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Ekberg, Anita (1931-2015)
Une vie, une œuvre
publié le dimanche 11 janvier 2015

par Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe

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En une seule séquence, la belle Suédoise est entrée dans la légende.
Et si la fontaine de Trevi, à Rome, voit défiler tant de touristes émerveillés, c’est parce que son bain nocturne, dans La dolce vita où, les bras tendus, elle murmure : "Marcello" fait partie de l’iconolâtrie collective.

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Anita Ekberg avait pourtant tourné bien d’autres films, une bonne soixantaine, mais c’est Fellini qui, en 1960, l’a élevée au rang d’étoile définitive.

Il fit de nouveau appel à sa créature trois fois, de façon purement décorative dans son sketch de Boccace 70, "Les Tentations du docteur Antoine" (1962), puis dans Les Clowns (1971) et dans Intervista (1987), non comme actrice mais comme invitée. Une sorte d’amie de la maison.

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Si La dolce vita lui apporta la gloire, ce fut un cadeau à double tranchant.

Dans ce qu’elle tourna ensuite, elle ne fut, la plupart du temps, qu’une image, même avec des cinéastes de qualité, tels André De Toth (Les Mongols, 1961), Robert Aldrich (Quatre du Texas, 1963), ou Vittorio De Sica (Sept fois femme, 1967).
Dans ses vingt films des années 60, il n’y a pas grand-chose à conserver.

En définitive, Fellini à part, c’est dans les années 50, à Hollywood et à Londres, que l’on trouve ses traces les plus intéressantes.

Le Golden Globe du meilleur espoir féminin qu’elle récolta pour son rôle dans L’Allée sanglante de William A. Wellman (1955) était mérité.
Et dans les deux films de Frank Tashlin, Artistes et modèles (1955) et Un vrai cinglé de cinéma (1956), elle était au diapason de Jerry Lewis.

On a un peu oublié - trop de monde sur l’écran - ce qu’elle faisait dans Guerre et paix de King Vidor (1956).
Mais elle était très bien, quoique toujours décorative (mais comment faire autrement ?), dans Zarak le valeureux de Terence Young (1957) et les deux petits films de John Gilling, Police internationale (1957) et Signes particuliers : néant (1958).

Elle était sans doute trop belle, et les réalisateurs ne l’ont souvent utilisée que pour sa plastique de "bombe suédoise". Dommage.

Elle était née le 29 septembre 1931, à Malmö.
Elle est morte le 11 janvier 2015, à Rocca di Papa, à peu près oubliée - juste une image.

Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe (dimanche 11 janvier 2015)

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