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Semaine télé du 13 au 19 juin 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 13 juin 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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* THX 1138 de George Lucas (1971).

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 13 juin 2020

 

20.50 : Déjà vu de Tony Scott (2006), Premier
Inédit, chose curieuse pour un titre de T.S., souvent bien servi par le câble. Il faut reconnaître à ses films des qualités spectaculaires certaines, à défaut de l’inspiration plus personnelle de son frère Ridley. Et toujours une direction d’acteurs (ici Denzel Washington) très soignée.

20.50 : Vatel de Roland Joffé (2000), Émotion
Unique passage le 13 août 2016 - on imagine le nombre de spectateurs devant leur poste… Grosse histoire (de l’Histoire même, malgré les entorses chronologiques), gros budget, grand public. Mais le film ne s’effondre pas sous son propre poids et Depardieu, il y a 20 ans, en cuisinier du prince de Condé attendant le poisson qui ne vient pas, n’était pas encore en roue libre. En plus, quelques acteurs que l’on aime, Tim Roth, Uma Thurman et Timothy Spall, et qui permettent d’oublier la présence d’Arielle Dombasle.

20.50 : Les Nuits blanches de Luchino Visconti (1957), Classic
Dernier passage le 12 février 2015. C’est le titre le moins célébré de Visconti, car il souffre d’être coincé, dans la filmographie de l’auteur, entre deux chefs-d’œuvre, Senso (1954) et Rocco et ses frères (1960). Alors, Maria Schell et son peu supportable sourire brouillé de larmes, comparée à Alida Valli et à Annie Girardot, ne pèse pas lourd. Mais Marcello M. est égal à lui-même et le décor, canal et ponts de Livourne recréés à Cinecitta, est admirable (et admirablement photographié par Giuseppe Rotunno).

22.15 : L’Écume des jours de Charles Belmont (1968), OCS Géants
Cette première adaptation du roman de Vian n’a pas eu de chance : sorti en avril 1968, il n’a pas pu toucher les spectateurs les plus à même de l’apprécier, les jeunes lecteurs ayant trouvé d’autres occupations durant le mois qui suivit. Une réédition en 1994, pourtant saluée, n’a pas suffi à redonner au film l’audience qu’il méritait. L’échec de l’adaptation de Michel Gondry lui donne une nouvelle ouverture - ainsi que sa sortie parallèle en DVD.

22.50 : Ennemi d’État de Tony Scott (1998), Premier
Second volet de la soirée consacrée au cinéaste, un bon thriller paranoïaque à la Pakula (on devrait compter les films où la CIA et la NSA sont mises en cause - avec raison). Pas Denzel W., mais Will Smith, presque aussi bon, et Gene Hackman, impeccable.

 

Dimanche 14 juin 2020

 

20.40 : Lola et ses frères de Jean-Paul Rouve (2018), OCS Max
Rouve est plus connu grâce aux films qu’il n’a pas réalisés (25 titres en 10 ans) que par ceux qu’il a réalisés (4 en 12 ans) et la saga des Tuche en a fait presque l’égal de Dany Boon au box-office. Mais les films qu’il signe, s’ils ont moins de spectateurs, sont nettement plus intéressants - Quand je serai petit (2012) est remarquable. Il a le tort de ne pas vouloir en rajouter, d’être trop discret, et c’est dommage, car ici, son histoire de fratrie (Ludivine Sagnier, José Garcia, Rouve lui-même) qui s’effiloche est justement décrite.

20.40 : Cold War de Pawel Pawlikowski (2018), OCS City
Fort curieusement, P.P. est considéré comme un jeune auteur prometteur, alors qu’il est né en 1957 et que ses films ont atteint la France depuis vingt ans. C’est sans doute à cause de Cannes et du coup de projecteur de sa sélection en compétition, justement pour ce film. Mais la critique avait déjà accueilli Transit Palace (2000) et My Summer of Love (2004) avec attention. Film "politique" ? Non, film d’amour tenace dans un contexte politique pas très joyeux - celui de la Pologne des années 50 puis 60 - sur fond de jazz. Les séquences parisiennes ne sont peut-être pas à la hauteur des polonaises mais la photo en noir & blanc, signée Lukasz Zal est superbe.

20.50 : Meurtre par décret de Bob Clark (1979), Classic
Pas inédit, mais aucun des autres propositions de Ciné+ ne l’est et c’est le film le moins souvent passé. Moins brillant que le film de James Hill, A Study in Terror (Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur, 1965), mais avec une distribution de haut niveau : Christopher Plummer, James Mason, Donald Sutherland, John Gielgud, Geneviève Bujold.

