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Un sort pour éloigner les ténèbres (2013)
de Ben Rivers et Ben Russell
publié le samedi 21 mars 2015

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 18 mars 2015

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Ben Rivers et Ben Russell sont deux artistes au parcours atypique.

Ben Rivers s’intéresse aux individus en marge et réalise des films à la lisière du documentaire et de l’ethnographie, comme Sack Barrow, ou encore Two Years at Sea, sélectionné en 2011 à la Mostra de Venise.

Ben Russell est plus proche des expérimentations plastiques, et ses films font l’objet d’expositions dans différents musées.

Tous deux conçoivent le cinéma comme un langage artistique, dont la forme peut rejoindre aussi bien la performance ou l’installation que le cinéma expérimental.

Un sort pour éloigner les ténèbres est un triptyque évoquant la vie d’un homme et sa quête métaphysique.

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Trois parties donc, la première est une plongée sensorielle dans une communauté libertaire sur une île d’Estonie.
D’abord l’île, filmée presque de nuit, en de lents travellings sur l’eau et les terres au loin - on croirait le début d’un film de Philippe Grandrieux, mystérieux, sombre et silencieux -, puis plein jour, chacun s’affaire à quelque chose, se baigne, se repose, s’occupe des enfants. Nudité, soleil, la vie ensemble, merveilleuse, douce et tendre, un goût d’utopie ! Le rythme est nonchalant et tranquille.

Dans la deuxième partie, un homme s’éloigne du groupe et s’en va, seul, en Finlande. C’est presque du Werner Herzog dont les acteurs éprouvent sans cesse les limites humaines. L’homme est véritablement seul dans la nature austère, abrupte et rude.

Ce même homme, dans la troisième partie, chante dans un groupe de black-métal néo-païen en Norvège. À partir de là, il faut aimer le black-métal et les décibels. Mais la performance vaut le détour : body-art et action painting, gros plans fixes sur le visage en transe, fusion son-image, incandescence, rythmes déchaînés et vertigineux.

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Un sort pour éloigner les ténèbres est-il un conte initiatique, un voyage ésotérique, une quête mystique ?
C’est un film dont les images, souvent de très longs plans fixes, sont étrangement perceptibles, une sorte de volupté originelle composée à la fois de sensations corporelles et d’épreuves mentales.
Un film hors du commun, de l’ordre de l’expérience sensitive, charnelle, palpable et tangible.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe (mercredi 18 mars 2015)

A Spell to Ward Off the Darkness (Un sort pour éloigner les ténèbres). Réal, sc, ph, mont : Ben Rivers & Ben Russell. Int : A.A. Lowe, Hunter Hunthendrix, Marten Kaevats, Iti Kaevats (France-Estonie, 2013, 98 mn). Documentaire.

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