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Semaine télé du 9 au 15 avril 2016
Salut les câblés !
publié le samedi 9 avril 2016

Samedi 9 avril 2016

20.40 : Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman (1975), TCM
Couvert de prix, le film avait fait à l’époque un tabac, durable, puisqu’il est devenu un film-culte. Le méritait-il ? Sans doute, mais autant le vérifier quarante ans plus tard.

20.40 : Les Souvenirs de Jean-Paul Rouve (2014), OCS Max
Déjà recommandé le 9 décembre 2015. On reprend : "Le travail de Rouve cinéaste n’est pas considéré à la bonne hauteur. Pas de spectaculaire, pas de frime ni de pathos, une mélodie toujours un peu retenue, mais qui sonne juste. Quand je serai petit parvenait à faire passer l’étrangeté de son paradoxe temporel, Les Souvenirs atteint précisément le degré d’émotion visé."

20.40 : Rome, saison 1, épisodes 4 à 6, OCS City
La suite de cette superbe série. Tous ceux qui ont regardé les trois premiers épisodes ont compris qu’ils ne pourraient pas décrocher avant la fin de la série.

20.40 : Cortex de Nicolas Boukhrief (2008), OCS Choc
Comme tous les films du cinéaste, un thriller très bien calibré, à huis clos dans une maison de retraite, avec un André Dussolier en grande forme (et Marthe Keller en vieille dame, toujours charmante).

20.40 : The Saint Takes Over de Jack Hively (1940), OCS Géants
Cinquième titre de la première série filmée des aventures de Simon Templar. Pourquoi celui-ci et pas les précédents - tout au moins les trois avec George Sanders ? Mystère. Mais qui ne nous empêche pas de profiter de cette bonne série B (on peut trouver les 8 films de la série dans un coffret des éditions Montparnasse).

20.45 : Les Virtuoses de Mark Herman (1997), Club
Cette comédie "sociale" connut un succès inattendu à la fin du dernier siècle. Traiter de la fermeture des mines du Yorkshire sur un tel mode badin - comment sortir de la panade en musique - était un pari, réussi. On aurait aimé voir les quatre films suivants du réalisateur, inédits ici.

20.45 : Soyez les bienvenus d’Elem Klimov (1964), Classic
Quelle jolie idée qu’ont eue les programmateurs d’exhumer ce joyeux film, que l’on ne se souvient pas d’avoir vu hors des ciné-clubs de la Fédération Jean-Vigo jadis. Une colonie de vacances pour komsomols pas encore disciplinés par le Parti, sorte de Zéro de conduite à la mode soviétique.

21.55 : Santo contre l’esprit du Mal de Joselito Rodriguez (1961), Classic
Un nanar de la belle espèce, comme tous les films mexicains de vengeur masqué qui font le bonheur des amateurs (on trouve encore dans le catalogue DVD de Bach Films, la trilogie de La Momie aztèque, chef-d’œuvre nonsensique). Santo le catcheur est le plus célèbre de ces justiciers. Si la chaîne décide de programmer tous ses films, il y en a pour une cinquantaine de soirées.

23.05 : Le cinéma masqué de Pierre-Paul Puljiz (2015), Classic
Documentaire inconnu, mais tous les renseignements sur les vengeurs masqués du cinéma mexicain doivent s’y trouver. Indispensable pour les spécialistes du second rayon.

Dimanche 10 avril 2016

20.40 : Beau fixe sur New York de Gene Kelly & Stanley Donen (1955), OCS Géants
C’est la troisième fois en cinq mois que l’on recommande ce film. Mais on persistera : une comédie musicale, même triste comme celle-ci, est une panacée.

20.45 : Bancs publics de Bruno Podalydès (2009), Club
Un film choral réussi, ce qui est loin d’être toujours le cas. Il faut dire que Podalydès a mobilisé tout le cinéma français en activité et ça aide.

20.45 : L’Argent de la banque de Daryl Duke (1978), Classic
Pas vu ce film ni grand-chose d’autre de Duke, sauf Taipan (1986), qui était un bon film d’aventures. Mais la présence d’Elliot Gould et (surtout) de Suzannah York incite au détour.

20.50 : Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (1997), France 4
Un des plus puissants films de SF du dernier demi-siècle, qui a laissé une trace suffisante pour que ceux qui étaient à peine nés à la date de sa sortie le connaissent - comme le montre la photo parue dans le récent Plaisir des amateurs du 5 avril 2016. Toutes filmos confondues, Jude Law et Uma Thurman ont rarement été meilleurs.

