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Semaine télé du 31 octobre au 6 novembre 2015
Salut les câblés !
publié le samedi 31 octobre 2015

Samedi 31 octobre 2015

20.40 : Tir groupé de Jean-Claude Missiaen (1982), OCS Géants
Premier titre d’une trop courte filmographie. Missiaen fut un attaché de presse de catégorie A, un amateur éclairé du cinéma américain (son livre sur Cyd Charisse reste fondamental), puis un réalisateur prometteur. Après deux autres films, dont une Ronde de nuit fort réussie, et quelques téléfilms, le silence. C’est dommage.

20.45 : La Dame de Windsor de John Madden (1998), Émotion
Du côté du scénario, c’est du prêt-à-porter : le prince Albert, la reine Victoria, veuve rigide qui abandonne le devant de la scène et découvre d’autres rapports possibles avec les humains normaux. Un grand numéro pour Judi Dench, admirable, as usual.

20.45 : Milou en mai de Louis Malle (1990), Club
Au revoir les enfants (à 22.30) a des raisons pour être plus célébré que Milou. Toute bonne conscience mise de côté, on aime ce film lumineux, en roue libre dans la campagne gersoise, vision décalée de mai 68 et des effets de la révolution lointaine chez des bourgeois (par ailleurs sympathiques). Une distribution somptueuse, Piccoli en tête.

20.50 : Duel de Steven Spielberg (1971), D17
Spielberg a-t-il jamais fait mieux que ce téléfilm gonflé en 35 pour devenir film ? Non. Il aurait pu arrêter sa carrière là et laisser tout de même une trace remarquable dans l’Histoire. On y retrouve toutes les qualités formelles et narratives qui se sont peu à peu éparpillées, au fil de productions de plus en plus dispendieuses.

22.15 : I Love You, je t’aime de George Roy Hill (1979), TCM
Honte, mais nous avions oublié que Laurence Olivier intervenait dans cette adaptation du (bon) roman de Patrick Cauvin / Claude Klotz. Après avoir été au sommet, à l’époque de Butch Cassidy et de L’Arnaque, Hill est en chemin d’être mis dans le placard aux souvenirs. Arte a récemment ressorti Le Monde selon Garp. À quand Abbatoir 5, d’après Vonnegut ?

Dimanche 1er novembre 2015

Quelle soirée sans découvertes, entre Le Doulos, La Ruée vers l’Ouest, Trainspotting, Fanny ! On peut se rabattre au moins sur :

20.40 : Meurtre en suspens de John Badham (1995), Paramount Channel
En VO, Nick of Time. Badham n’est pas un auteur, mais un excellent réalisateur de genre et on aimerait que des cinéastes plus cotés aient tourné des films aussi réjouissants que Blue Thunder ou War Games. Ici, avec Johnny Depp et Christopher Walken, c’est tout bon.

20.45 : Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de François Dupeyron (2003), Numéro 23
Omar Sharif a tourné douze autres films avant sa mort, mais c’est celui-ci qui restera dans notre mémoire, et le César du meilleur acteur n’était pas usurpé. Étrange Dupeyron, insaisissable à travers tous les titres qu’il a tournés depuis presque trente ans - mais jamais décevant.

22.30 : L’Albatros de Jean-Pierre Mocky (1971), Classic
La grande époque pour JPM. Il ne tournait qu’un film par an, n’était pas encore le roi du bâclage et des économies. Le diptyque Solo / L’Albatros, encore tout frémissant de Mai 68, a sans doute pris un coup de vieux. Ça n’empêche pas d’aller y (re)voir d’un peu plus près.

23.00 : Ce que le temps a donné à l’homme par Sandrine Bonnaire (2015), Arte
Pas vu. Mais un documentaire sur Jacques Higelin tourné par Sandrine Bonnaire, pas d’hésitation. Elle a prouvé avec Elle s’appelle Sabine, le film sur sa sœur, qu’elle savait cueillir l’essence des gens. Lui, à travers cinquante années et plus de scène et d’écran, demeure un des song-and-dance man français les plus remarquables. De cette rencontre, il doit bien sortir quelque chose.

00.00 : Un homme à brûler de P. & V. Taviani & Valentino Orsini (1960), Classic
Dernier passage sur la chaîne - on n’avait pas repéré les autres, sinon le film aurait été souligné prioritairement. Il s’agit du premier film des frères T., longtemps inédit ici sauf dans le réseau des ciné-clubs de la Fédération Jean-Vigo. Seul de son espèce, Jeune Cinéma lui a consacré quatre articles entre 1967 et 1983. Alors…

00. 15 : Volga en flammes de Viktor Tourjansky (1934), France 3
Patrick Brion clôt son cycle franco-patrimonial avec ce film peu connu d’un cinéaste déraciné, qui, entre 1921 et 1962, a tourné partout où il pouvait tourner en Europe. Il faudrait vérifier, mais Volga en flammes est peut-être le premier de la vague d’inspiration russe qui a envahi la fin des années 30. Albert Préjean en lieutenant du tsar, il faut se pincer pour y croire, mais il y a Danielle Darrieux, 17 ans à peine, et déjà fort assurée.

