home > Au fil du temps > Salut les câblés ! > Salut les câblés ! (2019) > Semaine télé du 1er au 7 juin 2019
Semaine télé du 1er au 7 juin 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 1er juin 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

PNG - 717.1 ko

 

John Cassavetes sur le tournage de Un tueur dans la foule (1976)-DR

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 1er juin 2019

 

20.40 : Footloose de Herbert Ross (1984), Paramount Channel
Ou comment faire découvrir en 1978 le rock à une petite ville de l’Oklahoma. L’argument peut sembler improbable, mais il repose sur une réalité : toute danse fut interdite à Elmore City, entre 1888 et 1978, année où un groupe de lycéens fit entrer la modernité dans le bourg. Le film est devenu une référence et la B.O. (Shalamar, Bonnie Tyler, John Cougar Mellenkamp) a cartonné.

20.40 : Trahison à Stockholm de Sergio Grieco (1967), OCS Géants
La chaîne renoue avec sa tradition d’exploration des nanars des années 60. Ce soir, un film inconnu d’un cinéaste qui a longtemps navigué entre films de pirates et péplum - on se souvient d’un Jules César contre les pirates (1962), assez gratiné - et qui fut un des rares tâcherons de l’époque à ne pas tourner de westerns, mais des films d’espionnage fauchés, autour de l’agent 077, avec Ken Clark.

20.50 : L’Arbre, le maire et la médiathèque d’Éric Rohmer (1992), Club
Le film échappe aux grandes catégories rohmériennes, contes moraux ou des quatre saisons, comédies et proverbes, etc. L’auteur s’intéressant brusquement à la politique, même municipale, c’était un scoop, qui nous avait semblé peu pertinent à l’époque. Le quart de siècle, et plus, écoulé aura-t-il fait éclore notre intérêt pour cette bluette ? On ne sait jamais. Notons que Fabrice Luchini, instituteur villageois ici, a bien profité de l’ascenseur social : le voici devenu maire de Lyon dans le (bon) film de Nicolas Pariser, Alice et le maire.

20.50 : Billy le menteur de John Schlesinger (1963), Classic
Déjà passé, mais une seule fois et il y a bien longtemps (11 mai 2015). Et pourquoi se priver du plaisir de retrouver Tom Courtenay, toujours excellent, dans un des quatre titres de la période anglaise du cinéaste (tous mémorables, de A Kind of Loving (1962) à Far from the Madding Crowd (1967), via Darling (1965).

22.35 : Les Nuits de la pleine lune d’Éric Rohmer (1984), Club
Ce n’est pas un inédit, mais il n’a pas été programmé depuis quatre ans et c’est une manière de savourer (ou de supporter, selon les cas) la fin de la soirée consacrée à Rohmer par la chaîne.

23.10 : Mandingo de Richard Fleischer (1975), TCM
Présence obligatoire devant l’écran, muni du dernier numéro de Jeune Cinéma (n°394, mai 2019), dans lequel Jérôme Fabre revient dans le détail sur ce superbe film.

23.20 : L’Empire de la perfection de Julien Faraud (2017), OCS City
Strictement pour amateurs de tennis et spécialement de John McEnroe puisque le film lui est entièrement consacré. Côté perfection, on était plutôt, durant ces mêmes années, épaté par Bjorn Borg (ah, la finale de Wimbledon 1980 !), mais le film est sérieusement fait, comme tout ce que fait le réalisateur, spécialiste du geste sportif.

Dimanche 2 juin 2019

20.40 : Infiltrator de Brad Furman (2016), OCS Max
Tout est dans le titre : histoire (vraie) d’un agent des Stups américains devenue taupe parmi les amis de Pablo Escobar afin de démanteler le cartel de Medellin. Standard, mais toujours passionnant.

20.40 : Cœur de tonnerre de Michael Apted (1992), OCS Géants
Ce n’est pas une adaptation d’un roman de Tony Hillerman, mais ça pourrait l’être - sauf que le flic n’est pas un Indien Navajo, mais un agent du FBI qui a une ascendance Sioux. Tout est filmé dans une réserve, avec réalisme et sans pathos. Val Kilmer et Sam Shepard sur l’écran, Robert DeNiro à la production et Apted à la direction, bien dans la ligne de son documentaire de la même année, Incident at Oglala (produit par Redford). Irréprochable.

20.50 : Entre le début et la fin de soirée, aucun des dix-huit proposés par le bouquet Ciné+ n’est inédit, pas plus que les trois sur TCM, ni les trois sur Paramount Channel. On peut cependant revoir Stranger Than Paradise sur Club à 20.50 annoncé en version restaurée, pour la beauté du noir & blanc retrouvée.

