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Jeunesse américaine
Sur quelques films du tournant des années 70
publié le samedi 17 août 2019

Témoignages et représentations de Hollywood et du cinéma indépendant

par André Tournès
Jeune Cinéma n°52, février 1971

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La contestation américaine est à l’actualité.
Les sociologues français l’étudient, les cinéastes vont faire leur saison américaine comme autrefois, les intellectuels faisaient leur voyage d’Italie. Jusqu’à l’acide Marco Ferreri qui, après Michelangelo Antonioni, va prendre un bain de sympathie et de chaleur auprès des hippies.

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Cependant, le Français moyen croyait depuis longtemps savoir à quoi s’en tenir sur le jeune Américain : drogué, chevelu, mal lavé, il porte des vêtements mi-peau-rouge, mi-iranien, vit à moto sur les routes ou se baigne avec toutes ses femmes dans l’eau californienne, la jeunesse des campus étant moins connue et moins intéressante puisqu’aussi bien nous avons mieux chez nous.
C’est que les premiers films qui parlent sérieusement de la jeunesse américaine arrivent tout juste. Il y a eu Zabriskie Point, Ice tout récemment et Prologue, tourné en 1968 lors des événements de Chicago, qui n’a pas encore été montré sauf à Venise. (1)

À part quelques documents difficiles à voir, même en ciné-clubs, ce sont les films de Hollywood qui ont popularisé en France l’image traditionnelle du jeune Américain, comme ils l’ont fait pour le bon nègre, le journaliste au grand cœur ou le jeune rebelle à la James Dean.

 

Le Lauréat (The Graduate) de Mike Nichols (1967)

 

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Le premier en date, Le Lauréat, inaugurait toute une série de films sur la vie étudiante.

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Il eut un grand succès en France et il lança son acteur principal Dustin Hoffman. Celui-ci incarnait l’étudiant parvenu au faîte de sa carrière universitaire et qui, rentré dans sa famille, rejetait la vie et le métier qui lui étaient préparés. En fait, considéré comme courageux pour quelques scènes comme celle du mariage - il enlevait son amie à un rival après la bénédiction et bloquait la porte de l’église avec une croix -, le film laissait en route le sujet amorcé au départ, l’entrée dans la vie active d’un étudiant harnaché de diplômes, et réduisait sa révolte à un conflit de génération.

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La rébellion contre sa mère s’exprimait par une liaison avec une femme mûre qu’il abandonnait pour la fille de celle-ci. D’une manière abjecte, le film rendait odieuse la femme coupable de désirer un jeune et exaltait l’amour pour pour une jeune oie.

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Quant à la vie étudiante, Mike Nichols réussissait le tour de force de montrer le campus de Berkeley sans parler ni du Vietnam, ni de la conscription, ni des Noirs, ni, d’ailleurs, de la drogue.

Les Troupes de la colère (Wild in the Streets) de Barry Shear (1968)

 

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La haine de la famille comme ferment de révolte sous-tend également l’histoire racontée dans un film brillant mais malhonnête, passé assez inaperçu, il y a un an : Les Troupes de la colère de Barry Shear.

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Un jeune homme, écrasé par une mère monstrueuse incarnée par une Shelley Winters aussi énorme et informe que dans Bloody Mama, (2) lance un parti des moins de 16 ans, prend le pouvoir en lançant ses jeunes dans la rue, drogue les députés, devient présidente des États-Unis et finit par mettre en camp de concentration tous les plus de 20 ans.
Film retors qui fait semblant de prendre à son compte les revendications des révoltés contre la veulerie de la famille, la démagogie des parlementaires, les brutalités de la police, pour mieux décrire les jeunes comme des êtres violents au comportement fasciste.

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En fait Les Troupes de la colère décrit les jeunes comme les films de l’époque maccarthyste décrivant l’enfer rouge ou jaune.
Bien entendu les valeurs hippies y sont réduites à des coucheries et à des travestis grotesques, et la lutte politique des radicaux, assimilée à une conspiration pour s’emparer de la présidence, aurait pu germer dans le cerveau malade du général fou de Strangelove (3).

