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Semaine télé du 5 au 11 novembre 2016
Salut les câblés !
publié le samedi 5 novembre 2016

Samedi 5 novembre 2016

20.40 : Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (1997), Paramount Channel
Bienvenue à ceux, s’il en reste, qui n’ont pas encore découvert ce chef-d’œuvre, premier scénario (il en signé d’autres ensuite, aussi remarquables, comme The Truman Show) et première réalisation d’un cinéaste passionnant. On n’hésitera pas à s’autociter : "Un des plus puissants films de SF du dernier demi-siècle, qui a laissé une trace suffisante pour que ceux qui étaient à peine nés à la date de sa sortie le connaissent - comme le montre la photo parue dans le récentPlaisir des amateurs du 5 avril 2016. Toutes filmos confondues, Jude Law et Uma Thurman ont rarement été meilleurs."

20.40 : Haute sécurité de John Flynn (1989), OCS Géants
OCS reprend des films passés à la même heure il y a trois mois, en les annonçant comme "1ère diffusion". Passons, car c’est John Flynn, garantie d’efficacité et de puissance, qui est aux commandes de ce film de prison. Et si le détenu Stallone demeure inexpressif, le directeur Donald Sutherland, en salaud certifié, est impressionnant.

20.45 : Magnolia de Paul Thomas Anderson (1999), Premier
La rumeur affirme que l’auteur croirait un peu trop à son propre génie. Il est certain qu’il n’a jamais transigé avec les producteurs, en leur imposant la durée jugée nécessaire, même si ses films flirtent souvent avec les trois heures. Comme celui-ci, son troisième, hommage évident à Altman, dans l’entrelacs des trajectoires - jusqu’à utiliser un de ses seconds rôles préférés, Henry Gibson -, qui a décroché l’Ours d’or à Berlin, distinction méritée.

20.45 : Une équipe hors du commun de Penny Marsahll (1992), Famiz
C’est samedi, une comédie sympathique ne peut pas faire de mal, d’autant que le sujet - des équipes féminines de base-ball pour remplacer les hommes au combat en 1943 - est original. Madonna a parfois prouvé qu’elle était également actrice, comme ici, bien qu’on lui préfère Geena Davis, désormais trop rare, et surtout David Strathairn, jadis découvert chez John Sayles (qu’est-il devenu ?).

20.45 : J’accuse d’Abel Gance (1938), Classic
Difficile de refuser à Gance le mérite des grandes intentions : lancer un cri d’alerte contre la guerre que chacun sentait venir en 1938, quitte à recycler sa première version tournée en 1919. Le cinéaste n’a jamais fait dans la demi-mesure et points d’orgue et emphase font partie de sa nature. Alors, si on est prêt à accompagner Victor Francen pendant 115 minutes dans son combat pacifiste perdu d’avance… En tout cas, le film avait fortement marqué les spectateurs de l’époque - qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

00.05 : La Griffe de Franklin J. Schaffner (1967), TCM
Pour mémoire, car déjà programmé il y a peu (le 28 octobre 2016), avant même que ne commence l’hommage à Yul Brynner - regrettons d’ailleurs que la chaîne annonce comme "intégrale" une rétrospective qui ne contient que 18 films.

Dimanche 6 novembre 2016

20.40 : Zoulou de Cy Endfield (1964), OCS Géants
Décidément, des dix films proposés à cette même heure, deux seulement sont inédits sur le câble, et un ne vaut pas tripette (L’Amour à l’envers sur Paramount Channel). On est donc amené à choisir un titre déjà visité. Et pourquoi pas celui-ci (passage le 29 août 2016), forte évocation de la guerre United Kingdom vs. Zulus, à la fin du XIXe. Cy Endfield, chassé d’Hollywood par McCarthy, n’avait pas le renom de ses collègues Dassin ou Losey. Mais ses quelques films british des années 50, pas suffisamment repris, valent pourtant une vision.

