home > Au fil du temps > Salut les câblés ! > Salut les câblés ! (2017) > Semaine télé du 22 au 28 juillet 2017
Semaine télé du 22 au 28 juillet 2017
Salut les câblés !
publié le samedi 22 juillet 2017

Jeune Cinéma en ligne directe

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 22 juillet 2017

 

20.40 : Landes de François-Xavier Vives (2013), OCS Max
Curieux premier film (pas de second pour l’instant), ambitieux et pas mal réussi. Marie Gillain en veuve à la tête d’une exploitation forestière dans les années 20, il fallait oser. Et on y croit sans trop de peine.

20.45 : Arizona Dream d’Emir Kusturica (1993), Club
Dernier film avant que l’auteur ne devienne une griffe, identifiable - musique tonitruante, agitation forcenée, néobaroquisme, folklore balkanique, etc., tout ce qui n’était pas dans ses premiers titres et en faisait tout le prix. Ici, on respire encore et la "poésie" n’est pas du simili. Avec Johnny Depp et Jerry Lewis, dans une de ses dernières grandes apparitions.

20.45 : Le Jour où la Terre s’arrêta de Robert Wise (1951), Classic
Dernier passage le 12 novembre 2016. C’est un film inusable. Note d’époque : "En plein maccarthysme et en pleine guerre froide, le scénariste Edmund North a fourni à Wise une histoire transparente : oui à l’ouverture sur l’étranger, même s’il vient d’une autre planète, oui au pacifisme, non à la violence militaire stupide. Le film impressionna fort, sans rien changer, évidemment, à l’état des consciences des années 50. Mais il reste comme un témoignage d’une s-f "adulte", sans aliens ni effets spéciaux, excepté Robby, un des plus beaux robots de l’histoire du genre."

20.45 : Alice n’est plus ici de Martin Scorsese (1974), TCM
Même commentaire que pour Kusturica. Scorsese n’était pas encore un auteur reconnu et célébré, figé dans la conformité à sa marque de fabrique. Revoir aujourd’hui Bertha Boxcar ou Mean Streets montre le chemin parcouru. Ellen Burstyn, dans le rôle titre, est extraordinaire - on comprend pourquoi Resnais l’a prise pour Providence.

22.35 : Métal hurlant de Gerald Potterton (1981), TCM
Ce film d’animation est constitué d’une série de sketchs fantastiques adaptés du mensuel de BD Heavy Metal. Rappelons que, pour une fois, la BD française était en avance, puisque Métal hurlant, mensuel ébouriffant, avait précédé de deux ans la version américaine. Potterton est un animateur chevronné, formé aux meilleures sources (George Dunning) et les fans de Keaton se souviennent de son cm The Railrodder, où Buster traversait le Canada sur une draisine.

22.50 : Comme il vous plaira de Kenneth Branagh (2006), OCS City
La cinquième (et dernière) adaptation de Shakespeare par KB, inexplicablement restée inédite ici. Pourtant, à cette date, le travail de Branagh comme réalisateur était encore apprécié - avec raison, car tout ce qu’il avait tourné depuis Henry V (1989) était remarquable.

00.05 : Smartest Girl in Town de Joseph Santley (1936), TCM
Le réalisateur était un stakhanoviste - 19 films entre 1935 et 1939 -, dont on ne connaît que trois ou quatre produits (mais tout de même Noix de coco, avec les Marx en 1929), peu différenciés. À découvrir, car la présence d’Ann Sothern peut contrebalancer celle de Gene Raymond.

 

Dimanche 23 juillet 2017

 

20.40 : Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg (2002), OCS Max
La veine "simple" de Spielberg, sans effets spéciaux ni bestioles démesurées. Comme c’est un excellent raconteur d’histoires, on peut se laisser aller à suivre, avec le plaisir du premier degré, les aventures de l’escroc Di Caprio, dans la lignée de l’Herbert Marshall du Haute pègre de Lubitsch.

20.45 : Ex Machina d’Alex Garland (2015), Premier
Prière de ne pas rater ce grand film sur l’intelligence artificielle, avec Ava, une androïde de toute beauté (normal, il s’agit d’Alicia Vikander) et un Oscar Isaac en savant cybernéticien fou dans son repaire, digne de l’île du docteur Moreau.

20.45 : La Vie des autres de Florian Henckel von Donnensmarck (2006), Club
FHvD ou l’homme d’un seul film ? Celui-ci avait fait un tabac mondial (et qu’on peut juger largement disproportionné), grâce à un scénario habile et une interprétation éblouissante d’Ulrich Mühe et de Martina Gedeck. Depuis, The Tourist (2010) a ramené la stature du cinéaste à une dimension plus réduite.