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Mais le film, magistralement monté en plan brefs et soutenu par une musique pop très belle, avait un impact fort et finalement permettait une identification complice à la violence des personnages, si bien qu’on ne savait plus très bien s’il s’agissait d’un film ultra-conservateur dénonçant le fascisme des jeunes, ou d’un film fasciste exaltant cette violence.

 

Des fraises et du sang (The Strawberry Statement) de Stuart Hagmann (1970)

 

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On retrouve l’habileté technique, les effets à l’emporte-pièce, l’utilisation exacerbée de la musique dans Des fraise et du sang de Stuart Hagmann, un film inspiré d’un document sur les événements de Columbia (4), plus précisément la lutte menée par les étudiants pour empêcher l’université de réoccuper un terrain ouvert aux enfants noirs du quartier.

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L’histoire retrace la mort d’un des protagonistes au cours d’un matraquage féroce.
Le film est applaudi par les auditoires de jeunes et a souvent été reçu comme un film de gauche. En effet, la scène d’affrontement entre les brigades anti-émeutes et les jeunes est une des plus terribles qu’ait montré un film de fiction.

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Cependant, il peut sembler aussi réactionnaire, en plus sournois, que Les Troupes de la colère.
Le jeune héros vient à la contestation par amour. Sa première nuit d’occupation de la faculté semble avoir pour seul objectif de coucher avec la gauchiste qui l’a séduit. Mieux : l’ami fasciste qui le tabasse pour lui apprendre à sécher son entraînement sportif, entre lui aussi dans le "mouvement", parce qu’il a flairé de la violence et que "ça lui plaît." Quant au héros, il promène avec fierté son visage contusionné et se fait photographier comme victime des flics.
La lutte pour le terrain des pauvres commence par une agression contre un gentil flic inoffensif de sorte que l’agression sauvage de la dernière séquence contre les étudiants non-violents apparaît comme une riposte aux excès étudiants et que les violents sont rejetés dos-à-dos. Moralité : faites du sport et restez tranquilles, la police en fera autant.

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Enfin, les Noirs, pour qui se battent les jeunes, sont montrés tantôt comme des idiots regardant placidement les étudiants se faire tabasser, tantôt comme des militants anti-blancs. Une scène particulièrement abjecte montre le couple dérangé au creux d’un buisson par quatre Noirs menaçants qui écrabouillent leur appareil photo.

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Par de telles scènes, le film présente tous les caractères de l’inversion dont parle le psychologue Kenneth Kenniston dans son enquête sur les jeunes radicaux (5). "Tout se passe, dit-il, comme si les radicaux et les Noirs étaient perçus comme dangereux par les modérés qui projettent sur eux leurs propres pulsions violentes". Ici, le cri du jeune étudiant "Oh No !" est exactement celui qu’on attend d’un Noir surpris à aimer par une bande de fascistes blancs.

Avec ses allures contestataires, faisant semblant de plaindre l’étudiant innocent, Des fraises et du sang est en réalité un plaidoyer pour la vie calme et silencieuse des partisans de Nixon.

 

Campus (Getting Straight) de Richard Rush (1970)

 

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Finalement, le film qui emprunte le moins aux clichés réactionnaires, c’est Campus de Richard Rush, aux allures de bonne comédie sans prétention, avec son texte bourré de blagues et de gros mots faciles, ses apartés à la Groucho Marx, l’interprétation brillante de Elliott Gould, et son histoire d’amour conventionnelle à la Capra - elle renonce au mariage confortable avec un gynécologue bien pensant, et lui renonce à la carrière universitaire pour rester proche des élèves.

Le film a pour cadre une petite université que les recteurs voudraient sans histoire. Si la révolte éclate, c’est que les vieux du comité refusent de lâcher du lest devant des demandes bien modestes : le libre accès des filles aux chambres des garçons, l’ouverture d’un département d’études noires, l’augmentation des bourses données au Noirs et aux Portoricains.