20.40 : Lord of War d’Andrew Niccol (2005), OCS Max
Deuxième film de Niccol cette semaine, profitons-en, même s’il trouve son inspiration ailleurs, cette fois-ci, que dans un univers futuriste. La succes story de Nicolas Cage, immigré ukrainien qui devient le plus gros marchand d’armes du marché, pourrait relever de la SF - hélas, non.

20.45 : L’Air de rien de Grégory Magne & Stéphane Viard (2012), Famiz
Déjà passé le 1er mai 2016, mais on persiste à le recommander. La mort de Michel Delpech a donné une dimension différente à ce joli film, dans lequel le chanteur incarnait un certain Michel Delpech, ruiné, qu’un huissier compatissant remettait en selle. La mise en abyme entre situations réelles et fictionnelles est très réussi.

20.45 : Foxy Brown de Jack Hill (1974), Club
On comprend que Tarantino ait absolument voulu que Pam Grier soit son interprète pour Jackie Brown, bel hommage à la "blackploitation" des années 70. Des quatre films qu’elle a tournés avec Jack Hill, celui-ci est le meilleur (on aimerait tout de même revoir Coffy, la panthère noire de Harlem, 1973). La musique de Willie Hutch, très "Motown Sound", est un régal.

23.55 : Anna Karénine d’Edmund Goulding (1927), TCM
Damned, où est passé Yul B. ? À la place, Greta Garbo, dans un de ses plus beaux muets (elle reprendra le rôle huit ans plus tard, avec Clarence Brown), donc on ne se plaindra pas.

00.20 : Les Amants de Vérone d’André Cayatte (1949), France 3
Cayatte n’a pas toujours été ce réalisateur didactique, pour débats des "Dossiers de l’écran", dont la critique s’est longtemps moqué. Sa filmographie des années 40 recèle quelques titres à découvrir, tels Au Bonheur des Dames ou Pierre et Jean. Et, évidemment, cette version de Roméo-Serge Reggiani et Juliette-Anouk Aimée, brillamment adaptée et dialoguée par Jacques Prévert.

Lundi 7 novembre 2016

20.45 : Les Rats du désert de Robert Wise (1953), Classic
Que dire du réalisateur ? Honnête, solide, capable de s’adapter à tous les scénarios proposés et obtenant de vraies réussites de genre, Le Coup de l’escalier, La Maison du diable ou Le Mystère Andromède. Ici, le combat guerrier autour de Tobrouk est moins enthousiasmant, mais l’affrontement (à distance) entre Richard Burton et James Mason, qui a remis l’uniforme de Rommel déjà endossé deux ans plus tôt dans Le Renard du désert d’Hathaway, est intéressant.

20.45 : Les Rois du soleil de Jack Lee Thompson (1963), TCM
On le note parce qu’on a décidé de noter tous les films avec Yul, mais on peut, sauf fascination absolue, le laisser sur sa pyramide maya et garder ses forces pour le film de 00.25

20.50 : Mr. Smith au Sénat de Frank Capra (1939), Arte
La programmation d’Arte est en phase avec l’actualité US. Était-il nécessaire de recourir au classique des classiques, plutôt qu’un des très nombreux films qui ont traité le sujet - comme Votez McKay, par ex. ? Après tout, à force d’évoquer James Stewart et son discours-marathon, il n’est pas certain qu’on aille souvent vérifier comment sa performance a tenu la distance.

22.40 : L’Ennemi intime de Florent-Emilio Siri (2007), OCS Max
Un des meilleurs, sinon le meilleur, en tout cas, le plus juste, des films sur la guerre d’Algérie (beaucoup plus convaincant dans sa forme et son fond que Ni le ciel ni la terre de Cl. Cogitore, sur la guerre en Afghanistan, qui a rallié tant de suffrages récemment). Est-ce dû au scénario de Patrick Rotman ? Tout, les personnages, les combats, les scènes de torture et d’exécution, est remarquablement filmé, sans volonté spectaculaire, avec l’exact degré de vérité souhaitée. Film d’hommes - Dupontel, Magimel, Recoing, tous bons -, très walshien dans son traitement.

