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Sommet des dieux (le) (2021)
de Patrick Imbert
publié le mercredi 22 septembre 2021

par Gérard Camy
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sélection officielle Cinéma de la plage du Festival de Cannes 2021

Sortie le mercredi 22 septembre 2021

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George Mallory et Andrew Irvine ont-ils atteint le sommet de l’Everest le 8 juin 1924 ? Le corps de Mallory sera retrouvé en 1999 mais pas son appareil photographique dont les clichés auraient pu attester de leur réussite ou de leur échec. À partir de ce mystère, Jirō Taniguchi a créé un célèbre manga, Le Sommet des dieux, adapté d’un roman éponyme de Baku Yumemakura.

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Fukamachi, un photographe alpiniste, part à la recherche du mystérieux Habu, un immense alpiniste, disparu depuis des années, et qui serait en possession du Kodak Vest Pocket de Mallory. Lorsqu’il le retrouve, il s’attache à ses pas malgré son hostilité.

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Subjugué par ce récit poignant, Patrick Imbert signe un remarquable film du même nom, démontrant, une fois de plus, combien l’animation est devenue une spécialité française. La qualité des dessins, la poésie qui s’en dégage, la délicatesse de la mise en scène donnent à cette histoire intense, à la fois récit d’aventure exaltant et quête d’un absolu oppressant et tant désiré, la profondeur d’une réflexion fondamentale sur le pourquoi de cette confrontation disproportionnée, mystique, quasi religieuse dans laquelle les alpinistes engagent leur être tout entier...

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Et même un peu plus. Les scènes d’escalade intégrés à un décor de montagne pratiquement photographique, sont belles et angoissantes et témoignent d’un monde de passionnés, assoiffés de conquêtes impossibles.
Fukamachi et Habu, par-delà leurs caractères différents, leurs rapports difficiles et leur égale détermination, dévoilent chacun leur vision de la montagne, leur sensibilité par rapport au risque permanent de l’escalade et au danger des altitudes extrêmes.

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La mort plane au cœur des massifs gigantesques, fait entendre sa colère dans le fracas des avalanches ou le sifflement incessant du vent le long des parois infinies. La bande sonore est d’ailleurs impressionnante et magnifique, mêlant les différents sons de la montagne à la fois inquiétants et violents, réalistes et oniriques, attirants et familiers, et une ample partition musicale signée Amine Bouhafa, à qui on devait déjà la sublime B.O. de Timbuktu de Abderrahmane Sissako (2014).
Une réussite totale, si loin de Everest, le sommet des dieux (Everesuto kamigami no itadaki), le film de fiction terne et bavard que le Japonais Hideyuki Hirayama avait réalisé en 2015 en s’inspirant du même roman.

Gérard Camy
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

1. Le Sommet des dieux (Kamigami no itadaki) est un manga de Jirō Taniguchi et Baku Yumemakura, paru entre 2000 et 2003. La version française est éditée par Kana entre mars 2004 et mai 2005.


Le Sommet des dieux. Réal : Patrick Imbert, d’après le manga Le Sommet des dieux de Jirô Taniguchi & Baku Yumemakura. Avec Lazare Herson Macarel , Eric Herson Macarel, Damien Boisseau, Elisabeth Ventura, Kylian Rehlinger, François Dunoyer, Luc Bernard, Philippe Vincent, Gautier Battoue, Marc Arnaud, Jérôme Keen (France, 2021, 90 mn).



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