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Bacurau (2019)
de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles
publié le mercredi 25 septembre 2019

par Gérard Camy
Jeune Cinéma n°395, été 2019

Sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 2019

Sortie le mercredi 25 septembre 2019

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Après deux longs métrages (Les Bruits de Recife en 2012 et surtout Aquarius en compétition en 2015), Kleber Mendonça Filho (avec son complice Juliano Dornelles) a su s’imposer comme un des représentants du cinéma brésilien contemporain.
Avec Bacurau, il livre encore un récit engagé sur son pays, une déclaration d’amour et d’espoir qui pendant plus de deux heures nous emmène sur des chemins aussi inattendus que fantastiques, aussi politiques que métaphoriques.

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Les cinéastes placent l’histoire du village de Bacurau dans le sertão brésilien, (1) et celle de ses habitants dans un futur proche. Ce jour-là, on enterre Carmelita, la patriarche, morte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte.

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Ce "futur proche" n’inscrit pas le récit dans un avenir hypothétique, mais l’ancre bel et bien dans le réel, comme pour nous prévenir des malheurs et de la violence qui vont suivre.
Si les réalisateurs sont pessimistes sur l’avenir du pays, ils n’en gardent pas moins un grand espoir envers ses habitants. Pendant près d’une heure, ils nous font découvrir Bacurau et partager les peines et surtout les peurs des villageois face à une disparition annoncée.

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L’eau se fait rare, les vivres et les médicaments également, mais ils ont tous décidé de rester et de continuer à vivre envers et contre tout. Les deux cinéastes caractérisent avec brio chaque personnage haut en couleurs, et font exister la communauté en quelques images magnifiques. Communauté qui saura s’unir face à un adversaire qui relève à la fois de l’État (un préfet corrompu) et d’envahisseurs (des mercenaires américains) qui doivent favoriser une expropriation, et priver peu à peu le village de ses ressources et de son accès à l’extérieur.

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La violence devient l’ultime rempart pour ces villageois et Bacurau se transforme en film d’action efficace, s’inscrivant dans une identité cinématographique latino-américaine. Le message politique, en filigrane, acte de résistance au pouvoir en place, laisse finalement un goût amer devant l’absence d’autres solutions.

Gérard Camy
Jeune Cinéma n°395, été 2019

1. Le Sertão brésilien, dans le Nordeste, est une région au climat quasi désertique connue pour concentrer la plus grande misère à cause de ses sécheresses à répétition.


Bacurau. Réal, sc : Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles ; ph : Pedro Sotero ; mont : Eduardo Serrano ; mu : Mateus Alves & Tomas Alves Souza. Int : Barbara Colen, Sonia Braga, Udo Kier, Thomas Aquino (Brésil, 2019, 132 mn).



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