22.55 : Qui êtes-vous, Eleanor Roosevelt ? de Patrick Jeudy (2016)
Doc pas vu, mais le sujet interpelle. L’épouse du président fut un des personnages les plus importants des années 30 et 40, il suffit de voir la manière dont son nom ou son ombre apparaît dans les films américains du temps.

00.25 : Le Phare du bout du monde de Kevin Billington (1971), TCM
Bonne adaptation, moins vue qu’elle le mériterait, du roman de Jules Verne, par un cinéaste anglais dont on ne connaît rien d’autre. Le film n’avait pas eu grand succès à sa sortie, sans doute à cause du cosmopolitisme de sa production, mêlant acteurs français (Jean-Claude Drouot), anglais (Samantha Eggar), espagnol (Fernando Rey), italien (Renato Salvatori), ce qui rendait la vo incertaine. Mais Kirk Douglas (également producteur) et Yul Brynner assurent le spectacle.

Mardi 8 novembre 2016

20.45 : Un air de famille de Cédric Klapisch (1996), Club
Théâtral, puisque tiré par Jaoui & Bacri de leur pièce du même titre. Mais tourné avec une aisance extrême par Klapisch, avec des comédiens (Darroussin et Catherine Frot) qui ont bien mérité leurs César. Le couple que forme cette dernière avec Wladimir Yordanoff est mémorable et le film demeure une petite perle pour amateurs de dialogues bien en bouche.

20.45 : La Vallée de la poudre de George Marshall (1958), Classic
Le film possède une réputation que l’on s’explique mal, celle d’un western comique d’une grande réussite. Comique ? Oui, Shirley MacLaine est drôle par nature, Leslie Nielsen également, même s’il n’avait pas encore connu le succès des Y a-t-il un flic… ? et Glenn Ford a le sourire facile. Mais les souvenirs qu’on a gardés sont mitigés. Vérification nécessaire.

21.00 : La Mort d’Auguste de Denis Malleval (2015), TV5
Malleval avait déjà adapté Simenon pour la TV (L’Escalier de fer), il réitère, toujours sur un scénario de Jacques Santamaria, à partir d’un des derniers romans de l’écrivain, paru en 1966 (enfin, dernier… Simenon en a encore écrit vingt-deux avant 1972). Les fils d’Auguste, J-P. Darroussin, Antoine Duléry et Bruno Solo, et leurs bisbilles autour de l’héritage, c’est banal. Mais banal comme du Simenon, c’est-à-dire extraordinaire. Un téléfilm, certes - mais qui a été vu par 4 millions et demi de spectateurs, ce qui ferait rêver bien des cinéastes français.

22.15 : Le soleil brille pour tout le monde de John Ford (1953), Paramount Channel
S’il n’y avait qu’un seul film de Ford à emporter sur l’île déserte, on hésiterait entre Four Sons, Steamboat ’round the Bend, Seven Women et celui-ci. Et c’est peut-être lui qu’on choisirait, tant il représente une facette inconnue de l’auteur, loin de toute fascination pour l’univers rigide des militaires, 7th Cavalry ou autre - c’est l’"americana" parfaite (aussi belle que Stars in My Crown de Jacques Tourneur). Le rôle de sa vie pour Charles Winninger, qui a pourtant incarné des flopées de gentils personnages rondouillards.

22.25 : La Petite Venise d’Andrea Segre (2011), OCS City
Aïe, pas facile de choisir entre le film de Ford et cette petite merveille, située entre eau et ciel, sur la lagune vénitienne, sans exotisme ni folklore. (Mais celui-ci repasse plusieurs fois, alors que la projection du Ford est sans lendemain immédiat). Le genre d’œuvres sans tapage que l’on découvre au festival italien d’Annecy.

