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Semaine télé du 16 au 22 janvier 2016
Salut les câblés !
publié le vendredi 15 janvier 2016

Samedi 16 janvier 2016

20.20 : 36 de Nawapol Thamrongrattanarit (2012), Sundance Channel
Noté le 15 août dernier, avant de le voir. Bonne pioche : même si c’est de l’école d’Apichatpong W., c’est intéressant tout de même. Un peu radical, certes, mais suffisamment court (70 mn) et découpé en séquences (les 36 du titre) pour que l’attention ne se relâche pas.

20.40 : Comme un torrent de Vincente Minnelli (1958), TCM
"Le" grand mélo américain - il faut reconnaître que le roman de James Jones fournissait tous les éléments propres à l’invention de Minnelli. Sinatra descend, sac sur l’épaule, du Greyhound qui le ramène à Parkman Indiana, et tout s’envole. Dean Martin et son chapeau indécollable, Shirley MacLaine, sa dégaine et son maquillage dégoulinant. V.M. filme tout ça comme une comédie musicale sans musique. Parfait.

20.45 : Les Favoris de la lune d’Otar Iosseliani (1984), Club
C’est dans les années 80 que l’auteur a fait ses deux plus beaux films, dont son chef-d’œuvre, Et la lumière fut. Mais celui-ci n’en est pas loin et la sarabande des objets qui courent d’un propriétaire à l’autre est réjouissante - rien de commun, hélas, avec les récents titres d’O.I. Apparaît ici un tout jeune débutant, qui disparaîtra pendant presque dix ans, avant de s’installer durablement, Mathieu Amalric.

20.45 : Le Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel (1964), Classic
La rencontre Buñuel-Mirbeau ne pouvait que faire des étincelles, et don Luis a parfaitement capté l’aspect noir et cynique des aventures de Célestine. Jeanne Moreau est plus à l’aise dans le rôle que Paulette Goddard chez Renoir ou Léa Seydoux chez Jacquot.

23.40 : Morse de Tomas Alfredson (2008), Premier
Le premier film arrivé ici de cet excellent cinéaste suédois (il a signé ensuite deux des Millenium), série B horrifique très réussie.

00.00 : Lune de miel de Michael Powell (1960), Classic
Juste pour vérifier que Powell n’a pas toujours travaillé dans le génie. Si l’on aime la danse - Ludmilla Tcherina, Leonide Massine - et l’Espagne des cartes postales. Heureusement, il a tourné tout de suite après Peeping Tom.

00.40 : Le Pirate de Vincente Minnelli (1948), TCM
La deuxième et avant-dernière rencontre entre Gene Kelly et Judy Garland. L’histoire est amusante, la chorégraphie athlétique (le numéro avec les Nicholas Brothers est remarquable), la musique entraînante (la chanson Be a Clown deviendra Make ’em Laugh dans Chantons sous la pluie) et le rouge Kalmus toujours aussi aveuglant.

Dimanche 17 janvier 2016

19.00 : Le Cœur des hommes de Marc Esposito (2003), Émotion
C’est la punition du jour pour ceux qui n’ont pas été sages : voir à la suite les trois Cœur des hommes (20.45 et 22.35). Même Plus belle la vie semblera ensuite préférable.

20.40 : L’Homme qui voulut être roi de John Huston (1975), TCM
Déjà recommandé en septembre, mais qui se plaindrait de le revoir ?

20.45 : The Barber de Joel & Ethan Coen (2001), Club
Un Coen Bros étonnant, sans effets, dans un noir & blanc magnifique, quasi mutique. Sans doute le moins connu des films du tandem, mais pas le moins attachant.

20.45 : Appelez Nord 777 de Henry Hathaway (1948), Classic
Sans doute moins surprenant désormais, mais le film fit grande impression en son temps, par son tournage sur le terrain : le film de policiers n’avait pas encore envahi la rue et James Stewart sur les trottoirs de Chicago, on s’y croyait.

