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Jeune Cinéma n°395 - été 2019
Édito & sommaire
publié le dimanche 7 juillet 2019

JEUNE CINÉMA n°395, été 2019

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Couverture :
Tilda Swinton, The Dead Don’t Die de Jim Jarmusch (2019)

Quatrième de couverture :
Freddy Buache (1924-2019) ©Valentine Schopfer (2009)

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ÉDITO JC n° 395, été 2019

 

Notre souhait le plus cher ? Ne pas devoir commencer chaque nouveau numéro sur le mode de la déploration. Ainsi va toute chair, comme écrivait Samuel Butler, traduit par Valery Larbaud. Il n’empêche qu’on aimerait que cesse cette valse continue des regrets.
Que Franco Zeffirelli, celui qui avait qualifié Martin Scorsese de "pur produit de la chienlit culturelle juive de Los Angeles" avant de fricoter avec Berlusconi pour devenir sénateur, disparaisse, cela ne nous émeut guère.

Lorsque Yannick Bellon meurt, c’est pour nous, par-delà ses qualités évidentes de femme et de cinéaste (décrites dans notre n° 392-393 de février 2019), l’ultime survivante du clan Brunius qui s’efface, avec le cortège de contemporains capitaux qu’elle avait connus, côtoyés et filmés. On la savait âgée et que "cet air lointain" qui fut l’objet de son dernier film venait en effet de très loin. Mais elle était, au moins, encore un peu avec nous.

Avec "l’occultation apparente", comme disent les pataphysiciens, de Freddy Buache, c’est tout un pan de souvenirs qui passent au sépia. Buache, c’était un homme de références, un fondateur de cinémathèque, un combattant de notre juste cause, que les ans n’avaient pas amolli - on pouvait lui appliquer la sentence de Debord, "la sagesse ne viendra jamais". C’était, c’est toujours, un rayon entier de notre bibliothèque (ses plus anciens ouvrages sont dédicacés à Jean Delmas et il nous plaît qu’une continuité ait été ainsi établie). Par surcroît, c’était un ami. Nous n’avons pas eu le temps de peaufiner l’hommage qu’il méritait, mais les quelques pages qui suivent sont là pour manifester, dans un premier temps, notre tristesse. (1)

Le Festival de Cannes a rangé ses lampions, ses tapis, ses portiques de sécurité, et les escabeaux du gang des habitués du trottoir devant le palais ont retrouvé leurs placards, jusqu’à mai 2020. La douzaine fut flamboyante, grâce à une sélection qui a fait l’unanimité, pour une fois dans le sens positif.
On trouvera plus loin, en soixante pages, ce qui fit de ce cru un millésime qui restera mémorable ; on aurait même dû en dire plus, quelques films remarquables ayant échappé à la recension - on pense par exemple à Atlantique de Mati Diop, le film ne sortant que le 2 octobre 2019, il sera au sommaire de notre prochain numéro.

Curieusement, le problème des relations avec Netflix n’a pas été reposé cette année, tout au moins apparemment, alors qu’il demeure primordial, aujourd’hui que la chaîne s’est engouffrée dans les brèches ouvertes par les autres festivals de catégorie A (et même celui de l’animation à Annecy), qui ont accepté le compromis. Celui de Cannes pourra-t-il longtemps être contraint de faire cavalier seul et se priver de produits de qualité - on y songeait en voyant l’époustouflant Rolling Thunder Revue. A Bob Dylan Story by Martin Scorsese qui aurait constitué, sur un écran à sa mesure (comme celui de la Cinémathèque française l’autre soir), un événement, même si le festival n’en a heureusement pas manqué. Affaire à suivre.

