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Eva en août (2019)
de Jonas Trueba
publié le mercredi 5 août 2020

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 5 août 2020

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Cinquième long métrage du jeune réalisateur Jonas Trueba, déjà salué plus d’une fois par la critique et le public, La virgen de augusto, devenue en français Eva en août, pourrait être l’illustration métaphorique du passage de la Vierge sur terre dans un monde dénué de toute méchanceté et violence. Mais dans celui chaotique et perturbé d’aujourd’hui, l’étonnante douceur du film fait l’effet d’un ovni.
À Madrid, durant les fêtes religieuses du mois d’août, Eva (Itsaso Arana) décide, malgré les fortes chaleurs, de rester dans sa ville et de se promener solitaire à travers les rues. Son sourire illumine les rencontres et sa joie sincère la porte vers un optimisme et une foi inébranlable dans la nature humaine et dans les préceptes chrétiens.

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On peut voir la balade d’Eva, au hasard de ses déambulations comme un film rafraîchissant, tonique, rempli d’espoir, d’amitié et d’amour, dans l’esprit de certains films de la Nouvelle Vague, porteurs d’un désir de vivre différemment la vie. Eva pourrait être une héroïne de Éric Rohmer, évaporée, un peu provocatrice, très indépendante et désirante. Eva ne pleure pas, elle écoute et s’intéresse, parfois même elle console et redonne espoir.

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Les très beaux plans, la lumière voilée de l’été à travers les persiennes, la nuit dans la ville et les cadrages sur la silhouette et le visage expressif d’Eva rejoignent dans un accord parfait, des dialogues bien écrits.
On prend plaisir à vivre chaque instant de cette escapade estivale, les rencontres, le désir de connaître l’autre jusqu’à l’indiscrétion, prolonger à l’infini une conversation, entendre et chanter les chants révolutionnaires et les airs de flamenco de Solea Morante, dans un présent si immédiat que l’on croit même ressentir la touffeur de Madrid.

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Cependant, derrière l’insouciance d’Eva et de ses amis, transparaît l’inquiétude de se situer dans le monde, d’être de ce monde, plutôt que flottant ou simplement passant. Ces passants, comme semblent l’être les personnages du film, aussi versatiles que vacillants et fragiles face à la réalité, prennent néanmoins leur vie en mains, s’attachent à la choisir - l’un d’entre eux se sauvera malgré lui, ou est-ce Eva qui le sauve dans un élan d’amour. Elle est alors bel et bien la vierge d’août.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe


Eva en août (La virgen de agosto). Réal : Jonas Trueba ; sc : J.T. & Itsaso Arana ; ph : Santiago Racaj ; mont : Marta Velasco ; mu : Solea Morante. Int : Itsaso Arana, Vito Sanz, Isabelle Stoffel, Joe Manjon (Epagne, 2019, 129 mn).



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