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Lindenberg, Daniel (1940-2018)
Brève
publié le samedi 13 janvier 2018

Jeune Cinéma en ligne directe

Journal de Louise Wimmer (Vendredi 12 janvier 2018).

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Vendredi 12 janvier 2018

 

Daniel Lindenberg (1940-2018) est mort tout à l’heure, ce vendredi 12 janvier 2018. Cancer.

Tous les médias - même France Culture. - évoquent une de ses dernières interventions, Le Rappel à l’ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires (Seuil, 2002).
C’est la nature des médias d’être immédiats, de privilégier le proche et le récent, et de focaliser sur ce qui fait polémique. Bien sûr que c’était prémonitoire, mais, 15 ans après, ça nous envoie à nos impuissances. (1)

Nous, on préfère se souvenir du livre qui fit surgir Lindenberg sur le devant de la scène, et dépoussiéra nos regards, dans un temps où l’horizon n’était pas encore opaque et pollué : Le Marxisme introuvable (Calmann-Lévy, 1975).

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Historien, professeur de sciences politiques à Paris VIII, collaborateur des revues Esprit et Mil neuf cent, homme bien installé dans son temps, attentif au présent parce qu’il était enraciné dans le passé, jamais dans la convention ou dans quelque mainstream de mode, toujours à penser par lui-même donc à précéder.

Il se demandait s’il existait "une classe intellectuelle" en France, et, dans les échanges personnels, on admirait toujours chez lui une parole simple, pédagogique, jamais hautaine, il avait les vertus des profs.

Même dans les péripéties, il pouvait prendre parti quand cela lui semblait nécessaire. Par exemple, il avait pris le parti de Siné contre Val, dans cette absurde affaire tordue, née chez Charlie Hebdo en 2008.

On le rencontrait souvent dans les théâtres publics, dans les banlieues, là où "ça" se passe aussi et mieux, et, même sur ce terrain, il prenait la parole "pour en finir avec les discours pieux".

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Il fut de l’aventure Hôtel du Parc de Pierre Beuchot (1992) avec Jérôme Prieur.


 

Il avait fêté les 40 ans de Mai 68, le grand événement historique de sa vie et de celle de la génération née pendant la WWII, la sienne, en publiant Choses vues. Une éducation politique autour de 68 (Bartillat, 2008).

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Il disait : Ce n’est pas le "gauchisme" politique qui a préparé Mai 68. Tout au plus a-t-il essayé d’en faire fructifier les dividendes. Ce ne sont pas non plus les têtes d’affiches de la soi-disant "Pensée-68". Les Bourdieu et les Foucault ont enfoncé des clous plantés depuis longtemps… Les origines du mouvement sont ailleurs. Elles ne sont pas seulement à rechercher du côté des grands noms de la contestation "antibourgeoise" (les surréalistes, Sartre) qui ont eu évidemment un rôle, mais limité aux "héritiers". Tout un secteur auquel on pense moins a sans doute été plus décisif. Des transformations locales, graduelles, ignorées du grand public avaient affecté depuis 1945 les professions de la santé mentale, de l’éducation, du travail social.

Pour le cinquantenaire, dans l’inévitable brouhaha qui vient, il n’en dira rien.

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Jeune Cinéma en ligne directe.

1. La Société Louise-Michel avait invité Daniel Lindenberg à faire le point sur le livre, le 15 mars 2016 : La révolution conservatrice et ses réseaux : tentative de description.


 



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