22.50 : Mullholand Drive de David Lynch (2001), Premier
On peut embarquer une nouvelle fois à bord du vaisseau Lynch, il y a toujours quelque chose que l’on n’a pas saisi la fois précédente ; et, à force, on finira peut-être par tout comprendre de ce superbe rébus.

00.00 : Les Aventures de Pinocchio de Luigi Comencini (1971), Famiz
Pour ceux qui l’ont raté le 5 janvier, à une heure plus honnête.

01.00 : Ça s’est passé à Rome de Mauro Bolognini (1960), France 3
Très belle adaptation par Moravia de sa nouvelle, avec l’aide de Pasolini. Les quelques films réalisés par Bolognini entre 1958 et 1960 sont de toute beauté et renvoient les équivalents français de l’époque à leur faiblesse. Les Jeunes Maris, Les Garçons, celui-ci, peuvent être vus et revus sans crainte.

Lundi 18 janvier 2016

20.40 : Piazza Fontana de Marco Tullio Giordana (2012), OCS Choc
Giordana n’est pas Francesco Rosi, mais il ne démérite pas. Sa reconstitution de l’attentat d’extrême droite de décembre 1969 est tout à fait bien venue. L’occasion d’apprécier le travail de deux des acteurs italiens actuels les plus intéressants, Valerio Mastandrea et Pierfrancesco Favino.

20.45 : Only Lovers Left Alive de Jim Jarmush (2013), Club
Le film a été méchamment ignoré lors de sa présentation cannoise, et un peu réhabilité lors de sa sortie. Mais pas suffisamment. Il n’est pas trop tard : c’est le meilleur Jarmush depuis longtemps, une modernisation du thème du vampire, intelligente et belle. Tilda Swinton est, comme d’habitude, étonnante, aussi puissante que dans le film de Lynne Ramsay, We Need to Talk About Kevin.

20.45 : Les Douze Salopards de Robert Aldrich (1967), Classic
Tarantino n’a pas osé en mettre autant dans son western. Le film a créé un sous-genre, même s’il n’était pas le premier. Il est programmé dans le cadre d’une soirée Charles Bronson, mais ce n’est pas à lui que l’on pense immédiatement, plutôt à Marvin et à Borgnine, autrement plus performants.

22.45 : Dead Man de Jim Jarmush (1995), Club
Belle idée de clore la soirée Jarmush par son plus beau film (jusqu’à Only Lovers), et un des plus fascinants de l’histoire du cinéma (mais si !).

01.45 : Les Deux Orphelines vampires de Jean Rollin (1997), Ciné FX
Pour mémoire, car le film passe très souvent - dans la nuit du 12 au 13 janvier 2016, on pouvait le voir sur Action et FX au même moment, avec un léger décalage qui permettait d’en faire une déconstruction narrative tout à fait plaisante. À part ça, les deux orphelines sont bien plus appétissantes que les héroïnes habituelles de Rollin.

Mardi 19 janvier 2016

Soirée noire, côté découvertes ou surprises.

On peut revoir pour la quatorzième fois Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah (23.05, Classic), pour la huitième fois Victor, Victoria de Blake Edwards (22.55, OCS Géants - en regrettant de ne pas voir plus souvent Georges et Georgette (de Le Bon & Schunzel, 1934) qui en est l’original) -, pour la cinquième fois Midnight Express d’Alan Parker (20.45, Club), pour la troisième fois Rocky IV de Sylvester Stallone (20.40, TCM), pour la seconde fois De l’or pour les braves de Brian G. Hutton (20.45, Classic), et vérifier que Les Misérables de Robert Hossein (20.45, Famiz) est la moins réussie (mais moins éprouvante que celle de Lelouch) des versions du roman. Que reste-t-il ?

22.20 : The Canyons de Paul Schrader (2013), OCS Choc
Inconnu au bataillon - les films de Schrader ne sont plus guère distribués ici depuis une décennie et plus. Intéressant donc sur le papier (il y a Lindsay Lohan), on en saura plus après.

