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Semaine télé du 4 au 10 juin 2016
Salut les câblés !
publié le samedi 4 juin 2016

Samedi 4 juin 2016

20.40 : Association criminelle de Joseph H. Lewis (1955), OCS Géants
Lewis n’a pas fait que Le Démon des armes. La preuve, ce polar, The Big Combo en VO, avec Cornel Wilde en flic et Richard Conte en chef de gang. Le cinéaste ne signera plus ensuite que des westerns, qui n’atteindront pas cette tension.

20.45 : Mosquito Coast de Peter Weir (1986), TCM
Weir est toujours à l’aise où qu’il tourne, Hanging Rock, Gallipoli, l’Indonésie ou comme ici, le Honduras. Le plaisir de revoir River Phoenix, 16 ans, dans son troisième rôle.

20.45 : Antoine et Cléopâtre de Charlton Heston (1972), Classic
Jamais vu, car pas très souvent sorti des caves. À l’époque, Heston n’était pas encore le débris qu’il sera dans les années 90, c’était même une de ses meilleures périodes, avec Le Survivant et Soleil vert. Alors, même si le sujet n’est pas excitant, on peut tenter l’expérience.

22.40 : Snake Eyes de Brian De Palma (1998)
À ne pas confondre avec le film de même titre d’Abel Ferrara, bien moins intéressant que ce polar remarquable où Nicolas Cage, pour une fois, n’en fait pas trop.

00.10 : Aimer, boire et chanter d’Alain Resnais (2014)
Pour ceux qui ne l’auraient pas vu le 14 mars, l’ultime film du cinéaste, où aucun des verbes du titre ne trouve d’illustration : ni chanson ni boisson et pas beaucoup d’amour. Superbe.

00.15 : L’Appât d’Anthony Mann (1953)
Robert Ryan étant le héros du mois, ça promet quelques bonnes séances au cœur de la nuit. Celle-ci, par exemple, même si c’est James Stewart qui a son nom au-dessus du titre. Dans la dizaine de westerns que Mann a tournés dans les années 50, The Naked Spur est un des plus secs, des plus épurés.

Dimanche 5 juin 2016

20.40 : La Dernière Séance de Peter Bogdanovich (1971), OCS Géants
Ce n’est pas le premier film de l’auteur, mais il reste sans conteste son meilleur, qui nous fit découvrir à la fois Jeff Bridges et Cybill Shepherd et Timothy Bottoms et Ellen Burstyn…

20.45 : Week-end royal de Roger Michell (2012), Club
Certes, déjà programmé - mais en mars 2015. Et le film mérite une seconde vision, pour Bill Murray, mais surtout pour Laura Linney, car le cinéaste dirige fort bien ses actrices (Julia Roberts dans Notting Hill ou Lindsay Duncan dans Un week-end à Paris).

20.45 : Les Chiens de paille de Sam Peckinpah (1971), Classic
On sait l’ambiguïté de Peckinpah - dénonciateur de la violence ou fasciné par ses excès ? Il n’empêche que c’est du beau travail et que Dustin Hoffman demeure remarquable.

20.50 : Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot (2012), Numéro 23
Eh oui, pourquoi pas Jacquot ? Il réussit un film sur deux, il suffit de bien tomber, ce qui est le cas ici.

20.50 : Le Conquérant de Dick Powell (1956), Action
Le film est en VF. Dommage, car John Wayne déguisé en Gengis Khan est une des trouvailles de ce nanar richissime. Le tournage dans le désert de l’Utah, lieu d’expérimentation des bombes atomiques US, a soumis les acteurs et techniciens, trois mois durant, à des radiations démesurées : 25 ans plus tard, presque la moitié des participants étaient atteints d’un cancer du poumon (dont Wayne, qui en est mort).

23.10 : Roman Polanski : A Film Memoir de Laurent Bouzereau (2011)
Malgré son titre, le film semble être un documentaire français. Bientôt 61 ans de pratique : Polanski a certainement beaucoup de choses à raconter durant ces 95 minutes (enfin un doc pas formaté 52 mn !).

00.45 : Naissance d’une nation de D.W. Griffith (1915), TCM
On attendait Robert Ryan et la chaîne nous refile l’increvable "chef-d’œuvre" à la gloire du Ku Klux Klan. Préparerait-elle le terrain pour Donald Trump ?

