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Semaine télé du 15 au 21 juin 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 15 juin 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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Service après-vente (2014) ©Levalet

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 15 juin 2019

 

20.40 : Your Name de Makoto Shinkaï (2016), OCS Max
L’animation japonaise ne se résume pas à quelques grands noms d’anciens et Shinkaï fait partie de la relève, alliant thèmes traditionnels et inspiration contemporaine. Son précédent, Voyage vers Agartha (2011) n’était sorti qu’en DVD. On attend son dernier, Weathering with You, encore en finition.

20.40 : Opération Lotus Bleu de Sergio Grieco (1965), OCS Géants
Ne reculant devant aucune audace, Géants offre une soirée spéciale à Sergio Grieco, ce qui étonnera tout le monde, y compris le réalisateur s’il n’était pas mort en 1982. Car peu de titres sont mémorables parmi la quarantaine qu’il a tournée entre 1950 et 1977 (il a quand même su diriger Belinda Lee en Lucrèce Borgia, en 1959) et surtout pas la série d’espionnage signée Terence Hathaway dont ce film est le premier volet - Trahison à Stockholm, ce soir à 22.05 (et déjà la semaine dernière), l’ultime. Pour se faire une idée de la platitude des nanars parallèles aux westerns italiens du moment.

20.50 : L’amour c’est gai, l’amour c’est triste de Jean-Daniel Pollet (1968), Classic
La chaîne consacre sa soirée à Chantal Goya, dont l’importance comme actrice dans l’histoire du cinéma français ne nous apparaît pas évidente. Qu’importe, puisque c’est l’occasion de revoir ce film de Pollet inédit, qui regorge en trouvailles de situations et de dialogues. Claude Melki en tailleur grognon, Bernadette Lafont (sa sœur) en voyante-prostituée, Chantal Goya en provinciale perdue. Mais surtout Jean-Pierre Marielle en maquereau, extraordinaire de culot et de paillardise, bien avant que Joël Séria ne le glorifie.

22.15 : Indomptable Chantal Goya de Sandrine Dumarais (2018), Classic
Doc inconnu, mais dont le titre laisse transparaître une possible hagiographie. Les chaînes voisines pratiquant la roue libre du samedi, on peut toujours jeter un œil sur la carrière de l’ex-idole des petitzenfants.

-23.30 : La Grande Illusion de Jean Renoir (1937), OCS Géants
Passé x fois, certes, mais c’est juste pour se rafraîchir l’œil après les deux films de Grieco.

 

Dimanche 16 juin 2019

 

20.40 : How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell (2017), OCS City
Une découverte (petite) de Cannes, où le film fut présenté hors compétition. Scénario délirant récréant les débuts londoniens du punk, dans un cabaret dirigé par Nicole Kidman déguisée en Cruella, et où Elle Fanning est une extra-terrestre aux pratiques amoureuses assez répugnantes. Ça part dans tous les sens, mais c’est d’une bonne santé agréable. Le film a mis du temps (plus d’un an) à sortir et n’a rassemblé que 26000 spectateurs.

20.50 : Rock Academy de Richard Linklater (2003), Famiz
Avouons deux tendances douteuses : notre intérêt pour Linklater, qui tourne beaucoup (18 films depuis le début du siècle) mais souvent des choses personnelles (sa série des Before…), et notre plaisir à nous laisser aller devant les apparitions de Jack Black, hyperactif toujours un peu au-delà des comportements admis. Et c’est un chanteur rock non négligeable.

20.50 : Je t’aime, moi non plus de Serge Gainsbourg (1975), Club
On regrette d’avoir raté Gainsbourg. Pas comme chanteur (son premier 33 tours, celui avec Douze belles dans la peau et Du jazz dans le ravin, déclencha une admiration jamais retombée), mais comme réalisateur : nous sommes passés à côté de ses quatre films (il faut reconnaître que leur insuccès obligeait à les voir très vite avant qu’ils ne disparaissent des écrans). Séance de rattrapage, en battant notre coulpe.

22.10 : Gainsbourg, art(s) et essai(s) de Vincent Perrot (2018), Club
Pas vu, donc obligatoire.

22.20 : Shut Up and Play the Piano de Philipp Jedicke (2018), OCS City
Malgré un article de soutien sur le site, le film n’a pas fait 3000 entrées. Il est vrai qu’un doc sur un chanteur allemand inconnu, Chilly Gonzales, a peu de chances de mobiliser les foules. Ce soir, c’est soirée rattrapage sur tous les bouquets.

