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Jeune Cinéma n°396-397 - octobre 2019
Édito & sommaire
publié le jeudi 10 octobre 2019

JEUNE CINÉMA n°396-397, octobre 2019

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Couverture :
Kōji Yakusho, Kawaki (Tetsuya Nakashima, 2014)

Quatrième de couverture :
Anna Magnani, Cavalleria (Goffredo Alessandrini, 1936), coll. Jean A. Gili.

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ÉDITO JC n° 396-397, octobre 2019

 

Il n’est pas d’usage de fêter les demi-décennies et nous aurions pu attendre l’automne 2024 pour célébrer notre soixantième anniversaire.
Mais où serons-nous dans cinq ans ? Dans quel état nous aura laissés l’inévitable collapse ? Alors, profitons du franchissement de la ligne des 55 ans pour nous auto-congratuler : l’âge de raison est atteint - et, puisque nous utilisons un titre de Sartre, espérons ne pas avoir recours un jour aux volumes suivants de ses Chemins de la liberté, Le Sursis et La Mort dans l’âme.

Jean-Pierre Mocky a eu droit, après son occultation apparente, aux grandes orgues de l’Institution ; chacun y est allé de son trémolo, il paraît même qu’un président en exercice s’est ému de sa disparition. Parmi tous ces officiels si avertis, combien de spectateurs de Mocky ? Lui, dont les trente derniers films, tous réunis, ont fait en vingt ans moins d’entrées que le premier jour d’un film de Omar Sy - au point qu’il ne trouvait même plus de distributeur et les sortait directement en DVD. Pour n’avoir presque rien raté depuis Les Dragueurs, on le remerciera infiniment de nous avoir offert tant d’œuvres si mal embouchées, si mal fichues et si mal-pensantes - et tellement réjouissantes.

L’éclipse de D.A. Pennebaker a été moins saluée - là, au moins, pas d’hypocrisie convenue. C’était le dernier survivant de l’équipe qui, avec Robert Drew et Richard Leacock, a révolutionné, il y a soixante ans, le documentaire. On renverra au long entretien qu’il avait accordé à Bernard Nave (Jeune Cinéma n°263, été 2000). Et on continuera à revoir son chef-d’œuvre, Dont Look Back, un des plus grands documentaires musicaux du siècle - il faut dire que Dylan était un beau sujet.
À propos du chanteur, si l’on n’a pas traité le superbe The Rolling Thunder Review. A Bob Dylan Story by Martin Scorsese que le cinéaste vient de lui consacrer, c’est dans l’attente de l’édition en DVD, lorsqu’il sera accessible à chacun et non aux seuls abonnés de Netflix.

Quant à la mort de Jean-Michel Arnold, elle n’a remué que ses amis - heureusement nombreux. C’était un homme de convictions et d’actions, dont la fondation de la cinémathèque algérienne n’était pas la moins réussie. Il s’est acquitté pleinement de missions officielles, CNRS, Unesco, sans jamais cesser d’être un trublion fantasque et rigolard, aussi fier de sa collection de séries noires cartonnées que de la création des Rencontres Image et Science. On lira plus loin les quelques souvenirs qu’il avait confiés à Bernard Chardère, en regrettant qu’il n’ait pas trouvé le temps d’en égrener plus.

Et puisque nous évoquons les sphères de décision, notons la nomination à la présidence du CNC de Dominique Boutonnat. Un producteur, un homme de métier, à la tête de l’organisme, enfin une bonne nouvelle. Malheureusement, il semble qu’il doive plus sa position au fait d’avoir été un généreux donateur de campagne présidentielle qu’à son bilan de films produits (ceux de son frère Laurent, d’Alexandre Coffre ou de Pascal Chaumeil, on voit le genre). On comprend la bronca de la SRF et de soixante-dix cinéastes de renom devant un président pour qui le cinéma d’auteur n’est pas assez rentable (c’est ainsi que l’on a compris le rapport sur le cinéma français qu’il a commis ce printemps). Mais après tout, Dany Boon, Christian Clavier et Frank Dubosc, ce n’est pas si mal.

Revenons aux choses sérieuses. Il Cinema Ritrovato nous a fourni, en juin, suffisamment d’images rares pour passer l’été. Nous reviendrons sur certaines ; la vision des magnifiques copies du Trésor d’Arne et du Chant de la fleur rouge, tous deux de 1919, nous a donné envie de revoir les quelques autres titres de Mauritz Stiller qui n’ont pas disparu. Et la rétrospective Musidora a confirmé que les surréalistes avaient raison de l’avoir choisie comme ange tutélaire. Mais ce numéro d’automne était déjà chargé de tant de sujets…

Ainsi, à notre connaissance, Kôji Yakusho n’avait pas encore fait l’objet d’une étude dans les revues non spécialistes du cinéma asiatique. C’est pourtant un acteur éblouissant, à l’image de son maître Tatsuya Nakadai, capable d’être aussi juste en yakuza goinfre ( Tampopo ), en amant d’une femme-source ( De l’eau tiède sous un pont rouge ) ou en tueur mystérieux ( The Third Murder ), sans jamais qu’on le remarque - ce n’est pas Toshiro Mifune, qu’on distingue toujours sous le masque, mais un acteur caméléon : nous n’avions pas repéré que L’Anguille ou Cure affichaient le même comédien.

