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Vivarium (2019)
de Lorcan Finnegan
publié le mercredi 11 mars 2020

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°399-400, février 2020

Sélection officielle de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2019

Sortie le mercredi 11 mars 2020

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Vivarium, présenté en 2019, à la Semaine de la Critique cannoise, est le second long métrage du jeune réalisateur irlandais Lorcan Finnegan. Un film d’une "inquiétante étrangeté", porté par l’expressivité sidérante des deux protagonistes Jesse Eisenberg (Tom) et Imogen Poots (Gemma).

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Un agent immobilier un peu bizarre propose d’accompagner le jeune couple en recherche de logement dans un lotissement idéal. Celui-ci se révèle être une cité infernale, un labyrinthe traversé de routes identiques, sans issue, composé de maisons semblables portant toutes le numéro 9.
La composition de la cité pourrait s’apparenter à l’univers de Jacques Tati, vision satirique, déshumanisée et cauchemardesque, du monde, également, par certaines caractéristiques formelles, à l’univers de Norman Mac Laren et de son célèbre court métrage Voisins (1952), dans lequel les amis voisins finissent par s’entretuer pour une fleur poussée sur la trajectoire délimitant leur (identique) propriété respective.

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Sur le plan plastique, la cité inventée par Lorcan Finnegan est impressionnante, une tonalité verte domine l’ensemble des constructions baignant dans une lumière irréelle, ce qui contribue à fabriquer un sentiment d’anxiété et d’étouffement. Chaque maison semble sortie d’un tableau de Magritte, petite, banale, avec une porte, deux fenêtres, un toit, sous un ciel bleu couvert de petits nuages rondelets. Le parfait mirage d’une vie paisible où rien ne bouge, une vie moderne dans un lotissement idéal, miroir d’une société artificielle d’où il est impossible de s’échapper. Aucune vie n’est présente dans cette cité du bonheur où tout arrive livré dans des cartons, aussi bien les aliments transformés qu’un bébé tombé du ciel.

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Peu d’événements marquants, si ce n’est l’enfermement du couple dans un lieu qui, petit à petit, transforme la quiétude en malaise, puis en véritable angoisse. Le talent du réalisateur et de ses deux acteurs est de parvenir à créer cette atmosphère oppressante, claustrophobe et dangereuse avec très peu d’éléments.

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Un monde sans les autres, sans le vent, sans la pluie, un monde aseptisé, normalisé, un monde effrayant. Dans la panique créée par la situation, ils arrivent tous deux à exécuter des choses impensables, Tom oublie les paroles de l’Ecclésiaste, "Celui qui creuse une fosse y tombera", Gemma élève un enfant mutant, robot, un enfant mécanique, dénué de cervelle, dénué d’avenir, et tous deux sombrent lentement dans la folie.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°399-400, février 2020


Vivarium. Réal : Lorcan Finnegan ; sc : L.F. & Garret Shanley ; ph : MacGregor ; mont : Tony Cranstoun ; mu : Kristian Eidnes Andersen. Int : Josy Eisenberg, Imogen Poots, Eanna Hardwicke, Jonathan Aris (Irlande-Belgique-Danemark, 2019, 97 mn).



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