Lundi 3 juin 2019

20.40 : Cherchez la femme de Sou Abadi (2017), OCS Max
Un premier film, signé par une réalisatrice, et qui a eu du succès (170 000 spectateurs), sur un sujet contemporain (un amoureux se déguise en femme voilée pour rencontrer son amoureuse surveillée par son frère). La soirée s’annonce comme dédiée à Félix Moati, mais il y a aussi de jeunes comédiens qui émergent, Camelia Jordana, William Lebghil et Grégoire Montel.

20.40 : Compte tes blessures de Morgan Simon (2017), OCS Choc
Encore un premier film français, merci OCS. Le sujet est moins intéressant que Cherchez la femme, sauf si on préfère la tendance rock hard-core et tatouages. En outre, Kevin Azaïs nous paraît toujours moins convaincant que les autres acteurs de sa génération, c’est comme ça. Et nous ne sommes pas seuls de cet avis : 19000 spectateurs seulement.

20.50 : Conspiracy de Michael Apted (2017), Premier
Un titre de Michael Apted chaque soir ? C’est une bonne idée, car depuis 46 ans (Triple Echo, 1973), jusqu’à ce dernier film, il n’a pas démérité, bien que jamais considéré comme un auteur. Ce soir, Naomi Rapace et Toni Collette, pour le plaisir des amateurs.

20.50 : Une femme fantastique de Sebastian Lelio (2017), Club
Un seul film de Lelio a déjà été programmé, Gloria (2013), dont il vient de tourner un remake, Gloria Bell), en mai 2016. Cette Mujer fantastica a décroché un Ours d’argent à Berlin 2017 et l’Oscar du film étranger en 2018 ? Que dire de plus ?

23.35 : Profession : Reporter de Michelangelo Antonioni (1975), France 5
Pour mémoire et par sympathie pour Patrick Brion, patrimoine en péril.

Mardi 4 juin 2019

20.40 : Soirée théma "Famille" sur Paramount Channel
Pour les fans de Ben Stiller et de Robert De Niro, la chaîne propose le triplé : Mon beau-père et moi (2000), Mon beau-père, mes parents et moi (2004) et Mon beau-père et nous (2010), les deux premiers dus à Jay Roach, le dernier à Paul Weltz. Si l’on aime la mélasse américaine et l’atmosphère familiale.

20.50 : Soirée Louise Bourgoin, Émotion
L’idée d’offrir une soirée à la seule ex-présentatrice météo de Canal+ qui ait réussi sa carrière au cinéma est sympathique. Quel dommage qu’aient été choisis deux de ses films les plus récents, Les Dents, pipi et au lit de Emmanuel Gillibert (2017) et Sous le même toit de Dominique Farrugia (2018), qui sur des sujets analogues, parviennent aux mêmes résultats, proches de pas grand-chose. Alors qu’il aurait suffi de retenir L’Autre Monde de Gilles Marchand (2010) ou Je suis un soldat de Laurent Larivière (2015) ou même Adèle Blanc-sec de Luc Besson (2010) pour prouver qu’elle était bonne actrice dans de bons films.

22.10 : Traquées par les Japs de Robert D. Webb (1961), Classic
On pensait connaître l’œuvre de RDW dans les coins, mais ce 7 Women from Hell nous avait échappé. Le thème du camp de prisonnières nous évoque fortement Captives à Bornéo de Jean Negulesco (1950). Le casting est un peu mou : Patricia Owens, Denise Darcel, Cesar Romero, John Kerr, ça ne va pas très loin.

22.15 : Les Héritières de Marcelo Martinesi (2018), Club
Pas eu le temps de voir ce film lors de sa sortie furtive en novembre dernier. On se promet de rattraper ce premier film (quelle semaine !), étonnante production entre Paraguay, Allemagne, Uruguay, Brésil, Norvège et France.

Mercredi 5 juin 2019

20.35 : Teddy Bear de Mads Matthiesen (2012), Sundance TV
Un inédit, comme très souvent sur Sundance TV. Pourquoi avoir traduit l’original danois 10 timer til Päradis par Teddy Bear, mystère ! On ne le saura qu’après dégustation.

20.40 : Au-delà des montagnes de Jia Zhangke (2015), OCS City
L’avant-dernier film de Jia, juste après A Touch of Sin (2013) et juste avant Les Éternels (2018), et qui souffre un peu d’être cerné par deux chefs-d’œuvre. Est-ce par excès d’ambition - montrer les évolutions de la société chinoise sur une période de vingt ans ? Une faiblesse de scénario - la troisième partie, tournée en Australie, est ratée ? Il n’empêche qu’un film un peu décevant de JZ est bien plus intéressant que beaucoup d’autres.

