L'actualité, ça ne se suit pas, ça se crée.
Il faut publier un texte sans se soucier de son rapport à l'actualité,
à la mode, au succès, à la notoriété.

Jean George Auriol

Journal de Wayne Hays (octobre 2021) II

 

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* Wayne Hays-édito 2021 ; 1er-15 janvier 2021 ; 16-31 janvier 2021 ; 1er-14 février 2021 ; 16-28 février 2021 ; 1er-13 mars 2021 ; 16-31 mars 2021 ; 1er-15 avril 2021 ; 17-29 avril 2021 ; 1er-15 mai 2021 ; 18-31 mai 2021 ; 1er-15 juin 2021 ; 16-30 juin 2021 ; 2-15 juillet 2021 ; 16-31 juillet 2021 ; 3-14 août 2021 ; 17-28 août 2021 ; 1er-15 septembre 2021 ; 16-30 septembre 2021 ; 1er-15 octobre 2021 ; 17-31 octobre 2021
 

Au fil du temps, tous les éditos
 

Voyage dans le temps.
 



Mercredi 27 octobre 2021

 

À Paris, le Saint-André des Arts fête ses 50 ans pendant une semaine (27 octobre-2 novembre 2021).

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Ce soir, l’ouverture est le même que celle de ses deux salles, le 27 octobre 1971 : un film dont personne ne voulait à l’époque, que le fondateur du cinéma, Roger Diamantis (1934-2010), accueillit, et qui resta 3 ans à l’affiche (300 000 entrées) :

* À 20h00 : La Salamandre de Alain Tanner (1971)


 

On note deux rendez-vous particuliers pour cette célébration, mardi 2 novembre 2021 :

* À 16h00 : Carte blanche à des réalisateurs qui ont voulu remercier par un film le cinéma Saint André des Arts.

* À 18h00 : Forum du cinéma parisien indépendant : Le modèle art-et-essai innovant face aux plateformes et aux difficultés d’accès aux salles et aux films.

Faites votre programme.

Bonne lecture :

* Axel Huyghe & Arnaud Chapuy, Le Saint-André-des-Arts. Désirs de cinéma depuis 1971, préface de Alain Cavalier, Paris, L’Harmattan, 2021.

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Bonne vision :

* Roger Diamantis ou la vraie vie de Élise Girard (2005).

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À Paris, à la Fondation Seydoux, commence un nouveau cycle : Savants fous et drôles d’inventions (27 octobre-23 novembre 2021).

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Aujourd’hui :

* À 14h00 : Dr. Jekyll et Mr. Hyde de John S. Robertson (1920).

En entier sur Internet (en ce moment).

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* À 16h00 : Programme Rayon de la mort avec deux films.

Le Rayon de la mort de Gaston Quiribet (1924).
Et
Le Rayon de la mort (Loutch smerti) de Lev Koulechov & Vsevolod Poudovkine (1925).

En entier sur Internet (en ce moment).

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Faites votre programme.


À Paris, à la Cinémathèque, commence la Rétrospective Phillip Noyce (27 octobre-7 novembre 2021)

Ce soir, ouverture :

* À 20h00 : Le Chemin de la liberté (Rabbit-Proof Fence) de Phillip Noyce (2002).
en sa présence et celle de Jason Clarke.


 

Faites votre programme.


À Paris, à Beaubourg, on a inauguré la nouvelle grande exposition de l’automne : Rétrospective Baselitz (20 octobre-7 mars 2022).


 

Réservation.

On rappelle que le musée est gratuit tous les premiers dimanches du mois.
Voir toutes les autres expositions en cours.


Toujours à Beaubourg, ce soir, on finit la visite des expositions, en assistant, à la BPI, à la soirée-rencontre mensuelle de le revue Images documentaires, dont la dernier numéro est paru : n°103-104 d’octobre 2021.

* À 20h00 : Arguments de Olivier Zabat (2019).
En sa présence.


 

Réservation.


Les sorties sur les grands écrans

* The French Dispatch de Wes Anderson (2020).

