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Semaine télé du 12 au 18 mars 2016
Salut les câblés !
publié le samedi 12 mars 2016

Samedi 12 mars 2016

20.40 : Fenêtre sur Pacifique de John Schlesinger (1990), OCS Choc
Un des bons films américains de l’auteur, moins souvent vu que Marathon Man ou Yanks. Ou comment, lorsque l’on est un locataire psychopathe, rendre la vie intenable à ses propriétaires. Michael Keaton y terrorise lentement Melanie Griffith et Matthew Modine.

20.40 : Le Dernier Tournant de Pierre Chenal (1939), OCS Géants
C’est la soirée James Cain, puisque TCM programme Mildred Pierce et OCS Le facteur sonne toujours deux fois. Cette première adaptation, avant Visconti, Garnett et Rafelson, est la moins célébrée et c’est dommage, car elle est excellente. Corinne Luchaire vaut largement Lana Turner. Et Michel Simon est incomparable.

20.45 : Jason et les Argonautes de Don Chaffey (1963), Famiz
D’habitude, la chaîne ne va pas chercher ses films aussi loin dans le temps. Heureuse initiative, qui permet de revoir un des peplums fantastiques les plus réussis du moment, dont les effets spéciaux artisanaux réjouirent jadis tous les amateurs : l’hydre ou les guerriers squelettes font partie des séquences anthologiques du grand Ray Harryhausen.

20.45 : Ciao ! Manhattan de David Weisman & John Palmer (1972), Classic
Pas vu ce film (on ne se souvient pas de l’avoir vu sortir), qui s’annonce comme une docufiction sur Edie Sedgwick, une des héroïnes de la Factory de Warhol, dans son propre rôle de super star déchirée. Elle disparaîtra juste après le tournage. Une curiosité donc - le générique affiche en outre Viva, Ginsberg et même Vadim. Toute une époque.

22.15 : Ferlinghetti, le dernier des beatniks de Laurent Perrin (2011), Classic
Et s’il n’en reste qu’un… Burroughs, Ginsberg, Corso, Kaufman, toute la Beat Generation a disparu, sauf le poète-éditeur de City Light Books, qui va fêter dans quelques jours ses 97 ans. Il n’en avait donc que 92 lors du tournage et ça ne se voit guère. Les anciens se souviennent de ses récitals de poèmes au Centre américain du boulevard Raspail et de ses apparitions aux Festivals de la libre expression de Jean-Jacques Lebel, il y a cinquante ans. Toute une époque (bis).

00.00 : Le Roman de Mildred Pierce de Michael Curtiz (1945), TCM
Un des grands rôles de Joan Crawford - il faut dire que le personnage du roman de James Cain était taillé pour elle et que les scénaristes Ranald McDougall et William Faulkner n’ont eu qu’à broder. Certes, Todd Haynes a fait mieux depuis avec sa mini-série (sans que Kate Winslet fasse oublier Joan), mais un film de Curtiz est toujours une garantie de bel ouvrage.

00.00 : Passion d’amour d’Ettore Scola (1981), OCS Géants
Merci à OCS de montrer ce film peu connu et peu soutenu de Scola. Bernard Giraudeau face à deux facettes de l’amour-passion, version Laura Antonelli, version Valeria D’Obici. Un grand film où l’on meurt littéralement d’amour. Pas vraiment une comédie à l’italienne, mais quelle force…

01.00 : Vandal de Hélier Cisterne (2013), OCS City
Tardif, mais vaut la peine d’attendre : l’un des meilleurs films sur les graffeurs nocturnes, ici strasbourgeois, mais ils sont de partout. L’auteur est, à notre avis, une valeur d’avenir.

Dimanche 13 mars 2016

Pour qui n’a pas encore vus plusieurs fois les films de J.C. Chandor, la chaîne Premier présente Margin Call (2011, 20.45) et All Is Lost (2013, 22.30), déjà recommandés chaudement et qui valent chacun une nouvelle vision.

