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Semaine télé du 8 au 14 juin 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 8 juin 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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Chantal Akerman, Les Rendez-vous d’Anna (1978)

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 8 juin 2019

 

20.50 : Seraphim Falls de David Von Ancken (2006), Premier
On ne connaît le réalisateur que par les épisodes de séries (Californication, entre autres) qu’il a tournés. Que son film (le second et dernier) ne soit pas sorti, malgré ses interprètes, Pierce Brosnan et Liam Neeson, interpelle. Si mauvais, ce western ? On vérifiera directement.

20.50 : Lundi matin d’Otar Iosseliani (2002), Club
Pour ceux qui n’ont pas pu suivre la rétrospective à la Cinémathèque, commencée le 29 mai et qui s’achèvera le 22 juin 2019 - il est encore temps d’en profiter. Iosseliani est un artisan qui peaufine ses films (rares : quatre ces vingt dernières années), avec des résultats variables. Certains sont géniaux - Les Favoris de la Lune (1984), Et la lumière fut (1989) - certains coincent un peu - Jardins en automne (2006). Celui-ci est entre les deux, avec un beau sujet sur la dérive et le ton si particulier du cinéaste.

20.50 : Projection privée de François Leterrier (1973), Classic
Il y a un cas Leterrier : comment un réalisateur prometteur - quatre films remarquables entre 1961 (Les Mauvais Coups) et 1973 (celui-ci), dont un chef-d’œuvre (Un roi sans divertissement, 1963) - a-t-il pu dégringoler, de Goodbye, Emmanuelle (1978) à la série de films avec Gérard Lauzier et Christian Clavier ? Ce soir, ses derniers feux, sur un bon scénario, avec Jean-Luc Bideau en miroir du cinéaste et une Jane Birkin étonnante.

22.20 : Gervaise de René Clément (1956), Classic
Clément n’est pas ignoré par le câble, mais toujours pour ses films d’après-guerre - Le Père tranquille (1946), Jeux interdits (1950) - ou des années 60 - Plein soleil (1960), Les Félins (1964). Ses deux grands titres des années 50, Monsieur Ripois (1954) qui préfigurait plus que brillamment la Nouvelle Vague, et cette adaptation de Zola, sont inédits. Même si Maria Schell pleurniche beaucoup (mais pas plus que d’habitude), on admire le brio du reste de l’interprétation (François Périer, Armand Mestral) et de la mise en scène. Cinéma de la qualité, tant dénoncé par Truffaut ? On eût aimé qu’il atteignît l’équivalent avec ses propres films.

00.35 : Esther de Jaume Collet-Serra (2009), Premier
Un réalisateur catalan qui n’a tourné qu’aux USA, ça existe. JCS, lancé par un remake de L’Homme au masque de cire, a ensuite prospéré dans le film d’horreur et le thriller. Celui-ci, enfoui sous l’hiver de l’Ontario, est gouleyant et distille une bonne dose d’inquiétude - les enfants menacés, c’est toujours un sujet qui intéresse. Et le sang sur la neige, c’est toujours appétissant.

 

Dimanche 9 juin 2019

 

20.50 : Pelle le conquérant de Bille August (1987), Club
Depuis ses deux Palmes d’or, à cinq ans d’écart, pour ce film d’abord et pour Les Mauvaises Intentions (1992) ensuite, on n’a guère cessé de déprécier le réalisateur danois, comme s’il n’était pas du niveau et que ses récompenses avaient été attribuées à la loterie. Haneke, Coppola, Kusturica, les Dardenne, etc., voilà de vrais auteurs. Il suffit pourtant de se laisser entraîner et dès la première séquence, on sent que c’est un grand film, qui méritait largement et la palme 88 et l’Oscar 89. Un de plus grands rôles de Max von Sydow.

20.50 : La Grande Bourgeoise de Mauro Bolognini (1974), Classic
Il serait temps d’accorder à Bolognini le statut d’un des princes du cinéma italien. De la fin des années 50 - Les Jeunes Maris (1958) - à ses ultimes films - La Vénitienne (1986) -, une merveille -, il n’a rien signé d’indifférent. Esthète ? Peut-être ; mais un esthétisme qui nous vaut La viaccia (1961), Mademoiselle de Maupin (1966) ou Metello (1970), on en redemande. Au programme du soir, Catherine Deneuve et Fernando Rey, dans un mélo tragique (inspiré de faits réels, comme on dit maintenant) tourné à Bologne.

22.45 : Nico, 1988 de Susanna Nicchiarelli (2017), OCS City
Nico, on ne pensait pas qu’elle aurait 50 ans un jour. À l’époque de sa splendeur underground, c’était une sylphide à la voix incroyable (son interprétation du I’ll Keep It with Mine de Dylan, sur son premier disque, Chelsea Girl, était extraordinaire). C’est une curieuse idée d’avoir choisi ses dernières années, perdue à Ibiza et quasiment oubliée. Mais Tryne Dyrholm, excellente actrice danoise, également chanteuse, l’incarne de belle façon. Pour compléter, on aimerait revoir Nico Icon, le bon documentaire de Susanne Ofteringer (1995).