Nous sommes à peine remis des délices de la Croisette que celles de la piazza Maggiore de Bologne nous sollicitent. Il Cinema Ritrovato gagne chaque année en ampleur, pour le plus grand bonheur des cinéphages, espèce toujours insatisfaite - quoique l’obligation de devoir choisir entre cinq films, tous désirables, à chaque séance conduit à faire de cette semaine une succession de regrets : trois titres inconnus de Nikolaj Dostal, Henry King et Rudolf Jugert à la même heure et voilà renouvelée l’hésitation mortelle de l’âne de Buridan, entre seau d’avoine et seau d’eau. La mariée est décidément trop belle.
Mais tressons tout de même des couronnes à la Cineteca di Bologna et son quarteron de programmateurs qui nous offrent cette année de quoi garnir un peu plus notre musette d’œuvres inédites et de souvenirs ravivés : Musidora, Henry King, le cinéma ouest-allemand entre 1945 et 1949, le cinéma coréen des années 60, l’anthologie du Fespaco, Eduardo De Filippo, la Fox des années 30, les films noirs de Felix Feist, nous ne saurons pas vers quoi diriger nos regards entre le 22 et le 30 juin 2019. Impossible de rendre compte d’un tel banquet dans son ensemble, mais il y aura bien de quoi nourrir quelques pages de notre numéro de rentrée.

Les fidèles du Festival de La Rochelle, immédiatement après (28 juin au 7 juillet 2019, on en connaît qui iront de l’un à l’autre) seront également servis, de façon patrimoniale (Victor Sjöström, Charles Boyer, Arthur Penn, Retour de flamme) mais aussi moderne (Jessica Hausner, Elia Suleiman, Dario Argento, Jim Carrey). De quoi répondre à toutes les envies. Et de quoi nourrir d’autres pages du n° 396, puisque les rédacteurs de la revue seront sur tous ces fronts.

Positif a publié son sept-centième numéro.
Jeune Cinéma en sera bientôt à son quatre-centième.
Tout va donc pour le mieux… Bel été à tous !

Lucien Logette
Jeune Cinéma n°395, été 2019

P.S. Sortir un film n’est pas chose aisée. Trouver son public non plus - sur les six cent-soixante-dix distribués en 2018 et répertoriés par L’Annuel du cinéma 2019, une centaine n’a pas rassemblé cinq mille spectateurs.
Saluons (et ce n’est pas seulement un "spécial copinage") la performance de 68, mon père et les clous, documentaire de Samuel Bigiaoui : quatre salles parisiennes pour commencer, vingt-quatre salles nationales six semaines plus tard. Cinéma d’auteur pas mort !

1. Pour compléter ce tableau macabre, nous avons appris la disparition le 14 mai, à 97 ans, de Madeleine Landais. Elle fut présidente, entre 1960 et 1963, de la Fédération française des Ciné-Clubs de Jeunes (pas encore Fédération Jean-Vigo).
Et, à l’instant, celle de Zappy Max (1921-2019). Si son bilan filmographique est mince, tous les auditeurs de la radio des années 50 et 60 se souviennent de lui, ainsi que les lecteurs de Georges Perec, qui lui a fait une place dans son Je me souviens.



 

SOMMAIRE JC n°395, été 2019

 

Hommage

* Freddy Buache (1924-2019), par Lucien Logette.

* Une longue conversation, par Bernard Chardère.

* Lettre, par Jacques Charmatz.

* Faire Bouger, par Jean-François Camus.

Cannes 2019

* Présentation, par Lucien Logette.

* The Dead Don’t Die, par Anne Vignaux-Laurent.

* Douleur et gloire, par Patrick Saffar.

* Être vivant et le savoir, par Bernard Nave.

* Le Jeune Ahmed, par Gérard Camy.

* Parasite, par René Prédal.

* Les Plus Belles Années d’une vie, par Simon Reibel.

* Rocketman, par Nicolas Villodre.

* Sybil, par René Prédal.

* Yves, par Jean-Max Méjean.

* A White White Day, par Jean-Max Méjean.

* L’Âge d’or, par Nicole Gabriel & Nicolas Villodre.

* Bacurau, par Gérard Camy.

* Chicuarotes, par Lucien Logette.

* The Climb, par Bernard Nave.

* Le Daim, par Jean-Max Méjean.

* Diego Maradona, par Gérard Camy.