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22.10 : Volver de Pedro Almodovar (2006), OCS Max
Le roi de la movida ne nous transporte pas tout le temps, c’est une litote. Mais quand il cesse de vouloir jouer à tout prix sa partition d’énervé, il touche juste. Et parmi les cinq films qu’elle a tournés avec Pedro, c’est ici que Penélope Cruz atteint son sommet (bien aidée par Carmen Maura).

00.05 : Un colt pour une corde de Ted Kotcheff (1974), TCM
Kotcheff n’a pas signé que le premier Rambo, il a tourné quelques films notables bien avant, comme Le Réveil dans la terreur et L’Apprentissage de Duddy Kravitz. Ce Billy Two Hats, au titre original plus parlant que le français. Ce n’est pas Gregory Peck qui porte les deux chapeaux, c’est lui qui attaque les banques. Le bon Gregory, défenseur de la veuve et de l’orphelin, poursuivi par un shérif ! Tout fout le camp.

00.25 : Les Poupées du diable de Tod Browning (1936), France 3
Annoncé le 21 février 2016, mais remplacé par un hommage à Andrzej Zulawski. On reverra avec plaisir le dernier grand film fantastique de l’auteur, Lionel Barrymore enfin dans un rôle de méchant et Henry B. Walthall en savant fou qui rétrécit tout ce qu’il touche.

Lundi 11 avril 2016

20.40 : New York 1997 de John Carpenter (1981), TCM
Que la vision prémonitoire de Carpenter ait été déjouée par les faits n’a guère d’importance. Baptisons le film NY 2097 et savourons avec délectation un des meilleurs films d’apocalypse jamais réalisés, avec un Kurt Russell que le film fit découvrir.

20.40 : Survivre de Baltasar Kormakur (2012), OCS Choc
Décidément, Kormakur est, parmi les quelques cinéastes nordiques découverts cette dernière décennie, un des talents les plus certains - voir la série qu’il a produite (et en partie dirigée), Trapped.

20.40 : Le Trou de Jacques Becker (1960), OCS Géants
Comme on relit ses classiques, on peut revoir ses chefs-d’œuvre. Becker a subi quelques trous d’air, entre Ali-Baba et Arsène Lupin, avant de terminer (trop tôt) sa carrière avec ce sommet, superbe exercice de mise en scène.

20.45 : La Marche de l’empereur de Luc Jacquet (2004), Famiz
Il suffit de couper le son, afin de s’épargner la musique lancinante et superlative, pour profiter du spectacle de la banquise avant qu’elle n’ait totalement disparu. La direction d’acteurs est remarquable.

22.15 : L’Âge de raison, le cinéma des frères Dardenne de Luc Jabon & Alain Marcoen (2013), Club
Après Deux jours, une nuit des frères Dardenne, projeté à 20.45, particulièrement tire-larmes et montrant les limites de leur méthode, on peut regarder l’état des lieux (admiratif) dressé par ce documentaire. Le duo n’a jamais fait mieux que La Promesse, un chef-d’œuvre qui contenait tout ce qui a été développé ensuite. Mais ça n’empêche pas de s’intéresser au reste.

22.35 : La Comtesse de Julie Delpy (2009), Arte
Toujours surprenante, la cinéaste ! Entre comédies primesautières et aventures conjugales entre Paris et New York, elle offre cette nouvelle version de l’histoire d’Élizabeth Bathory, la comtesse sanglante, aussi somptueuse que celle de Borowczyk jadis.

00.10 : Frankenstein de James Whale (1931), Arte
Pour terminer la soirée sur la chaîne, qui nous gâte aujourd’hui, pourquoi ne pas revoir ce film, matrice de tous ceux qui l’ont suivi sans l’égaler ? Certains préfèrent La Fiancée de F., du même Whale, à cause de la chevelure fulgurante d’Elsa Lanchester, mais la déambulation titubante de Boris Karloff dans la campagne, ça reste quelque chose.

00.50 : Jours de gloire de Jacques Tourneur (1944), TCM
Le premier film de guerre de l’auteur, longtemps inédit ici, et surtout le premier film de Gregory Peck, immédiatement en tête d’affiche : pas d’erreur possible, la star était déjà pleinement là.

Mardi 12 avril 2016

20.40 : Live ! de Bill Guttentag (2007), OCS Choc
Encore une démonstration des méfaits de la téléréalité - ou plutôt de ses fabricants. Jusqu’où va oser aller Eva Mendes (étonnante) dans la saloperie spectaculaire ? Il y a dix ans, on pensait que le sommet était atteint, ce n’était que le début.