01.10 : Cœurs d’Alain Resnais (2006), Premier
Oui, déjà passé, mais revoir un tel film ne peut qu’apporter du plaisir. Et s’endormir en écoutant Dussolier tenter de vendre un appartement à Laura Morante ou Lambert Wilson raconter ses faits de guerre à Pierre Arditi est un bonheur.

 

Dimanche 10 juin 2019

 

20.50 : Le Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan (2018), Club
NBC est un des très grands cinéastes actuels et son Winter Sleep un film magnifique. Il n’empêche que l’admiration ne doit pas être aveugle : son poirier nous a semblé particulièrement infertile et sa lenteur majestueuse habituelle peu riche en frémissements. Pour une fois, les 180 minutes nous ont paru bien longues. Mais les fanatiques de l’œuvre complète se devront de voir ce dernier rameau.

20.50 : Marines, en avant ! de Raoul Walsh (1960), Classic
Il y a un titre français, mais si on se souvient bien, les distributeurs ne s’étaient pas donné la peine de sortir le film. Pour avoir vu Marines, Let’s Go ! à la Cinémathèque, lors d’une rétrospective Walsh du temps de Langlois, on était d’accord avec eux : c’était un grand film inutile, l’avant-dernier d’une filmographie extrêmement riche, mais pas exempte d’erreurs. À réserver aux complétistes.

Rien d’autre à sauver. Et la niche accordée à Patrick Brion semble en travaux. Pas de programme indiqué pour son Cinéma de minuit sur France 5. Qu’est-ce à dire ?

 

Mardi 11 juin 2019

 

20.40 : Chambre avec vue de James Ivory (1985), OCS Géants
Pas trace d’un passage sur le câble depuis 2014 (à moins qu’il ne nous ait échappé). C’est du cinéma traditionnel, facture haute couture, fait avec intelligence et soin, interprété au rasoir (Maggie Smith, Helena Bonham Carter). On trouvait ça plan-plan à l’époque, on le regrette.

20.50 : Les soirées sinistrées recommencent sur Ciné+ : douze films proposés, onze vus et revus (Pat Garrett et Billy the Kid, on adore, mais pas douze fois par an).

Seul inédit :
22.40 : Milla de Valérie Massadian (2017), Club
Deux titres dans la filmo de la réalisatrice, tous deux avec des caractéristiques semblables : argument minimal, centré sur une petite fille dans une maison à la campagne (Nana, 2011) ou sur un couple de nomades avec enfant qui survivent à peine en squattant, comme ici. Peu d’événements, pas de frime, une attention précise aux gestes et situations. Il y a un ton Massadian tout à fait intéressant, qui atteint au maximum en en faisant très peu. Malheureusement, le public ne s’est pas précipité : Nana n’est pas sorti, Milla a recueilli 2023 spectateurs. Doit mieux faire.

 

Mercredi 12 juin 2019

 

20.40 : Soirée Michel Ocelot, OCS Max
Depuis vingt ans, et le succès de Kirikou et la sorcière, Ocelot est le réalisateur français d’animation le plus célèbre, et d’abord auprès des enfants, ce qui compte. Son graphisme, comme sa technique, nous laisse un peu froid et on préfère de loin Laguionie ou Chomet (sans compter les nouveaux, tel Jérémy Clapin et J’ai perdu mon corps). Mais le sujet de Dilili à Paris (2018, 20.40) est fort (une petite Kanake découvrant le Paris du début du dernier siècle), même si le souci du réalisateur de faire surgir des célébrités d’époque dans chaque plan finit pas lasser. On ne connaît pas le film suivant (22.15), Ivan Tsarévitch et la princesse changeante (2016).

20.40 : What’s My Name : Muhammad Ali d’Antoine Fuqua (2019), OCS Choc
Documentaire inconnu de nos services. Le sujet a été depuis longtemps abordé et le sera certainement encore. En tout cas, Fuqua a pris son temps : 160 minutes, que l’on imagine pleines d’archives et de témoignages.

20.50 : The Descendants d’Alexander Payne (2011), Émotion
Déjà programmé en mars 2016, mais sur une chaîne disparue depuis (HD1) et à une heure décourageante. Payne est un réalisateur moins célébré qu’il ne devrait l’être : il n’a tourné que sept films depuis 1996, mais les cinq que l’on connaît - Monsieur Schmidt (2002), Sideways (2004), Nebraska (2013), entre autres -, le placent parmi les plus attachants de sa génération. Ici, Clooney, confronté au coma de sa femme et à ses deux filles négligées, sort le grand jeu.