22.35 : Los Hongos de Oscar Ruiz Navia (2014), Club
Un film colombien sur une chaîne, il ne faut pas le laisser échapper. En outre, il est signé par un jeune réalisateur déjà repéré (prix Fipresci à Berlin 2010 pour La Barra), tournant au ras des rues de Cali. Dépaysement assuré.

00.30 : Les Trois Soldats de l’aventure de Michael Anderson (1964), TCM
Un film post-guerre : histoire du Service de sauvetage aérien, animé par d’anciens baroudeurs, prêts à se dévouer pour leurs prochains. Et alors ? Alors, c’est pas mal, les trois sauveteurs étant Yul B., bien sûr, Richard Widmark et George Chakiris (dont on s’étonne toujours du succès qu’il obtint après West Side Story). Les amateurs reconnaîtront Shirley Khnight, à l’époque encore toute de douceur et de légèreté, et Danièle Gaubert, égarée dans les coproductions.

Mercredi 9 novembre 2016

20.40 : Celles qui voulaient se souvenir de Kyoshi Kurosawa (2012), OCS City
La chaîne a une programmation hardie ce soir, avec cette spéciale Shokuzai, en deux parties, tournées et sorties en même temps. L’argument : témoins, dans leur enfance, du meurtre de leur amie, quatre femmes, quinze ans plus tard, réagissent encore : les deux premières cherchent à se remémorer l’attentat. Le travail de Kurosawa, depuis vingt ans, est passionnant, multipliant les films aux approches différentes.

20.45 : True Detective, saison 1, Club
Pour ceux qui ont été accrochés par les deux premiers épisodes, la suite (3 et 4), toujours avec les deux compères Matthew McConaughey et Woody Harrelson.

20.45 : Sept secondes en enfer de John Sturges (1967), TCM
Sturges revient à O.K. Corral, dont il avait déjà filmé le gunfight dix ans auparavant. Pour ne pas tourner le même événement, il s’occupe de la suite, les survivants du règlement de comptes, Wyatt Earp et Doc Holliday pourchassant le reste de la bande des Clanton. Dommage que Earp soit interprété par James Garner et Ike Clanton par Robert Ryan, on aurait préféré l’inverse. Mais Jason Robards en Doc est tout à fait à sa place.

20.50 : Ce que mes yeux ont vu : le mystère Watteau de Laurent de Bartillat (2007), Polar
Un film rare, dont la sortie fut confidentielle. Évidemment, le sujet n’est pas glamour : Sylvie Testud, chercheuse en histoire de l’art, découvre une femme, de dos, dans la plupart des toiles de Watteau ; qui est-elle ? Pas glamour, mais passionnant si l’on s’y prête, comme tous les films traitant des mystères de la peinture, L’Hypothèse du tableau volé de Ruiz, Meurtre dans un jardin anglais de Greenaway, Le Dos rouge d’Antoine Barraud, etc. Jean-Pierre Marielle en directeur de thèse, pourquoi pas (il fut bien peintre dans Les Galettes de Pont-Aven) ?

22.40 : Celles qui voulaient oublier de Kyoshi Kurosawa (2012), OCS City
La suite, ou plutôt le complément de Shokuzai I : place aux deux qui veulent oublier le passé. Les deux parties réunies totalisent 270 minutes, mais celles-ci sont bien remplies.

22.50 : R-100 de Hitoshi Matsumoto (2013), OCS Choc
Sans l’avoir vu, on a envie de le recommander : les films japonais qui nous parviennent, non signés de noms célèbres, ne sont pas légion, il faut donc les découvrir quand ils se présentent. Cinq titres japonais d’un coup ce soir, les deux Kurosawa sur City, et sur Choc Yakuza Apocalypse de Takashi Miike, 2015 (très décevant pour un Miike) et, outre ce Matsumoto inconnu, un Sion en fin de soirée.