20.50 : Les Hommes du feu de Pierre Jolivet (2017), Premier
Tous les acteurs, Roschdy Zem, Émilie Dequenne, Michaël Abiteboul, sont remarquables, tout le quotidien d’une brigade de pompiers est parfaitement reproduit, routine et incidents compris. So what ? On reste en retrait devant ce quasi docu, sans trouver de quoi écrire.

23.55 : Man Up de Ben Palmer (2015), Émotion
Le réalisateur nous est inconnu (il est censé être célèbre grâce à sa série Les Boloss) tout autant que le film dont on n’a pas trouvé trace d’une quelconque sortie. L’acteur principal, Simon Pegg, nous a beaucoup amusés dans Un Anglais à New York, film de Robert B. Weide, également inédit en salles. Une découverte ?

Jeudi 6 juin 2019

20.40 : Menace sur la Maison Blanche d’Ek Van Looy (2016), OCS Choc
Oui, c’est un choc : le Premier ministre belge (lorsqu’il y en a un) contraint par chantage d’exécuter le président des USA, on ne voit pas ça très souvent. Y parviendra-t-il ? Réponse ce soir. Tous les acteurs sont des Flamands inconnus.

20.50 : Soirée Jean Grémillon, Classic
Curieux : alors que Grémillon est l’auteur d’un superbe documentaire sur le débarquement en Normandie, Le 6 juin à l’aube (1945), qu’on passait jadis traditionnellement à cette date anniversaire, les deux titres de ce soir n’ont rien à voir avec la commémoration. Gueule d’amour (1937), belle rencontre de Gabin et de Mireille Balin, pour rénover la mythologie fabriquée par Pépé le Moko deux ans plus tôt, est un film surprenant, qui prend un peu plus d’allure à chaque nouvelle vision. Et Daïnah la métisse (1931), à 22.20, moyen métrage de 50 mn longtemps invisible (il existe une belle édition DVD récente), révèle un Charles Vanel déjà au top (il est vrai qu’il avait déjà près de soixante titres dans sa filmographie).

01.40 : Deux filles au tapis de Robert Aldrich (1981), TCM
Il est assez honteux de la part de TCM de programmer un film inédit depuis 2014, ultime œuvre d’un grand cinéaste qui faisait ses adieux en beauté, et de le proposer au milieu de la nuit. Mais qu’y faire ? Peter Falk, manager de ses deux catcheuses, est aussi fragile que Mathieu Amalric trimbalant les héroïnes surdimensionnées de Tournée aux quatre coins du pays. À enregistrer.

Vendredi 7 juin 2019

20.40 : Madame et ses flirts de Preston Sturges (1942), OCS Géants
En cinq ans, Sturges n’a eu droit qu’à deux apparitions sur le câble, Un cœur pris au piège (The Lady Eve, 1941) et Infidèlement vôtre (Unfaithfully Yours, 1948). Conclusion : il y a encore de quoi faire, même en se privant de quelques titres inégaux, Oh ! quel mercredi (The Sin of Harold Diddlebock, 1947) ou Mam’zelle Mitraillette (The Beautiful Blonde of Bashful Bend, 1949), qui ont mal vieilli.
Mais les trois films qui précèdent celui de ce soir, Gouverneur malgré lui (The Great McGinty, 1940), Le Gros Lot (Christmas in July, 1940), et évidemment Les Voyages de Sullivan (Sullivan’s Travels, 1942) sont des comédies de première catégorie, pleinement réjouissantes (heureusement disponibles en DVD). Mais Sturges est un cinéaste en partie maudit (supplanté aux yeux du public par son homonyme John) et qui, malgré les hommages et rétrospectives (pas très nombreux toutefois), restera au second plan - aucune monographie de référence.

20.50 : Reprise, avec d’autres titres, de la formule de dimanche dernier sur le bouquet Ciné + : aucun titre, parmi les dix-huit annoncés, qui ne soit déjà passé x fois (New York, New York de Scorsese, en est à son cinquième passage en deux semaines). Pour les fanatiques, quatre Terminator à la suite sur Frisson, entre 20.50 et 02.35. Inutile de préciser que TCM emboîte le pas, avec trois films de Leonardo DiCaprio pas vraiment rares, Titanic, Les Noces rebelles et Romeo + Juliette



Revue Jeune Cinéma - Contacts