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Semaine télé du 2 au 8 janvier 2016
Salut les câblés !
publié le samedi 2 janvier 2016

Samedi 2 janvier 2016

20.40 : Un Américain à Paris de Vincente Minnelli (1951), TCM
La chaîne nous offre un mois Minnelli. À vue de souvenirs, il n’y a pas grand-chose à négliger, entre ses musicals éblouissants et ses mélos à vous chambouler les intérieurs. On commence par la plus célèbre des comédies musicales - ce n’est pas celle que l’on préfère, malgré sa somptuosité, mais il y en aura d’autres.

20.40 : Le crime était presque parfait de Michael Curtiz (1947), OCS Géants
Non, ce n’est pas celui d’Hitchcock ! Tant mieux, car Dial M for Murder est loin d’être le meilleur de sir Alfred. Ce n’est pas le plus grand Curtiz non plus, mais Claude Rains justifie le voyage - et Audrey Totter, donc !, disparue il y a juste deux ans.

20.45 : Coquillages et crustacés d’Olivier Ducastel & Jacques Martineau (2005), Club
Les films du tandem sont irréguliers, parfois réussis (Jeanne et le garçon formidable), parfois catastrophiques (Nés en 68), parfois superbes (L’Arbre et la forêt). Celui-ci fait partie du premier lot, à condition de ne pas être allergique à Valeria Bruni Tedeschi.

20.55 : Downton Abbey, saison 6, TMC
Vraiment la toute fin de la saga des Grantham. On va savoir enfin ce qu’il adviendra du domaine et de ses habitants. La série va nous manquer.

22.30 : Tous en scène ! de Vincente Minnelli (1953), TCM
Enfin, le musical qui fait jeu égal avec Chantons sous la pluie. À savourer de bout en bout, de la rencontre initiale d’Astaire avec Ava Gardner jusqu’à son étreinte finale avec Cyd Charisse. Tout est admirable, la danse nocturne dans Central Park, le ballet "Girl Hunt", le plus beau de l’ère chrétienne. Aussi magnifique la cinquantième fois que la première.

22.30 : Sin City de Robert Rodriguez & Frank Miller (2005), Frisson
Belle adaptation de la bd de Miller, dans laquelle Tarantino a trempé un doigt, connivence avec Rodriguez oblige. Un très beau traitement de l’image, aussi intéressante que sur le papier. Et la bande d’acteurs (Willis, Rourke, Owen, Del Toro) autour de Jessica Alba, quel plaisir !

23.15 : Assurance sur la mort de Billy Wilder (1944), Polar
Pour une fois que la chaîne passe un film en VO, n’hésitons pas à augmenter son audience. Pour revoir Barbara Stanwyck en garce blonde platinée, en lisant le dernier numéro de JC.

00.20 : Madame Bovary de Vincente Minnelli (1949), TCM
Les derniers feux de la soirée Minnelli. Jennifer Jones était-elle la meilleure Emma B. envisageable ? Pas sûr - mais Valentine Tessier chez Renoir et Isabelle Huppert chez Chabrol, non plus. Mais James Mason fait un Flaubert impeccable et Gene Lockhart un Homais parfait.

Dimanche 3 janvier 2016

20.40 : Mariage royal de Stanley Donen (1951), OCS Géants
Jane Powell est une gentille actrice, sans plus - il faudra attendre 22.10 pour retrouver Cyd Charisse. Mais Astaire est royal, comme dans le titre, et sa danse sur les murs et au plafond continue à nous ravir.

22.10 : Beau fixe sur New York de Gene Kelly & Stanley Donen (1955), OCS Géants
Pour mémoire, puisque on l’a déjà recommandé le 24 décembre. Mais pourquoi s’en priver ?