* Le Pardon (Ghasideyeh gave sefid), aka Ballad of a White Cow de Maryam Moghadam & Behtash Sanaeeha (2020).

* Le Périmètre de Kamsé de Olivier Zuchuat (2020).

* La Fracture de Catherine Corsini (2021).

Les ressorties en versions restaurées

* Pandora (Pandora (Pandora and the Flying Dutchman) de Albert Lewin (1951).

* Christine de John Carpenter (1984).

* Van Gogh de Maurice Pialat (1991).



Mardi 26 octobre 2021

 

À Paris, en divers lieux, commence le colloque international Nabokov et le cinéma (26-29 octobre 2021).
Il est organisé avec l’association Chercheurs Enchantés : Société française Vladimir-Nabokov.
Il débute ce soir à l’École normale supérieure (ENS), avec un film et une discussion, ouverts à tous en entrée libre (et sur inscription obligatoire), salle des Actes :

* À 20h00 : Lolita de Stanley Kubrick (1962).
Présentation par Marie Bouchet.


 

On note tout de suite que, du coup, la séance du ciné-club hebdomadaire de l’ENS du mercredi (demain) se situe également dans le cadre du colloque Nabokov et se déroule dans les mêmes conditions (en entrée libre et sur inscription)

Demain, salle Dussane :

* À 20h30 : La Défense Loujine de Marleen Gorris (2001).


 


À Paris, au Forum des images, tous les mardis, c’est Soirées 100 % doc (21 septembre 2021-10 juillet 2022). Il faut s’inscrire.

Ce soir :

* À 18h30 : Pour Waad de Manuela Morgaine (2021).
En sa présence.

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Faites votre programme des prochains mardis.

Les autres jours de la semaine, on découvre l’imaginaire (alphabétique) de Christophe Honoré, 100 séances (films et rencontres) : ABCD Honoré (22 septembre-5 décembre 2021)


 

Faites votre programme.


À Bâle, plus exactement à Riehen, la Fondation Beyeler célèbre le 275ème anniversaire de Francisco de Goya (1746-1828) : Goya (10 octobre 2021-23 janvier 2022).

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L’exposition présente 70 tableaux et plus de 100 dessins et gravures d’exception, venant de collections privées espagnoles et naturellement du Prado à Madrid.
Qui fréquente le Prado, reste hypnotisé par la relativement petite salle des Pinturas negras. Mais tout le monde ne sait pas leur histoire.
Elles proviennent de la maison de campagne que Goya avait achetée tardivement, en 1819, la Quinta del Sordo, 14 fresques peintes sur les murs en plâtre, avec des cadres de papier. Après la mort de Goya et avant que la maison ne soit démolie en 1909, elles furent transférées sur toile entre 1874 et 1878, et cédées au Musée du Prado en 1881.

À la Fondation Beyeler, en complément de l’exposition, on peut voir un film :

* La Quinta del Sordo de Philippe Parreno (2021).

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Ces fresques furent peintes par Goya, dans sa propre maison, pendant plusieurs années, sur plusieurs niveaux, et elles constituent comme l’héritage d’une vision du monde intime pour sa propre descendance. Désormais, ce sont des tableaux indépendants exposés dans une salle de musée, et leur sens premier a été perdu. Le projet de Philippe Parreno est de "réinventer l’espace originel entre ces peintures, de s’en approcher vraiment en éliminant les cadres, de s’y immerger, de tenter de reconstruire un espace diégétique disparu".

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Il fait le constat qu’elles ont été peintes dans une période trouble : Le volcan Tambora, sur l’île de Sumbawa en Indonésie, était entré en éruption en 1815. Le climat avait changé, et ce fut aussi à l’origine d’une grande famine. À la même époque, autour de cette "année sans été", sortait le Frankenstein de Mary Shelley (1818), et certaines œuvres de William Turner (1775-1851) témoignent aussi de l’angoisse du temps, que Philippe Parreno qualifie de "pré-science-fiction".
Il cite, à ce propos, l’écrivain uchroniste Neal Stephenson : "Lorsque vous écrivez de la science-fiction, il ne s’agit pas d’écrire sur l’avenir, il s’agit d’écrire sur un événement qui s’est produit à une autre époque - cela peut être le passé ou le futur, cela n’a pas d’importance. C’est un jeu avec le temps".