20.45 : Fraise et chocolat de Tomas Guttierez Alea & Juan Carlos Tabio (1993), Club
Le succès international surprise du cinéma cubain du début des années 90. La rencontre d’un étudiant dans la ligne et d’un intellectuel bourgeois, homosexuel. Choc des cultures, en douceur. Ours d’argent à Berlin, prix spécial à Sundance. Vingt-trois après, la nouveauté du sujet frappe-t-elle encore ?

20.45 : Scandale à Paris de Douglas Sirk (1946), Classic
Sirk n’a pas tourné que des mélos, loin de là. Mais également des policiers, souvent réussi (Des femmes disparaissent). Celui-ci est une petite perle en costumes, d’après les mémoires de Vidocq, role qui convenait comme un gant à George Sanders, tout en cynisme élégant. L’auteur avouait que c’était son film préféré, on le comprend 5 sur 5.

22.45 : Quand Harry rencontre Sally de Rob Reiner (1989), TCM
La seconde partie de soirée étant molle, pourquoi ne pas vérifier si la comédie de Reiner a conservé toutes ses vertus ? Pour les amoureux de New York, qui ne manquent pas d’aller chez Katz manger un pastrami, en souvenir de la fameuse séquence…

23.15 : The Descendants d’Alexander Payne (2011), HD1
Payne excelle dans la description des ambiances familiales ou amicales doucement tendues, Monsieur Schmidt ou Nebraska. George Clooney est parfait ici en avocat stressé, avec ses filles à Honolulu.

Lundi 14 mars 2016

20.45 : Aimer, boire et chanter d’Alain Resnais (2014), Club
Deux ans déjà. Pour saluer l’anniversaire de sa disparition, la chaîne offre deux films de Resnais, son dernier d’abord, qu’on a eu beau jeu de baptiser testamentaire, alors qu’il appartient au même registre que les précédents. Le titre est une antiphrase, on est dans la pure cruauté. La mise en scène est toujours aussi apparemment simple, avec le même raffinement secret.

20.45 : Arrêtez les tambours de Georges Lautner (1960), Classic
Le troisième film de Lautner, pas du tout dans le genre comique qui fera son renom. Le scénario de Pierre Laroche est même carrément sombre. L’Occupation, un village normand, un maire (Blier) qui joue sur les deux tableaux pour le bien du village, la Résistance. Rire de la dernière guerre n’était pas encore à la mode. Lautner attaquera ensuite le cycle du Monocle noir, mais on aime bien ses débuts.

20.55 : Le Secret de la pyramide de Barry Levinson (1985), Arte
Les débuts de Sherlock Holmes, encore adolescent, et sa première rencontre avec le futur docteur Watson. Conan Doyle n’avait pas imaginé cette extravagance, digne d’Edgar Rice Burroughs, pleine de clins d’œil spectaculaires, mais le scénario de Chris Columbus est fûté - le méchant échappe à la noyade et décide de s’appeler désormais Moriarty. L’aventure peut donc continuer.

22.30 : Pas sur la bouche d’Alain Resnais (2003), Club
Adaptation de l’opérette d’André Barde et Maurice Yvain, succès des années 20, après une première version par le studio Albatros en 1931. Chaque comédien chante sa partie ; on recommande particulièrement C’est par le trou, interprété par Darry Cowl, extraordinaire dans le rôle de la concierge (César 2004).

00.20 : Mannequin de Frank Borzage (1937), TCM
La chorus girl (Joan Crawford) et le millionnaire (Spencer Tracy). Mais pas si simple, la collaboration de classes, quand on est déjà marié à un escroc, prêt au chantage. Tout finira bien - on est dans une comédie américaine -, mais personne n’est dupe.

Mardi 15 mars 2016

20.40 : Police fédérale Los Angeles de William Friedkin (1985), TCM
Le meilleur Friedkin ? En tout cas, un de ceux que l’on admire le plus. Le roman de Gerald Petievich, publié la même année dans la Série Noire, est superbe. Et l’adaptation est au même niveau. C’est ici que l’on a découvert Willem Dafoe.