Lundi 6 juin 2016

20.40 : Nadine de Robert Benton (1987), OCS Géants
On avait oublié ce film et son auteur, pourtant excellent scénariste (Bonnie and Clyde). Ce n’est pas Kramer contre Kramer qui nous revient en mémoire, mais son précédent, Le chat connaît l’assassin, très agréable petit film. Et aussi L’Heure magique, un des derniers grands rôles (1998) de Paul Newman. Ici, Jeff Bridges est très bien (mais il l’est toujours).

20.45 : Hungry Hearts de Saverio Costanzo (2014), Club
On l’avait choisi sans l’avoir vu il y a deux mois. Bonne pioche, on peut le recommander derechef.

20.45 : Au-delà de la gloire de Samuel Fuller (1979), TCM
Pour les fulleriens, le chef-d’œuvre du cinéaste. Pour les autres, un film formidablement ambigu, qui, sous prétexte de montrer l’horreur guerrière, se repaît de sa mise en spectacle.

21.00 : Tirez sur le pianiste de François Truffaut (1960), TV5
S’il n’y avait qu’un seul film de l’auteur à garder, ce serait celui-ci (de toutes façons, on aurait du mal à en trouver un autre). Le roman de Goodis est loin, mais qu’importe ? Aznavour est parfait, Marie Dubois lumineuse et Bobby Lapointe chante Avanie et Framboise, avec des sous-titres. Un petit miracle, jamais renouvelé.

23.05 : Répulsion de Roman Polanski (1965), Arte
Le Couteau dans l’eau avait déjà secoué ses quelques spectateurs. Mais avec ce deuxième film, que suivrait presque immédiatement Cul-de-sac, autre événement, Polanski frappait juste et fort. Le lapin pourri sur l’assiette, les coups dans le mur, la folie insidieuse, quels plaisirs ! Et celui de revoir (trop peu) Yvonne Furneaux.

00.50 : Le Souvenir d’un avenir de Chris Marker & Yannick Bellon (2001), Arte
La chaîne nous gâte : Polanski + Marker-Bellon ! Le doc, trop court (42 mn), est fait à partir des photos de Denise Bellon, immense capteuse d’images, des années 30 à la fin du dernier siècle (et par ailleurs mère de la coréalisatrice).

Mardi 7 juin 2016

20.40 : Dr Folamour de Stanley Kubrick (1964), OCS Géants
Chacun connaît par cœur le film, digne du patrimoine de l’Unesco. Mais comment résister au décor de Ken Adams, au numéro de Peter Sellers, à la bombe chevauchée par Slim Pickens, à la chanson We’ll Meet Again ?

20.45 : Nebraska d’Alexander Payne (2013), Club
Déjà indiqué il y a quatre mois, mais les programmes des chaînes parallèles sont si calamiteux (Stallone, Dany Boone, Charlton Heston, on n’a pas mérité ça), qu’il vaut bien mieux revoir ce très beau film que s’aventurer dans les marais environnants. On reprend : "Dans la même veine que Une histoire vraie de Lynch, le retour au pays d’un vieillard obstiné. Payne est parvenu à maîtriser Bruce Dern, qui nous offre son interprétation la plus juste depuis longtemps (il méritait bien le prix décroché à Cannes cette année-là)."

22.15 : Le Narcisse noir de Michael Powell & Emeric Pressburger (1947), OCS Géants
Peut-être le plus beau film du glorieux tandem des Archers. Le Tibet comme si on y était, reconstruit dans les studios de Pinewood, la végétation tropicale filmée dans le Sussex, des nonnes (Deborah Kerr, Kathleen Byron) à se damner, un Technicolor (un Oscar pour Jack Cardiff) rarement aussi flamboyant. What else ?

23.10 : Sauf le respect que je vous dois de Fabienne Godet (2005), OCS Choc
On aime bien la cinéaste, que l’on suit d’un œil depuis Un certain goût d’herbe fraîche (1994) mais qui tourne trop peu - six films en vingt ans. Elle a su ici choisir ses acteurs - Olivier Gourmet, Dominique Blanc -, comme elle le fera pour Une place sur la Terre (2013), avec Poelvoorde et Ariane Labed.