Lundi 2 novembre 2015

18.55 : Le Petit Prince de Stanley Donen (1974), Paramount Channel
En explorant d’autres horaires que ceux des soirées, on tombe sur ce film dont on ne soupçonnait même pas l’existence (pas de traces de sortie en France) : Saint-Exupéry à la sauce musicale, peut-être le sirop du conte en devient-il supportable ?

20.45 : Still the Water de Naomi Kawase (2014), Club
Kawase, on adore ou on temporise. Si l’on est dans la bonne disposition, on peut s’abandonner à cette narration poétique, qui prend le temps qui lui semble nécessaire pour délivrer son propos, la vie, la mort, la Nature, tout ça. Ensuite, on peut faire une remise en condition sur la chaîne Action. Mais Kawase, c’est également parfois très bien (voir bientôt An).

20.45 : La guerre est finie d’Alain Resnais (1966), Classic
Un des films les plus explicitement "engagés" de Resnais, sur un scénario autobiographique de Jorge Semprun. Un noir & blanc superbe, un Yves Montand très juste dirigé au cordeau, et la découverte de Geneviève Bujold.

00.25 : A Touch of Sin de Jia Zhangke (2013), Club
Le film le plus costaud du meilleur cinéaste chinois de la ixième génération (on ne les compte plus). Quatre portraits de personnages déviants, un panorama terrifiant de la société actuelle, à savourer d’urgence, avant la sortie de son dernier Mountains May Depart, beaucoup moins satisfaisant.

Mardi 3 novembre 2015

Même en cherchant dans les coins, très peu de titres ce soir qui n’aient pas déjà été programmés plusieurs fois.
On peut revoir Million Dollar Baby, L’Homme des hautes plaines, Hors d’atteinte", Suzanne, Convoi de femmes, tous déjà signalés.
Aparté : On peut également regarder quelques DVD choisis, comme La terre fleurira, anthologie des films réalisés sur la fête de L’Huma (éd. Les Mutins de Pangée), Benjamin Péret, poète (éd. Seven Docs) ou La Femme bourreau de Jean-Denis Bonan (éd. Luna Park), toutes choses que l’on ne verra jamais sur le câble.

Mais tout de même :
20.45 : Looking for Eric de Ken Loach (2009), Club
Très jolie idée de scénario que ce mélange réalité / rêve imaginé par Paul Laverty que Loach a filmé avec sa sincérité habituelle. La description du quotidien de Steve Evets, postier amateur de foot que ses beaux-fils, ados semi-délinquants, épuisent, est à la hauteur de tous les grands titres loachiens. L’intervention de Cantona, son idole, va éclairer sa vie. Le grand Éric est magnifique, lâchant ses aphorismes abscons comme des perles.

22.40 : Mercuriales de Virgil Vernier (2014), Club
Encore un représentant, avec Betbeder, Peretjatko, Cisterne, Triet, Quillévéré, etc., du "nouveau nouveau" cinéma français. Un cran en-dessous, peut-être, mais le tableau de la société vue de Bagnolet et les rêves des jeunes sont intéressants.

Mercredi 4 novembre 2015

20.40 : Les Guerriers de la nuit de Walter Hill (1979), Paramount Channel
Était-ce le premier film sur les gangs de jeunes new-yorkais ? Sans doute pas. Mais le premier à atteindre ce degré de violence, entre dénonciation et fascination. Au point qu’il fut interdit plusieurs mois en France, avant de connaître une sortie normale (quoique limitée d’abord aux + de 18 ans). On a vu pire depuis.

20.40 : Four Faces West d’Alfred E. Green (1948), OCS Géants
Western assez rare, signé par un cinéaste très estimable et qu’il conviendrait d’hommager un jour à la Cinémathèque, plutôt que bien d’autres réalisateurs convenus. Joel McCrea est bon, comme toujours, et il y a la belle Frances Dee, star du second rayon.

20.45 : Le Hobbit… la désolation de Smaug de Peter Jackson (2013), Premier
Le deuxième morceau de la trilogie d’après Tolkien. Nous n’avons jamais été fanatique de la saga de Bilbo lorsqu’elle fut accessible en français dans les années 70. Et ce ne sont pas les adaptations, pourtant irréprochables de Jackson, qui nous ont convaincus. Plein les yeux, certes, mais… Puisque beaucoup aiment, alors pourquoi pas ?