 


À Lyon, au Musée des Confluences, les expositions sont le reflet de notre temps, ce 21e siècle flageolant, qui vient à peine d’identifier l’Anthropocène.

* La Terre en héritage, du Néolithique à nous, en collaboration avec l’INRAP (2 avril 2021-30 janvier 2022).


 

* L’oiseau rare, de l’hirondelle au kakapo (18 décembre 2020 au 2 janvier 2022).

* Jusqu’au bout du monde, regards missionnaires (18 juin 2021-8 mai 2022).

* Sur la piste des Sioux (22 octobre 2021-28 août 2022).



Samedi 23 octobre 2021

 

À Paris, à l’Arlequin, avec le Goethe Institut, les Samedis du cinéma allemand  :

Aujourd’hui :

* À 11h00 : Phoenix de Christian Petzold (2014).


 


À Paris, à la Clef Revival, : Chronique de la banlieue.

Ce soir, à 19h30, deux films :

* Chronique de la banlieue ordinaire de Dominique Cabrera (1992).

* Une poste à la Courneuve de Dominique Cabrera (1992).
En sa présence.


 


À Paris, au Louxor, c’est ciné-club, animé par Jean-Pierre Pagliano.

Demain dimanche 24 octobre 2021, à 10h45, on y célèbre Pierre Prévert (1906-1988), avec deux films :

* Paris mange son pain de Pierre Prévert (1958).

* L’affaire est dans le sac de Pierre Prévert (1932).

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On note tout de suite le second rendez-vous, dimanche prochain, 31 octobre 2021 :

* À 10h45 : Voyage surprise de Pierre Prévert (1947).

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Pierre Prévert sur Jeune Cinéma :

* "Entretien avec Luce Vigo-Sand", Jeune Cinéma n°29, mars 1968

* "Pierrot mon ami, une vie, une œuvre", Jeune Cinéma n°183, octobre-novembre 1987.

* "Hommage", Jeune Cinéma n°188, mai juin 1988.

On se procure le DVD qui vient de sortir.


À Londres, au British Museum, a commencé la bande exposition de l’automne : Hokusai : The Great Picture Book of Everything (30 septembre 2021-30 janvier 2022).

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Après l’exposition Hokusai : beyond the Great Wave (25 mai-13 août 2017)...

... il s’agit des 103 dessins de Katsushika Hokusai (1760-1849) que le British Museum a acquis en 2020.


 

En attendant, avec tous les surfeurs, la Grande Vague, et en la redoutant aussi, comme tous les habitants de LA, près de la faille de San Andreas, ou ceux de Fukushima, on admire, ces dessins de "toutes choses", encore familières, qui menacent et rassurent.

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Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 23 au 29 octobre 2021.



Vendredi 22 octobre 2021

 

Bon anniversaire, Georges Brassens (1921-1981), cent ans aujourd’hui.


 

Sur France culture.


À Bruxelles, organisé par le Centre culturel coréen commence le Festival du film coréen 2021, 9e édition (22-30 octobre 2021).

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Le festival en est à sa 9e édition, mais cette année, pour célébrer le 120e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, le Korean Film Festival Belgium se déroule dans 2 pays, 4 villes et 5 cinémas. Au programme, une vingtaine de films sur le thème de l’amitié seront projetés à Bruxelles, Gand, Anvers et Luxembourg.


 

Ce soir, ouverture au Bozar :

* À 19h30 : Samjin Company English Class de Lee Jong-pil (2020).


 

Faites votre programme.