00.35 : La Femme sur la plage de Jean Renoir (1947), TCM
Ce n’est pas à cause de Renoir qu’il faut voir ce film, la platitude de sa période américaine annonçant l’effondrement de son ultime période française. Mais à cause de Ryan, évidemment, fort bien entouré : d’un côté Joan Bennett, tout juste sortie du diptyque de Lang, La Rue rouge / La Femme au portrait, de l’autre l’impeccable Charles Bickford.

Mercredi 8 juin 2016

20.45 : L’Arnaqueur de Robert Rossen (1961), Classic
Un modèle de film d’action immobile, les 130 minutes se passant presque totalement autour du billard où triomphe Newman. Enfin, où il triompherait s’il ne rencontrait pas Jackie Gleason, un sacré joueur, lui aussi. Superbe : il suffit de comparer avec la suite qu’en a fait Scorsese en 1986…

20.55 : La Vénus à la fourrure de Roman Polanski (2013), Arte
Curieuse soirée sur Arte : un Polanski en début de soirée, un doc sur l’écrivain Uwe Johnson ensuite et un autre Polanski pour finir. Par bonheur, les deux Polanski sont très bons (à 23.20 : La Jeune Fille et la mort (1994).

22.00 : Last Seduction de John Dahl (1993), Sundance Channel
Un bon exemple de polar moderne référentiel, James Cain revisité par les frères Coen. Avec Linda Fiorentino en femme fatale.

22.30 : Bad Company de Robert Benton (1972), OCS Géants
Le premier film de Benton, dont on a pu voir avant-hier "Nadine". Jeff Bridges, à ses débuts (la même année que The Late Show de Bogdanovich) et John Savage également.

22.40 : La prima bella cosa de Paolo Virzi (2010), OCS Max
Pour ceux qui persistent à affirmer que le cinéma italien n’existe plus. Avec Stefania Sandrelli en grand-mère (comme le temps passe !) et le grand Valerio Mastandrea en fils aimant et coincé. Un plaisir.

22.40 : La Cour de Babel de Julie Bertuccelli (2014), OCS City
Très bon doc, genre auquel semble se consacrer la cinéaste (bientôt son remarquable Dernières nouvelles du cosmos), sur une classe d’un collège parisien composée de non-francophones. Requinquant.

01.20 : Far West 89 de Ray Enright (1948), TCM
Ryan n’a qu’un second rôle, puisque c’est Randolph Scott le héros. Le titre original, Return of the Bad Men décrit mieux le propos : tous les méchants, Billy the Kid, les frères Dalton, les frères Younger, Sundance Kid, rappliquent à Braxton, Oklahama. Enright a signé d’innombrables films, toujours honnêtement faits.

Jeudi 9 juin 2016

20.40 : Les Enfants du paradis de Marcel Carné (1943-45), OCS Géants
Il faut se méfier : impossible de s’arracher au film si l’on y glisse les yeux. Car à chaque vision, le plaisir renaît, intact. Tous les personnages imaginés par Prévert font partie de notre paysage intérieur et leurs dialogues du petit langage partagée par les fanatiques. Arletty, bien sûr, et Brasseur, mais aussi et surtout les marginaux, Marcel Herrand, Louis Salou, Pierre Renoir…

20.40 : Blanche et Marie de Jacques Renard (1984), Histoire
Renard fait partie de la génération entrée en cinéma dans les années 70 et qui, après quelques films, n’a trouvé refuge qu’à la télévision (où il a d’ailleurs signé de très bons téléfilms, comme Le Doux Pays de mon enfance). Monsieur Albert (1976), avec Philippe Noiret, était remarquable. Ici, Miou-Miou et Sandrine Bonnaire, en 1941, dans le Nord, entrent en Résistance de façon fort crédible. Dommage que le film n’ait jamais intéressé des chaînes de plus grande audience.

20.45 : The Duchess de Saul Dibb (2008), Émotion
Pas vu, mais le sujet résonne comme du Jane Austen - une mal-mariée, un duc anglais, la fin du 18e siècle, Keira Knightley et Ralph Fiennes, tout cela peut donner raisonnablement envie.

20.45 : Le Quart d’heure américain de Philippe Galland (1982), Famiz
Que reste-t-il, 34 ans après, de cette comédie plaisante ? Le jus d’une époque et les visages jeunes de toute une bande d’acteurs toujours actifs, Jugnot, Anémone, Balmer, Moretti, Roüan (et même Pierre Lescure dans un petit rôle).