22.05 : Ida de Pawel Pawlikowski (2013), OCS Max
Programmé en 2015, 2016 et 2017, donc plus vraiment une découverte. Mais bonne occasion de rester dans l’univers en n&b de Pawlikowski (photo déjà due à Lukasz Zal).

22.30 : L’Île aux pirates de Renny Harlin (1995)
Cf. note du 10 septembre 2016.

 

Lundi 15 juin 2020

 

Que se passe-t-il ? Pas de programmation Patrick Brion ce soir sur France 5 ?
Déjà les vacances ? Ou le sursis accordé par la chaîne à ce créneau spécial nostalgique est-il révoqué ?

20.40 : Soirée Oliver Stone, avec The Doors (1991) suivi à 22.55 de Snowden (2015), pour mémoire, OCS Choc

20.40 : La Putain du roi d’Axel Corti (1990), OCS Géants
Premier film de Corti offerts sur le câble depuis 6 ans, ce qui est assez honteux. Certes, son œuvre cinéma est réduite (4 titres contre 25 téléfilms), mais sa magnifique trilogie Welcome in Vienna (1982-1986) mériterait plusieurs soirées - l’ensemble dure 9 heures. The King’s Whore ne dure que 127 mn, fort bien remplies, entre France et Piémont au 17e siècle. Valeria Golino, 25 ans, y est déjà remarquable, et Timothy Dalton prouve qu’il peut y avoir un après-James Bond.

20.50 : Une femme d’exception de Mimi Leder (2018), Club
Film d’une des rares cinéastes de film d’action (avec Kathryn Bigelow). On connaît surtout Mimi pour Le Pacificateur (1997), avec George Clooney) et Deep Impact (1998), chacun réussi dans leur propos. Ensuite, son nom disparaît des grands écrans au profit des petits, puisqu’elle tourne des dizaines de téléfilms et d’épisodes de séries. Elle est revenue au cinéma avec ce biopic d’une juge de la Cour suprême US, Ruth Bader Ginsburg, très hostile à Trump (elle a été nommée par Clinton), ce qui la rend déjà sympathique, outre son engagement pour la défense de l’égalité des sexes et du droit à l’avortement.

20.50 : Les Guerriers dans l’ombre de Charles Crichton (1948), Classic
Crichton est sans doute le réalisateur anglais de l’âge d’or qui a vu le plus grand nombre de ses titres programmés sur cette chaîne. Ce qui est une bonne initiative, car il s’agit d’un cinéaste dont les films - De l’or en barres (1951) ou Un tortillard pour Titfield (1952) - étaient plus célèbres que son nom - d’où sa découverte lors de la sortie de son ultime film Un poisson nommé Wanda (1988). Ce soir, un inédit, sorti en 1951 et à notre connaissance pas repris en salles depuis. Pas une comédie, un film de guerre tourné en partie en Belgique - d’où la présence d’acteurs belges et français, dont Simone Signoret, avant ses succès dans Dédée d’Anvers et Manèges.

 

Mardi 16 juin 2020

 

20.40 : Seconde soirée Oliver Stone, avec Savages (2012) suivi à 22.50 de Platoon (1986), pour mémoire (bis), OCS Choc

20.40 : Kramer contre Kramer de Robert Benton (1979), OCS Géants
Apparemment, jamais proposé sur le câble, ce qui est curieux, eu égard à sa célébrité. L’archétype du film de divorce, construit de telle sorte que le spectateur est forcément solidaire de Dustin Hoffman, largué brutalement par une Meryl Streep sans cœur qui, après réflexion, veut récupérer l’enfant qu’elle a abandonné. Pas vraiment féministe, mais tellement bien fignolé (5 Oscars).

20.50 : Les Tuniques écarlates de Cecil B. DeMille (1940), Classic
Ah, cette police montée canadienne qui a fait rêver tant de gamins ! Des justiciers poursuivant les malfaiteurs, entre Saskatchewan et Manitoba. Des flics, certes, mais avec panache, protégeant Sitting Bull lorsqu’il se réfugia au Canada. Le corps de la Royal Canadian Mounted Police a dû attendre le Technicolor pour être célébré. CBDeM a toujours été plus à l’aise, malgré qu’il en ait, dans ses films d’action que dans ses bondieuseries. Gary Cooper est un chevalier blanc qui vient aider la RCMP à venir à bout des méchants métis, Akim Tamiroff et George Bancroft, qui fomentent une révolte. C’est Madeleine Carroll qui séduit Cooper et non Paulette Goddard - elle venait de terminer Le Dictateur et le passage entre le monde de Chaplin et l’anticommuniste virulent qu’était DeMille a dû être délicat.