00.10 : Les Espions de Fritz Lang (1928), TCM
On parvient avec peine à se retrouver parmi les multiples bandes d’espions, russes ou japonais, mais qu’importe ? Laissons-nous porter. La copie est magnifiquement restaurée, rendant sa puissance à la photo de F.A. Wagner. Gerda Maurus est étonnante en comtesse Sonya, et, pour les amateurs, il y a la trop rare Lien Deyers (on la reverra la même année dans La Sainte et le fou de Dieterle).

01.20 : Nude Nuns With Big Guns de Joseph Guzman (2010), Ciné FX
Le film ne tient pas les promesses du titre, car les nonnes ne sont pas dénudées tout le temps. Mais sister Sarah manie le fusil à pompe avec une telle habileté pour déquiller son confesseur (qui a sorti un flingue de son missel truqué) que l’on reste pantois. Une perle de série Z.

Lundi 4 janvier 2016

20.40 : La Chambre des officiers de François Dupeyron (2001), OCS Choc
La guerre de 14, vue du point de vue des gueules cassées. Pas facile à traiter, mais Dupeyron s’en sort, comme d’habitude, très bien. C’est sur la marche en dessous de Johnny Got His Gun, mais ce n’en est pas si loin.

20.40 : Le Désordre et la nuit de Gilles Grangier (1957), OCS Géants
Encore un Grangier à découvrir, qui vient compléter ses très grands films avec Gabin, Gas-oil et Le Sang à la tête. Il y a Darrieux, irréprochable, mais aussi Nadja Tiller, dont on comprend que le vieux Gabin en tombe amoureux.

20.45 : Mary à tout prix de Bobby & Peter Farrelly (1998), Émotion
Deux positions avec les films des frères trashy : où on s’en détourne en pinçant le nez ou on se tape sur les cuisses. Ce n’est pas très léger, mais il y a dans cette ode à Cameron Diaz des moments de pur délire scato tout à fait savoureux.

21.00 : Voulez-vous danser avec moi ? de Michel Boisrond (1959), TV5
Ce que tournait Boisrond à l’époque (sa série des Comment… ?) était considéré comme des bluettes indignes, juste bonnes à consommer immédiatement. Mais on s’aperçoit que ses films ont parfois bien mieux vieilli que certains autres labellisés et qu’il y règne un air du temps fort agréable, surtout lorsque c’est Bardot qui s’en occupe, comme dans Une Parisienne ou ici.

22.10 : Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir (1932), OCS Géants
Vérification faite, le film n’est pas passé sur le câble depuis plus d’un an (ce qui n’est pas le cas, hélas, du remake signé Gérard Jugnot). Alors, en piste pour revoir Michel Simon dans un de ses deux plus beaux rôles, et Charles Granval en bourgeois au grand cœur.

22.15 : Commando pour un homme seul d’Étienne Périer (1971), Classic
Curieux film d’espionnage, où tout semble au second degré, pas tant à cause du jeune Anthony Hopkins (il n’a pas joué que des valets stylés ou des cannibales) que de Robert Morley, qui campe un chef-espion au troisième degré, digne de Peter Sellers. Et Nathalie Delon, en pleine forme - mais qu’est-elle devenue ?

01.15 : Celui par qui le scandale arrive de Vincente Minnelli (1960), TCM
L’heure est tardive, mais le film doit sans doute repasser à des heures plus honnêtes. Pas question de louper un seul Minnelli ce mois-ci. Ce soir, c’est du lourd, du grand roman américain moulé à la louche, avec des jeunes prometteurs (les deux George, Hamilton et Peppard), Mitchum et surtout Eleanor Parker, qui n’a pas tourné que des films d’aventures exotiques.

Mardi 5 janvier 2016

20.40 : Un fauteuil pour deux de John Landis (1983), Paramount Channel
Une comédie sociale, une des premières sur l’univers de la finance - trente ans déjà ! - qui nous avait fort réjoui à l’époque. Le monde a vieilli depuis, on verra si le film a tenu le coup.