20.55 : The Queen de Stephen Frears (2006), Arte
Une soirée spéciale en l’honneur d’Elizabeth II, pourquoi pas, même si on en cherche la raison. En tout cas, l’occasion de revoir ce superbe portrait signé Frears, sur un scénario de Peter Morgan, avec une Helen Mirren plus reine que la vraie, et un Michael Sheen aussi répulsif que Tony Blair.

22.55 : Elser, un héros ordinaire d’Oliver Hirschbiegel (2015), OCS City
Pour mémoire, car déjà programmé le 28 mars dernier - mais la concurrence est inexistante dans ce créneau horaire.

00.50 : Murder on the Blackboard de George Archainbaud (1934), TCM
Encore un réalisateur prolifique (près de 150 films et séries entre 1917 et 1959), dont on ne connaît que des bribes : un bon 4 de l’aviation (1932) avec Richard Dix, et celui-ci, avec Edna May Oliver, en directrice d’école privée, dans le rôle principal - intérêt assuré.

 

Lundi 24 juillet 2017

 

20.40 : Game of Thrones, saison 7, épisode 2 (2017), OCS City
Joli coup pour OCS de projeter, en même temps qu’aux USA, l’avant-dernière saison de la série. L’événement est mondial. Avouons que, depuis la saison 5, on a un peu lâché prise, mais nous devons être les seuls.

20.45 : Bonnie and Clyde d’Arthur Penn (1967), TCM
Encore ? Oui, puisque le film ne passe pas si souvent (dernière fois, le 2 juin 2016). Et que, plus on s’en éloigne, plus grande apparaît son importance dans l’univers du film noir hollywoodien. Après quinze visions, la mort des deux amants est une séquence toujours aussi surprenante. Et il n’y a absolument rien de visible à la même heure sur les autres bouquets (sauf pour les amateurs de tératologie, La Vie de Jésus de Bruno Dumont, sur Club).

22.45 : The Art of Television : les réalisateurs de séries de Charlotte Blum & Vincent Gonon (2017), OCS City
Deux dernières parties (5 et 6) du documentaire. Ce soir, présentation de Matthew Penn et Alan Taylor. Le cas de ce dernier est exemplaire : il a signé des épisodes de The West Wing, Rome, Mad Men et Game of Thrones (et sans doute d’autres que l’on n’a point vus), c’est-à-dire le sommet des genres politique, historique, sociologique et fantastique, sans que son nom émerge. Dure loi des séries…

22.50 : Feux dans la plaine de Kon Ichikawa (1960), Classic
Note du 3 octobre 2016 : "La Seconde Guerre, vue du côté japonais. La patrouille perdue, sans l’héroïsme fordien : la guerre est sale, la traque des soldats en déroute épouvantable (cf. l’épisode anthropophagique)."

00.10 : Murder on a Honeymoon de Lloyd Corrigan (1935), TCM
Encore Edna May Oliver, dans son rôle d’Hildegarde Withers, la directrice d’école déjà vue dans le RKO d’hier ; elle a incarné trois fois le personnage, avant d’être remplacée par Helen Broderick puis par Zasu Pitts, qui n’avaient, ni l’une ni l’autre, l’envergure d’Edna May. On n’a vu aucun des 12 titres tournés par le réalisateur entre 1930 et 1937. Merci, TCM.

 

Mardi 25 juillet 2017

 

20.40 : Maciste contre les hommes de pierre de Giacomo Gentilomo (1964), OCS Géants
Quelques plans nous restent en souvenir, celui des hommes de pierre du titre qui se déglinguent lorsque Maciste-Alan Steel s’y attaque. Pourquoi ce péplum nous a-t-il plus marqués que des dizaines d’autres ? Sans doute à cause de son scénario inhabituel (les pétrifiés en question étaient des extra-terrestres).

20.45 : Julie Pot-de-colle de Philippe de Broca (1977), Famiz
Aucun critique ne s’est penché sérieusement sur la carrière de Broca, sans doute à cause de l’étiquette "cinéma populaire" qui lui reste attachée. Et pourtant, la réédition récente du Roi de cœur aurait dû attirer le regard sur le reste de sa nombreuse production. S’il n’a pas aussi bien terminé qu’il avait commencé (son cycle avec Jean-Pierre Cassel), Broca a tourné quelques grands films, outre son cycle Belmondo, comme Les Caprices de Marie. Le souvenir que l’on garde de cette Julie, pas revu depuis la sortie, est fort agréable.