À Paris, au Grand Action, commence le festival Ici Vietnam 2021 (22-24 octobre 2021)

Ce soir, à 19h30, ouverture avec un court et un long :

* Live in Cloud Cuckoo Land de Phạm Hoàng Minh Thy & Vũ Minh Nghĩa (2020).

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Suivi de :

* Mein Vietnam de Tim Ellrich & Hien Mai (2020).
En leur présence.


 

Faites votre programme.


À Paris, à La Clé Revival, le Cycle Révolutions en est à #6.

Ce soir :

* À 19h30 : Puisqu’on vous dit que c’est possible de Chris Marker (1973).


 



Jeudi 21 octobre 2021

 

À Lisbonne, commence le festival international du documentaire Doclisboa 2021, 19e édition (21-31 octobre 2021).

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Au programme 2021 :

* Rétrospective Cecilia Mangini (1927-2021).

* Rétrospective Ulrike Ottinger.

* Les deux compétitions, internationale et portugaise

* Les sections, notamment : Cinema de Urgência, Da Terra à Lua, Heart Beat.

* La section Verdes Anos, consacrée aux jeunes réalisateurs européens, fête sa 10e édition.


 

Ce soir, ouverture avec un court et un long :

* À 21h00 : A Terra segue Azul quando saio do Trabalho de Sergio Silva (2021).

qui précède :

* Landscapes of Resistance (Pejzaži Otpora) de Marta Popivoda (2021)


 

Faites votre programme.


À Paris, aux Ursulines, où l’avant-garde règne depuis 1925, bientôt un siècle, c’est le lieu naturel du ciné-club de Cinédoc.

Ce soir, Villes. Stupeurs urbaines :

* À 20h00  : Ligne-Courbe de Ryszard Wasko (1973) ; Pestilent City de Peter Emanuel Goldman (1965) ; Les Sorties de Charlerine Dupas : L’Été de Joseph Morder (1979) ; Paris Joints de Vue de Dominique Willoughby (2016) ; Topic I & II de Pascal Baes (1989) ; Hong Kong Song de Robert Cahen (1989)
Présentation par Dominique Willoughby.


 


À Toulouse, à la Cinémathèque, en partenariat avec la Filmoteca de Catalunya, Cinespaña
continue, en fêtant les 150 ans de Segundo de Chomón (1871-1929).

Ce soir :

* À 21h00 : Segundo de Chomón, acccompagné par Raúl Cantizano.
Ciné-concert.

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À Paris, au Musée de l’Homme,
a commencé une exposition d’une brûlante actualité : Aux frontières de l’humain (13 octobre 2021-30 mai 2022).


 

Le parcours est en 6 parties : Je suis un animal d’exception ; Je suis un champion ; Je suis un cyborg ; Je suis un mutant ; Je suis immortel ; On va tous y passer.
Et on commence par le commencement, la première partir : l’œuvre du chimpanzé Congo en 1957.

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Mercredi 20 octobre 2021

 

À Paris, à la Cinémathèque, commence la Rétrospective John Sayles (20 octobre-13 novembre 2021).

Ce soir, ouverture :

* À 20h00 : Amigo de John Sayles (2010).
En sa présence.


 

Faites votre programme.


À Paris, c’est le jour du ciné-club de l’ENS, rue dUlm, salle Dussane.

* À 20h30 : On connaît la chanson de Alain Resnais (1997).


 


À Lyon, le Festival Lumière 2021 s’est terminé, mais les hommages à Bertrrand Tavernier (1941-2021) ne sont pas près de se tarir. Celui de Étienne George qui l’a bien connu sur les plateaux est essentiel.

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Aujourd’hui, à la Galerie Cinéma 3, le vernissage est en entrée libre :

* À partir de 18h30 : Souvenirs de Bertrand Tavernier.

Photographies de Étienne George.

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À Paris, à la Librairie Quilombo, qui a rouvert depuis un moment, on se retrouve.

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* À 20h00 : Rencontre avec Nedjib Sidi Moussaà propos de son dernier livre, Dissidences algériennes.