20.45 : Phantom of the Paradise de Brian De Palma (1974), Club
Astucieuse adaptation du livre de Gaston Leroux, à la sauce moderne. Un choc à l’époque, la meilleure période de l’auteur. Le choc fonctionne-t-il toujours ou le chic a-t-il pris le dessus ?

22.15 : Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence de Roy Andersson (2014), Club
Dernier volet de la géniale trilogie. On annonce un coffret avec celui-ci et les deux précédents, Chansons du 2e étage et Nous les vivants. En attendant de pouvoir les passer en boucle, celui-ci fera patienter les amateurs. Presque tout savoir sur l’un des plus grands cinéastes en activité.

22.40 : Golden Door d’Emanuele Crialese (2006), OCS City
L’émigration sicilienne au début du XXe. Reconstitution remarquable d’Ellis Island, aussi réussie que celle de James Gray plus tard. Et Charlotte Gainsbourg, en lady déclassée, est tout à fait crédible. Le film n’a pas eu l’accueil qu’il méritait, comme si la presse voulait faire payer à son auteur le succès de Respiro.

00.20 : L’Ironie du sort d’Édouard Molinaro (1974), OCS Géants
Il faudra bien un jour reconsidérer ce cinéaste, qui n’a pas tourné, heureusement, que La Cage aux folles ou Hibernatus. Ses polars des années 50, La Mort de Belle, très subtile adaptation de Simenon ou Les Aveux les plus doux sont de bons produits. Et cette version de l’intrigant roman de Paul Guimard fait partie du lot.

00.25 : Eau argentée d’Oussama Mohamed & Wlam Simav Bedirxan (2014), Arte
Au cœur d’une soirée consacrée à la Syrie et dont on ne connaît aucun documentaire, extrayons celui-ci, une des découvertes de Cannes 2014, très bel essai à deux voix, filmé de l’intérieur des ruines. Mais on peut regarder tout le programme, à partir de 20.55.

Mercredi 16 mars 2016

20.40 : Le Gang des frères James de Walter Hill (1980), TCM
On a renoncé à compter le nombre de films dans lesquels apparaissent les deux frères James et les trois frères Younger. La mythologie du "brigand bien-aimé" a fonctionné à plein, faisant un Robin des bois de ce pillard audacieux qu’était Jesse. Hill a bien fait les choses en prenant deux frères, James et Stacy Keach, pour incarner Jesse et Frank.

20.45 : Les Cousins de Claude Chabrol (1958), Classic
Le vrai ton de la Nouvelle Vague, pas la révolution formelle (d’ailleurs peu opérante), mais une certaine manière de faire parler les acteurs, c’est Chabrol qui l’a fixé, immédiatement. Bien plus que Godard, déjà à part, ou que Truffaut. Les Cousins, Les Godelureaux et Les Bonnes Femmes : cette trilogie du comportement décrit fort exactement l’ambiance du début des années 60 et d’où parlaient les "Jeunes-Turcs". À part ça, ce film, avec ses provocations déplaisantes (influence de Gégauff ?) a dû prendre un fort coup de vieux…

23.10 : La Merditude des choses de Felix Van Groeningen (2009), OCS City
On l’indique pour mémoire, car bien des gens estimables y ont trouvé du plaisir. C’est flamand, d’une flamitude tellement caricaturale qu’on songe à un second ou même troisième degré. On aimerait en être sûr. La série Strip-tease, sans recul.

00.20 : Suzanne de Katell Quillévéré (2013), Émotion
La confirmation du jeune talent déployé dans Un poison violent, trois ans plus tôt. Sara Forestier a du mal à échapper à un jeu déjà trop typé, mais il y a François Damiens et surtout Adèle Haenel pour rattraper le coup.