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Quelques revendications plus politiques se mêlent aux demandes de réforme, certains demandent l’autogestion, d’autres protestent contre le recrutement sur les campus pour l’industrie de guerre. Les scènes d’affrontement entre les flics et les étudiants - morceaux de bravoure de tous les films sur la jeunesse - ne donnent lieu à aucun développement extraordinaire. On y voit seulement les flics enlever leur matricule et caresser leurs matraques (comme dans le document de Chris Marker sur la marche du Pentagone) (6) avant de recevoir l’ordre "d’y aller".

Ceci ne constitue d’ailleurs qu’un fond de décor de l’intrigue principale dont le héros n’est qu’un étudiant de dernière année faisant son stage pédagogique avant de devenir prof de High School, c’est-à-dire approximativement prof de secondaire. Bayley a gardé sa sympathie pour les contestataires, noirs et blancs, et il regarde, d’un œil un peu ironique, une agitation qu’il attribue uniquement à la répression sexuelle, alors même qu’il prône, lui, des actions plus radicales comme l’incendie des centres de recrutement. En attendant, il pactise avec le système, travaille ses examens et espère trouver, dans l’enseignement secondaire, un moyen d’aider les jeunes défavorisés des quartiers pauvres.

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Les professeurs qui ont flairé le danger que représenterait un collège de ce type essaient de le dégoûter en lui donnant, comme classe de stage, une classe d’adultes retardés, puis l’empêchent de se présenter à son examen. Il ne lui reste plus qu’à accepter l’intégration complète et devenir, après 4 ans d’études abrutissantes, un prof d’université aussi encroûté que ses maîtres actuels. À l’oral de maîtrise, qui se déploie sur fond d’occupation militaire, incapable de satisfaire à la demande académique, il déclenche un scandale en dévidant un chapelet d’obscénités rimées sur Shakespeare, Chaucer et Milton, et passe ainsi du côté des jeunes.

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Plus que sur la condition étudiante, c’est sur celle des enseignants que s’arrête l’auteur. On y voit le personnage vivre sans le sou, sans domicile fixe. Il subsiste en corrigeant des copies, en effectuant des tâches mal définies comme servir de guide touristique à des lycéens venus choisir leur faculté. Son entrée dans la carrière dépend d’une série d’examens que le premier crétin venu peut passer à condition de savoir de qui est le poème et à quelle date il a été écrit. On entend un prof expliquer que si l’élite des lycéens peut produire un Fitzgerald, les trois quarts n’ont besoin que d’apprendre à rédiger leurs feuilles d’impôts, et qu’il est inutile de les initier à la sociologie ou à la grande littérature.

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Certes, le héros et l’auteur du film peuvent apparaître un peu naïfs dans la manière dont ils font confiance aux méthodes non répressives, comme l’emploi du langage parlé pour aborder l’étude de la grammaire ou le commentaire des bandes dessinées pour introduire à Don Quichotte un Portoricain analphabète. Il n’en reste pas moins que c’est un des seuls films sortis en France qui pose le problème du rôle que peut jouer un prof progressiste dans un lycée.

Une réserve de taille, tout de même : l’utilisation d’un personnage d’étudiant demeuré et drogué endossant à tour de rôle la dégaine du bouddhiste, de l’Indien Sioux, du vagabond fumeur de haschich -, et, par moment, tenté par le rôle de combattant patriote. En opposant arbitrairement à la révolte sérieuse - et traitée avec humour mais sérieusement - un personnage aussi irréel, l’auteur discrédite l’autre face du mouvement hippie.

 

Easy Rider de Dennis Hopper (1969)

 

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Si l’étudiant est très vite devenu un personnage traditionnel et typé du cinéma commercial, c’est le cinéma indépendant américain qui a popularisé le hippie, et tout particulièrement deux films témoignant de sympathie et se refusant à une réduction grotesque : Easy Rider de Dennis Hopper et Alice’s Restaurant de Arthur Penn (7).