Il est l’auteur notamment de La fabrique du musulman : essai sur la radicalisation et la confessionnalisation de la question sociale, Paris, Libertalia, 2017 et de Algérie, une autre histoire de l’indépendance, Paris, PUF, 2019.

Bonne lecture :

* Nedjib Sidi Moussa, éd., Dissidences algériennes. Une anthologie, de l’indépendance au hirak, Toulouse, éditions L’Asymétrie, 2021.

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Sur France Culture.


Les sorties sur les grands écrans

* Nouvelle Donne (Reprise) de Joachim Trier (2006).

* First Cow de Kelly Reichardt (2019).

* Le Milieu de L’horizon de Delphine Lehericey (2019).

* Les Fantômes du Belvédère 
de Patrick Viret (2020).

* Les Héroïques de Maxime Roy (2020).

* Illusions perdues de Xavier Giannoli (2021).

* Tonton Manu de Thierry Dechilly & Patrick Puzenat (2021).

Les ressorties en versions restaurées

* Falbalas de Jacques Becker (1944).

* Soy Cuba de Mikhail Kalatozov (1964).

* Un ange à ma table (An Angel at My Table) de Jane Campion (1990).

* L’Île (Seom) de Kim Ki-duk (2000).



Dimanche 17 octobre 2021

 

On se retrouve à 15h00 du Grand Rex, on va vers le Pont Saint-Michel.

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Les 17 octobre, le site de Jeune Cinéma les commémore chaque année depuis sa création en 2014.
Et tous les collaborateurs de Jeune Cinéma papier, né en 1964, savent que les fondateurs, Jean Delmas, Ginette Gervais-Delmas et Andrée Tournès avaient signé le Manifeste des 121, et avaient témoigné au procès Jeanson.

Cf. la filmographie sur la Guerre d’Algérie.

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Mais cette année 2021 est particulière, puisqu’il s’agit du 60e anniversaire d’un massacre, à Paris, injustifiable, juste quelques mois avant les Accords d’Évian, le 18 mars 1962, qui mirent fin à cette "guerre sans nom", comme l’appelait Bertrand Tavernier, en 1992.
Tellement injustifiable et tellement terrifiant, d’ailleurs, ce masacre, qu’il est demeuré longtemps soigneusement masqué par les autorités.

Nous, on se souvient. On était collégien ou étudiant. Seuls ceux d’entre nous qui militaient étaient au courant de la manifestation pacifiste annoncée contre un couvre-feu décrété spécialement pour les "Français musulmans d’Algérie". Elle devait partir du bidonville de Nanterre.

Cf. Vivre au paradis de Bourlem Guerdjou (1998).


 

Cette ignorance générale, outre l’interdiction par le préfet de police Papon, explique aussi, la faible mobilisation médiatique. Ce soir-là, il n’y avait pas de journaliste dans les rues, et un seul photographe, Elie Kagan (1928-1999), qui couvrait toutes les manifs du temps.
Ni la radio ni la télé ne parlèrent de la manif. Longtemps, on n’a pas eu le souvenir d’une quelconque dénonciation, on avait juste retenu le communiqué officiel du lendemain, la mort de trois Algériens et d’un flic, des "heurts". On n’était pas tellement surpris alors, vu les attentats contre les policiers, les commissariats parisiens étaient équipés de guérites en béton pour protéger les flics en faction. Il faut aussi se souvenir que l’opinion publique du moment, si elle en avait marre de la guerre qui durait depuis bientôt sept ans, était pour la paix, mais pas du tout pro-algérienne. Le putsch de Salan avait échoué, mais plus à cause de la lassitude de la population hexagonale que par un soutien politique. Le FLN restait l’ennemi, et l’OAS, créée en février 1961, n’était pas encore si mal considérée, avant les attentats de l’année suivante.