20.45 : Femmes hors-la-loi de Sam Newfield & Ron Ormond (1952), Classic
À découvrir pour les raffinés. Newfield est sans doute aucun un des pires réalisateurs de l’histoire du cinéma américain, comme peuvent en témoigner tous ceux qui connaissent Nabonga (1944) ou The Terror of Tiny Town (1938), western joué par des nains. La question : où la chaîne a-t-elle repêché ce nanar ?

20.45 : Fenêtre sur Pacifique de John Schlesinger (1990), TCM
Très bon thriller de l’auteur de Billy Liar. La lente phagocytose de Melanie Griffith & Matthew Modine par leur locataire du dessous, Michael Keaton, psychopathe souriant.

23.00 : L 627 de Bertrand Tavernier (1992), OCS Choc
Surprise : aucune trace d’un passage sur le câble depuis 2014. Séance de rattrapage, tardive, alors que la première partie de soirée est occupée par une série sans grand relief, Preacher. D’autant que le film dure 145 mn - sans que l’on souffle une seconde. Café nécessaire.

00.25 : Murder on a Bridle Path d’Edward Killy & William Hamilton (1936), TCM
La suite des aventures d’Hildegarde Withers, cette fois-ci sous les traits d’Helen Broderick. Avec toujours son compère l’inspecteur Piper, James Gleason. Avaient-ils besoin d’être deux réalisateurs pour tourner les 66 minutes du film ? Réponse ce soir.

 

Mercredi 26 juillet 2017

 

20.40 : Une vie volée de James Mangold (1999), OCS City
Le troisième film de l’auteur, aprs Heavy et Copland, tous deux prometteurs. Winona Ryder est magnifique en ado perturbée qui choisit la cure psychiatrique. On avait oublié que c’est ici que l’on avait identifié Eliabeth Moss, 17 ans à l’époque, future recordwoman des rôles (78 films et séries en 27 ans).

20.40 : Dans le brume électrique de Bertrand Tavernier (2009), OCS Choc
Après L 627 hier, c’est la semaine Tavernier. Ce film est un peu moins rare (programmé le 9 octobre 2016), mais sa beauté supporte plusieurs visions. BT a su étonnamment, pour un étranger, capter l’atmosphère louisianaise, indissociable des romans de James Lee Burke. Tommy Lee Jones est parfait en Dave Robicheaux.

20.40 : L’Homme du Kentucky de Burt Lancaster (1955), OCS géants
Note du 15 juin 2016 : "On n’est jamais si bien servi… Mais si Burt n’a signé que deux films comme réalisateur (le second, Le flic se rebiffe, vingt ans plus tard), c’est sans doute parce que ce n’est pas si simple d’être à la fois devant et derrière la caméra - tout le monde n’est pas Cassavetes ou Eastwood. Dommage, car ce western est fort réussi - et outre l’auteur, il y a Walter Matthau."

20.45 : Mercredi, folle journée ! de Pascal Thomas (2001), Famiz
Avant qu’il ne découvre et n’exploite le filon Agatha Christie (de façon d’ailleurs honorable), le cinéaste alternait films moyens et fims réussis. Celui-ci fait partie des seconds, quoique ses 125 minutes semblent un peu longues vers la fin. Mais Vincent Lindon se sort bien de son rôle de père débordé. Ça ne change pas le cours de l’histoire du cinéma, mais ça passe.

20.45 : Léon Morin, prêtre de Jean-Pïerre Melville (1961), Classic
Allez, un fois par an, fréquence habituelle du passage, on peut savourer le trouble éprouvé par Belmondo devant Riva, et le terrible désir de Riva pour Belmondo. Comme chez Rimbaud, le cœur bat sous la soutane. Incontestablement, le film a bien moins vieilli que certains polars de Melville.

20.45 : Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick (1999), TCM
Soirée Kubrick sur la chaîne, avec en apéro Barry Lyndon (1975) à17.45), en antipasto, ce dernier opus, en piatto Orange mécanique (1971, 23.25) et en dolce Lolita (1962) à 01.40). Dix heures vingt minutes de spectacle. C’est du lourd.
Et RKO ? Pas ce soir. Mais Lolita, ce n’est pas mal non plus.

 

Jeudi 27 juillet 2017

 

20.40 : Terre sans pardon de Rudolph Maté (1956), Paramount Channel
Un western fort agréable, comme tout ce qu’a tourné Maté, cinéaste effacé par son passé de chef-opérateur (celui de Dreyer). Anne Baxter et Charlton Heston, c’est bon, mais si on y ajoute Gilbert Roland et Forrest Tucker, c’est encore mieux.
Le bouquet OCS se transforme en bouquet de séries : six ce soir sur trois des chaînes. Pourquoi pas ?