20.45 : Les Aventures de Pinocchio de Luigi Comencini (1972), Famiz
Quel film ! Comencini, aussi cynique qu’il pouvait être (voir Le Grand Embouteillage ou L’Argent de la vieille), changeait de registre lorsqu’il prenait pour un héros un enfant - voir L’Incompris, Eugenio ou cette superbe recréation du monde de Collodi, celle que Benigni a ratée.

21.00 : La Boule noire de Denis Malleval (2014), TV5
Téléfilm d’après un roman peu connu de Simenon, avec un Bernard Campan remarquable. Toutes les adaptations du romancier doivent être vues, même les moins réussies (ce qui n’est pas le cas de celle-ci, Malleval étant un des plus fiables réalisateurs TV), car il y reste toujours quelque chose de l’écrivain.

22.25 : Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne (1982), OCS Géants
Un beau scénario du cinéaste, aidé par Jean-Claude Carrière, sur un fait divers historique : est-ce le vrai Martin qui revient au village ou un imposteur ? L’ambiguïté fonctionne à plein et les deux Martin, Depardieu et Donnadieu, qui n’ont pas été choisis pour leur désinence commune, mais pour leur carrure, sont impressionnants.

Mercredi 6 janvier 2016

20.25 : A Master Builder de Jonathan Demme (2013), Sundance Channel
Dans cette adaptation de Solness le constructeur d’Ibsen, dédié à la mémoire de Louis Malle, on retrouve Wallace Shawn et André Gregory, comme dans My Dinner With André. Demme n’a pas gommé l’aspect théâtral, au contraire, et c’est tant mieux, car les acteurs en sont magnifiés.

20.45 : The Ryan Initiative de Kenneth Branagh (2014), Premier
Après avoir été apprécié, au moment de Peter’s Friends et de Au beau milieu de l’hiver, Branagh a été peu à peu ignoré comme réalisateur, alors que l’acteur continuait à avoir du succès (cf. ses enquêtes de l’inspecteur Willander). Il convient de ne pas perdre le cinéaste de vue, comme ici, où il adapte Tom Clancy - et Keira Knightley est meilleure que dans les pubs Chanel.

22.25 : The Grandmaster de Wong Kar-wai (2013), OCS City
Les amateurs des variations romantiques de In the Mood for Love ou My Blueberry Nights ont été surpris : quoi, Wong tournant un film d’art martial ? Shame ! En fait, il renouait avec sa manière d’il y a vingt ans, ces Cendres du temps de fameuse mémoire. Cette biographie du maître de Bruce Lee, toujours avec Tony Leung, est fort plaisante.

00.00 : La Toile d’araignée de Vincente Minnelli (1955), TCM
Drame médical. Par bonheur, on n’est pas chez Frank Slaughter mais chez William Gibson. Widmark en directeur d’un hôpital psychiatrique, c’est une trouvaille, et Minnelli a choisi un casting haut de gamme : Lauren Bacall, Charles Boyer, Gloria Grahame et des rescapées de l’âge d’or, Lillian Gish et Fay Wray. Tout ce joli monde en vase clos, ça bouillonne.

00.35 : Rumba de Dominique Abel, Fiona Gordon & Bruno Romy (2008), OCS Max
Pour qui ne connaît pas ces drôles de lurons, il vaudrait mieux commencer par L’Iceberg, leur premier film, afin de les découvrir dans l’ordre. À défaut, on savourera cet humour étrange, sans guère d’équivalent dans le cinéma actuel, trop rare - trois films en dix ans.

Jeudi 7 janvier 2016

20.40 : Un week-end à Paris de Roger Michell (2013), OCS Max
Michell ne traite pas que de jeunes héros romantiques : ses amoureux ont trente ans de mariage et leur lune de miel parisienne est la seconde. De la guimauve ? Que non pas ! De l’émotion en concentré. Et Jim Broadbent et Lindsay Logan sont parfaits.

20.45 : Un prophète de Jacques Audiard (2009), Premier
La chaîne programme une soirée Audiard et choisit deux très grands films, ses meilleurs jusqu’à maintenant. Celui-ci méritait largement la Palme d’or que le réalisateur a obtenu six ans plus tard. Niels Arestrup est génial, comme toujours.