22.40 : 1001 grammes de Bent Hamer (2014), Club
Un régal pour les amateurs de cet humoriste glacé (il est Norvégien), qu’on avait découvert avec Kitchen Stories (cf. JC n° 283, juillet 2003).

22.55 : Valse avec Bachir d’Ari Folman (2008), OCS City
Toujours aussi efficace, huit ans après le choc de la première vision.

00.10 : La Nouvelle Vie de Monsieur Horten de Bent Hamer (2007), Club
Indispensable pour avoir une vision plus précise de cet auteur passionnant, qui, depuis Eggs (1995) n’a pas cessé de nous étonner, côté absurde et incongruité. Ce conducteur de train qui part à la retraite est un personnage tout à fait dans la lignée hamérienne.

Mercredi 20 janvier 2016

Triste soirée, de nouveau, sauf à revoir Million Dollar Baby d’Eastwood (20.45, Émotion), Chut… chut… chère Charlotte d’Aldrich (20.45, Classic), Pale Rider de Clint Eastwood (20.40, TCM), tous déjà programmés et reprogrammés.

On peut se fixer sur OCS Max, qui présente à la suite deux films traitant exactement le même sujet, l’imposture de l’écrivain pilleur de manuscrit, thème vieux comme le monde. Mais comme les deux titres ne font pas grimper au plafond… on hésite : Un homme idéal de Yann Gozlan (2015), 20.40 et The Words de Brian Klugman & Lee Sternberg (2012), 22.25)

20.40 : White God de Kornel Mundruczo (2014), OCS City
Le meilleur réalisateur hongrois d’aujourd’hui, avec son film le moins concluant, loin de Johanna et de Delta. Un débat après la projection.

22.15 : Des chevaux et des hommes de Benedikt Erlingsson (2013), OCS City
Pas vu, mais les Islandais, écrivains ou cinéastes, méritent toujours que l’on jette un œil sur leur productions. Comment peut-on être Islandais ?

00.40 : L’Horloge de Vincente Minnelli (1945), TCM
Petit film étonnant de la part de V.M. Un soldat rencontre une fille dans la gare de New York, ils visitent la ville et se marient avant qu’il ne reprenne le train. En noir & blanc, sans fioritures ni rebondissements. Judy Garland et Robert Walker sont très à l’aise au milieu des vrais gens.

Jeudi 21 janvier 2016

20.40 : À l’ombre des potences de Nicholas Ray (1954), Paramount Channel
Un Ray moins fréquenté que ses films célèbres. James Cagney était-il un bon acteur de western ? Pas sûr. Il assure, comme toujours - il ne fut jamais mauvais. Mais Viveca Lindfors est plus à l’aise que lui.

20.40 : Le Secret de la liste rouge de Robert Lynn (1965), OCS Géants
La chaîne continue à sortir de son grenier des films dont on ne sait rien signés par des cinéastes dont on n’a rien vu. Bravo ! Ici, Steve Cochran en tête d’affiche, ce qui donne envie, et Hildegarde Knef, pareil.

20.45 : All Is Lost de J.C. Chandor (2013), Émotion
Pour ceux qui n’étaient pas devant l’écran le 28 octobre dernier (2015). Présence obligatoire ce soir.

20.45 : Raphaël ou le débauché de Michel Deville (1971), Classic
Après une décennie de comédies sur les pointes, presque toutes admirables de légèreté, Deville vire au sombre, tout en gardant son élégance d’écriture. Magnifique histoire d’amour romantique. Une veuve, un libertin. Et le plus beau rôle de Maurice Ronet.

20.55 : Wolf Hall de Peter Kosminsky (2014), Arte
On a pris l’habitude de regarder la chaîne tous les jeudis, car elle fournit des séries étrangères inédites, parfois mini-série en trois ou quatre épisodes, parfois en plusieurs soirées. Après l’excellente série australienne The Code et la très bonne française En immersion, c’est le tour d’une anglaise, historique (Henry VIII), en trois épisodes d’une heure. La suite jeudi prochain, si ça en vaut la peine.