20.50 : L’Affaire Al Capone de Roger Corman (1967), TCM
Cf. note du 8 octobre 2017.

22.30 : Cosa Nostra de Terence Young (1972), TCM
1972 était l’année du Parrain, on comprend que la mode se soit emparé des mafieux. Terence Young n’était pas Coppola et son Valachi Papers ne plane pas aux mêmes hauteurs. Mais c’était un artisan sérieux et son film n’est pas ridicule. Charles Bronson, emprisonné, décide de collaborer (ne serait-ce pas le premier "repenti" ? À vérifier) et de tout dire sur Don Vito Genovese, parrain lui aussi emprisonné - Lino Ventura, dans un de ses rares rôles tardifs de méchant. Le scénario est signé Stephen Geller, excellent auteur de la Série Noire.

 

Mercredi 17 juin 2020

 

20.40 : L’Incroyable Histoire du facteur Cheval de Nils Tavernier (2018), OCS Max
Le palais du facteur d’Hauterives est un des hauts lieux poétiques du surréalisme (bien qu’il soit mort en 1924, quelques mois avant la parution du Manifeste de Breton). Il avait déjà été filmé par Brunius en 1937 (Violons d’Ingres), puis par Kyrou en 1958 (Le Palais idéal). Tavernier Jr a choisi Jacques Gamblin pour incarner Ferdinand Cheval et c’est un choix juste, car il illustre bien l’aspect lunaire et obstiné du personnage - 33 ans pour construire, suivant une inspiration venue en rêve, cette demeure inhabitable. Craignons que le film ne donne à ses spectateurs l’envie d’aller voir de près le palais, qui n’est jamais aussi beau que quand il n’a pas de visiteur.

20.50 : Soirée Sicario, Premier
Soirée Théma sur la chaîne, avec, selon la mauvaise habitude des programmateurs, la projection de la suite avant l’original (c’est toujours le cas, Rambo, Terminator et même Matrix). Donc d’abord Sicario : la guerre des cartels de Stefano Sollima (2018) suivi, à 22.50, par Sicario de Denis Villeneuve (2015), tous les deux avec Benicio del Toro et Josh Brolin, chacun d’un côté.

20.50 : College Rock Stars de Todd Graff (2009), Famiz
L’inconnu du soir, ni le titre ni l’auteur ne nous évoquant rien. Mais les rares recensions sont positives et un rédacteur sur IMDB baptise même le film de "surprise de l’été". Il semblerait que la bande musicale soit influencée par David Bowie, raison suffisante pour l’écouter.

20.50 : La Bonne Réputation d’Alejandra Marquez Abella (2018), Club
Inédit, ce qui est normal, le film n’étant sorti qu’en octobre 2019. La crise des années 80 au Mexique, qui conduit une bourgeoise à s’adapter pour ne pas perdre la face, éternelle histoire du qu’en dira-t-on. Le fait de ne connaître aucun des acteurs ajoute à la vraisemblance.

20.50 : Soirée Fernandel, Classic
À force d’ingurgitation forcenée des films de Louis de Funès, on a envie de revenir aux fondamentaux. Le Fernandel des années 50, celui de ce soir, est moins surprenant que celui des années 30 (période Pagnol ou Christian-Jaque) ou même 40 (période Jean Boyer). Mais, à 20.50, L’Auberge rouge de Claude Autant-Lara (1951) est un grand film, un des meilleurs du réalisateur et de l’interprète. Ceux qui suivent - à 22.30, Le Caïd de Bernard Borderie (1960), puis, à 00.00, Le Grand Chef de Henri Verneuil, 1959) - sont moins réussis, mais bien représentatifs des qualités et des défauts du comique.

22.20 : Des jeunes gens mödernes de Jean-François Sanz (2015), OCS City
Doc pas vu. Mais revenir sur le mouvement "möderne", qui a remué (un peu) le petit monde artistique - musique, graphisme, écriture - de la fin des années 80, est intéressant. Ça partait dans tous les sens, entre Yves Adrien, Alain Pacadis, le Palace, Marquis de Sade, Jacno, Maurice G. Dantec, Bazooka et son Regard moderne i tutti. Le vent de l’histoire a balayé tout ça, ne reste qu’Étienne Daho, qui a su tracer un chemin particulier. Il est toujours important de s’interroger sur les modes forcément éphémères et les traces qu’elles ont laissées.