Easy Rider raconte la randonnée de deux motocyclistes à travers l’Amérique. Peter Fonda et Dennis Hopper, qui interprètent le film, sont en quête d’un bonheur où se retrouveraient les valeurs perdues de la vieille Amérique des pionniers.
Leur voyage est en réalité un chemin de croix dont les haltes deviennent de plus en plus terribles.

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De la table du fermier à la traversée de la commune, de la prison au pub sudiste, du bordel au cimetière où la marijuana libère des fantasmes de cauchemar, chaque rencontre les écarte davantage du bonheur cherché. Et quand les deux fermiers les tuent pour le plaisir, ils ont déjà découvert que le chemin ne menait nulle part.

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En marge de la quête, le bonheur apparaissait dans quelques moments de détente totale, nuits passées dans les champs, ou lentes randonnées sur les routes américaines.

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La force du film était, en somme, moins dans la séduction d’un mode de vie finalement décevant que dans la dénonciation de la bêtise à tête de porc toujours prête à tirer son fusil ou ses ciseaux devant ceux qui la refusent ou simplement l’ignorent.

 

Alice’s Restaurant de Arthur Penn (1969)

 

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Même bêtise, mais plus feutrée, chez les bien-pensants de Alice’s Restaurant. Même sympathie pour les hippies mais éprouvée par un témoin plus distant. Alors que les auteurs de Easy Rider font partie du monde qu’ils décrivent, Arthur Penn reste un intellectuel traditionnel qui s’efface devant le témoignage d’un autre. Alice’s Restaurant est un film sur Arlo Guthrie chantant un épisode de sa vie hippie.

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En marge des aventures de Arlo, le film donne lieu à l’évocation de la vie d’une communauté hébergée par un ménage, Alice et son mari, qui ont acheté une vieille église désaffectée et la nourrissent des bénéfices de leur restaurant.

Le film se veut une apologie du mode de vie hippie, en fait, il est surtout, comme l’écrit Goffredi Fofi dans les Quaderni Piacentini (8) l’occasion de faire accepter au public bourgeois américain "cette nouvelle religion qui a droit d’existence comme toutes les autres". Pour étayer cette assertion, Fofi se réfère à une longue séquence qui fait alterner une scène de dimanche chez les hippies et toute une série de plans montrant des fidèles de sectes différentes dans diverses églises.

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On retrouve dans le film de Penn la même atmosphère de fin du monde et de bonheur menacé que dans Easy Rider. Les scènes les plus belles sont celles de la mort du père de Arlo, Woody, (9) et l’enterrement du jeune suicidé.

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Mais là où Easy Rider exaltait la solitude et la fuite, Alice’s Restaurant montre ce que tente d’être, malgré l’échec, un mode de vie nouveau, celui de la vie communautaire : besoin et possibilité de communication, effort pour retrouver des rapports amoureux libérés des fantasmes freudiens, gestion des tensions de la vie du couple, ouverture et accueil du groupe.

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Nécessité aussi de trouver une source de financement. Ici le restaurant, mais qui repose, en fait, sur le seul effort de Alice.

 

Woodstock de Michael Wadleigh (1970)

 

En marge de ces films, tous les films sur les festivals pop (10).
Mais, en fait, ils constituent plutôt des document sur les musiciens pop et leurs amateurs que sur les rassemblements de la jeunesse et leurs nombreux autres prétextes.

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Le dernier, le plus spectaculaire, Woodstock, prétend donner une image du "monde d’amour et de paix" que constitue l’événement du festival de Woodstock, en août 1969.
En fait, le film, produit par la Warner, qui avait d’avance trusté tous les droits de le filmer, réduit les hippies à des clichés rassurants : indouisme vague, nudisme, haschich inoffensif, et fait la part belle à la bienfaisance des organisateurs renonçant à toucher leur part de bénéfices.