00.05 : Catlow de Sam Wanamaker (1971), TCM
Jusqu’à présent, TCM nous a préservés des "grands" titres de Yul, Le Roi et moi, Les Dix Commandements, Salomon et la reine de Saba, Les Sept Mercenaires et Cie, en privilégiant les films peu connus, comme ceux de Billington, Anderson ou Clouse. Et ceux de Sam Wanamaker. Non qu’il s’agisse ce soir d’un western inoubliable, mais c’est une œuvre de série réussie, et très peu vue, interprétée par des acteurs qu’on aime bien, Richard Crenna, Jeff Corey (et même Dahlia Lavi !). Espérons voir resurgir Le Mercenaire de minuit, dans lequel Yul était Jules Gaspard d’Estaing.

00.25 : Tokyo Tribe de Sono Sion (2014), OCS Choc
Le film semble n’avoir été montré que lors de L’Étrange festival 2014. Il s’agit d’une adaptation d’un manga archi-célèbre chez les amateurs, combats dans un Japon d’après-Apocalypse entre des gangs opposés. Le plus étonnant tient dans la fécondité de l’auteur : quatorze films (et une série TV) ces cinq dernières années. On ne peut qu’avoir envie de les regarder.

Jeudi 10 novembre 2016

20.40 : Le Bourreau du Nevada de Michael Curtiz (1959), Paramount Channel
Le 170e film de l’auteur, et son avant-dernier western (on a renoncé à les compter). Aucun film de Curtiz n’est indifférent, même les moins réussis. Celui-ci est de la qualité standard auquel il nous a habitués. Robert Taylor n’est pas notre acteur préféré (surtout dans les westerns), mais on peut faire avec. Et il y a Fess Parker, ex-Daniel Boone, qui, sur les affiches françaises, se prénommait Fier, pour ne pas choquer les passants.

20.40 : Intervista de Federico Fellini (1987), OCS Géants
L’avant-dernier film de FF. À l’époque, cette parenthèse nous avait irrités, le cinéaste, à bout de souffle et à court d’imagination, jouant sur la nostalgie pour meubler ses 105 minutes - les retrouvailles entre Marcello et Anita, vingt-sept ans après la fontaine de Trevi, sont effrayantes. Trente ans plus tard, la patine a certainement joué, et si le film n’est pas meilleur, on le voit désormais différemment.

Soirée de reprises sur le bouquet Canal : sur les six chaînes, deux films inédits, les autres étant déjà multiprogrammés. Sur les deux, on peut faire l’impasse sur Cadet Rousselle (André Hunebelle, 1954, Classic), sauf pour les fanatiques de Bourvil.

Reste :

20.45 : L’Astragale de Brigitte Sy (2015), Club
Était-il absolument nécessaire de reprendre le roman d’Albertine Sarrazin, déjà adapté en 1968 (Guy Casaril), surtout en le filmant "à l’ancienne", en noir & blanc pour bien reconstituer les années 50 ? Pas sûr. D’un autre côté, la première version, à notre connaissance, n’est plus visible depuis longtemps, et Leïla Bekhti est aussi juste que Marlène Jobert jadis. Mais l’histoire de la rencontre entre l’évadée et le beau voyou passionne-t-elle encore ? Au vu des entrées en salles (55 000 spectateurs), on peut craindre le contraire.

22.35 : Le Huitième Jour de Jaco Van Dormaël (1995), OCS Max
Le film n’est pas passé depuis presque un an, et, eu égard au désert des programmes alentour, on peut le revoir sans trop faillir. Le sujet, rencontre entre un solitaire (Daniel Auteuil) et un jeune trisomique (Pascal Duquenne), était délicat. Mais JVD s’en sort avec les honneurs - et un prix d’interprétation conjoint à Cannes.

