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Jeune Cinéma n°399-400 - février 2020
Édito & sommaire
publié le mardi 17 mars 2020

JEUNE CINÉMA n°399-400, février 2020

Couverture :
Christine Murillo et Antoine Bourseiller, Le Grande Retournement (Gérard Mordillat, 2012).

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Quatrième de couverture :
Le Miami, cinéma du 20e arrondissement à Paris.
Merci au groupe Photos des cinémas parisiens disparus, et tout spécialement à Bertrand Chaumelle, Pierre Fouet, Philippe Guérin-Préaux, Jean-Claude Michel, Jean-Pierre Wilsch.

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ÉDITO JEUNE CINÉMA n° 399-400, février 2020

 

À force de proclamer la proximité du quatre-centième, il a fini par éclore, ce numéro historique.
Quatorze ans précisément après le trois-centième, trente ans après le deux-centième, quarante-trois ans après le centième, cinquante-cinq ans (et demi) après le n° 1.

Combien avant le cinq-centième ?
On oserait écrire quatorze ans, mais on est hélas certain que d’ici 2034, notre revue et bien d’autres auront disparu, avec leur support obsolète : le papier, ça prend un temps fou à être imprimé, c’est lourd, c’est cher, ça encombre. Vivent le flux tendu, le sentiment à chaud, la régurgitation immédiate.
On plaisante à peine, en jouant les Cassandre. La preuve : la défaillance annoncée, sauf miracle, dans les semaines qui viennent, de Presstalis, le distributeur de la presse écrite, qui risque de créer une situation inédite - des titres publiés restant dans les imprimeries, ce serait nouveau. Jeune Cinéma, ne dépendant pas de cet organisme, n’a rien à craindre de ce côté-là. Il n’empêche qu’un tel changement d’époque nous émeut, forcément.

Au même titre que les (més)aventures des Cahiers du cinéma, encore une fois racheté, et conduit vers une ligne éditoriale différente, les nouveaux propriétaires, en majorité des producteurs français, y voyant une vitrine utile pour leurs futurs produits. Imitant les administrateurs des César, les rédacteurs ont démissionné en bloc. La solidarité étant ce qu’elle est, il paraît que de nombreux chers-confrères se disputent déjà pour les remplacer. Si la rumeur selon laquelle le titre aurait perdu 30 à 40% de sa diffusion en dix ans est exacte, on souhaite bien du plaisir à la prochaine équipe. De toutes façons, depuis le siècle dernier, il semble que chaque acquéreur successif des Cahiers, d’abord attiré par le renom du titre, n’ait songé ensuite qu’à s’en débarrasser au plus vite. Affaire à suivre.

Les César, donc, et cette soirée "historique" du 28 février 2020.
Elle fut surtout aussi ennuyeuse à regarder que les précédentes, présentée par une animatrice aux saillies souvent pathétiques, rythmée par des prestations parfois drôles (Emmanuelle Devos), parfois désolantes (Jean-Pierre Darroussin, qu’on pensait plus élégant, écorchant délibérément le nom de Polanski), parfois dignes (Emmanuelle Bercot et Claire Denis). Quant aux postures affichées par Adèle Haenel et Céline Sciamma, l’interprétation en est double : on peut tout autant y voir une réaction d’exaspération naturelle devant le triomphe d’un ennemi honni que l’humiliation de ne pas avoir été élue par la profession, ni pour leur film ni pour sa réalisatrice. Ne revenons pas sur l’éditorial de notre dernier numéro, notre position n’a pas évolué : la Justice doit trancher et pas Facebook ni la meute.
Une telle soirée ne fait que renforcer notre refus des cérémonies inutiles. Lambert Wilson a raison, qui demande l’abolition du principe même des César. Mais on sait qu’il s’agit d’un vœu qui n’a aucune chance d’être exaucé.

Quant à ce numéro 400 (d’ailleurs 404, si l’on ajoute les numéros spéciaux - Wim Wenders (décembre 1989), Jonas Mekas (décembre 1992), Andrée Tournès (octobre 2012) et Alice Chardère (décembre 2016) -, nous avons résisté à la tentation d’en faire quelque chose d’exceptionnel, l’exceptionnel résidant dans le fait même qu’il paraisse.
Car des revues autrement solides ont mis récemment la clé sous la porte, comme CinémAction, des amis de la famille depuis plus de quarante ans et leur premier numéro de 1978, sur le cinéma de mai 68. De nombreux rédacteurs de Jeune Cinéma ont participé (ils les ont même parfois dirigés) aux dossiers trimestriels créés par Guy Hennebelle et continués après sa mort par Monique Martineau ; sans cesser d’y recourir, on regardera avec tristesse ces cent soixante-treize numéros, bien rangés sur les rayons de notre secteur "Revues", qui prend peu à peu des allures de nécropole.

