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Summer White (2019)
de Rodrigo Ruiz Patterson
publié le mercredi 18 août 2021

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°408-409, été 2021

Sortie le mercredi 18 août 2021

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Summer White est le premier long métrage de Rodrigo Ruiz Patterson. C’est un film qui observe les relations mère / fils et la difficile épreuve du passage à l’âge adulte. Rodrigo, jeune garçon solitaire, vit avec sa mère Valeria dans la banlieue de Mexico. Avec les années, l’absence du père a façonné entre eux des habitudes et quelques libertés déplacées, un attachement confus à la limite du trouble. "Tout passe par le regard" lui dit sa mère dans le film. Tout passe en effet par le regard.

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Pour Rodrigo, délaissé, c’est l’envie, le besoin et le désir de regarder, de voir et de savoir ce que fait sa mère en dehors de lui et sans lui. Il est sans cesse à l’affût. Lorsqu’elle revient un soir avec Fernando, son nouvel amoureux, il la guette, l’espionne et la surveille dans tous ses faits et gestes. Le rapport maternel et filial, l’affection, l’amour entre une mère et son fils, déstabilisés par l’absence d’un homme / d’un père sont autant de possibles déclinés par l’auteur avec acuité et justesse dans un climat où se disperse à la fois la tentation du voyeurisme et la fusion dangereuse. Les trois protagonistes, bien caractérisés, se partagent l’affection triangulaire et l’acceptation du bonheur de l’autre. Pour Rodrigo, celui de sa mère auprès d’un autre homme est inacceptable et lui déchire le cœur.

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Dans une intimité proche de l’indiscrétion, Rodrigo Ruiz Patterson filme les lieux clos, l’appartement, la voiture, la roulotte. Il fait de ces espaces son terrain d’étude et évalue la résistance de Rodrigo aux différentes situations. Lorsque Fernando emménage chez eux, il fuit et s’installe dans une vieille roulotte plantée au milieu d’une déchèterie.

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À partir de ce moment-là, le film prend une tournure plus romanesque et tourmentée. Rodrigo change, il développe une maturité, une force physique qu’il exhibe. Plus fort, plus beau, il semble en pleine possession de lui-même. La caméra, presque toujours avec lui, le traque dans ses moindres attitudes. Face à l’abandon de sa mère, il se retrouve désarçonné, révolté, entre la trahison et la violence. Mais le feu qui le dévore va exorciser son malheur et sa douleur.

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Sur un rythme assez lent, dans une atmosphère incandescente ponctuée de rares dialogues, le film est un parcours initiatique d’épreuves émotionnelles et de ressentiments. Rodrigo passe par toutes sortes de métamorphoses qui, après le drame, le conduisent à réfléchir et à pardonner.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°408-409, été 2021


Summer White (Blanco de Verano). Réal, sc : Rodrigo Ruiz Patterson ; sc : Raul Sebastian Quintanilla ; ph : Sarasvati Herrera ; mont : Ernesto Martinez Bucio. Int : Adrian Ross, Sophie Alexander-Katz, Fabian Corres (Mexique, 2019, 85 mn).



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