22.35 : Tschick de Fatih Akin (2016), Famiz
Pas vu, car inédit en salles, après une présentation, sous un titre accrocheur, Goodbye Berlin, lors d’un festival du cinéma allemand à Paris. Après ses succès de la décennie précédente, Akin a perdu la carte, pour d’obscures raisons. Motif supplémentaire pour découvrir ce film.

22.45 : Madigan, police sur la ville de Don Siegel (1968), TCM
La surprise du jour : aucune trace d’un passage depuis cinq ans, alors qu’une quinzaine de titres de Siegel ont été justement choisis. C’était avant la période Clint Eastwood, mais Richard Widmark compose un flic anthologique (associé à Henry Fonda) - son personnage fut si réussi qu’il donna naissance à une série en 1972 (six épisodes). Le scénario est cosigné Abraham Polonsky, excellente caution, mais quels qu’en aient été les auteurs, Siegel n’a tourné que des films remarquables, entre The Big Steal (1949) et Jinxed (1982).

 

Lundi 17 juin 2019

 

20.40 : Blue City de Michelle Manning (1986), Paramount Channel
Le film inconnu du jour, apparemment le seul réalisé par cette productrice. Pas de date de sortie relevée, acteurs sans renom. Mais un polar du grand Ross Macdonald à l’origine, alors…

20.40 : La Boîte noire de Richard Berry (2005), OCS Choc
Signaler un film de Richard Berry signifie l’état du paysage environnant sur OCS, presque totalement occupé ce soir par des séries. Ce film est comme les autres titres du comédien-cinéaste, honnête quoique sans grand relief. Mais les acteurs (Cotillard, José Garcia, Duchaussoy) jouent le jeu.

20.50 : Rock Band de Christian Lo (2018), Famiz
On ne sait rien de cet inédit en salles, sinon qu’il traite de musiciens rock et qu’il est norvégien, deux éléments suffisants pour être curieux. Et c’est toujours plus intéressant de découvrir que de revoir sur les chaînes voisines Zero Dark Thirty, Gangs of New York, Grave, L’Amant double, Lundi matin, Un taxi pour Tobrouk ou même Bienvenue à Gattaca…

22.15 : Aznavour, viens voir le comédien de Vincent Perrot (2014), Classic
Encore un doc inconnu. Le seul reproche que l’on puisse faire au chanteur-acteur c’est la statue que l’on a érigée de son vivant (et que ses chansons depuis trois décennies n’atteignent pas la cheville de ses premières). Le comédien fut remarquable dans tous ses (nombreux) films, même chez Sergio Gobbi ou Elie Chouraqui, c’est dire. Et dans Tirez sur le pianiste ou Les Fantômes du chapelier, il fut grandiose.

01.30 : Woodstock de Michael Wadleigh (1970), TCM
Peut-être pas utile d’attendre un tel créneau (cette version dure un peu plus de 3 heures) pou (re)voir ce modèle des films-concerts, d’autant qu’un coffret existe, avec des suppléments aussi superbes que ce qu’on trouve dans le film. Mais les insomniaques se réjouiront.

 

Mardi 18 juin 2019

 

20.40 : Steamboy de Katsuhiro Otomo (2004), OCS Choc
Otomo a mené de front, dans les années 80, graphisme et cinéma. Seuls les initiés connaissaient son nom, car il est probable que les centaines de milliers de lecteurs des 31 fascicules de Akira, premier manga publié en France avec huit années de retard, entre 1990 et 1992, ne se souciaient guère de savoir qui était l’inventeur de la série. Pas sûr non plus que les spectateurs du film, réalisé par Otomo lui-même en 1988, ait noté son nom - pas plus que les gens de goût, pour lesquels les mangas étaient de la sous-culture. Steamboy est une uchronie dans l’Angleterre du 19e siècle, dont le seul défaut est de durer plus de deux heures. Mais quand on aime, on ne compte pas les minutes.

