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Vie invisible d’Eurídice Gusmão (la) (2018)
de Karim Aïnouz
publié le mercredi 11 décembre 2019

par Bernard Nave
Jeune Cinéma n°395, été 2019

Sélection officielle Un certain regard au Festival de Cannes 2019.

Sortie le mercredi 11 décembre 2019

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Adapté du roman de Martha Batalha, le film de Karim Aïnouz concentre son sujet sur les années 50 alors que le texte originel s’étend apparemment sur plusieurs décennies. Dans l’histoire qui est contée, nous trouvons nombre d’éléments romanesques propres à construire un beau mélodrame, d’autant que les pièges inhérents au genre sont efficacement évités.

Il s’agit de deux sœurs complices, Euridice et Guida, que leur père va s’efforcer de séparer, les conduisant l’une et l’autre à des vies contraires à leurs aspirations profondes. Jamais elles ne se retrouveront, même si leurs itinéraires à certains moments se frôlent.

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Le film construit des correspondances entre ces deux personnages mus par un désir commun d’émancipation, mais constamment frustrées par les obstacles sociaux, familiaux. Euridice rêve de devenir pianiste internationale contre l’avis du père, puis de son mari qui voudrait la cantonner au rôle de mère au foyer.

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Pour Gaida, le mariage débouche sur l’abandon lorsqu’elle a un enfant et doit dès lors trouver les moyens de survivre. Nous sommes dans les années 50, et les deux femmes mènent un combat isolé, fait de constantes frustrations. On sent bien que le propos ne se veut pas seulement historique, mais en phase avec ce qui constitue un combat d’aujourd’hui.

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Karim Aïnouz ne cherche à aucun moment à faire un film d’époque.
Certes l’atmosphère est juste et derrière un certain classicisme formel on trouve une manière forte de faire exister la ville, le quartier, les intérieurs familiaux comme des personnages à part entière. Les protagonistes donnent elles aussi une vie frémissante à leurs personnages, aussi bien dans les moments de frustration que de colère déclarée.

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Le finale constitue une très belle résolution à cette histoire, non bien sûr dans des retrouvailles qui auraient plongé le film dans la médiocrité, mais dans une idée très élégante et pleine d’émotion contenue. De celles qui viennent couronner une belle réussite, comme un dernier soupir à l’oreille du spectateur.

Bernard Nave
Jeune Cinéma n°395, été 2019


La Vie invisible d’Eurídice Gusmão (A vida invisível). Réal, sc : Karim Aïnouz ; sc : Murilo Hauser & Ines Bortagaray ; ph : Hélène Louvart ; mont : Heike Parplies ; mu : Benedikt Schiefer. Int : Carol Duarte, Julia Stockler, Fernanda Montenegro, Barbara Santos, Gregorio Duvuvier (Brésil, 2018, 133 mn).



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