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À propos du 8 mars 2016 : la semaine des femmes
Brèves
publié le samedi 12 mars 2016

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Huspuppy (lundi 7 mars- dimanche 13 mars 2016)

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Lundi 7 mars 2016

 

Année du Singe, semaine des femmes.

Cette année, on dirait que les événements "femmes" adviennent sur plusieurs jours. Des raisons pratiques sans doute : chacun est plus visible au lieu d’être noyé dans cette journée unique du 8 mars.
Mais si c’était, aussi, un signe ?
Si nous abordions une de ces périodes de transition, voire de bascule, vers une synthèse (par définition éphémère), quelque chose comme un "patriarcat tardif" engendrant une redistributilon des cartes ?

Pas question, pour autant, de supprimer cette jolie journée unique du 8-Mars, qui doit perdurer comme le 1er-Mai, si possible encore longtemps, perdant son volontarisme quasi syndical "d’avantage acquis", pour devenir historique, donc quasi allégorique.

Quoiqu’il en soit, on est reconnaissant au cinéclub de l’ENS, d’avoir programmé leur film féministe, mardi dernier, le 1er mars 2016, Je ne suis pas féministe, mais.. . de Florence et Sylvie Tissot (2015).

Autre "bon élève" selon nous :
La Semaine du féminisme 2016 à Nanterre.
Ça a commencé dès hier, dimanche 6 mars 2016, avec La Domination masculine de Patric Jean (2007). Et ça va continuer toute la semaine.

Parmi les "bons", aussi : la Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé, qui présente, depuis le 1er décembre 2015, son exposition temporaire, Actrices (1900-1918), et la prolonge juqu’au 23 mars 2016.

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La semaine des femmes 2016 commence donc.

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Mardi 8 mars 2016

 

Année du Singe, semaine des femmes.

Avant tout, bon anniversaire à la Maternité heureuse, née en 1956, grâce à Évelyne Sullerot, Marie-Andrée Lagroua Weil-Hallé et Pierre Simon.

Ce fut la "maman", comme on dit aujourd’hui (1), du Planning familial qui naît en 1960.

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1. Maman : ce mot tendre et intime, quelle pitié qu’il soit dilapidé à la place de "mère". Quand il y a deux mots, c’est qu’il y a deux sens, non ? Par les temps qui courent, tout ce qui est privé a tendance à finir sur le trottoir ou dans le ruisseau, tous sens mêlés.

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Pré-texte du Singe I :

Dédicace à qui continue à parler de LA Jounée de LA femme :

C’est fuyant, hein, LA femme, non ?


 

Pré-texte du Singe II :

Comme le dit Open Culture : Un grand film est un grand film, et on s’en fout de savoir, le sexe, le genre et les pratiques sexuelles de l’artiste qui l’a fait.

Tout de même, pas question de zapper les évidentes disparités sociales, et on est drôlement content de trouver ceci :

A Year With Women : 103 Essential Films By Female Filmmakers.


À ce propos, un classique de l’histoire de la lutte des femmes, c’est qu’elle fonctionne comme les marées et les révolutions : deux pas en avant, un pas en arrière, et parfois, inversement.

Aujourd’hui à Hollywood, l’industrie est ostensiblement sexiste et dénoncée par toutes les actrices (écarts des cachets, nombre et nature des rôles, sous-représentation des femmes devant et derrière la caméra).

Mais ça n’a pas toujours été comme ça, à ce que racontent Clara & Julia Kuperberg dans leur nouveau film Et la femme créa Hollywood (2014) (1)

À Hollywood, dans les années 1915-1920, il y avait même plus de réalisatrices que de réalisateurs.
Les femmes ne trouvaient pas de boulot à NYC, à part les travaux d’aiguilles.
Alors elles sont parties pour le Sud et ont fait Hollywood. Et défilent Alice Guy, Lois Weber, Frances Marion, Dorothy Arzner, Lillian Gish, Margaret Booth...

Puis, après la crise de 1929, elles ont perdu le contrôle. Il y avait de l’argent à faire, il suffisait de les déloger.

De la même façon que, en Europe, elles sont rentrées à la maison après avoir assuré pendant la guerre, après la crise, à Hollywood, elles se sont retrouvées dans les postes moins prestigieux de la grosse machine machiste.

1. Versus : Et Hollywood créa la femme de Clara & Julia Kuperberg (2010).


Cela dit, allons-y pour quelques rendez-vous "spécialisés 8 mars".


À 15h00, et jusqu’à 18h00, tous ceux-celles qui se sentent une âme d’affichistes sont invité(e)s, à rejoindre l’Atelier sérigraphie affiches féministes Façades et le collectif La Rage pour coller des affiches sur le mur-forum Rosa Parks. à la suite des deux artistes : Tatyana Fazlalizadeh et Katjastroph.