20.40 : L’Africain de Philippe de Broca (1983), OCS Géants
Ce n’est déjà plus tout à fait la fougue et l’énergie de la série avec Belmondo, mais on peut se laisser porter : une comédie (scénarisée par Gérard Brach), l’exotisme, Noiret et Deneuve, on avait un peu renâclé à l’époque. Erreur.

20.45 : Habemus Papam de Nanni Moretti (2011), Club
L’avant-dernier Moretti, superbe et intrigant, que les récentes turbulences vaticanesques (un pape conservateur qui démissionne et un pape new look qui prend le pouvoir) font coller à l’actualité. Piccoli, en futur pontife irrésolu, est magnifique. Déjà programmé en octobre, mais peut être revu sans dommages.

20.45 : Une corde pour te pendre de Raoul Walsh (1951), Classic
L’unique rencontre entre Walsh et Kirk Douglas (et le premier western de celui-ci). Le titre français est moins évocateur que l’original, Along the Great Divide, mais il est plus juste littéralement. Tous les protagonistes (Virginia Mayo, Walter Brennan) ont disparu, sauf Kirk, bientôt centenaire.

20.50 : Le Voyage de la peur d’Ida Lupino (1953), Polar
The Hitch-Hicker en VO ! Aucune hésitation possible. Tout petit film (70 mn), produit à l’économie par The Filmakers, la compagnie de son mari Collier Young (également scénariste). Presque rien, et pourtant le film est inscrit au patrimoine de la Library of Congress parmi les titres américains les plus importants.

22.15 : 13 Tzameti de Gela Babluani (2005), OCS Choc
C’est la soirée sur la chaîne de la thématique de la roulette russe ! L’auteur était inconnu lorsque l’on a découvert ce film remarquable, dans son superbe noir & blanc, célébration d’un étrange rituel de mort. Aucun des films signés depuis par Babluani n’est sorti de la norme.

00.40 : Capitaine sans peur de Raoul Walsh (1951), TCM
Walsh est à l’affiche aujourd’hui, qui s’en plaindrait ? Gregory, pour son premier film avec Raoul, et son premier embarquement (cinq ans plus tard, il poursuivra Moby Dick). Virginia Mayo est de la partie, et en cherchant dans les coins, on reconnaîtra Christopher Lee.

Mercredi 13 avril 2016

20.40 : Iwo Jima d’Allan Dwan (1949), Paramount Channel
Les films de Dwan sont trop rares sur les chaînes pour qu’on néglige celui-ci, même si on préfère les westerns d’AD à ses films guerriers. Mais Sands of Iwo Jima est sans bavures, dépourvu d’accents patriotiques ("l’effort de guerre" était déjà du passé). Et John Wayne avait encore l’âge d’incarner un sergent de choc crédible.

20.40 : Sur mes lèvres de Jacques Audiard (2001), OCS City
Audiard n’avait pas encore sa place au sommet du cinéma hexagonal, mais on pressentait déjà son importance future. Vincent Cassel, pour ceux qui le supportent, est impressionnant, et Emmanuelle Devos tout autant.

20.45 : Les Misérables de Raymond Bernard (1934), Classic
Ouch ! Les trois films dans la foulée, c’est rare. Plateau télé et pot de café, on peut s’embarquer pour 280 minutes à bord de la plus belle version du roman, parmi les dizaines réalisées. Harry Baur et Charles Vanel sont parfaits - et derrière eux, on trouve tous les acteurs français du moment.

20.50 : L’Enfer de la corruption d’Abraham Polonsky (1948), Polar
Que se passe-t-il ? Des vo sur Polar tous les soirs ! Après Lupino, Polonsky. Encore un talent brisé par le maccarthysme - il attendra vingt ans pour tourner Willie Boy. John Garfield en avocat corrompu, tient un de ses meilleurs rôles (mais a-t-il jamais déçu ?).

20.55 : Rapt de Lucas Belvaux (2009), Arte
L’enlèvement du baron Empain traité "straight" par le cinéaste belge, dont on admire le parcours sans faute depuis vingt ans. Et quand les programmateurs vont-ils ressortir La Raison du plus faible, cet excellent polar social ?

22.10 : Assurance sur la mort de Billy Wilder (1944), Polar
Une autre vo à la suite, on croit rêver. Ce n’est pas vraiment une découverte, mais le plaisir de retrouver l’intrigue de James Cain et Barbara Stanwyck en platinum blonde est intact.