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On peut dire que le massacre du 17 octobre 1961 n’a fait hurler que les concernés, une petite frange, les signataires du Manifeste des 121 (octobre 1960), ou bien les militants qui protégeaient la nuit les domiciles des grands engagés, comme Pierre Vidal-Naquet (1930-2006) et son journal clandestin Vérité-Liberté, ou Maurice Pagat (1928-2009 (Témoignages et Documents) - mal vus par les forces de gauche.
Rappelons que le PCF dénonçait les 121 comme "des petits-bourgeois gauchistes" détournant "le travail de masse à faire au sein du contingent"…

On n’a pas de souvenir non plus de beaucoup de commentaires sur le regroupement des raflés au Palais des Sports. Benjamin Stora, au début de l’année 2021, a remis au gouvernement un rapport pour "dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie". D’après lui, il y en aurait eu 14 500, des Algériens détenus dans des conditions ignobles.

Plus tard, on a commencé à repêcher des dizaines de cadavres d’Algériens dans la Seine. Jacques Panijel et le Comité Maurice-Audin commencèrent alors, très rapidement, le tournage de Octobre à Paris, terminé en février 1962.


 

Le film a été immédiatement interdit, mais il a quand même eu une grande diffusion sous le manteau, à travers les ciné-clubs complices et les associations militantes. Même tardivement, comme - souvenir personnel - en mars 1966, à la Maison de la culture de Caen. De toutes façons, l’événement avait disparu rapidement des mémoires, après les morts de Charonne en février 1962. Puis, la fin de la guerre, le 22 mars 1962, avait jeté un voile : il fallait oublier tout ça.


 

Des années plus tard, après vérification dans les archives de la presse du lendemain, le mercredi 18 octobre 1961, on a pu constater que L’Humanité avait titré en Une : "Plus de 20 000 Algériens ont manifesté dans Paris. Combien de morts ?", et décrit la situation au début de la manif : "Il y avait des femmes qui scandaient des youyous, il y avait des enfants que les travailleurs algériens avaient amenés avec eux. Mais en plusieurs endroits les policiers et les CRS ont chargé et tiré. "
Un envoyé spécial de Libération (l’ancien, celui de Emmanuel d’Astier) avait essayé de pénétrer dans le Parc des expositions, où on avait parqué les manifestants (ainsi que dans le stade Coubertin et le Palais des sports), et il avait entendu des cris de douleur.
Du coup, on a aussi découvert ce que disait France Soir  : "Ray Charles pourra chanter ce soir. Après le passage du service de désinfection, le Palais des sports a retrouvé son aspect habituel".

Ce n’est qu’en 1983 que Didier Daeninckx, éveilla les souvenirs refoulés en publiant Meurtre pour mémoire, c’était une découverte pour presque tout le monde.

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Dans les années 1980 et 1990, on s’occupa sérieusement du préfet Papon et de ses hauts faits d’arme, depuis des décennies. Il fut condamné le 2 avril 1998, pour complicité de crimes contre l’humanité, mais il s’agissait seulement de son "concours actif" à la déportation des Juifs bordelais, pendant la WWII.

Pour les Algériens, une plaque en 2001 sur le quai Saint-Michel, une reconnaissance à mots couverts en 2007, "répression sanglante" dit-il, une stèle en 2019, une gerbe en 2021, avec un nom prononcé, quand même : "Les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon sont inexcusables".
Mais toujours pas de bilan précis de la nuit infamante, ni de reconnaissance d’un "crime d’État".
Et puis, il manque probablement quelques réponses adjacentes, par exemple, qui donc conduisait les bus de la RATP, qui ont emmenés les raflés du Pont de Neuilly à la Porte de Versailles ? Les trains qui ont conduit les Juifs à Auschwitz, étaient-ils des trains allemands ?
Papon, lui, est mort très vieux, dans son lit, et a été enterré avec sa légion d’honneur.


 

Alors ces deux jours de 2021,tout le monde s’y met. Les commémorations huilent les bonnes consciences, c’est bien connu. Ceux qui n’ont jamais oublié ne s’en plaignent pas - même s’il est permis de ricaner en douce devant les opportunismes -, et les jeunes qui n’ont jamais su peuvent ainsi en apprendre de belles qui font leur éducation.
Quant aux responsables directs, ils sont morts, et leurs descendants idéologiques, les grands racistes tonitruants se font moins bruyants, au moins ce week-end.