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L’objectif - pas nouveau, on se souvient des manifs nocturnes d’autrefois - c’est que les femmes puissent prendre leur place dans l’espace public en toute sécurité, le jour et la nuit, sans craindre le harcèlement, l’interpellation, le viol.
Dehors comme dedans, il y a à faire pour tous les humains, quel que soit leur genre et leur âge.

L’atelier est ouvert à tout le monde, et il est gratuit.

Angle rue Riquet / Aubervilliers, Métro Riquet ou Marx-Dormoy, 75019 Paris.


Une préférence, à la télé :

* À 19h40, sur Ciné+ Classic : Ella Maillart-Double Journey de Mariann Lewinsky et Antonio Bigini (2014).

On vous l’avait recommandé à Bologne, dans le Journal de Old Gringo, le jeudi 2 juillet 2015.

Été 1939 : Ella Maillart et Annemarie Schwarzenbach quittent l’Europe pour l’Afghanistan et l’Inde. Ella espère tourner un film et aider Annemarie à se désintoxiquer. La voix off est celle de Irène Jacob.

Une pure merveille.


 


À Paris, le Goethe Institut nous parle foot et femmes, dans le cadre de la Semaine des cinémas étrangers.

* À 19h30 : Football Under Cover de Ayat Najafi et David Assmann (2008), sous-titres français.

Pour la première fois dans l’histoire de la République islamique d’Iran, l’équipe nationale féminine de football joue dans son propre pays devant un stade de spectatrices face à une sélection de joueuses de Berlin-Kreuzberg. Les hommes ne sont pas autorisés à y assister.


 

Carreau du Temple, 2 rue Perrée, 75003 Paris.


À Toulouse, ce soir, à la Cinémathèque :

* À 20h30 : La Poupée (Die Puppe) de Ernst Lubitsch (1919).

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Séance présentée par Charles Jude, directeur de la danse de l’Opéra national de Bordeaux, et Carole Teulet, chargée de la dramaturgie de la danse au Ballet du Capitole, à l’occasion de Coppélia (17-22 mars 2016) au Théâtre du Capitole.

Il y a aussi des danseurs, et des amateurs de danse et de danseuses, et des tas de zones grises, surtout autour des poupées. C’est juste pour le plaisir du rangement qu’on annonce l’événement dans le cadre de ce 8 mars.


À Décines, aujourd’hui, commencent les Écrans du doc (8-13 mars 2016), avec 14 films dont 7 films en avant-première et plus de 8 débats en présence de réalisateurs et spécialistes.

Cette année, on va à la rencontre des femmes de tous les pays.
La soirée d’ouverture avec :

* À 18h15 : Il m’a appelée
Malala
de Davis Guggenheim
(2016).

Le Toboggan, 14 avenue Jean Macé, 69150 Décines.


Dans toute la France, la revue Hommes et Migrations présente son dossier Femmes & migrations (n° 1311, juillet-septembre 2015), coordonné par Feyza Ak Akyo, Altay Manço et Mirjana Morokvasik avec un sommaire très nourri.

Les femmes migrantes étaient invisibles. On les voit plus, désormais, dans l’espace public. Mais quelle visibilité ? Quels stigmates ? Quels clichés ? Quel détournement ?

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Voilà, c’est un 8 mars, celui de 2016.

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Mercredi 9 mars 2016

 

Année du Singe, semaine des femmes

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Aujourd’hui, c’est la grève.
On commence par les livres.

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[…]


Et vous savez quoi ?
La semaine des femmes se poursuit.

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Jeudi 10 mars 2016

 

Année du Singe, semaine des femmes

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À Paris, au musée des Arts décoratifs, c’est aujourd’hui que commence l’expo Barbie (10 mars-18 septembre 2016), avec des tas d’activités autour de l’icône en rose.

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Barbie, depuis 1959 !
On n’a pas vu le temps passer.

Ah les poupées !
On en a vu de toutes sortes.

Des plus tristes.

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Et des moins raffinées, roses aussi d’ailleurs, faut pas s’y fier.

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Et vous connaissez la Isla de las muñecas, dans la région marécageuse de Xochimilco, au sud de Mexico ?

L’histoire de l’île débute dans les années 50.
Don Julian Santana Barrera décide d’aller vivre en ermite dans une île, laissant femme et enfants derrière lui. Peu après son arrivée sur les lieux, Don Julian acquiert la certitude qu’ils sont hantés par l’esprit d’une petite fille, morte noyée dans le canal qui borde l’île… Et là, carrément, on entre dans un film.


 

Après on s’étonne que les femmes, élevées à de telles poupées, s’égarent si souvent et qu’il faille sans cesse les remettre dans le droit chemin. Parce que faut bien dire que des sorcières aux femmes fatales, avec les emmerdeuses, les emmerdantes et les emmerderesses, pas étonnant que la Bourse dévisse régulièrement.

