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Delannoy, Jean (1908-2008)
Brève
publié le samedi 9 mai 2015

Jean Delannoy (1908-2008)

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Old Gringo (samedi 9 mai 2015)

Un musée nous attend depuis un an, tous les samedis et tous les dimanches, à Bueil, dans l’Eure : le Musée du cinéma et de la photographie Jean Delannoy.

Et, depuis le 2 mai 2015, avec une exposition de quelques unes de nos plus grandes stars, qui, toutes, ont joué dans les films de Jean Delannoy : Morgan, Vlady, Girardot, Presle, Feuillère, Carol, Lollobrigida, Sologne. Et aussi des stars plus secrètes, pour les spécialistes et cinéphiles pointus, Mireille Balin, Suzy Carrier, Paulette Dubost, Annie Ducaux, Annie Duperey, Corinne Marchand, Sidney Penny.

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Jean Delannoy (1908-2008) est un cinéaste remarquable.
Cent ans de vie, une cinquantaine de films en soixante ans (1934-1995). Un pilier du cinéma français, couvrant toute la seconde partie du 20e siècle, dont tout le monde connaît au moins quelques titres, et que nul ne peut ignorer. (1)

Les petits messieurs de la Nouvelle Vague ne se gênèrent pas pour le balayer d’un méprisant "qualité française", afin de pouvoir rebattre les cartes, ce qui était probablement nécessaire. Du classiscime à l’académisme, il n’y a qu’un léger cordon sanitaire, facile à franchir, le style disparaît au profit de l’artisanat, solide ou pas, et ça peut aller jusqu’à la disparition de l’artiste : on connaît ses films, on ne sait pas de qui ils sont, et parfois même, on s’en fout.

La large œuvre de Jean Delannoy, issue de sa longue vie, c’est pourtant un mur porteur du patrimoine cinématographique français, et il est impossible à abattre. (2)

Sa fille a eu l’heureuse initiative d’ouvrir un musée à son nom, à Bueil : Musée du cinéma et de la photographie Jean Delannoy, et de le définir de belle façon : Espace des métiers et techniques de l’image.

Toutes les archives et les trésors de son père y sont rassemblés : affiches, innombrables photographies, bobines originales de films et extraits, avec un grand espace dédié à la prise de vues, avec des tables de montage du bon vieux temps et de tous formats.

Il y a une exposition permanente, notamment de matériels de tournage.

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Et puis il y a les expositions-événements.
L’inauguration s’est faite l’an dernier, le samedi 24 mai 2014, avec une expo sur Jean Gabin, son ami : "Gabin, 100 films, 134 millions de spectateurs".

"Les Actrices", c’est jusqu’au 30 septembre 2015, un chouette prétexte à week-ends, dès qu’il fera beau.

 

1. Il y a pas mal de films de Delannoy qu’on a aimés, avec du beau monde, et qui tiennent bien à la revoyure. On vous en cite quelques uns pour le plaisir :

* Macao l’enfer du jeu, scénario avec Roger Vitrac, avec Eric von Stroheim et Mireille Balin (1942).

* Les jeux sont faits, scénario de Pierre Bost et Jean-Paul Sartre, avec Micheline Presle, Marguerite Moreno, Danièle Delorme, Mouloudji (1947).

* Notre Dame de Paris, scénario de Jean Aurenche et Jacques Prévert, musique de Georges Auric, avec une distribution d’enfer : Boris Vian, Anthony Quinn, Alain Cuny, Gina Lollobrigida… (1956)

* Maigret tend un piège, dialogues de Audiard, un des meilleurs Maigret et un des meilleurs Gabin, avec Annie Girardot (1958).

* Les Amitiés particulières, scénario de Pierre Bost et Jean Aurenche où Michel Bouquet et Seigner étaient géniaux, avec un Didier Haudepin tout jeune (1964).

* Le Garçon sauvage, moins connu, mais avec un scénario de Henri Jeanson, une belle histoire, délicate et juste, du déniaisage d’un enfant, avec Madeleine Robinson (1951).
 

On pourrait aussi vous citer ceux qu’on n’aime pas, et que vous connaissez aussi bien : La Symphonie pastorale (Grand Prix du festival de Cannes 1946), Chiens perdus sans collier, L’Éternel Retour...
 

2. Dans sa collection vidéo, Mémoires du cinéma francais, de la Libération à nos jours (2008), Hubert Niogret le fait figurer en patriarche.

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