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Gavaldón, Roberto (1909-1986) II (rebond)
Rétrospective en salles
publié le mercredi 15 décembre 2021

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

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En 2011, le Festival d’Amiens avait programmé une rétrospective Roberto Gavaldón, et Frédéric Gavelle avait largement présenté l’œuvre du cinéaste mexicain, en terminant ainsi : "Malgré les nombreuses qualités de ses films, la longévité et l’éclectisme de sa carrière, l’œuvre de Roberto Gavaldón reste encore largement méconnue en France. Et peu accessible : ici, on ne peut guère trouver qu’un coffret de cinq DVD réunissant quatre films de Emilio Fernández, et le seul Macario de Roberto Gavaldón". (1)

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Dix ans plus tard, pour Noël, les Films du Camélia nous font un beau cadeau, avec la sortie en salles de cinq films de ses films (2) Quelques jours avant, les spectateurs auront eu le temps de voir, et de savourer peut-être, le dernier-né de Pedro Almodovar, Madres paralelas, mais tiendra-t-il encore la route lorsque les mêmes auront découvert, ou redécouvert, ce génie du mélodrame, entre téléphones blancs et expressionnisme ? Surnommé justement le roi du mélodrame, Roberto Gavaldón (1909-1986) est l’un des pionniers de l’âge d’or du cinéma mexicain. Ses personnages tourmentés en proie aux sentiments les plus ardents, allant jusqu’à l’obsession et la révolte, et son style, inspiré du film noir américain, en font un grand peintre de la passion. Cinq films superbes, dans un magnifique noir & blanc, servis par des actrices et des acteurs hors pair, dans des décors sublimes. On ne peut que sortir galvanisés devant "la magie Gavaldón".

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Dans l’ordre chronologique de leurs sorties en France, on pourra voir La otra (Double Destinée), sorti en 1946 avec Dolores del Río, Augustín Irusta et Victor Junco. Cette histoire de sœurs jumelles et de destins mêlés ne va pas sans évoquer une atmosphère à la Luis Buñuel et laisse sans voix devant la justesse des émotions et des situations, même si le style mélo y est fièrement revendiqué.

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La diosa arrodillada (La Déesse agenouillée), film sorti l’année suivante, est interprété par María Felix, Arturo de Córdova et Rosario Granados. Le film raconte, encore en demi-teinte, les trahisons, et aborde le thème du double par le biais d’une statue qu’un riche aristocrate offre à sa femme et qui le poursuivra jusque dans le malheur. Et ça donne un film à l’ambiance érotique et mystérieuse.

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En 1950 sort En la palma de tu mano (Les Mains criminelles), avec Arturo de Córdova, Leticia Palma et Ramón Gay, qui raconte l’histoire terrible de Jaime Karin, un charlatan qui se fait passer pour un voyant extralucide pour escroquer les clientes de l’institut de beauté où travaille son épouse. Manipulation, chantage et escroquerie pimentent l’ambiance d’un film inoubliable et vénéneux.

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Un an plus tard, voici La noche avanza (La nuit avance) avec Pedro Armendáriz, Anita Blanch et Rebeca Iturbide. Le film fait un peu penser au néoréalisme italien, avec l’ambiance du sport (en l’occurrence la pelote basque, rarement montrée au cinéma) et les films noirs américains, en dressant le portrait d’un odieux joueur de ce sport, séducteur et manipulateur.

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Enfin, sorti quelque onze ans plus tard, Días de otoño (Jours d’automne), avec Pina Pellicer, Ignacio López Tarso et Lupe Carriles, est encore un superbe mélodrame, magnifiquement interprété et mis en scène, qui raconte de façon presque flaubertienne la solitude et le désœuvrement de Luisa qui a quitté sa campagne pour Mexico où elle travaille dans la pâtisserie de Don Albino.

Un florilège de mélos flamboyants comme on dit et qu’on n’a plus peur d’aimer. Préparez vos mouchoirs et retenez votre souffle. Attention voici cinq chefs d’œuvre !

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

1. "Lumières mexicaines", Jeune Cinéma n°344-345, printemps 2012.
En 2011, la Cinémathèque française a programmé une rétrospective Rétrospective Roberto Gavaldón, (13 avril-30 mai 2011), le surnommant le "roi du mélodrame mexicain", avec 15 de ses films sur les 55 que comporte son œuvre. La même année, le Festival international du film d’Amiens, 31e édition, a embrayé du 11 au 20 novembre 2011.

2. Films du Camélia. Cette rétrospective a été présentée, cet été 2021, au Festival de La Rochelle (FEMA), 49e édition.
On note que le le Festival Lyon-Lumière 7e édition, en 2015, dans le cadre du cycle Viva México, avait présenté deux films Double destinée et Macario.
Le Festival de San Sebastian, 67e édition, en 2019, l’avait redécouvert, avec 12 de ses films.


* Double Destinée (La otra). Réal : Roberto Gavaldón ; sc : RG, José Revueltas et Rian James ; mu : Raúl Lavista ; ph : Alex Phillips ; mont : Charles L. Kimball. Int : Dolores del Rio, Agustín Irusta, Víctor Junco, José Baviera, Conchita Carracedo. (Mexique, 1946, 98 mn).

* La Déesse agenouillée (La diosa arrodillada). Réal : Roberto Gavaldón ; sc : RG, Tito Davison, Ladislas Fodor, José Revueltas, Edmundo Báez, Alfredo B. Crevenna ; mu : Rodolfo Halffter ; ph : Alex Phillips ; mont : Charles L. Kimball. Int : María Félix, Arturo de Córdova, Rosario Granados, Fortunio Bonanova, Carlos Martínez Baena, Rafael Alcayde (Mexique, 1947, 107 mn).

* Mains criminelles (En la palma de tu mano). Réal : Roberto Gavaldón ; sc : RG, Luis Spota, José Revueltas ; mu : Raúl Lavista ; ph : Alex Phillips ; mont : Charles L. Kimball. Int : Arturo de Córdova, Leticia Palma, Ramón Gay, Consuelo Guerrero de Luna, Enriqueta Reza, Manuel Arvide (Mexique, 1950, 90 mn).

* La nuit avance (La noche avanza). Réal : Roberto Gavaldón ; sc : R.G., Jesús Cárdenas, José Revueltas, d’après une histoire de Luis Spota ; ph : Jack Draper ; mont : Charles L. Kimball ; mu : Raúl Lavista. Int : Pedro Armendáriz, Anita Blanch, Rebeca Iturbide José María Linares-Rivas, Julio Villarreal, Armando Soto La Marina, Juan García (Mexique, 1952, 85 mn).

* Jours d’automne (Dias de otoño). Réal : Roberto Gavaldón ; sc : Julio Alejandro, Emilio Carballido d’après Frustration de B. Traven ; mu : Raúl Lavista ; ph : Gabriel Figueroa ; mont : Gloria Schoemann. Int : Pina Pellicer, Ignacio López Tarso, Adriana Roel, Luis Lomelí, Graciela Doring, Hortensia Santoveña (Mexique, 1963, 95 mn).



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