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Vita & Virginia (2018)
de Chanya Button
publié le mardi 9 juillet 2019

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n° 395, été 2019

Sortie le mercredi 10 juillet 2019

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Réalisatrice britannique, Chanya Button consacre son deuxième long métrage à la relation littéraire, amoureuse et passionnelle de deux femmes de lettres anglaises, Vita Sackville-West et Virginia Woolf.

Nous sommes en 1922, elles sont mariées, la première a épousé sir Harold Nicolson, la seconde Leonard Woolf, avec lequel Virginia fonde la maison d’édition Hogarth Press en 1917. Au début du siècle, en Angleterre, les mœurs sont sous contrôle, la répression de l’homosexualité est courante et coupable d’outrage à la pudeur.

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À l’avant-garde toujours, Vita et Virginia vivent la leur librement, indifférentes aux conventions sociales. Leur désir d’émancipation est d’abord littéraire, puis existentiel. Assez conventionnel dans la forme, le film offre aux deux actrices interprétant respectivement Vita et Virginia, rôles aux personnalités si différentes, d’exprimer pleinement leur caractère. Autant Vita (Gemma Arterton) est une femme forte, plutôt artificielle et sans états d’âme, autant Virginia (Elizabeth Debicki) est intériorisée, réfléchie, sensible.

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Ce qui séduit d’emblée dans ce film biographique, c’est la représentation cinématographique continuelle du besoin d’écrire, inaltérable, qui taraude l’esprit sans moment de répit : si ce ne sont des essais, des poèmes ou des romans en cours, ce sont des échanges épistolaires abondants, entretenus entre elles pendant presque vingt ans.
Cette profusion d’écriture et d’écrits abonde dans le film, parfois à l’image parfois sur la bande sonore, on y entend les pensées de chacune, l’affection, l’émoi amoureux, la passion.

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Pour cerner cette relation particulière, la réalisatrice choisit d’axer son film sur l’écriture du roman de Virginia Woolf, Orlando, figure androgyne du 16e siècle qui se métamorphose en femme au 18ee, en prenant son inspiration chez son amie Vita.

Les séquences d’intimité entre elles, amoureuses ou travailleuses, sont intercalées par des réceptions au Bloomsbury Group, fondé en partie par le couple Virginia et Leonard Woolf, où se retrouvent intellectuels et artistes.

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Film conventionnel donc, moins inventif sur le plan de l’image que The Hours (1) dans lequel on trouvait des scènes surréalistes, notamment la chambre et le lit de Laura Brown inondés, évoquant les eaux tumultueuses de la rivière où se suicidera Virginia Woolf. Chanya Button tourne également des plans inspirés par le surréalisme, telle la séquence où soudain poussent dans le salon des plantes et des fleurs sur le tapis, ou encore la scène hitchcockienne des corbeaux de la mélancolie volant au-dessus de la tête de Virginia.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n° 395, été 2019

1. The Hours de Stephen Daldry (2002).


Vita & Virginia. Réal, sc : Chanya Button ; sc : Eileen Atkins, d’après la correspondance de Virginia Woolf et Vita Sackwille-West ; ph : Carlos de Carvalho ; mont : Mark Trend ; mu : Isobel Waller-Bridge. Int : Elizabeth Debicki, Gemma Arterton, Isabella Rossellini, Rupert Penry-Jones (Irlande-Grande-Bretagne, 2018, 110 mn).



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