Heureusement que les scientifiques saoudiens, progressistes comme tous les scientifique, ne s’y trompent pas. À Ryad, ils viennent d’émettre un jugement historique. Nous nous en réjouissons. Il vaut mieux être un mammifère qu’une chaise, on veut dire, comme destin, c’est plus douloureux mais intéressant.

Foin de vaines digressions.
Revenons raisonnablement à des créatures d’un rose plus naturel et qui ne parlent pas, au moins.

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Musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris.

[…]

Vous avez sans doute remarqué que c’est toujours la semaine des femmes.
Disons, des nanas.

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Vendredi 11 mars 2016

 

Année du Singe, semaine des femmes

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[…]

La semaine des femmes continue.

D’ailleurs, même Open Culture déborde la seule journée du 8 mars, avec une liste de livres féministes essentiels.

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Samedi 12 mars 2016

 

Année du Singe, semaine des femmes.

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[…]

Comme c’est toujours, pour nous, la semaine des femmes, on vous propose aussi quelques enragées et leur musique féministe engagée, qui vont nous nettoyer aussi les écoutilles.

* À 19h00 : un concert punk et anar, une expo et une bonne ambiance avec Vizcacha Rebelde, qui présente son nouvel album : "Combattons le mâle par la racine".

C’est une soirée de soutien au Féministival Wonder Women !

La petite maison, 8 rue Godefroy Cavaignac, 75011 Paris.


Donc, c’est bien, encore, la semaine des femmes.

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Dimanche 13 mars 2016

 

Année du Singe, semaine des femmes.

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La semaine des femmes se termine avec une manif contre la guerre.

Contre toutes les guerres, les guerres des hommes, à l’extérieur et à l’intérieur des frontières. Une cause juste et une manif délicieusement vintage : la manif est non-mixte.

On n’est pas contre, c’est marrant, le dit "non-mixte". Il s’y passe toujours des trucs inédits, des vibrations, des rencontres.
Pour les garçons, il y a bien les vestiaires sportifs occidentaux, la maison des hommes des tribus d’Amazonie, les clubs anglais, l’armée longtemps.
Et on a adoré les bals non-mixtes féministes des années 70, qu’on ait été exclu ou inclus.

Mais cela nous semble de plus en plus difficile à appliquer, puisque nous acceptons dans nos amis, avec joie, la zone intermédiaire composées de créatures mixtes justement. Si elles se mettent à faire des manifs ou des bals de Mixtes "non-mixtes", ça va compliquer la vie (et l’idéologie) des "anti", qui, déjà, pédalent dans la choucroute.

Quoiqu’il en soit, on peut toujours se déguiser, ni vu ni connu, et aller où bon nous semble, c’est l’habit qui fait le moine.

* À 15h00 : NON à ces guerres masculinistes et colonialistes faites au nom des femmes et sur leur dos.

À l’initiative de Femmes, féministes et lesbiennes, TJK-F Mouvement des Femmes Kurdes en France, CongoActif, LOCs Lesbiennes of color, Collectif féministe pour l’égalité, Collectif Solidarité Femmes Kobanê, Gaïa féministe anti-militariste, Union des Femmes Socialistes (SKB), Front anti-patriarcal de la CGA.

Place de la Bastille, Paris.


Pendant qu’à Toulouse, Cinélatino se déchaîne, à Paris et dans toute l’Île-de-France, ont lieu les Rencontres du cinéma d’Amérique latine et de la Caraïbe (9-20 mars 2016).

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Ce soir, on vous propose :

* À 20h00 : Tiempo Suspendido de Natalia Bruschtein (2015).
En présence de la réalisatrice.

Deux mémoires se répondent, deux amnésies. Celle de Laura, aujourd’hui souffrant d’Alzheimer, et celle, collective, de la dictature argentine.

Studio Galande, 42 rue Galande, 75005 Paris.


À Bruxelles, à la Galerie Didier Devillez plus que quelques jours pour découvrir l’œuvre de Odile Bellagamba (4-19 mars 2016).

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La galerie a aussi des trésors cachés. Chaque mois, elle nous offre une œuvre issue de sa réserve. En ce mois de mars, le cadeau : c’est un Masque Kanaga
(circa 1940), venu du Pays Dogon.

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Galerie Didier Devillez, 53 rue Emmanuel Van Driessche
,1050 Bruxelles.


La semaine des femmes s’achève.
C’est comme ça, tout ce qui a un début a une fin.
On va donc continuer, au moins jusqu’au 8 mars 2017, à vivre dans le patriarcat que nous savons, avec ses constantes, quelle que soit la zone du monde.
Le matriarcat mythique n’a jamais existé, et pas un seul Terrien, quel que soit son genre, n’a la moindre idée de ce qu’il serait.

Est-ce que c’est souhaitable, un déséquilibre dans l’autre sens ?
Est-ce qu’un monde qui a imaginé la dialectique est capable d’équilibre ?

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