22.25 : Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer (1969), Classic
Puisque la soirée est dédiée à Françoise Fabian, on peut se laisser aller à revoir le film de Rohmer ; avant tout pour elle, car le badinage moral (moralisateur ?) de l’auteur continue à nous laisser de marbre.

01.00 : Le Tsunami et les cerisiers en fleurs de Lucy Walker (2011), Sundance Channel.
Vu par hasard la semaine dernière sur cette même chaîne. Court (55’) documentaire sur Fukushima et après, par la réalisatrice de l’extraordinaire Countdown to Zero (2010), qui demeure un des meilleurs films d’alerte nucléaire. Celui-ci est également à déguster : pas de commentaires, juste des survivants qui parlent. Pour tout savoir sur les noms successifs des fleurs du cerisier selon leur épanouissement…

Vendredi 22 janvier 2016

20.40 : Black Book de Paul Verhoeven (2006), OCS Choc
Verhoeven revient au premier plan de l’actualité, puisque le festival de la Cinémathèque "Toute la mémoire du monde" lui offre un hommage en février - on ne pensait pas qu’il était patrimonialement si important… Son évocation des Pays-Bas sous l’Occupation est très réussie, classiquement. On est moins amateur du film qui suit, sur la même chaîne, à 23.00, Hollow Man, l’homme sans ombre (2000).

20.45 : Neuf mois ferme d’Albert Dupontel (2013), Émotion
Oui, ça fait trois fois qu’on le recommande. Mais quand on aime, on ne compte pas.

20.45 : Land of Plenty de Wim Wenders (2004), Club
W.W. a entamé, depuis le début du siècle, sa traversée du désert. Il tourne beaucoup (neuf films en quinze ans), mais seuls ses documentaires sont bien accueillis. Ses fictions tombent à plat ou restent inédites (The Palermo Shooting, 2008). C’est dommage, car pas toujours mérité. Ainsi pour ce film pas mal tordu et ambigu, mais fort personnel.

20.45 : Charlie et ses deux nénettes de Joël Séria (1973), Classic
Après son Mais ne nous délivrez pas du mal mémorable, Séria a tourné ce petit film charmant, avec Jeanne Goupil et Nathalie Drivet, les deux nénéttes, et Serge Sauvion, le marchand forain. Tous ceux qui l’ont vu à l’époque (pas très nombreux, hélas) se souviennent encore de la fraîcheur et de la grâce de la chose, digne de Jacques Rozier première manière.

20.55 : Little Feet d’Alexandre Rockwell (2013), Sundance Channel
Pas vu, mais on a un bon souvenir de son In the Soup, que l’on aimait tellement qu’il avait fait la couverture du n° 217 (octobre 1992) de JC. Pourquoi ne pas faire un arrêt sur Sundance ?

21.00 : L’Oasis des tempêtes de Virgil Vogel (1957), Ciné FX
Le film est en VF, mais on ne l’a jamais vu autrement. Si l’on aime les films fantastiques fauchés, on est servi. Mais le réalisateur n’est pas si manchot : s’il n’a fait quasiment que de la télévision (dont L’Homme de l’Atlantide), il avait tourné, avant cet oasis, un sympathique Le Peuple de l’enfer (1956), plein de taupes géantes.

22.15 : Séria Lover d’Emmanuel Barnault (2012), Classic
On connaît les documentaires tournés par l’auteur sur Scola, Risi, Miller, Vitti ou Perrin. On espère qu’il aura eu le même contact chaleureux avec ce cinéaste pas suffisamment reconnu.

22.45 : Le Médecin de famille de Lucia Puenzo (2013), Club
Le titre français est nul (l’original, Wakolda, sonne mieux) et risque d’égarer le spectateur. Le héros n’est pas un médecin mais la famille qui vient d’ouvrir une pension en Patagonie et qui accueille un gentil monsieur, dont on va découvrir le passé médical. La fille de Luis ne déroge pas : tout ce qu’elle signe est intéressant (rappelons-nous XXY).

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