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Terminal Sud (2019)
de Rabah Ameur-Zaïmeche
publié le mercredi 20 novembre 2019

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle du Festival de Locarno 2019

Sortie le mercredi 20 novembre 2019

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Terminal Sud est un film du bout du monde.
Il se passe de nos jours ou dans un futur proche, n’importe où, dans n’importe quel pays en situation de chaos, dans un climat de guerre permanente, avec la présence d’hommes en uniforme, militaires ou policiers, cagoulés de noir, armés jusqu’aux dents. L’incertitude du lieu est étrange, le réalisateur évoque l’Algérie des années 90, mais cela peut ressembler à tout pays autoritaires d’Asie centrale, d’Afrique ou d’Amérique latine.

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Encore plus déroutant, les dialogues sont en français, parsemés de quelques mots en arabe, nouvel élément semant le trouble dans la vision du film. Soudain on s’imagine être en France, éventualité a priori improbable, et pourtant est-il inimaginable de penser que de telles situations extrêmes peuvent s’y produire...

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Ramzy Bedia incarne le rôle principal, un médecin pris dans la violence du conflit. Un ami journaliste est assassiné et le tueur, blessé lors d’une fusillade, donne l’ordre à ses soldats de kidnapper le médecin pour qu’il le soigne. Le réalisme de la situation permet à l’acteur de déployer ses capacités d’expression dans le drame. Tragédie de la séparation - sa femme, à bout de force, quitte le pays -, tragédie de la violence et de la mort : soigner, préserver la vie, aller au bout de ses convictions de médecin en plein conflit armé, dans un combat quotidien avec soi-même pour conserver force et optimisme.

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Né d’une réflexion sur la situation politique de l’Algérie durant les années noires, le film de Rabah Ameur-Zaimeche rappelle les menaces et les atrocités commises par les autorités, ainsi que l’impuissance à résoudre les conflits et à apporter une paix illusoire.
Ce qui pouvait rendre au début du film le propos trop abstrait, la non-identification du lieu et du moment de l’événement laissant croire à un manque d’implication de la part du réalisateur, disparaît : au fil de la projection, au contraire, le réalisateur élabore habilement un dispositif de déroulement narratif qui donne aux images une dimension universelle, rendant les situations envisageables partout et à tout instant.

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Le film est grave, mais l’auteur adresse quelques clins d’œil à ses habitués, signature cryptée dans un coin du tableau : le journal attaqué par la police s’intitule Le Dernier Maquis (1) et la voiture du médecin est immatriculée RAZ…

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe

1. Le Dernier Maquis (Adhen) de Rabah Ameur-Zaimeche a été sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2008, et est sorti en salles le 22 octobre 2008.


Terminal Sud. Réal, sc : Rabah Ameur-Zaïmeche ; ph : Irina Lubtchansky, Camille Clément ; mont : Grégoire Pontécaille. Int : Ramzy Bedia, Amel Brahim-Djelloul, Slimane Dazi, Nabil Djedouani, Marie Loustalot (France-Algérie, 2019, 96 mn).



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