 

Bonne lecture, parmi tant d’autres :

* Fabrice Riceputi, Ici on noya les algériens. La bataille de Jean-Luc Einaudi pour la reconnaissance du massacre policier et raciste du 17 octobre 1961, préface de Gilles Manceron, Paris, Le passager clandestin, 2021.

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Au fil du temps, tous les éditos
 

Voyage dans le temps.
 




Pandora (1951)

de Albert Lewin
publié le mercredi 27 octobre 2021

par Nicole Gabriel
Jeune Cinéma en ligne directe

Sorties les mercredis 19 septembre 1951, 21 août 2002, 28 janvier 2015 et 27 octobre 2021

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Fracture (la) (2021)

de Catherine Corsini
publié le mercredi 27 octobre 2021

par Patrick Saffar
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 2021

Sortie le mercredi 27 octobre 2021

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Pardon (le) (2020)

de Behtash Sanaeeha & Maryam Moghadam
publié le mercredi 27 octobre 2021

par Hugo Dervisoglou
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle en compétition de la Berlinale 2021

Sortie le mercredi 27 octobre 2021

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Un ange à ma table (1990)

de Jane Campion
publié le mercredi 20 octobre 2021

par Maurizio Borgese
Jeune Cinéma n°208, mai-juin 1991

Sélection officielle à la Mostra de Venise 1990.
Prix spécial du jury

Sorties les mercredis 24 avril 1991 et 20 octobre 2021

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Île (l’) (2000)

de Kim Ki-duk
publié le mercredi 20 octobre 2021

par Heike Hurst
Jeune Cinéma n°268, mai-juin 2001

Sélection officielle de la Mostra de Venise 2000

Sorties les mercredis 25 avril 2001 et 20 octobre 2021

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Nouvelle Donne (2006)

de Joachim Trier
publié le mercredi 20 octobre 2021

par Nicole Gabriel
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sorties les mercredi 11 juin 2008 et 20 octobre 2021

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Héroïques (les) (2020)

de Maxime Roy
publié le mercredi 20 octobre 2021

par Patrick Saffar
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sélection officielle, en séance spéciale, au Festival de Cannes 2021

Sortie le mercredi 20 octobre 2021

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First Cow (2019)

de Kelly Reichardt
publié le mercredi 20 octobre 2021

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle de la Berlinale 2020

Sortie le mercredi 20 octobre 2021

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Tonton Manu (2021)

de Thierry Dechilly & Patrick Puzenat
publié le mercredi 20 octobre 2021

par Hugo Dervisoglou
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 20 octobre 2021

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Milieu de l’horizon (le (2019)

de Delphine Lehericey
publié le mercredi 20 octobre 2021

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n° 410-411, septembre 2021

Sortie le mercredi 20 octobre 2021

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Julie (en 12 chapitres) (2020)

de Joachim Trier
publié le vendredi 15 octobre 2021

par Bernard Nave
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 2021
Prix d’interprétation féminine pour Renate Reinsve

Sortie le mercredi 13 octobre 2021

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Freda (2020)

de Gessica Généus
publié le mercredi 13 octobre 2021

par Bernard Nave
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle Un certain regard du festival de Cannes 2021

Sortie le mercredi 13 octobre 2021

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Bataille d’Alger (la) (1966)

de Gillo Pontecorvo
publié le mercredi 13 octobre 2021

par Ginette Gervais
Jeune Cinéma n°17, septembre-octobre 1966

Sélection officielle de la Mostra de Venise 1966. Lion d’or.
Sorties le jeudi 21 octobre 1971 et les mercredis 19 mai 2004 et 13 octobre 2021

Suivi de "La bataille pour La Bataille d’Alger."
par Jean Delmas
Jeune Cinéma n°48, juin-juillet 1970