Jeudi 17 mars 2016

20.40 : A Man Called Adam de Leo Penn (1966), OCS Géants
Leo Penn (le père de Sean) est l’auteur de ce seul film, le reste consistant en séries télé. Que son auteur ait été blacklisté par le maccarthysme est déjà une raison pour découvrir ce titre inconnu. Qu’il s’agisse d’un sujet sur le jazz, avec Sammy Davis Jr, dans le rôle d’un trompettiste (doublé par Nat Adderley) et l’avant-dernière apparition de Louis Armstrong, en rend la vision obligatoire.

20.45 : Les enfants nous regardent de Vittorio De Sica (1942), Classic
En passant des agréables comédies du début à ce film, De Sica frappe un grand coup sur la voie du réalisme, pas encore néo. Ce drame familial déchirant est remarquablement mené, avec des détails particulièrement hardis, l’ordre moral mussolinien régnant encore. Et le gamin (Luciano De Ambrosio) est extraordinaire, de la même trempe que ceux que le grand Vittorio dirigera ensuite.

23.55 : La Troisième Rive de Celina Murga (2014), Arte
Le dernier film de l’auteure de Ana y los otros, beaucoup apprécié en 2003. Pas vu (apparemment, il est inédit chez nous), donc excellente occasion d’y remédier.

00.30 : L’Ensorceleuse de Frank Borzage (1938), TCM
Crawford, chorus girl, épouse un homme de la bonne société. Non, ce n’est pas Mannequin, revu lundi, mais une nouvelle variation sur le même thème. Pas d’antagonisme entre classes cette fois-ci, mais à l’intérieur de la famille de l’époux, où la belle Joan arrive comme une pièce rapportée. Melvyn Douglas et Robert Young sont de la partie, c’est bien. Surtout, il y a Margaret Sullavan, une héroïne comme Borzage savait les exalter, et qui a traversé comme une fée les années 30.

Vendredi 18 mars 2016

20.45 : Nomad de Sergei Bodrov & Ivan Passer (2005), Frisson
Inconnu - le film semble inédit. La conjonction de deux auteurs, un Russe et un Tchèque naturalisé américain pour un film d’aventures dans le Kazakhstan du 18e siècle envahi par les Mongols, ne laisse pas d’intriguer. La production est franco-kazakho-russe, les acteurs également. Dernier film de Passer, qui achève ainsi une trajectoire en dents de scie.

20.45 : La messe est finie de Nanni Moretti (1985), Club
Trente ans déjà ! Après avoir été prof de maths (Bianca) et avant d’être joueur de water-polo (Palombella rossa), Nanni entre dans les ordres. Pas drôle le prêtre, très raide même. Et pas d’une grande aide pour ses paroissiens. Mais on lui pardonne.

20.45 : Hold-up à la milanaise de Nanni Loy (1959), Classic
Le titre original, Audace colpo dei soliti ignoti, l’annonce : c’est la suite du Pigeon de Monicelli, avec les mêmes acteurs : Gassman, Salvatori et Claudia Cardinale, le seul Mastroianni étant absent. Le film n’a pas la même renommée que son prédécesseur, ce qui est un tort, car le scénario, signé Age et Scarpelli (des orfèvres !), est aussi réjouissant que le premier. Mais l’effet de surprise n’a pas joué.

21.00 : La Rue rouge de Fritz Lang (1945), Polar
Le film est annoncé en VO. Certes, on peut préférer l’original au remake, trouver que Scarlett Street, avec son efficacité et sa ligne claire, touche moins que La Chienne, avec son rythme décalé et sa narration floue, que E.G. Robinson est moins à sa place que Michel Simon. Mais qu’importe ? Les deux versions marchent du même pas.

22.55 : Sept hommes à abattre de Budd Boetticher (1956), TCM
Le plus justement célèbre des westerns Boetticher-Randolph Scott. L’acteur est toujours taillé dans le granit, il commence à avoir un peu de mal pour s’agenouiller ou sauter sur son cheval, mais la patte du réalisateur est suffisamment brillante pour que l’on se laisse prendre. Et il y a Gail Russell…

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