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Qu’il y ait eu des morts Woodstock, qu’il y ait eu un mauvais et un bon usage de la drogue, que toute chance ait été refusée aux radicaux de parler des emprisonnés du procès de Chicago (11) et de la guerre du Vietnam, que Pete Townshend, chanteur du complexe Les Who, ait assommé Abbie Hoffman qui avait pris le micro pour parler de John Sinclair, membre blanc des Panthers, tout cela est escamoté au bénéfice d’une entente paradisiaque entre jeunes venus écouter de la musique, flics tout étonnés de leur calme et habitants prêts à tolérer jusqu’aux cheveux longs.

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Au lieu de présenter toutes les contradictions suscitées par un événement aussi important ce festival historique, et de les offrir à la réflexion, le film le propose comme une alternative non violente à des mouvements comme celui de Chicago et fait du slogan de la désobéissance civile "Make Love not War", l’argument paresseux du laisser-faire.

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Tous ces films - certes sympathisants sans ambiguïté - restent des films sur la défensive, visant à prouver que ces jeunes gens en mouvement sont inoffensifs.

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Reste au cinéma à nous donner les images plus complexes d’un comportement nouveau. Les sociologues font état, dans leurs enquêtes, des problèmes posés par l’organisation de la vie de groupe, la nécessité de répartir les tâches, de trouver un statut d’égalité entre les hommes et les femmes, d’instaurer une liberté entre les enfants et les adultes, l’effort constant que s’impose le plus doué ou le plus compétent pour ne pas dominer les autres.

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Ces exigences à caractère social n’apparaissent pas - ou pas assez - chaque fois que les hippies sont simplement assimilés à des naturistes ou à des adeptes de l’amour libre. De plus- mais cela le cinéma le plus traditionnel le montre assez -, les hippies sont ressentis, malgré leur douceur, comme une menace, et cette menace est en train, sinon de les constituer en groupe d’auto-défense, en tout cas de poser la question d’une nécessaire défense contre les agressions.

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Quand Abbie Hoffman, leader de l’aile militante des hippies, prend comme mot d’ordre : "We want love, but to love, we must fight", il rappelle que le besoin de paix n’exclut pas, bien au contraire, le maniement du fusil.

André Tournès
Jeune Cinéma n°52, février 1971

1. Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni (1970).
Dans le numéro de Jeune Cinéma n°52, février 1971, Jeunes Américains, sont abordés ensuite, notamment, les films Ice de Robert Kramer (1969), Gimme Shelter de David Maysles, Albert Maysles & Charlotte Zwerin (1970), et Prologue de Robin Spry (1939-2005), la première œuvre canadienne sélectionnée par la Mostra de Venise en 1969, entremêlant fiction et images d’archives sur les émeutes ayant marqué la convention du Parti démocrate, à Chicago en 1968.

2. Shelley Winters incarne Kate Barker dans Bloody Mama de Roger Corman (1970).

3. Référence à Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb) de Stanley Kubrick (1964).

4. En 1968, les étudiants de l’Université de Columbia (située à New York, dans le quartier de Morningside Heights, Upper West Side de Manhattan) découvrirent les liens de leur université avec les institutions soutenant la guerre du Vietnam. Leur hostilité à la construction d’un gymnase ségrégué dans le parc voisin de Morningside, déclencha la révolte. Sur le sujet, on peut signaler deux documentaires : Columbia Revolt de Melvin Margolis & le collectif Newsreel (1968), tourné en cinéma-vérité ; A Time to Stir de Paul Cronin (2018), un documentaire de 22 heures (1320 mn).

5. Kenneth Kenniston, Young Radicals : Notes on Committed Youth, New York, Harcourt, Brace & World, 1968.

6. La Sixième Face du Pentagone de Chris Marker & François Reichenbach (1968).

7. Cf. Easy Rider, dans Jeune Cinéma n° 41 d’octobre 1969, n°56 de juillet 1971 et n° 388-389 de l’été 2018. Cf. Alice’s Restaurant dans Jeune Cinéma n° 46 d’avril 1979 et n°166 d’avril 1985.

8. Goffredi Fofi, "Di alguni film su hippies, popolani romani e intelletuali PCI", in Quaderni Piacentini, anno IX, n°41, luglio 1970.