20.45 : Le Dernier des Mohicans de Michael Mann (1992), TCM
Seule incursion, très réussie, de Mann dans le passé de l’Amérique. L’histoire, imaginée par Fenimore Cooper, d’Uncas et de son père Chingachgook a connu plusieurs versions, jamais vues, sauf la première, justement célèbre, celle de Clarence Brown & Maurice Tourneur (1920). Alan Roscoe n’était pas aussi glamour que Daniel Day-Lewis. Une curiosité : Patrice Chéreau en général français en mission au Québec.

23.40 : Grigris de Mahamat-Saleh Haroun (2012), Club
Moins puissant que son précédent Un homme qui crie (2010), le film de Haroun est très touchant et pas seulement par le handicap de son héros à la jambe folle - ce qui ne l’empêche pas de danser de façon étonnante. Le Tchad des pauvres, des mafieux locaux, des petits boulots et des gros trafics.

Jeudi 5 novembre 2015

20.40 : Scream de Wes Craven (1996), Teva
On avait échappé aux films d’Halloween. Rattrapons-nous avec ce retour aux sources, le premier et le meilleur des quatre Scream qui se sont succédés. Drew Barrymore, la dernière de la lignée, y fut très remarquée, mais on a une petite préférence pour Neve Campbell.

20.40 : Hollywoodland d’Allen Coulter (2006), TCM
L’enquête sur la mort de George Reeves, interprète de la sérié télévisée Superman. Parfaite reconstitution du Hollywood de la fin des années 50 et parfaite interprétation de Ben Affleck (primé à Venise).

20.40 : De bon matin de Jean-Marc Moutout (2011), OCS Max
Bonne idée de consacrer une soirée au cinéaste (La Fabrique des sentiments, 22.15), qui n’a rien tourné après ce film et c’est triste. Depuis Violence des échanges en milieu tempéré (2003), on a noté son nom parmi ceux des réalisateurs qui ont quelque chose à dire et le font bien.

20.45 : Crossing Guard de Sean Penn (1995), Paris 1ere
Le réalisateur est parfois plus convaincant que l’acteur : les quatre films qu’il a signés sont parmi les plus notables que le cinéma américain nous a proposés depuis vingt-cinq ans - voir The Pledge ou Into the Wild. Celui-ci dépasse le sujet casse-gueule du simple film de vengeance, grâce à Nicholson, toujours étonnant lorsqu’il est maîtrisé par son directeur.

20.45 : Classe tous risques de Claude Sautet (1960), Classic
Le premier film reconnu par Sautet (après Bonjour, sourire, pourtant pas si mal). Naissance d’un auteur et d’un style ; sur un scénario tendu, le film reste un modèle d’efficacité. La séquence du hold-up tournée "pour de vrai" dans les rues de Milan en caméra cachée est une référence à son homologue de Gun Crazy, filmée dans les mêmes conditions.

22.15 : A Girl at My Door de July Jung (2014), Club
Très curieux polar coréen, quasi immobile : une inspectrice fraîchement nommée dans un village de la côte prend sous sa protection une gamine au comportement étrange. Crime, soupçons, l’attirail habituel est là, mais l’atmosphère créée échappe au tout-venant.

Vendredi 6 novembre 2015

20.40 : Les Cheyennes de John Ford (1964), TCM
L’adieu de Ford au genre, mais un bel adieu, même sur un petit écran. L’auteur avait évolué : entre les Indiens descendus comme des pipes à la foire de Stagecoach, puis les guerres indiennes vues du côté de la 7th Cavalry, l’automne des Cheyennes (le titre original) n’est que sympathie et compassion pour les tribus décimées. Jamais trop tard.

20.40 : Le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot (1943), OCS Géants
Certes, chacun l’a vu, revu et rerevu. Mais, malgré tous ces regards successifs, le film résiste et le plaisir pris à retrouver la petite ville française déchirée par les soupçons et les lettres anonymes demeure intact. On le reverra en pensant à Raymond Chirat qui un jour nous a nommé tous les seconds et troisièmes couteaux au fur et à mesure qu’ils apparaissaient sur l’écran.

20.55 : Les Heures souterraines de Philippe Harel (2014), Arte
Pas vu, puisqu’il s’agit d’un téléfilm inédit. Mais, malgré ses hauts et ses bas, Harel est un réalisateur qui doit être suivi attentivement.

22.40 : Henri-Georges Clouzot de Gilles Nadeau (2014), OCS Géants
Pas vu, mais le sujet oblige à le regarder. Avec plaisir, on espère.

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