 

Jeudi 18 juin 2020

 

20.40 : U-Turn d’Oliver Stone (1997), OCS Choc
L’hommage à Stone continue, avec un inédit (mais il a tant tourné qu’il en reste encore). Thriller de choc (le titre français était Ici commence l’enfer), dans un Arizona perdu, où les habitants sont à la hauteur de leur réputation de red-necks. Sean Penn, Jennifer Lopez, Nick Nolte, Billy Boy Thornton et Joaquin Phenix dans un de ses premiers rôles.

20.40 : An Eye for an Eye de Michael Moore (1966), Paramount Channel
Western inconnu, jamais sorti ici - il faut dire que ses vedettes, Robert Lansing et Pat Wayne, n’étaient pas des stars - et certainement mauvais, si l’on se réfère aux autres films du réalisateur, dont Paradis hawaïen (1966), un des pires Elvis Presley que l’on ait vus. Strictement pour les raffinés.

20.50 : Fleuve noir d’Erick Zonca (2018), Premier
Inédit. Drôle de trajet pour l’auteur de La Vie rêvée des anges, révélation de l’année 1998 : un film dans la foulée, Le Petit Voleur (2000), moyennement accueilli, un trou de huit ans puis Julia (2008, avec Tilda Swinton). Rien de nouveau durant huit ans et ce Fleuve noir (le film a mis deux ans à sortir), d’après un roman de Dror Mishani. Grosse distribution - Vincent Cassel (remplaçant Depardieu), Romain Duris, Charles Berling, Sandrine Kiberlain, Élodie Bouchez, Hafsia Herzi. -, mais le film semble boiter quelque peu (le tournage a été difficile).

20.50 : Bienvenue Mr. Marshall de Luis Garcia Berlanga (1953), Classic
Berlanga est absent des programmes depuis au minimum 2014, et pas sûr qu’il ait été tiré de l’oubli avant cette date. Durant les années 50, Juan Bardem et lui, souvent associés, représentèrent à eux seuls le cinéma espagnol - le franquisme ne brillant pas particulièrement par ses aspects culturels. Le film de ce soir conte une histoire datée, celle de l’attente des subventions aux Européens promises par le plan Marshall (qui s’en souvient ?), dans une comédie grinçante, bien interprétée par José Isbert et Fernando Rey, et décorée à Cannes d’un prix du scénario. On aimerait revoir les autres titres de Berlanga, certains très réussis, tels Le Bourreau (1963) ou Grandeur nature (1974, dans lequel Piccoli tombait amoureux d’une poupée gonflable).

 

Vendredi 19 juin 2020

 

20.40 : Soirée blanche sur OCS : aucun film inédit, tous étant passés depuis moins de deux ans. Idem pour TCM et Paramount Channel. Et sur Ciné+, Famiz repasse dans le même ordre les deux films d’animation de Wes Anderson programmés le 17 février 2020.

20.50 : The Client de Joel Schumacher (1994), Club
On peut reprocher bien des choses à l’auteur, sauf son efficacité - qui tient aussi à l’intérêt des scénarios qu’il illustre. C’est parfois limite, parfois contestable, parfois réussi. Comme ici, peut-être à cause de la force du roman original de John Grisham. Et Susan Sarandon, l’avocate la moins chère du Sud (1$ pour défendre Brad Renfro, 11 ans), et Tommy Lee Jones (+ Mary Louise Parker, pas à ses débuts mais presque) assurent pleinement.

20.50 : La Gueule de l’autre de Pierre Tchernia (1979), Classic
La sympathie qu’éveillait l’animateur de Monsieur Cinéma déteignait sur ses films. Aucun chef-d’œuvre parmi les quatre qu’il a réalisés (il était trop gentil, le grand comique doit être méchant), mais quatre titres fort agréables, sur des sujets toujours bien choisis, qu’il s’agisse du Viager (1971), des Gaspards (1974) ou de Bonjour l’angoisse (1988). En outre, ses copains acteurs se réjouissaient d’être là, Noiret dans Les Gaspards, et Serrault dans tous - ici avec Jean Poiret, auteur du scénario, et tout un wagon d’excentriques.



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