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Pontecorvo, Gillo (1919-2006) (e)

Entretien avec Ginette et Jean Delmas
publié le mercredi 13 octobre 2021

Rencontre avec Gillo Pontecorvo (1919-2006)

À propos de La Bataille d’Alger (1966)
Jeune Cinéma n° 17, septembre-octobre 1966

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Debout les femmes ! (2020)

de Gilles Perret & François Ruffin
publié le mercredi 13 octobre 2021

par Anne Vignaux-Laurent
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 13 octobre 2021

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Saints innocents (les) (1984)

de Mario Camus
publié le mardi 12 octobre 2021

par Christophe d’Yvoire
Jeune Cinéma n°164, janvier-février 1985

Sélection officielle officielle en compétition au Festival de Cannes 1984.
Prix d’interprétation masculine ex æquo à Francisco Rabal et Alfredo Landa

Sortie le mercredi 13 octobre 2021

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Leur Algérie (2020)

de Lina Soualem
publié le mardi 12 octobre 2021

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sortie le mercredi 13 octobre 2021

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A Bigger Splash (1973)

de Jack Hazan
publié le mercredi 6 octobre 2021

par Jean Max-Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection de la Semaine de la critique au Festival de Cannes 1974

Sorties les mercredis 6 octobre 2021, 16 octobre 1974, 19 juin 1991 et 16 janvier 2008

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Thérèse (1986)

de Alain Cavalier
publié le mercredi 6 octobre 2021

par Hugo Dervisoglou
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle en compétition du Festival de Cannes 1986

Sorties le mercredis 24 septembre 1986 et 6 octobre 2021

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Delphine et Carole, insoumuses (2018)

de Callisto McNulty
publié le mercredi 6 octobre 2021

par Sol O’Brien
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle au Forum de la Berlinale 2019

Sortie le mercredi 6 octobre 2021

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Kiosque (le) (2020)

de Alexandra Pianelli
publié le mercredi 6 octobre 2021

par Nicole Gabriel
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 6 octobre 2021

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Mon légionnaire (2021)

de Rachel Lang
publié le mercredi 6 octobre 2021

par Hugo Dervisoglou
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sélection de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2021

Sortie le mercredi 6 octobre 2021

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Eugénie Grandet (2020)

de Marc Dugain
publié le mercredi 29 septembre 2021

par Nicole Gabriel
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sortie le mercredi 29 septembre 2021

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Flag Day (2021)

de Sean Penn
publié le mercredi 29 septembre 2021

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 2021

Sortie le mercredi 29 septembre 2021

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Bourdon, Patrick et Saffar, Patrick

Tout Chabrol et Claude Chabrol
publié le mercredi 29 septembre 2021

Forever Chabrol. Sur quelques livres récents
Rencontre avec Laurent Bourdon et Patrick Saffar

par Lucien Logette
Jeune Cinéma n°404-405 hiver 2020

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Intranquilles (les) (2021)

de Joachim Lafosse
publié le mercredi 29 septembre 2021

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 2021

Sortie le mercredi 29 septembre 2021

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Vigo, Jean (1905-1934)

Une vie, une œuvre
publié le mercredi 29 septembre 2021

par Luce Vigo
Jeune Cinéma n°5, février 1965

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Jancsó, Miklós (1921-2014)

Une vie, une œuvre
publié le lundi 27 septembre 2021

par Robert Grélier
Jeune Cinéma n°377, décembre 2016

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Étang du démon (l’) (1979)

de Masahiro Shinoda
publié le mercredi 22 septembre 2021

par Andrea Grunert
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Sélection officielle Cannes classique au Festival de Cannes 2021

Sortie le mercredi 22 septembre 2021

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Une fois que tu sais (2020)

de Emmanuel Cappellin
publié le mercredi 22 septembre 2021

par Anne Vignaux-Laurent
Jeune Cinéma n°410-411, septembre 2021

Prix du jury au Hong Kong International Film Festival 2020.

Sortie le mercredi 22 septembre 2021

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