23.50 : Le Fruit défendu d’Henri Verneuil (1952), Classic
Simenon, toujours, avec ses aspects bien noirs, ses anti-héros pitoyables, son atmosphère bien gluante. Depuis Meurtres (1950), Fernandel s’était reconverti et alternait rôles ambigus (L’Auberge rouge, La Table aux crevés) et nanars comiques (Boniface somnambule, Coiffeur pour dames). Ici, tombé dans les rets de Françoise Arnoul, la belle garce, il est remarquable.

00.30 : Le Moine de Dominik Moll (2011), Frisson
Pour mémoire, car le film n’est pas réussi, confirmant la malédiction qui a suivi le projet : Buñuel a longtemps bataillé, vainement, pour tourner l’adaptation de l’œuvre de M.G. Lewis, Ado Kyrou a repris son scénario (écrit avec J.-C. Carrière) en 1972 et a raté le film, avant que Moll n’écrive une nouvelle adaptation, sans parvenir à trouver l’équivalent de ce superbe roman. Mais Vincent Cassel était-il l’acteur idoine pour incarner le frère Ambrosio ?

00.35 : Le Voyage d’Anatol Litvak (1959), TCM
Le film a-t-il été souvent repris depuis sa sortie ? On n’en a pas trouvé trace. Tourné en pleine guerre froide, traitant de la répression de l’insurrection hongroise de 1956 par l’Armée rouge, il s’agit d’un pur produit d’époque, qui doit s’avérer intéressant à (re)voir. Yul est un méchant commandant soviétique qui va tomber amoureux de lady Deborah Kerr, why not ? Parmi les acteurs, on retrouve quelques visages connus, Gérard Oury et Anouk Aimée (en révolutionnaire hongroise !).

Vendredi 11 novembre 2016

20.40 : L’Assassinat de Trotsky de Joseph Losey (1972), OCS Géants
Le film ne pouvait que décevoir : les partisans de Trotsky attendaient une dénonciation des conditions de la mort du Vieux, les opposants une critique de ses théories (certains communistes avaient connu l’époque de l’"hitléro-trotskysme"), toutes choses que Losey avait soigneusement évitées, traitant les trois derniers mois de son héros au plus près, comme un fait divers. Et le public non concerné n’y vit qu’un affrontement Richard Burton-Alain Delon pas particulièrement passionnant. On serait curieux de savoir quel regard peut être aujourd’hui celui d’un spectateur de moins de 30 ans.

20.45 : Noce blanche de Jean-Claude Brisseau (1989), Club
L’auteur ne nous convainc pas toujours, mais cette fois-ci, c’est gagné. Il s’agit de son film le plus juste, cette descente dans la dépendance du professeur de philosophie Bruno Cremer pour son élève Vanessa Paradis étant contée sans la complaisance qui apparaît souvent dans ses autres œuvres. Il n’a jamais depuis retrouvé ce regard dégagé.

20.45 : Un mariage à Boston de Joseph L. Mankiewicz (1947), Classic
Question : pourquoi un film d’une telle qualité a-t-il mis 57 ans à franchir l’Atlantique ? À la date de réalisation, Ronald Colman, son héros, était encore une vedette, Le Château du dragon, premier film du cinéaste, était sorti en France, L’Aventure de Madame Muir n’allait pas tarder. Aucune raison à cette mise à l’écart (mais on s’interroge : Escape, tourné l’année suivante, a-t-il été distribué ici, hors rétrospective à la Cinémathèque ?). On remarquera Peggy Cummins, pas encore meurtrière flamboyante de Gun Crazy, dans le rôle de la gentille fille de Colman-George Appley.

00.20 : La Folle de Chaillot de Bryan Forbes (1969), TCM
Honte ! Nous avions totalement oublié que Yul faisait partie de la distribution du film. Il faut dire que celle-ci était somptueuse, mais que Katharine Hepburn éclipsait tout le monde, même s’il s’agissait de Giuletta Masina, Margaret Leighton, Charles Boyer, Danny Kaye, Donald Pleasence, Claude Dauphin et Fernand Gravey, chacun venant faire un petit tour. Alors, une star de plus, et dans un petit rôle…

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