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Alleluia (2014)
de Fabrice du Welz
publié le mardi 25 novembre 2014

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection Quinzaine des réalisateurs Cannes 2014

Sortie mercredi 26 novembre 2014

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Fidèlement inspiré du fait divers sordide américain des "tueurs de la lune de miel", Alleluia s’impose entre thriller et horreur, le réalisateur reconnaissant lui-même l’influence sur son cinéma du film de Tobe Hooper, Massacre à la tronçonneuse (1974).

On y retrouve Laurent Lucas, que Fabrice du Welz mettait déjà en scène dix ans auparavant dans Calvaire, et surtout une Lola Dueñas bien loin des rôles auxquels nous avait habitués Pedro Almodovar, plus loufoques notamment dans Les Amants passagers en 2013.

Le style gore que le film utilise de temps à autre court le risque de vite devenir grotesque, mais le réalisateur s’en sort plutôt bien, aidé par un Laurent Lucas particulièrement expressif, entre Willem Dafoe, et Martin Landau, capable d’être à la fois ambigu, sobre, drôle, effrayant, sensuel et même perdu. Un personnage perché qui a le sang chaud, vénal et pervers, mais qui n’aurait sans doute pas commis tous ces meurtres gratuits sans l’influence de sa compagne. Comme dans le fait divers, elle se faisait passer pour sa sœur, pendant que Michel séduisait des dames esseulées pour les dépouiller et / ou les épouser.

Il faut dire que Lola Dueñas, dans le rôle de Gloria, offre une palette de jeu qui va de la folie sanguinaire à l’amour fou, en passant par une certaine forme de satanisme, lorsqu’elle veut copier les penchants sorciers de son amant.

Comme quoi l’amour peut mener à tout et parfois au pire - les véritables amants de la lune de miel, Raymond Fernandez et Martha Beck, passèrent sur la chaise électrique le 22 août 1949. L’agonie de la femme durera de longues minutes pendant lesquelles elle ne perdra rien de sa superbe assurance, défiant encore une fois la société en affirmant haut et fort que personne ne pouvait juger et comprendre la force de l’amour qui l’unissait à Raymond Fernandez.

Jouant sur tous les tableaux, avec une superbe photo due à Manuel Dacosse, le film se présente comme un road-movie fiévreux dans les campagnes ardennaises, entrecoupé de huis-clos grand-guignolesques à glacer le sang, surtout dans la troisième partie qui fait entrer en scène une petite fille stupéfiante.

Sélectionné dans de nombreux festivals et présenté à Cannes 2014 dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs, Alleluia, avec son titre volontairement absurde puisqu’aucune allégresse ne se dégage de ce film particulièrement noir et sauvage, sauran sans nul doute, trouver son public.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe (26 novembre 2014)

Alleluia. Réal : Fabrice du Welz ; sc : FdW, Vincent Tavier, Romain Protat ; ph : Manuel Dacosse ; mont : Anne-Laure Guégan ; mu : Vincent Cahay. Int : Laurent Lucas, Lola Duenãs, Hélène Noguerra, Stéphane Bissot (Belgique-France, 2014, 95 mn).

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