20.45 : Marie Heurtin de Jean-Pierre Améris (2014), Club
Une ado sourde et aveugle, une religieuse qui tente de l’éveiller à la conscience, ça rappelle très fortement Miracle en Alabama et Isabelle Carré n’est pas encore tout à fait du niveau d’Anne Bancroft. Mais le film est fait avec les qualités habituelles d’Améris, honnêteté et précision.

20.45 : Shampoo de Hal Ashby (1975), Classic
Warren Beatty savait très bien incarner les arrivistes séducteurs et l’immoralité du film était alors bien plaisante. Et les partenaires du coiffeur aux dents longues tout à fait fréquentables : Julie Christie, Goldie Hawn et surtout l’épatante Lee Grant, Oscar pour ce film.

20.55 : Les Héritiers de Pernilla August (2014)
Encore une série danoise sur Arte, mais qui s’en plaindra ? Trois épisodes dans la foulée. On ne sait rien du sujet, mais il suffit que Trine Dynholm en soit une des interprètes principales pour que l’on fasse le voyage.

21.00 : Hap and Leonard, saison 1, Sundance Channel
Il paraît qu’il s’agit d’une excellente série - ce qui n’étonne pas puisque les personnages, Collins et Pine, sortent des romans noirs de Joe R. Lansdale (à découvrir en Série Noire ou en Folio). Il n’est pas trop tard pour rattraper le coup.

00.45 : Plus fort que la loi de Willam D. Russell (1951), TCM
En VO : Best of the Badmen. Eh oui, encore les méchants du film d’hier soir, un peu différents, car aux frères Younger viennent s’ajouter les frères James. Et plus de Randolph Scott, ce qui permet à Ryan d’être en haut de l’affiche.

Vendredi 10 juin 2016

20.45 : La Famille Fenouillard d’Yves Robert (1960), Classic
Yves Robert n’en était alors qu’à ses presque débuts et Jean Richard et Sophie Desmarets ne faisaient pas une affiche très glamour. Mais le scénario de Jean Ferry était fidèle au petit monde de Christophe, créateur par ailleurs du savant Cosinus et du sapeur Camember : on peut suivre Agénor, Léocadie, Artémise et Cunégonde Fenouillard à travers la planète.

20.55 : Danbé, la tête haute de Bourlem Guerdjou (2014), Arte
Téléfilm pas vu, mais après Vivre au Paradis (1998) et Zaïna, cavalière de l’Atlas (2005), on peut faire confiance à ce trop rare réalisateur. Une orpheline malienne qui devient championne de boxe, ça n’existe pas : eh si, puisqu’il s’agit de l’adaptation du roman (vécu) d’Aya Cissoko.

21.00 : La Momie de Karl Freund (1932), Ciné FX
En VO. La première apparition de la momie du grand-prêtre Imhotep, porteuse de tant de malédictions. Il y en aura d’autres, mais peu atteindront cette intensité : à cause du noir & blanc, magnifiquement travaillé par le réalisateur, un des plus grands chefs-opérateurs du muet (Le Dernier des hommes, Variétés) et du parlant (de Back Street à Key Largo). À cause de Boris Karloff, également. Freund réalisera peu, mais bien : en 1935, il fera de Peter Lorre, dans Les Mains d’Orlac, un inoubliable chirurgien fou.

22.35 : Phase IV de Saul Bass (1974), Paramount Channel
Présence obligatoire pour ceux qui ne l’ont pas regardé le 11 mars dernier. On répète : "Les débuts dans le ’vrai’ cinéma de l’auteur, après quarante génériques plus beaux les uns que les autres, pendant vingt ans. Les débuts et la fin, puisque c’est son unique film. Mais ça valait la peine d’attendre. Jamais on ne regardera les fourmis avec les mêmes yeux."

00.50 : La femme aux maléfices de Nicholas Ray (1950), TCM
Merci à TCM de rendre hommage à Ryan à travers des films moins célèbres que ses grands titres tardifs. Le film de Ray n’est sorti en France qu’en 1985 et n’a longtemps été connu que comme Born to Be Bad. On n’est pas certain que les rôles soient bien attribués : Zachary Scott en homme d’affaires et Ryan en écrivain, on aurait pu les distribuer de façon inverse. Mais Joan Fontaine est très bonne, intrigante et perverse comme elle savait si bien faire.

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