20.50 : Dilemme : Ou l’on privilégie la première diffusion d’un film, quel qu’il soit, ou bien on préfère la sécurité.
Si l’on suivait la règle de la nouveauté, on choisirait Émotion et Loue-moi ! de Coilne Assous & Virginie Schwarz (2017), seul inédit proposé.
Mais, eu égard au degré zéro de l’invention manifestée par les deux primo-cinéastes, il ne reste qu’à choisir entre La Mélodie du bonheur de Robert Wise (1965) sur Famiz, pour chanter en chœur devant les aventures de la famille Trapp, ou Runaway Train de Andreï Konchalovsky (1986) sur Club, pour frémir devant les bagarres de Jon Voight et Eric Roberts.

22.45 : Akira de Katsuhiro Otomo (1988), OCS Choc
Impossible de proposer une soirée Otomo sans y inclure le film qui a fait sa réputation. En 1988, le temps n’était pas encore venu pour les spectateurs français d’accepter, entre Astérix et les productions Disney, un film d’animation post apocalyptique : 100 000 entrées en France. Quelques-unes de plus ce soir.

 

Mercredi 19 juin 2019

 

20.40 : People Places Things de Jim Strouse (2015), OCS City
L’inconnu du soir. C’est une soirée spéciale Jemaine Clement, ce qui est une bonne idée, car il s’agit d’un acteur dont ne savons rien, le fait de l’avoir aperçu chez Sonnenfeld, dans Men in Black 3 (2012) ou Spielberg dans Le Bon Gros Géant (2016) n’étant pas suffisant pour lui donner une identité. Il a formé un duo musical avec Brett McKenzie, Flight of the Concords, dont on ne sait rien non plus, mais qui a fait l’objet d’un documentaire qu’on découvrira à 22.05.

20.50 : Laissez-passer de Bertrand Tavernier (2001), Club
S’il a beaucoup publié sur le cinéma américain, on sait que Tavernier est également un expert ès cinéma français, et son Voyage à travers son histoire, en neuf étapes, est un monument délectable, désormais disponible en coffret DVD. L’idée d’un film sur la période de l’Occupation, alors pas très explorée, à partir des mémoires du cinéaste Jean-Devaivre, était pertinente. Mais pas simple : la documentation devait être impeccable et la reconstitution crédible. Mission accomplie. Le petit monde des studios sous la Continental est parfaitement décrit et les protagonistes ont la tête de l’emploi : Jacques Gamblin en Devaivre, Denis Podalydès en Jean Aurenche, Ged Marlon en Jean-Paul Le Chanois, Philippe Morier-Genoud en Maurice Tourneur, Gourmet en Roger Richebé et Christophe Odent en Pierre Bost. Mais ce n’est pas un musée Grévin, ça vit, ça tourne, ça résiste. Du vrai cinéma.

20.50 : Comanche de George Sherman (21956), TCM
Sherman est un réalisateur spécialisé : sur ses 130 films, il ne doit pas y en avoir plus d’une vingtaine qui ne soient pas des westerns. Il tournait d’abondance : vingt titres entre 1948 et 1952, dont certains, Bandits de grands chemins ou Le Barrage de Burlington, avec Yvonne de Carlo, nous ont laissé de bons souvenirs. Comanche est un western tardif dans sa carrière (il n’en tournera plus que quelques-uns avant de passer à la TV), du niveau de l’excellent Trésor de Pancho Villa (1955). Dana Andrews était alors encore une vedette.

22.05 : Flight of the Concords : Live in London de Hamish Hamilton (2018), OCS City
Enregistrement public du groupie évoqué plus haut, et qui semble assez prisé pour avoir empli l’Apollo de Londres et mérité un documentaire produit par HBO.

 

Jeudi 20 juin 2019

 

20.40 : Un incroyable talent de David Frankel (2013), OCS City
Le titre évoque une émission de télévision particulièrement toxique et on craint que le film, histoire d’un candidat de télé-crochet, ne se place au même niveau. Mais c’est un inédit, seulement accessible en DVD et qui mérite peut-être quelques minutes d’attention.

20.40 : Soirée Clint Eastwood, OCS Géants
Rien de nouveau ce soir - des inédits d’Eastwood, ça se saurait.
Mais programmer à la suite ses deux premiers films, Un frisson dans la nuit (1971) et Breezy (1973), c’est-à-dire ce qu’il a fait de meilleur (avec Honkytonk Man et Bird), est une gentille idée.