23.55 : The Reader de Stephen Daldry (2008), Émotion
Le roman de Bernard Schlink était superbe, mais son adaptation pleine de pièges. Le réalisateur de Billy Elliot et de The Hours s’en est bien tiré. Kate Winslet, en initiatrice d’adolescent porteuse d’un secret pesant, mérite largement son Oscar.

Jeudi 14 avril 2016

20.40 : La dolce vita de Federico Fellini (1959), OCS Géants
C’est une soirée spéciale, dédiée à FF. Ça commence par un doc dont on ne sait rien, même pas le nom du réalisateur, Fellini le magnifique (19.45).
Ensuite le film que nul n’est censé ignorer, coupe au bistouri dans la jet-set romaine du tournant des années 60.
Puis, à 23.30, Marcello Mastroianni, latin lover (2015), encore un doc signé Sophie Agacinski.
Enfin, à 00.30, un dernier doc, Amor Roma, les années "Dolce vita" (2008).
Une grappa et au lit.

20.45 : La Voie de l’ennemi de Rachid Bouchareb (2014), Premier
Bouchareb aux USA. On pouvait craindre le décalage et la transplantation. Pas du tout. Le polar - un film noir plutôt - pourrait être signé par un autochtone. L’affrontement Forest Whittaker - Harvey Keitel est de grande qualité.

22.35 : Seuls les anges ont des ailes de Howard Hawks (1939), TCM
Les temps héroïques de l’Aéropostale américaine. Un huis clos masculin comme Hawks les aimait. Drame, pluie, tempête, calling Alameda, émotion garantie. Premier vrai rôle, quoique encore secondaire, pour Rita Hayworth, après 25 apparitions dans des séries B.
C’est tout pour aujourd’hui, les programmateurs ayant été particulièrement chiches en invention : tous les films proposés sur les chaînes Ciné+ sont passés la semaine dernière et déjà recommandés. Vivent les DVD.

Vendredi 15 avril 2016

20.40 : Che 2 : guérilla de Steven Soderbergh (2008), TCM
Suite, tragique, du biopic sur Guevara dont la première partie est passée vendredi dernier. Celle-là était triomphante, celle-ci n’est qu’une suite d’échecs, jusqu’à l’exécution du Che. Même en connaissant la fin, on ne peut s’empêcher d’être ému. Benicio del Toro était fait pour le rôle.

20.40 : Conversation secrète de Francis Ford Coppola (1974), Paramount Channel
Un chef-d’œuvre du cinéma paranoïaque. Les écoutes téléphoniques n’en étaient pourtant qu’à leurs balbutiements. Gene Hackman, seul dans sa chambre vide, et la sonnerie d’un téléphone qui n’existe pas, quelle belle idée.

20.45 : On connaît la chanson d’Alain Resnais (1997), Club
Il y a bien trop longtemps que ce chef-d’œuvre n’est pas revenu dans nos lucarnes. Une expérimentation inédite et magnifiquement réussie. Un film qui réjouit, alors que tous les personnages sont des losers, des déprimés, des paumés. Une prime pour Agnès Jaoui, doctorante, et sa thèse sur "Les chevaliers-paysans de l’an mil autour de lac de Paladru".

20.45 : Les Monstres de Dino Risi (1963), Classic
L’apothéose du film à sketches, l’équivalent italien de Hara-kiri mensuel : méchant, bête, cynique et dévastateur. Tout ce qui comptait à l’époque dans le cinéma transalpin est venu y faire trois petits tours. On attend la suite, Les Nouveaux Monstres et pourquoi pas leur héritier récent, Les Nouveaux Sauvages de Damian Szifron.

21.00 : Prick Up Your Ears de Stephen Frears (1987), Sundance Channel
Pour une fois, la chaîne ne propose pas en prime time un indépendant américain inconnu (mais souvent plus intéressant que des films reconnus, il faut être attentif et aller à l’aventure), mais un film presque célèbre, le deuxième volet de la trilogie urbaine de Frears, entre My Beautiful Laundrette et Sammy and Rosie Get Laid. L’auteur était inconnu, excepté des rares spectateurs de The Hit, trois ans plus tôt. Presque trente ans après, comment cette histoire homosexuelle qui semblait transgressive a-t-elle tenu la distance ? À vérifier.

01.15 : Jody et le faon de Clarence Brown (1946), TCM
Si l’on aime Gregory Peck, on ne compte pas les heures de sommeil perdues à attendre son apparition. Le grand Clarence Brown fait du bon boulot et sauve de la mélasse cette histoire attendrissante du gamin qui élève un faon orphelin (la biche a été tuée par son père) avant de devoir s’en séparer. Les mouchoirs doivent être prêts.

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