Avec Goffredo Alessandrini, nous sortons des chemins battus du cinéma italien, puisqu’il s’agit d’un réalisateur presque oublié, malgré son importance ancienne. Qui, mieux que Jean A. Gili, le meilleur connaisseur du sujet, pouvait extraire de son purgatoire l’auteur de Luciano Serra pilota  ? Ce n’est pas parce que Jeune Cinéma ne va plus aux Rencontres Cinéma italien d’Annecy, désormais l’ombre d’elles-mêmes, que celui-ci ne nous intéresse plus : nous suivrons, en décembre, la traditionnelle semaine "De Rome à Paris" avec la même attention que sur les rives du lac.

Octobre, c’est avant tout le Festival Lumière, qui va fêter son dixième anniversaire en compagnie de l’invité de l’année, Francis F. Coppola. Mais c’est surtout sur les bas-côtés, particulièrement riches, que les découvertes fleuriront.
Du côté de André Cayatte, par exemple : les films des années 40 de la cible préférée du jeune Truffaut surprendront les spectateurs de Mourir d’aimer. Pour les amateurs du muet, des inconnus de Frank Borzage et de Maurice Tourneur - et pour les marathoniens, La Roue de Abel Gance, en version de sept heures. Et des auteurs dont on ne sait rien, comme Elo Havetta ou Farough Farrokhzad.
De quoi nourrir le prochain numéro, où l’on donnera des nouvelles de Olivier Smolders et de Gérard Mordillat, tout un programme.

Lucien Logette



 

SOMMAIRE JC n°396-397, octobre 2019

 

Coup de cœur

* Ken Loach, Sorry We Missed You, par Bernard Nave.
* David Grieco, L’Affaire Pasolini, par Simon Reibel.

Entretien

* Rencontre avec Sébastien Lifshitz, par Nicolas Villodre.

Du monde entier

* Kôji Yokusho, par Andrea Grunert.

Festivals

* La Rochelle 2919, par Alain Souché.
* Documentaires à La Rochelle, par Philippe Rousseau.
* Gindou 2019, par Alain Souché.
* Nouvelle-Zélande 2019, par Elsa Hellemans.

Patrimoine

* Rencontre avec Éric Rohmer (1980), par Jean-Pierre Pagliano & Robert Hammond.
* John Ford, La Prisonnière du désert, par Alain Pailler.
* Goffredo Alessandrini, par Jean A. Gili.
* Maurice Mariaud, par Lucien Logette.
* Jean Dréville & Marcel L’Herbier, par Robert Grélier.
* Inferno 20 : Obsession compulsive, par Jean-Paul Combe & Vincent Heritschi.

Documentaires

* Retour sur Thierry Michel, par Robert Grélier.

DVD

* Chronique de l’été 2019, par Jérôme Fabre.
* Glanures, de Keaton à Laguionie, par Philippe Roger.
* Variétés, de la Commune à Simpson, par Robert Grélier.

Animation

* Festival d’Annecy 2019, par Jean-Pierre Pagliano.
* Raoul Servais, le magicien d’Ostende, par Robert Grélier.
* Jean-François Laguionie, Gwen, par Robert Grélier.

Peinture et cinéma

*Henri Matisse et Rex Ingram, par René Prédal.

Expérimental

* Patrice Kirchhofer, par Nicolas Villodre.
* Patrick de Haas, Cinéma absolu, par Gisèle Breteau Skira.

Actualités

* 5 est le numéro parfait, par Gisèle Breteau Skira.
* Chambre 212, par Jean-Max Méjean.
* Braquer Poitiers, par Gisèle Breteau Skira.
* Ceux qui travaillent, par Gisèle Breteau Skira.
* Port Authority, par Gisèle Breteau Skira.
* Koko-di Koko-da, par Jean-Max Méjean.
* Quelle folie, par Gisèle Breteau Skira.
* Martin Eden, par Jean-Max Méjean.
* Ne croyez surtout pas que je hurle, par Jean-Max Méjean.
* Tout est possible, par Gisèle Breteau Skira.
* Nos défaites, par Claudine Castel.

Découverte

* Bleu Pâlebourg, par Anne Vignaux-Laurent.

Cinéma retrouvé

* La Maison de la mort, par Philippe Roger.

Livres

* François Truffaut, Chroniques d’Arts-Spectacles (1954-1958), par Lucien Logette.
* Léon Moussinac, Journal des 60 ans, par Lucien Logette.
* Noël Herpe, Souvenirs/Écran. Voyages en France 2017-2018, par Lucien Logette.
* Gérard Duchaussoy & Roman Vandestichele, Mario Bava, magicien des couleurs, par Lucien Logette.
* Alain Layrac, Une vie de scénariste, par Gisèle Breteau Skira.
* Ibrahima Signaté, Un cinéaste rebelle, Med Hondo, par Robert Grélier.

Humeur

* Une histoire d’amour (en partie double), par Bernard Chardère.
* Il y a trop de tout, par Léon-Paul Fargue.

In memoriam

* Cinéma et plus, si affinités, par Jean-Michel Arnold.

JEUNE CINÉMA n°396-397, octobre 2019



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