20.50 : Soirée Jean Renoir, Classic
Bonne idée de consacrer une soirée au vieux maître. Mais le choix des films est contre-productif : les années 50, quoiqu’en aient dit ses thuriféraires, sont assez accablantes. Entre Le Fleuve (1951) à 22.20) et l’ennui profond qu’il dégage et Le Déjeuner sur l’herbe (1959) à 20.50, farce réac mal écrite et mal interprétée sombrant dans le ridicule, le bilan est vite établi. Pourquoi ressortir cette purge ? Pour prouver a contrario que Partie de campagne (1936) est un des plus beaux films de l’Histoire ? On le savait.

 

Jeudi 13 juin 2019

 

20.40 : L’Âme des guerriers de Lee Tamahori (1994), OCS Choc
Ce premier film, tourné en Nouvelle-Zélande, patrie de son auteur, fut un tel succès que Hollywood fit venir Tamahori illico, mais ne lui proposa ensuite que des films de genre ou des blockbusters (dont il s’est bien tiré). Cette histoire d’une famille maorie terrorisée par un père alcoolique a gardé, vingt-cinq après, toute sa puissance.

20.50 : De toutes mes forces de Chad Chenouga (2016), Club
Deux longs métrages en vingt ans, l’œuvre de Chanouga est courte (mais il a tourné entre temps des courts et des séries télé et écrit des pièces de théâtre). Comme 17, rue Bleue (2000), De toutes mes forces continue le chemin autobiographique de l’auteur, ado orphelin placé en foyer. Pas de misérabilisme, du vécu sensible. Le film a bien marché, sans doute grâce à la présence de Yolande Moreau. On attend la suite.

20.50 : Remorques de Jean Grémillon (1941), Classic
Déjà montré, mais une seule fois, le 7 mars 2016. Et les apparitions du nom de Grémillon sur les écrans domestiques sont trop rares pour ne pas en profiter. Après tout, c’est un chef-d’œuvre et ce n’est jamais du temps perdu d’y replonger.

22.20 : The Dead Lands : la terre des guerriers de Toa Fraser (2014), OCS Choc
Le titre français fait croire à une suite du film de Tamahori. En anglais, The Dead Lands était pourtant suffisant. On ne sait rien du réalisateur, sinon qu’il est néozélandais et a signé six films dont aucun n’est sorti en salles ici.

22.25 : Le Jardin des supplices de Christian Gion (1976), Club
On est curieux de découvrir comment Gion, dont nous aimions bien Les Encerclés (1968), mais qui a ensuite fait dans l’alimentaire) a adapté le roman d’Octave Mirbeau. Roman qui fit un sacré scandale en 1899, mais qui n’avait rien d’érotique (c’est ainsi que le film est qualifié). On n’en espère pas grand-chose, mais sait-on jamais ?

 

Vendredi 14 juin 2019

 

20.40 : Azur et Asmar de Michel Ocelot (2006), OCS Max
Seconde soirée Ocelot sur la chaîne. Honnêtement, la vision de ce très long métrage (100 mn, c’est beaucoup pour de l’animation) nous a jadis fort peu mobilisés. C’est triste de perdre son âme d’enfant. Mais il doit y avoir des amateurs. Ceux-ci ne préfèreront-ils pas Akira, l’excellent manga de Katsuhito Otomo (1988) sur la chaîne voisine, OCS Choc ?

20. 40 : Les Voyages de Sullivan de Preston Sturges (1941), OCS Géants
On regrettait, il y a tout juste une semaine, que les titres de Sturges ne soient pas plus nombreux à être diffusés. Merci aux programmateurs de nous offrir le plus célèbre de ses films, d’une actualité toujours renouvelée (l’univers des SDF vus de l’intérieur - et traité en comédie !). Le début de la grande période pour Veronica Lake, qui durera moins de dix ans, à travers quelques très bons films.

20.50 : Le Cinquième Pouvoir de Bill Condon (2013), Premier
Pas vu, mais quelques préjugés favorables : Condon est un réalisateur irrégulier mais capable de beaux moments : Gods and Monsters (1995). Quant à l’interprétation, elle réunit Benedict Cumberbatch, Daniel Brühl et Alicia Vikander, tous noms qui nous appâtent.

20.50 : L’Étudiante et monsieur Henri d’Ivan Calbérac (2015), Émotion
Calbérac est surtout connu pour Irène (2001), avec Cécile de France), souvent présenté sur le câble. Son terrain habituel : la comédie moderne, type On va s’aimer (2006) ou son dernier Venise n’est pas en Italie (2019), produits tout à fait honorables. Claude Brasseur en fait beaucoup, dans un rôle à la Serrault (ou Galabru), mais le film fait découvrir une actrice, Noémie Schmidt, qui a bien tourné depuis et qu’on reverra bientôt dans Persona non grata de Roschdy Zem. Rien de notable ensuite ; on peut dormir de bonne heure.



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