21.00 : The Truman Show de Peter Weir (1998), D8
La vie de Truman Burbank, individu ordinaire observé depuis sa naissance par une caméra et qui vieillit en direct devant les spectateurs de la télé. L’idée est belle de cette existence spectacularisée - on la trouve chez Philip K. Dick, dans L’Œil dans le ciel et La Vérité avant-dernière - et joliment menée par Weir. Et c’est bien mieux que Plus belle la vie.

22.15 : La Fabian de Dominique Besnehard (2015), Classic
Documentaire sur celle qui a traversé le cinéma français depuis soixante ans, grâce à Rohmer, Deville, Buñuel, Malle, Demy, Rivette, pour s’en tenir aux têtes de série, aussi crédible en Madame Claude qu’en grand-mère de Guillaume Gallienne. Le film est respectueux, sans hagiographie, et la Fabian fait preuve d’un enthousiasme quasiment juvénile.

22.25 : Survivre de Baltasar Kormakur (2012), Émotion
Il faut garder un œil attentif sur ce réalisateur islandais, happé désormais par Hollywood, mais qui n’a rien tourné d’indifférent depuis 101 Reykjavik et Jar City. Et cette histoire de pêcheur hauturier naufragé et miraculé en est la preuve.

23.15 : De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard (2005), Premier
Arestrup toujours génial, comme plus haut + Romain Duris, un peu moins velléitaire que chez Klapisch. Du grand cinéma.

00.40 : Brigadoon de Vincente Minnelli (1954), TCM
Encore un grand film, un chef-d’œuvre si l’auteur avait été un peu plus inventif dans certaines scènes dialoguées, trop statiques. Mais on peut le ranger à la bonne place dans le placard "amour fou", sur les rayons "puissances du rêve" et "amour qui annule le temps". La robe jaune de Cyd surgissant du brouillard des siècles, la noce au village, la danse sur la colline aux bruyères, tout est somptueux.

Vendredi 8 janvier 2016

20.40 : Star Trek II de Nicholas Meyer (1982), OCS Géants
Si l’on est amateur de la série filmée, pas question de rater le deuxième épisode. Meyer n’est pas de la taille de Wise, son prédécesseur, mais il n’est pas négligeable, rappelons-nous son très intéressant C’était demain (1979). Dix ans plus tard, il signera le numéro 6 de l’épopée.

21.00 : Gamera 3, la revanche d’Iris de Shusuke Kaneko (1999), Ciné FX
C’est la soirée des sequels : ou bien on a suivi la première série (1965-1980), déjà passées sur la chaîne et il ne faut pas s’arrêter (d’autant que le dernier épisode, Gamera l’héroïque (2006), passe à 22.45, histoire de mettre un point final). Ou bien les grosses bêtes nippones nous ont laissé indifférent et on persiste à les ignorer.

21.00 : Set Fire to the Stars d’Andy Goddard (2014), Sundance Channel
Pas vu, mais le sujet est appétissant, qui met en scène un épisode de la vie de Dylan Thomas. Comme, par ailleurs, le Goddard en question a signé plusieurs épisodes des saisons 2 et 3 de Downton Abbey, pourquoi ne pas lui faire confiance ?

22.40 : Room 237 de Rodney Ascher (2012), Club
Après la projection de Shining sur la même chaîne, à 20.45, un documentaire sur la démence interprétative des fanatiques du film, comme il y en eut autour de 2001 et son fœtus astral. Rafraîchissant.

00.30 : Lame de fond de Vincente Minnelli (1946), TCM
Septième film de l’auteur, après cinq comédies musicales. Le titre original est plus évocateur : Undercurrent décrit mieux les tropismes souterrains du couple Katharine Hepburn-Robert Taylor et les relations secrètes de ce dernier avec Robert Mitchum, son frère dans le film, bien plus convaincant.

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