* Dwelling in the Fuchun Mountains, par Lucien Logette.

* En terre de Crimée, par Patrick Saffar.

* La Fameuse invasion des ours de Sicile, par Bernard Nave.

* La Femme de mon frère, par Gisèle Breteau Skira.

* For Sama, par Lucien Logette.

* Frankie, par Nicole Gabriel.

* La Gomera (Les Siffleurs), par Nicole Gabriel.

* The Halt, par Lucien Logette.

* Les Hirondelles de Kaboul, par Jean-Max Méjean.

* It Must Be Heaven, par Bernard Nave.

* J’ai perdu mon corps, par Jean-Max Méjean.

* Jeanne, par Nicole Gabriel.

* Kongo, par Gisèle Breteau Skira.

* Le Lac aux oies sauvages, par Patrick Saffar.

* Liberté, par Sylvie Strobel.

* Litigante, par Sylvie Strobel.

* Little Joe, par Niciole Gabriel.

* Lux Æterna, par Jean-Max Méjean.

* Matthias et Maxime, par Patrick Saffar.

* Mickey and the Bear, par Claudine Castel.

* Le Miracle du saint inconnu, par Titouan Laporte.

* Les Misérables, par Nicole Gariel.

* Nina Wu, par Jean-Max Méjean.

* Oleg, par Gisèle Breteau Skira.

* On va tout péter, par Lucien Logette.

* Once Upon A Time... in Hollywood, par Gérard Camy.

* Papicha, par Claudine Castel.

* Perdrix, par Gisèle Breteau Skira.

* Portrait de la jeune fille en feu, par Patrick Saffar.

* Que sea ley, par Lucien Logette.

* Rêves de jeunesse, par Gisèle Breteau Skira.

* Roubaix, une lumière, par Patric Saffar.

* Solo, par Claudine Castel.

* Sorry, We missed You, par Gérard Camy.

* Tenzo, par Claudine Castel.

* Tommaso, par Nicole Gabriel.

* Too Old To Die Young, par Jean-Max Méjean.

* Le Traître, par Bernard Nave.

* Tu mérites un amour, par Jean-Max Méjean.

* Un jour à Trubchevsk, par Sylvie Strobel.

* Une grande fille, par Nicole Gabriel.

* Une vie cachée, par Patrick Saffar.

* La Vie invisible d’Euridice Gusmão, par Benard Nave.

* Viendra le feu, par Patrick Saffar.

* Rendez-vous avec Alain Delon, par Nicolas Villodre.

Patrimoine

* Rencontre avec Chantal Akerman, par Nicole Gabriel.

* Inferno 19 : Un autre soi-même, par Jean-Paul Combe & Vincent Heristchi.

DVD

* Variétés, de Planchon à La Fenice, par Robert Grélier.

* Glanures, de Siodmak à Van Zele, par Philippe Roger.

Cinéma et Littérature

* Toute la mémoire du surréalisme X. Jean-Claude Silbermann, par Robert Grélier.

Expérimental

* Les films de Guillaume Dustan, par Nicolas Villodre.

Actualités

* Anna un jour, par Jean-Max Méjean.

* L’Œuvre sans auteur, par Gisèle Breteau Skira.

* Un havre de paix, par Jean-Max Méjean.

* Vita & Virginia, par Gisèle Breteau Skira.

* Lune de miel, par Jean-Max Méjean.

Livres

* Livres reçus, par Lucien Logette.

* Michel Ciment, Andreï Konchalovsky, ni dissident, ni partisan, par Lucien Logette.

* Émile Breton, Conversations de Luce Vigo, par Lucien Logette.

* Vincent Jacques, Chris Marker, les médias et le 20e siècle, par Robert Grélier.

* Daniil, Dondoureï, Lev Karakhan & Andreï Plakhov, Chroniques cannoises, par Jean-Max Méjean.

Humeur

* Le cinéma notre contemporain, par Bernard Chardère.

JEUNE CINÉMA n°395, été 2019.



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