20.40 : Une si jolie petite plage d’Yves Allégret (1948), OCS Géants
Le titre est une antiphrase. Rien de pire que cette plage perdue sous la pluie, hantée par des personnages lourds d’un destin sans espoir. Gérard Philipe, le cheveu trempé, serré dans son imperméable étriqué, face à Madeleine Robinson, aussi désagréablement glauque que d’habitude. Une tristesse inégalée.
Grande soirée reprises ce soir à 20.45 sur le bouquet Ciné+, avec uniquement des films récemment passés (Jamais de la vie de P. Jolivet, 2015 - Frisson), The Bling Ring de S. Coppola, 2013 - Émotion), Amy de A. Kapadia, 2015 - Club).

Une seule nouveauté :

20.45 : Les 4 Saisons d’Espigoule de Christian Philibert (1999), Famiz
Rien de commun entre les deux Philibert. Nicolas est certes plus sérieux, mais on aime bien les gamineries, pas assez fréquentes, hélas, de Christian. Ce vrai-faux docu sur un village provençal inventé - en réalité Ginasservis - est un petit festival d’humour et de légèreté. On aimerait revoir Travail d’arabe (2003), fiction bidonnante.

01.40 : Pension d’artistes de Grigory La Cava (1937), TCM
Retour de RKO, mais avec un titre infiniment au-dessus de tous ceux qui ont été programmés jusqu’ici, puisqu’il s’agit d’un des meilleurs films de La Cava. Katharine Hepburn, Ginger Rogers, Adolphe Menjou, ça nous change d’Ann Sothern et de Gene Raymond.

 

Vendredi 28 juillet 2017

 

20.40 : Treme, saison 1, épisodes 7, 8 et 9
La suite et presque fin de la première saison. Inutile de le noter désormais : tous ceux qui ont glissé un œil dans la série sont incapables de décrocher.

20.40 : Pétrus de Marc Allégret (1946), OCS Géants
Soirée Marc Allégret sur la chaîne, ce qui n’est pas une mauvaise idée : l’auteur souffre d’une réputation indécise qui n’est pas entièrement justifiée. Il a beaucoup tourné et si l’on peut négliger certains de ses titres, d’autres, Lac-aux-dames (1933), Gribouille (1937) ou Les Petites du quai aux Fleurs (1944) tiennent bien la distance. Le film de ce soir est assez rare (bien que réédité en DVD) et Fernandel y est fort supportable.

20.45 : Une vie meilleure de Cédric Kahn (2011), Émotion
La lutte d’un couple pour ouvrir un restaurant ; sur le papier, rien de passionnant. Mais Guillaume Canet et, surtout, Leïla Bekhti, sont suffisamment crédibles pour qu’on les accompagne.
Cf. note du 3 mai 2016.

20.45 : Dr. Jerry et Mr. Love de Jerry Lewis (1963), TCM
Que le chef-d’œuvre de Jerry réalisateur n’ait jamais été programmé sur le câble depuis 2014, on n’en revient pas. Priorité ce soir aux aventures de Julius Kelp, inventeur de la potion qui va transformer le minable prof de chimie en crooner play-boy. Sans doute la plus inventive variation sur le roman de Stevenson, parsemée de gags visuels inoubliables. Et le clin d’œil de Stella Stevens dans le dernier plan…

21.00 : Quand la ville s’éveille de Pierre Grasset (1975), Polar
Le seul film réalisé par cet acteur chez Dassin et Melville (et qui a disparu des écrans ensuite), bon exemple de film policier français des années 70, celles du néo-polar. Raymond Pellegrin, Louis Velle, Marc Porel, Grasset lui-même, toute une époque.

22.30 : La Grande Combine de Billy Wilder (1966), TCM
Le premier (et le meilleur) des trois duos Jack Lemmon-Walter Matthau orchestrés par le cinéaste. L’humour noir et le cynisme radical de Wilder fonctionnent à plein. Le titre français est bêtement explicite, à l’inverse du The Fortune Cookie original.

00.35 : Go Chase Yourself d’Edward F. Cline (1938), TCM
S’il n’est pas un auteur, le réalisateur qui a dirigé des comiques de génie (Keaton, Fields) et de moindre envergure (Billy Bevan, Wheeler & Woolsey, Olsen & Johnson) n’est pas n’importe qui - avoir maîtrisé Fields et Mae West dans Mon petit poussin chéri (1940) ou mis en scène le scénario dément de Passez, muscade (1941) impose que l’on regarde avec curiosité ce titre inconnu, avec un comique, Joe Penner, qui l’est tout autant.



Revue Jeune Cinéma - Contacts