9. C’est Joseph Boley qui incarne Woody Guthrie (1912-1967), influencé par Joe Hill (1879-1915), et référence de base de Bob Dylan et de Joan Baez. Pete Seeger joue son propre rôle.

10. Cf. Les films de D.A. Pennebaker (1925-2019) in Jeune Cinéma n°263, été 2000 : Bernard Nave, "Donn Alan Pennebaker ou l’art de filmer le rock" et l’entretien.

11. Chicago 1968.


* Le Lauréat (The Graduate). Réal : Mike Nichols ; sc : Calder Willingham & Buck Henry d’après le roman de Charles Webb ; ph : Robert Surtees ; mont : Sam O’Steen ; mu : Paul Simon et Dave Grusin. Int : Dustin Hoffman, Katharine Ross, Anne Bancroft, Richard Dreyfuss, Murray Hamilton, William Daniels, Elizabeth Wilson (USA, 1967, 105 mn).

* Les Troupes de la colère (Wild in the Streets). Réal : Barry Shear ; sc : Robert Thom d’après sa nouvelle The Day it All Happened, Baby ; ph : Richard Moore ; mont : Fred R. Feitshans Jr & Eve Newman ; mu : Les Baxter et Barry Mann. Int : Shelley Winters, Christopher Jones, Diane Varsi, Hal Holbrook, Millie Perkins, Richard Pryor, Bert Freed (USA, 1968, 94 mn).

* Des fraises et du sang (The Strawberry Statement). Réal : Stuart Hagmann ; sc : Israel Horovitz d’aprè le roman de James Simon Kunen ; ph : Ralph Woolsey ; mont : Marjorie Fowler, Roger J. Roth & Fredric Steinkamp ; mu : Ian Freebairn-Smith, Crosby Still & Nash, Neil Young et Buffy Ste Marie ; déc : Robert R. Benton & Chuck Pierce. Int : Bruce Davison, Kim Darby, Bud Cort, Bob Balaban, Israel Horowitz, Jeannie Berlin (USA, 1970, 109 mn).

* Campus (Getting Straight). Réal : Richard Rush ; sc : Robert Kaufman d’après le roman de Ken Kolb ; ph : László Kovács ; mont : Maury Winetrobe ; mu : Ronald Stein. Int : Elliott Gould, Candice Bergen, Harrison Ford, Jeff Corey, Cecil Kellaway, William Bramley (USA, 970, 124 mn).

* Easy Rider. Réal : Dennis Hopper ; sc : D.H., Peter Fonda & Terry Southern ; ph : Laszlo Kovacs ; mont : Donn Cambern ; mu : Roger McGuinn. Int : Peter Fonda, Dennis Hopper, Jack Nicholson, Phil Spector, Karen Black, Toni Basil, Warren Finnerty (USA, 1969, 94 mn).

* Alice’s Restaurant. Réal : Arthur Penn ; sc : A.P. & Venable Herndon d’après la chanson Alice’s Restaurant de Arlo Guthrie ; ph : Michael Nebbia ; mont : Dede Allen ; mu : Arlo Guthrie ; cost : Anna Hill Johnstone. Int : Arlo Guthrie, Pete Seeger, Joseph Boley, Patricia Quinn, James Broderick, Lee Hays, Michael McClanathan, Tina Chen (USA, 1969, 111 mn).

* Woodstock. Réal : Michael Wadleigh ; ph : M.W., Malcolm Hart, Don Lenzer, Michael Margetts, David Myers, Richard Pearce, Alfred Wertheimer ; mont : M.W., Jere Huggins, Thelma Schoonmaker, Martin Scorsese, Stanley Warnow, Yeu-Bun Yee. Int : Richie Havens, Joan Baez, The Who, Sha-Na-Na, Joe Cocker, Country Joe and the Fish, Arlo Guthrie, Crosby Stills & Nash, Ten Years After, John Sebastian, Santana, Sly and the Family Stone, Canned Heat, Bob Davis, Jimi Hendrix (USA, 1970, 184 mn). Documentaire.



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