Pas de bilan dans les pages qui suivent, pas d’examen rétrospectif de nos découvertes et de nos faiblesses depuis 1964, pas d’autosatisfaction, sinon celle d’avoir duré, sans déroger trop aux engagements des fondateurs, Jean & Ginette Delmas et Andrée Tournès. Pas de listes des meilleurs films pour les rédacteurs, car nous n’avons pas l’outrecuidance de croire que ces palmarès intimes puissent intéresser les lecteurs.
Mais il nous plaît de voir que, tout en accueillant de nouvelles signatures, ce sommaire réunit quasiment toutes les plumes encore vaillantes qui ont accompagné l’itinéraire de Jeune Cinéma, certaines depuis son aurore - félicitations à Bernard Chardère (dès le n° 1), qui persiste à ignorer l’âge-pivot, et à René Prédal, entré avec le n° 7, et qui n’a jamais quitté la maison. Faute de pouvoir tirer des salves d’avenir, réjouissons-nous de notre présent.

La revue a toujours aimé les francs-tireurs et les irréguliers.
Pourtant, fort curieusement, Gérard Mordillat n’a guère été abordé dans nos colonnes entre 1978 ( La Voix de son maître, son premier documentaire) et 2019 ( Mélancolie ouvrière, sa dernière fiction). Ce qui, eu égard à l’abondance et à l’intérêt de sa production - on ne compte plus ses films et ses livres -, représente un oubli dommageable.
Certes, une grande partie de son œuvre (comme sa tétralogie sur les religions), était destinée à la télévision, mais son édition en DVD aurait mérité une approche plus précise (cf., tout de même, Jésus et l’Islam, traité par René Prédal, n° 371-372, mars 2016).
Nous commençons à combler notre retard par ce premier débroussaillage, en forme de perspective cavalière sur son trajet et arrêt sur sa dernière réalisation (associé à Bertrand Rothé), Travail, Salaire, Profit. Suivront l’examen plus circonstancié de ses films de fictions, récemment réédités par Les Films du Paradoxe.

Avec la seconde partie de l’étude de l’œuvre de Bo Widerberg, il y aura de quoi nourrir notre prochain numéro pré-cannois - à moins que d’ici là, le Festival, tel un vulgaire Salon du Livre, ne soit victime du Covid-19. Nous vivons des temps passionnants.

Lucien Logette


 

SOMMAIRE JEUNE CINÉMA n°399-400, février 2020

 

Cinéma français

* Gérard Mordillat, de la source au delta, par Anne Vignaux-Laurent.
* Gérard Mordillat, un monde nouveau. À propos de Travail, salaire, profit, par Lucien Logette.

Du monde entier

* Les samouraïs dans les films japonais récents, par Andrea Grunert.

Patrimoine

Cinéma italien

* Mauro Bolognini, au-delà du style, par Jean A. Gili.
* Toto et son corps, par Élodie Hachet.
* Comencini, Risi, Petri en DVD, par Lucien Logette.
* Livres récents. Le cinéma italien dans les livres, par Lucien Logette. (Miche Sportisse, Alessandro Corsi, Jean Gili, Enrico Giacovelli)

* Bo Widerberg, l’autre Suédois (I), par Gérard Camy.
* Inferno 22 : Cette jouissance acéphale, par Jean-Paul Combe & Vincent Heristchi.

DVD

* Glanures, de Raymond Bernard à Salvador Simo, par Philippe Roger.
* Variétés, de Poudovkine à Gérard Philipe, par Robert Grélier.
* Chronique du printemps 2020, Un justicier dans la ville, par Jérôme Fabre.

Cinéma et peinture

* Toute la mémoire du surréalisme XII : Joan Miró, par Robert Grélier.
* Cinématisse, par René Prédal.

Expérimental

* S.M. Eisenstein par Kenneth Anger, par Nicolas Villodre.

Divagations

* D’une corde et de quelques nœuds, par Patrick Saffar.
* Super héros, séries télévisées…, par René Prédal.

Actualités

* L’Ombre de Staline, par Bernard Nave.
* Lara Jenkins, par Gisèle Breteau Skira.
* La Cravate, par Jean-Max Méjean.
* Benni, par Gisèle Breteau Skira.
* Adolescentes, par Nicole Gabriel.
* Radioactive, par Gisèle Breteau Skira.
* Filles de joie, par Jean-Max Méjean.
* Mes jours de gloire, par Fanny Pelinq.
* Vivarium, par Gisèle Breteau Skira.
* Dark Waters, par Philippe Roger.
* Nos mères, par Gisèle Breteau Skira.
* La Bonne Épouse, par Claudine Castel.
* Autonomes, par Nicole Gabriel.
* Si c’était de l’amour, par Jean-Max Méjean.
* Les Parfums, par Gisèle Breteau Skira.

Livres

* George Di Lallo, Kirk Douglas, par Lucien Logette.
* Fernand Deligny, Correspondance des Cévennes, par Robert Grélier.
* Renaud Victor, Présence proche, par Robert Grélier.
* Alain Riou, Instants critiques, par Gisèle Breteau Skira.
* Jean-Pierre Carrier, Dictionnaire du cinéma documentaire, par Robert Grélier.

Humeurs

* Le mot et l’image, par Bernard Chardère.
* Les Français jouent perso, par Bernard Chardère.


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