoise, car le réalisateur est né à Stockholm et Fares Fares, l’acteur principal, une vedette en Suède depuis Jalla ! Jalla !, tourné là-bas par son frère Josef en 2000), aux imbrications politiques bien dessinées – la bande à Moubarak n’est pas épargnée.

20.50 : Alerte en Méditerranée de Léo Joannon (1938), Classic
Le film est d’une grande rareté - pas sûr qu’on le trouve en DVD officiel. Grand prix du cinéma français en 1939. Excepté Quelle drôle de gosse ! (1935), un des meilleurs films de Darrieux des années 30, Joannon n’a signé que des daubes, Le Défroqué (1954) étant un de ses sommets, ou s’est conduit comme un sagouin, cf. l’épisode de Caprices (1942) tel que décrit par Christine Leteux dans son ouvrage sur la Continental. Ce qui n’empêche pas ce film d’être une pièce indispensable, avec son dialoguiste renommé (Roger Vitrac) et ses vedettes, Pierre Fresnay, Fernand Ledoux, et ses seconds rôies, Tissier, Aimos, Ardisson, Temerson, Bergeron, Seigner, on en passe.

22.45 : Le Miracle des loups d’André Hunebelle (1961), OCS Géants
Hélas ce n’est pas la version muette (1924) de Raymond Bernard (restauré en DVD), mais les qualités spectaculaires du roman de Dupuy-Mazuel, même entre les mains de Hunebelle, sont suffisantes pour amuser. Certes, on n’est pas dans Game of Thrones et tout est bien propre, mais il y a du beau monde pour ce cinoche, Jean Marais, Jean-Louis Barrault, Roger Hanin et Rossano Schiaffino.

23.10 : Des souris et des hommes de Gary Sinise (1992), Arte
Seconde adaptation du roman de Steinbeck, après celle de Lewis Milestone en 1939. Second et dernier film de Sinise, acteur auparavant et ensuite. John Malkovich nous avait semblé un Lennie Small moins crédible que Lon Chaney Jr. chez Milestone et Sinise lui-même un George Milton plus raide que Burgess Meredith. Mais c’est bien loin et le film demande à être revu.

23.50 : L’Héritage de Mauro Bolognini (1976), France 5
Pour être fidèle à Brion, signalons sa programmation de ce soir - mais le (beau) film de Bolognini est passé quatre fois sur le câble depuis quatre ans.

 

Mardi 14 mai 2019

 

20.35 : Soirée Bong Joon-ho sur OCS Choc
Les deux titres annoncés sont bien connus, mais, eu égard au désert de la programmation des voisins, c’est la seule échappatoire sur le bouquet.
D’abord The Host (2006), suivi, à 22.40 de Mother (2009), tous films qui supportent une seconde vision. Et qui permettent de se préparer pour la prochaine sortie de Parasite, son (excellent) film dans la compétition cannoise qui commence ce jour.

23.05 : Le Dernier Vice-roi des Indes de Gurinder Chadha (2017), Émotion
Pas vu, mais on est curieux de voir cet épisode important de l’Histoire, lorsque Mountbatten vint en Inde négocier le passage à l’indépendance. D’abord, parce que le lord, c’est Hugh Bonneville, qui nous a tant émus à la tête de Downton Abbey. Ensuite, parce que la réalisatrice était jusque-là spécialisée dans les comédies de sociétés - Joue-la comme Beckham (2002), Coup de foudre à Bollywood (2004) - et qu’on voudrait voir comment elle s’est sortie de ce nouveau format.

 

Mercredi 15 mai 2019

 

20.40 : Soirée Jim Jarmusch, OCS City
Pour accompagner la sortie du dernier film de JJ, le remarquable The Dead Don’t Die, projeté en ouverture de Cannes 2019 (hier soir) : Paterson (2016), ce chef-d’œuvre, suivi de Gimme Danger (2016), à 22.40.

20.40 : La Haine de Mathieu Kassovitz (1995), OCS Choc
L’événement de l’année 1995 : le surgissement sur les écrans d’un monde parallèle inconnu. Des films de et sur les cités, on ne les compte plus depuis, mais on a rarement vu mieux. Sauf avec le film projeté aujourd’hui à Cannes, Les Misérables de Ladj Ly, extraordinaire plongée dans une cité de Montfermeil, qui fait le point, 24 ans après, sur l’état des lieux.

20.50 : K.O. de Fabrice Gobert (2017), Premier
Le scénario est intéressant : un homme de pouvoir, méprisant et imbuvable, se réveille, après un attentat, en présentateur météo de la chaîne qu’il dirigeait. Tout a changé, sa famille a disparu et il occupe ce poste depuis toujours. L’incongruité est majeure, à la Philip K. Dick, et Laurent Lafitte assure parfaitement les deux situations. Dommage que la mécanique ne fonctionne pas complètement jusqu’au bout - il fallait bien que le film retombe sur ses pattes. Mais le projet est hardi, dans la ligne des travaux précédents de Gobert, Simon Werner a disparu (2010) et la série Les Revenants (2012).

20.50 : Soirée Luis Buñuel, Classic
Tout est déjà vu, mais… Le Journal d’une femme de chambre (1964), Cet obscur objet du désir (1977), Le Fantôme de la liberté (1974) + Luis Buñuel, la transgression des rêves de Pierre-Henri Gibert (2017). Bon voyage !

