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Plummer, Christopher (1929-2021)
Une vie, une œuvre
publié le dimanche 7 février 2021

par Anne Vignaux-Laurent
Jeune Cinéma en ligne directe

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Christopher Plummer (1929-2021) était canadien, né à Toronto, 217 films entre 1953 et 2021, dont pas mal de télévision, une longue carrière internationale en anglais et en français de près de 70 ans, avec de grands succès. Tout le monde connaît son visage et sa voix. Sans pour autant être forcément capable de l’identifier, sauf parfois par quelque silhouette fugitive presque anonyme de nos mythologies.

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C’est qu’il n’était pas une star à tapage, et n’appartenait pas aux réseaux people. C’était d’abord un comédien de théâtre, à Broadway, mais aussi à Londres, au National Theatre, avec Laurence Olivier.

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Même du temps où il était un beau jeune premier, il était cultivé, réservé, distingué, respecté, c’était un gentleman, comme l’a déclaré Justin Trudeau.

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Tous les médias citent la comédie musicale qui le fit démarrer dans le cinéma, La Mélodie du bonheur (The Sound of Music) de Robert Wise (1965). Mais il semble bien que le film, multi-oscarisé et triomphant au box-office à l’époque, aussi pour des raisons politiques, 25 ans seulement après l’Anschluss soit surtout connu des cinéphiles aujourd’hui, qui eux-mêmes, quand ils le revoient à présent, ne le placent plus forcément dans leur top ten.

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C’est qu’il y a quand même près de 60 ans, et les comédies musicales contemporaines, tardives donc, West Side Story (1961) ou My Fair Lady (1964) gardent plus de fraîcheur et de saveur que ce "sugarcoated lie" (selon un critique de mauvaise humeur), provincial de surcroît (depuis 1918, l’Autriche est une figure définitive de la province endormie).
Quoiqu’il en soit, Christopher Plummer adora travailller avec Julie Andrews et, à la suite de ce succès, s’engagea définitivement dans le monde du cinéma. Il tourna dès lors avec les plus grands, Sidney Lumet, Nicholas Ray, Anthony Mann, Terence Young, Blake Edwards, John Huston, John Boorman, Mike Nichols, Michael Mann, Ridley Scott... Et avec certains, plusieurs fois, Spike Lee, Atom Egoyan, Terry Gilliam.
Il ne fut premier rôle que chez des réalisateurs moins célèbres, et c’est doute la raison pour laquelle il est mal parvenu en Europe, malgré son jeu si british.

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Pas très bien repéré par le public, français en tout cas, il était pourtant reconnu par la profession, avec de multiples récompenses théâtrales et télévisuelles (Emmy Awards). Et puis, à 82 ans, en 2012, il reçut une avalanche de prix, dont son premier Oscar, en 2012, pour un second rôle dans Beginners de Mike Mills (2011), avec Mélanie Laurent.

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On se souvient de son Rudyard Kipling dans L’Homme qui voulut être roi (The Man Who Would Be King) de John Huston (1975).
Plus vrai que nature, aux côtés de Sean Connery et Michael Caine, il était un mur porteur du film.

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On se souvient aussi de son Sherlock Holmes dans Meurtre par décret (Murder by Decree) de Bob Clark (1979).
Avec James Mason-Watson, il y campe un curieux Holmes dont on a peu l’habitude, un peu sentimental et compatissant, et qui se fait tabasser plus souvent qu’à son tour. Populiste même : dès le début du film, dans un théâtre, alors que le roi arrive en retard et se fait huer par le poulailler, il marmonne "S’il veut se faire respecter, il devrait être plus discret". Bien loin de celui de Benedict Cumberbatch, le pète-sec un peu prétentieux de la série Sherlock de Mark Gatiss & Steven Moffat (2010-2017) qu’on a vu depuis, loin aussi de la sècheresse de la plupart de ses prédécesseurs.

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On se souvient plus spécialement d’un de ses derniers rôles, celui du richissime J. Paul Getty, dans Tout l’argent du monde (All the Money in the World) de Ridley Scott (2017). Nul ne sait ce qu’aurait donné Kevin Spacey, qu’il y avait remplacé au pied levé pour cause d’ennuis post-sexuels, mais Christopher Plummer s’y est révélé le plus juste imaginable, donnant une dimension particulière au grand radin, à la fin du film presque touchant.

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Certains de ses films, où il avait un rôle principal, sont sortis en France mais n’ont pas tenu longtemps, et on les a mal vus, comme par exemple L’Argent de la banque (The Silent Partner) de Daryl Duke (1978) où il était pourtant au sommet de sa maturité et de sa beauté.

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Sinon, on se souvient souvent de ses films, ou de ses mascottes - la mythique panthère rose avale tout sur son passage - plus que de ses personnages. (1)

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C’est le lot des grands "seconds rôles".
Mais qu’est-ce qu’un rôle principal sans protagoniste ?

Anne Vignaux-Laurent
Jeune Cinéma en ligne directe

1. Par exemple, Malcolm X de Spike Lee (1992), L’Armée des douze singes (Twelve Monkeys) de Terry Gilliam (1995), Le Nouveau Monde (The New World) de Terrence Malick (2005) ou Millénium : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes (The Girl with the Dragon Tattoo) de David Fincher (2011).



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