20.50 : Lumière d’été de Jean Grémillon (1943), Classic
Ainsi le film de Grémillon le plus attachant, étrange, imparfait, puissant, étonnant, etc., enfin, celui que l’on préfère, ne serait jamais passé sur le câble depuis 2014 ! Moins émouvant que Remorques, moins parfait que Le ciel est à vous, mais il brille dans sa filmographie comme une pierre rare. Madeleine Robinson n’est pourtant pas une héroïne très aimable, Paul Bernard est un acteur fragile, Madeleine Renaud n’a pas une grande part de mystère, Pierre Brasseur ne se force pas à jouer les alcooliques, Georges Marchal est un acteur à deux dimensions. De tout ça naît une série de situations limites, à parfum de lutte entre classes sans manichéisme, bien orchestrées par Prévert, une poésie de l’instant, du décor, peu analysable mais bien réelle.

22.20 : Sing Street de John Carney (2016), OCS City
Prolongation de la soirée musicale sur la chaîne, avec un second film inédit. Faute de l’avoir vu, on fait confiance à son synopsis : Dublin dans les années 80, avec la musique du temps, The Cure, Duran Duran, The Jam, Motörhead, il y a forcément de quoi regarder et écouter.

 

Vendredi 21 juin 2019

 

20.40 : Ghost in the Shell de Mamoru Oshii (1995), OCS Choc
La semaine sur OCS aura été celle de l’animation japonaise haut de gamme, hors Miyazaki. Après Shinkaï et Otomo, place donc à Oshii et à Eiichi Yamamoto (Belladonna, 1973 à 22.05). On sent que le Festival d’animation d’Annecy n’est pas loin. C’est une bonne mise en condition.

20.40 : Un cœur pris au piège de Preston Sturges (1941), OCS Géants
Le film a connu deux passages en cinq ans, une fois à 00.15, une autre à 23.45. C’est donc la première fois que Barbara Stanwyck et Henry Fonda sont visibles à un horaire humain.

20.50 : Détective de Jean-Luc Godard (1985), Club
Il est rare de voir surgir en prime time un film de JLG qui n’appartienne pas à sa première période, celle des années 60. C’est par le biais d’une soirée spéciale Johnny Halliday que Détective réapparaît. Faute de l’avoir revu depuis sa sortie, on n’en garde que des souvenirs brouillés - mais la narration ne l’était-elle pas ? Film de commande d’Alain Sarde, producteur de Je vous salue, Marie (on comprend qu’il ne soit pas rentré dans ses frais) et qui attendra cinq ans avant de produire Godard de nouveau : Nouvelle vague (1990). Johnny, donc, plus Nathalie Baye + Terzieff + Léaud + Cuny + Brasseur (Claude) = un film ?

20.50 : Le Jardinier d’Argenteuil de Jean-Paul Le Chanois (1966), Classic
L’antithèse du film de Godard sur la chaîne voisine. Du cinéma de grande consommation, calibré, dialogué par Alphonse Boudard, interprété par un Gabin déjà réduit à quelques mimiques - il faudra attendre Le Chat (1971) pour qu’il ressemble de nouveau à un acteur -, une distribution sans surprise (Curd Jurgens, Jean Tissier, Noël Roquevert, Jeanne Fusier-Gir), tout était fait pour que ça marche. Ce ne fut pas le cas (900 000 entrées tout de même, mais à l’époque, c’était un échec pour un film de Gabin) et Le Chanois raccrocha sa caméra. Vu d’aujourd’hui, ce doit être un objet de musée. À vérifier.

22.25 : Les Silences de Johnny de Pierre-William Glenn (2018), Club
Doc pas encore vu. PWG avait tourné Terminus (1987) avec JH et sans doute conservé des relations amicales avec le chanteur. Que son film soit aussi réussi que son précédent doc, Portrait de groupe avec enfants et motocyclettes (2009), c’est tout ce qu’on souhaite.

00.00 : Coup de peigne de Paddy Breathnach (2001), Famiz
Film anglais jamais vu. L’Annuel 2002 le définit comme une "comédie mordante, décalée et attachante". Pourquoi ne pas lui faire confiance ? Avec la brouette de comédiens annoncés - Alan Rickman, Natasha Richardson, Bill Nighy, Rachel Griffiths, Josh Hattnett et Hugh Bonneville, pas encore châtelain de Downton Abbey -, ce championnat de coiffeurs dans la province british devrait nous convenir.



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