22.25 : Equalizer 2 d’Antoine Fuqua (2018), OCS Max
Pour tout savoir sur ce second épisode, cf. Jeune Cinéma n° 392-393, évidemment.

 

Jeudi 16 mai 2019

 

20.40 : Soirée Fabio Grassadonia & Antonio Piazza, OCS Choc
L’initiative est plus défendable que la soirée de Funès ce même soir sur Famiz (six titres entre 20.50 et 06.00). Les deux réalisateurs sont des découvertes de la Semaine de la Critique de Cannes, confirmés par le festival de Sundance. Leur œuvre est encore courte : deux titres, présentés ce soir dans l’ordre inverse de leur fabrication, le premier (et le meilleur) étant en seconde partie. Mais les deux sont de bons exemples du nouveau cinéma italien - ou sicilien pourrait-on dire puisque les deux s’y déroulent.
Dans l’ordre de passage :
20.40 : Sicilian Ghost Story (2017)
22.40 : Salvo (2013).

20.50 : La Fayette de Jean Dréville (1961), Classic
Une seconde soirée Dréville sur Classic ! Va-t-on vers une réhabilitation ? Le souvenir qu’on a du film (a-t-il été beaucoup montré depuis à la TV ?) est celui d’une superproduction française d’époque, menée par Michel Le Royer (le rôle de sa vie), avec ce qu’il fallait d’acteurs invités pour en mettre plein les yeux - Welles, De Sica, Jack Hawkins, Rossana Schiaffino. On y reverra avec plaisir Pascale Audret et Liselotte Pulver (bientôt 90 ans).

20.50 : Entre ciel et terre d’Oliver Stone (1993), TCM
Dernier volet de la trilogie du Vietnam, après Platoon et Né un 4 juillet. L’ambiguïté stonienne est patente : tout le monde est méchant, le Vietcongs et les Yankees. Mais au moins il y a Tommy Lee Jones, plus supportable que Tom Cruise. Et le cinéaste a même offert un petit rôle à Debbie Reynolds.

22.20 : Le Couvent de la bête sacrée de Norifumi Suzuki (1874), Club
Ce n’est pas la suite de La Jeunesse de la bête (1963), d’un autre Suzuki, Seijun. Il s’agit d’un film érotique, digne de la Justine de Sade : le couvent du Sacré-Cœur où Yumi devient nonne vaut celui de Notre-Dame-des-bois, là où Justine subit les fantaisies des quatre moines débauchés. Suzuki n’oublie rien, les flagellations, le saphisme de la mère supérieure et l’archevêque indigne, père de l’héroïne. Très rafraîchissant.

 

Vendredi 17 mai 2019

 

20.40 : L’Affaire Chelsea Deardon d’Ivan Reitman (1986), OCS Géants
Un des quelques rares films avec Redford encore inédit (ce qui est étonnant). Reitman n’est pas Blake Edwards, mais ses comédies (celle-ci policière) sont correctement tournées. Et dans ce Legal Eagles (joli titre), on a droit, en plus du beau procureur RR, à Debra Winger.

20.50 : Soirée Les Inconnus, Émotion
On le signale, parce que le trio, avant qu’il ne se disperse, constitua un moment important du comique français des années 90. Mais, comme les Monty Python (dont aucun des films n’atteignit le génie de leurs émissions TV), le meilleur de leur production, plusieurs étages en-dessous, c’est dans leurs sketches télévisés qu’il réside. La distance du long métrage est un peu longue. Subsistent tout de même des éclairs dans les trois films de ce soir, signés Bernard Campan et Didier Bourdon : Le Pari (1997) à 20.50, Les Trois Frères (1994) à 22.25 et Les Rois mages (2001) à 00.10.

20.50 : Vengeance de Johnnie To (2009), Club
Un To inédit, ça ne se refuse pas - même si son admiration (exagérée) pour l’œuvre de Jean-Pierre Melville, ici revendiquée, l’a pas mal corseté. Notre (légère) insatisfaction tient-elle à la présence de Johnny Halliday, taillé dans le marbre ? En tout cas, la première sélection en compétition cannoise du cinéaste ne répondit pas à tous les espoirs.

20.50 : Mon homme Godfrey de Gregory La Cava (1936), Classic
Quatre titres en cinq ans : les allées du domaine La Cava n’ont pas beaucoup explorées par les chaînes du câble. Il y aurait pourtant de quoi montrer, au-delà des habituels Pension d’artistes (1937) ou La Fille de la 5e Avenue (1939). Sous des dehors de comédie étincelante, cette histoire de clochard ramassé par une héritière et qui devient un personnage indispensable, jette un regard caustique sur la société US à la veille de la guerre. Après vérification, le film a été programmé le samedi 4 octobre 2014 - c’est d’ailleurs le premier titre du premier "Salut les câblés !"

02.10 : Les Dix Commandements de Cecil B. De Mille (1956), Paramount Channel
Curieusement, c’est la première version (1923) qui a déjà été proposée deux fois depuis 2014, l’hommage à Yul Brynner ayant oublié celle-ci. C’est sur ce nanar gigantesque (près de 4 heures) que CBDM a achevé sa filmographie. À l’époque, Charlton Heston environné d’éclairs, les tables de la Loi sous le bras et le recul des eaux de la mer Rouge, effet spécial aujourd’hui hideux, impressionnèrent vivement les spectateurs. C’est du patrimoine blindé.



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